Journal de Janvier 2019: Le Concours National de la Résistance et de la Déportation

12 janvier 2019

Institué en 1961 par le Ministre de l’Education Nationale, Lucien Paye, à la suite d’initiatives d’associations d’anciens résistants et déportés, le concours s’appuie sur l’enseignement de l’histoire des mémoires de la Résistance et de la Déportation.

Ce concours est ouvert aux collèges et lycées de France ainsi qu’aux établissements français à l’étranger.

Chaque année, un thème est défini. Il fait l’objet d’un travail interdisciplinaire et s’inscrit dans une démarche d’éducation à la citoyenneté.

L’objectif est de perpétuer chez les élèves la mémoire de la Résistance et de la Déportation pour leur permettre de réfléchir et de s’en inspirer afin d’en tirer les leçons civiques dans leur vie actuelle et future.

Les élèves inscrits par leurs professeurs ont le choix de concourir soit individuellement et rédiger un devoir en classe, soit présenter un travail de groupe via le support de leur choix (expo, œuvre artistique, audiovisuelle etc…).

Thème retenu cette année (2018/2019) : Répressions et Déportations en France et en Europe de 1939 à1945.

Plusieurs collèges et lycées de l’académie de Créteil se sont inscrits à ce concours et une des premières actions de l’académie, fut de projeter un film sur la résistance du groupe Manouchian : “L’armée du crime” de Robert Guédiguian. Notre association Mémoire 2000 s’est impliquée dans cette aventure en proposant, à la demande de responsables académiques, un expert pour le débat.

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A gauche, Georges Duffau-Epstein dans les bras de son père, Joseph Epstein dit Colonel Gilles (1911-1944) ; à droite Georges Duffau-Epstein (Crédit photo : Pascal CONVERT)

Nous avons sollicité Georges Duffau-Epstein pour cette intervention. Georges Duffau étant le fils de Joseph Epstein, dit Colonel Gilles. Celui-ci prit la direction des FTP à Paris et engagea des commandos de 15 combattants permettant de réaliser diverses actions spectaculaires visant les hauts gradés nazis installés à Paris. Dénoncé par un traitre, il fut arrêté, torturé et fusillé au Mont Valérien, avec Missak Manouchian et 28 autres résistants, le 11 avril 1944.

400 élèves étaient présents pour cette première projection. Ils étaient répartis sur deux salles, ce qui rendait le débat un peu plus compliqué, le débatteur n’ayant pu être simultanément dans les deux lieux.

Mais les responsables furent ravis de la participation de Mémoire 2000 qui leur avait trouvé cet homme exceptionnel, qui a déclaré à la fin du débat : “Je suis très fier de mon père, mais ce qui m’intéresse le plus, ce sont les valeurs qu’il défendait avec les membres de la Résistance, la lutte incessante contre tous les racismes et sa rage de démontrer que tous les hommes sont égaux”.

L’affiche rouge : Vaste opération de propagande qui couvre tous les murs de France. Mais ce fut un véritable fiasco, les Français ont compris que ces combattants étrangers ou pas, ont lutté pour la paix. “L’armée du crime” était en réalité “L’armée de la résistance”. Ce kaléidoscope d’étrangers a aidé à libérer la France.

Pour l’anecdote, l’imprimeur avait décidé de détourner l’affiche en montrant Hitler en médaillon et rappeler que cet étranger là (Autrichien) était responsable de plusieurs millions de morts !

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L’affiche rouge

En mémoire de : Célestino Alfonso (Espagnol), Olga Bancic (Roumaine), Joseph Boczov (Roumain), Georges Cloarec (Français), Rino Della Negra (Italien), Thomas Elek (Hongrois), Joseph Epstein (Arménien), Maurice Fingercwajg (Polonais), Spartaco Fontano (Italien), Jonas Geduldig (Polonais), Emeric Glasz (Hongrois), Léon Goldberg (Polonais), Szlama Grzywacz (Polonais), Stanislas Kubacki (Polonais), Arpen Lavitian (Arménien), Césare LuccariniI (Italien), Missak Manouchian (Arménien), Marcel Rayman (Polonais), Roger Rouxel(Français), Antoine Salvadori (Italien), Willy Szapiro (Polonais)?, Amédeo Usseglio (Italien), Wolf Wajsbrot (Polonais), Robert Witchitz (Français).

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Olga BANCIC, immigrée juive roumaine et communiste, résistante FTP-MOI, membre du groupe Manouchian

Tous fusillés au Mont Valérien le 21 février 1944 et le 11 avril 1944. Sauf Olga Bancic qui, en application du manuel de droit criminel de la Wehrmacht interdisant alors de fusiller les femmes, sera décapitée à la hache, le jour de ses 32 ans, le 10 mai 1944, à Stuttgart.

 Joëlle Saunière


Journal de Janvier 2019: « Salam, Shalom, Salut » Face à la haine, la jeunesse aussi prend ses responsabilités

12 janvier 2019

En novembre et décembre 2018, de jeunes Français juifs et arabes ont proposé  des débats en milieu scolaire afin d’ouvrir la réflexion sur les relations entre juifs et arabes et initier une pensée sur les stéréotypes durement ancrés. A l’initiative de SOS Racisme, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, une quinzaine de jeunes ont été formés par des historiens aux origines du conflit israélo-palestinien, mais aussi à l’histoire précoloniale du Maghreb et à l’histoire de l’immigration en France.

En apportant leur propre histoire et leur engagement personnel ils ont contribué à ouvrir le dialogue au-delà du champ de mines des préjugés antisémites et antimusulmans.

Cette opération s’est déployée sur tout le territoire de Bordeaux à Sarcelles, de Marseille à Aubervilliers et Grenoble, où ces jeunes ont manifesté leur volonté de vivre ensemble au-delà des préjugés. Ils remettent ainsi en perspective le discours binaire “Il y a d’un côté les Juifs, de l’autre les Arabes” et apportent une lueur d’espoir.

Jacinthe Hirsch


Journal de Janvier 2019: “Le dérèglement du monde”

12 janvier 2019

Je viens de découvrir un ouvrage passionnant de Monsieur Amin Maalouf de l’Académie Française, ouvrage paru en 2009, mais d’une actualité et d’une lucidité absolument confondantes : “Le dérèglement du monde”.

le-dereglement-du-mondePour lui, l’Europe a perdu ses repères, elle tarde à se réaliser ; l’Afrique se perd en guerres intestines, épidémies, trafics sordides, corruption généralisée, chômage massif, déliquescence des institutions. Les Etats-Unis réalisent l’impossibilité de dompter, seuls ou presque, une planète indomptable. La Chine, malgré son fulgurant essor économique, connaît des incertitudes graves et des difficultés relationnelles. Le monde arabo-musulman se perd en rancœur contre les Occidentaux, les Russes, les Chinois, les Hindouistes, les Juifs, et avant tout contre lui-même. En Union Européenne, depuis la chute du mur de Berlin, ce ne sont qu’appartenances exacerbées et surenchères identitaires. Tous ces peuples donnent l’impression d’être engagés sur le même radeau fragile et instable. Suit alors la longue litanie des différents conflits en Europe et au Moyen-Orient, avec la confrontation permanente entre Orient et Occident. C’est la victoire contre le communisme, certes,  mais dans la construction européenne, pas de transmission convenable des valeurs, notamment la démocratie.

Pourtant, des progrès essentiels sont bien là, notamment l’allongement de la durée de vie. Mais apparaissent de nombreux dérèglements (intellectuel, climatique, géopolitique  et éthique) et une incapacité à transmettre valeurs et progrès. L’évolution matérielle est incontestable, mais pas morale, et l’on assiste hélas à un nouvel “équilibre de la terreur”. On espère la naissance d’un nouvel humanisme, sans les égarements du marxisme ni la domination idéologique de l’Occident. Malheureusement, les idéologies passent, mais les religions demeurent, offrant aux populations un ancrage identitaire durable, notamment en pays d’Islam. Et cela entraîne un affrontement de civilisations qui ensanglante le monde, où l’on voit le politique empiéter sur le religieux. D’autre part, la faute de l’Occident a souvent été d’être incapable d’appliquer aux autres peuples les principes qui s’appliquaient aux siens : songeons simplement à la France coloniale, qui s’avéra incapable d’octroyer aux habitants musulmans des départements algériens une citoyenneté à part entière, un statut de “Français musulmans” : Totale aberration de la part d’une république laïque.

C’est ainsi que les identités meurtries sont devenues des identités meurtrières, car la mondialisation a mondialisé le communautarisme. Et l’auteur en vient à comparer l’humanité à un groupe d’alpinistes qui commencent à perdre pied et à “dévisser”. Je vous laisse le soin de découvrir les trois possibilités qui s’offrent à ce groupe pour se tirer de ce mauvais pas.

Arrive alors  la conclusion de cette réflexion passionnante  sur notre époque et sur les solutions qui s’offrent à nous pour éviter un désastre. Plusieurs raisons d’espérer :

 1 – Le progrès scientifique ne cesse de s’accélérer, et toutes les populations devraient pouvoir en bénéficier.

 2 – Les pays les plus déshérités et les plus pauvres de la planète  sont  en  train de sortir de leur sous-développement.

 3 – L’expérience de l’Europe contemporaine, que l’on a longtemps désespérément appelée de nos vœux, s’impose aujourd’hui, imparfaite peut-être, mais qui peut encore progresser.

4 – La dernière raison d’espérer , selon Monsieur Maalouf, c’est l’arrivée au pouvoir aux Etats-Unis de Barack Obama, qui a entrepris une mutation de son pays pour exercer un rôle planétaire dans le respect des autres et de ses propres valeurs. Hélas, ce livre a été écrit en 2009, c’est-à-dire avant que le pouvoir de ce pays ne tombe entre les mains répugnantes et inquiétantes de Trump. Espérons tout de même que ce grand pays s’en remettra, et qu’il saura renvoyer à son néant ce triste individu qui le déshonore. Gémissons, certes oui, ….mais espérons !

Un ouvrage passionnant, en tout cas. Bonne lecture !

Guy Zerhat

 

 


Journal de Janvier 2019: Le génocide que l’on “oublie”…

12 janvier 2019

Du plus loin qu’il m’en souvienne, c’est à dire 1992, date de la création de Mémoire 2000, et même avant, à la Fédération de Paris de la LICRA, à chaque fois que nous avons voulu évoquer, à l’aide d’une séance de cinéma, le génocide des Arméniens, dont il faut rappeler qu’il a fait près d’un million et demi de victimes, nous nous sommes heurtés à une indifférence totale et n’avons jamais pu débattre, avec des élèves, de ce sujet.

Cette année encore, après la mort de Charles Aznavour, alors que l’on évoquait sans cesse ses origines arméniennes et son engagement pour la reconnaissance du génocide, nous avons pensé que ce serait là une opportunité pour rappeler aux jeunes, sinon le premier génocide du XX° siècle, du moins, le plus contesté et oublié. Hélas, cette fois encore il nous a fallu renoncer, faute de participants.

Pourquoi ? C’est incompréhensible, sauf à penser que les Turcs ont réussi “leur coup”, eux qui depuis la perpétuation de ce crime ont tout fait pour essayer de démontrer que non seulement il n’y a pas eu génocide, mais que tout ce qui s’est passé en 1915, était du à la trahison des Arméniens.

Il y a eu aussi la lenteur des pays à reconnaître ce génocide. D’ailleurs seuls les Parlements d’une vingtaine de pays ont voté des lois, résolutions ou motions reconnaissant le génocide. Mais ces votes ne sont pas toujours contraignants car ils émanent parfois d’une des chambres du Parlement avec laquelle les gouvernements peuvent prendre leur distance et qui ont des portées juridiques très diverses.

En dehors de ces considérations politiques et juridiques complexes, qu’en est-il du simple citoyen? La mémoire des crimes contre l’humanité ne doit pas être sélective et nos jeunes ont le droit et le devoir de connaître l’histoire du monde. Il incombe aux professeurs de permettre à leurs élèves d’accéder à ces connaissances…

On ne peut évoquer le génocide arménien sans avoir une pensée pour Bernard Jouanneau qui, durant de très nombreuses années, a beaucoup œuvré avec conviction et talent pour la cause arménienne, notamment contre le négationnisme, sans jamais ménager sa peine.

Lison Benzaquen

 

 


Journal de Janvier 2019: Guerre 14/18 Hommage à mon grand père “poilu”

12 janvier 2019

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Pour montrer que malgré cette affreuse guerre, les soldats essayaient de garder un peu de joie, je partage avec vous quelques pages du cahier de  chansons illustrées par mon grand-père et entonnées au cœur des tranchées. Ce cahier a été réalisé au régiment mais il a accompagné mon grand-père durant toute la guerre dans le dur secteur des Vosges, d’où il est revenu vivant mais gazé.

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De cette guerre, il n’en a jamais parlé sauf avec mon autre grand-père. Enfants, mes cousines et moi, nous jouions à les « espionner ». Ils se parlaient à voix basse, parfois ils riaient aux éclats d’autres fois nous voyions des larmes rouler dans leur moustache.

 

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Mais malgré son horreur, cette guerre n’a jamais empêché mon grand-père de chanter. Voici quelques pages de son carnet de chansons.

 

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Arlette Weber


Journal de Janvier 2019: Deux anciens dirigeants cambodgiens Khmers Rouges condamnés pour génocide

12 janvier 2019

L’ancien président khmer rouge, Khieu Samphan, et l’ancien numéro deux du régime du Kampuchea Démocratique, Nuon Chea, ont été jugés le 16 novembre 2018 coupables de génocide au Cambodge par les tribunaux cambodgiens, soutenus par les Nations unies, et condamnés à une peine d’emprisonnement à perpétuité. Les deux hommes avaient déjà été reconnus coupables de crimes contre l’humanité lors d’un premier procès et condamnés à une peine de réclusion à perpétuité en 2014.

Ce second procès ne concernait pas les massacres de masse commis contre la majorité khmère par le pouvoir Khmer rouge entre 1975 et 1979, massacres qui ont causé la mort de près d’un Cambodgien sur cinq, environ 1,7 million de personnes. Un “processus d’auto-purification ethnique” au nom de la splendeur passée de l’Empire khmer selon Jean-Michel Filippi, professeur de linguistique à l’université royale de Phnom Penh. Il concernait les massacres ciblés des minorités vietnamiennes, de la communauté musulmane cham et d’autres minorités religieuses.

Depuis l’adoption de la Convention de Genève de 1948 portant sur le crime de génocide, seuls les génocides des Tutsis au Rwanda en 1994 et celui des Bosniaques à Srebrenica en 1995 ont été reconnus comme génocide par les tribunaux internationaux. La condamnation des deux dirigeants Khmers rouges est donc un événement capital pour la justice internationale et pour le peuple cambodgien.

Ce procès pour génocide a été rendu difficile par la lenteur du travail des tribunaux, en raison de la réticence des autorités du pays à juger les anciens dirigeants khmers rouges et leur refus de voir juger les cadres intermédiaires. Pol Pot, chef des Khmers rouges est mort en 1998 sans avoir été inquiété par la justice. Rappelons que l’actuel Premier ministre (depuis 1985) et l’homme fort du Cambodge, Hun Sen, est lui-même un ancien transfuge khmer rouge qui avait fait défection en 1977 auprès du Vietnam pour échapper aux purges du régime de Pol Pot. Un rapport de juin 2018 de Human Rights Watch souligne que Hun Sen est entouré d’anciens cadres khmers rouges suspectés de graves violations des droits de l’homme, en particulier parmi les généraux, et que son gouvernement réprime toute opposition politique et toute critique de la société civile.

Ce procès a permis aux victimes de se confronter aux responsables du régime khmer rouge et de voir deux de ses plus importants dirigeants condamnés pour génocide.

Ce sont près de 350 000 Cambodgiens qui ont assisté aux audiences du tribunal, et les jeunes générations connaissent désormais l’histoire souvent tue de leurs parents. Un travail de mémoire et d’histoire essentiel pour le peuple cambodgien et un futur pacifié.

Rose Lallier

N.B. : la mise à jour des crimes de régime de Pol Pot doit beaucoup au journaliste australien John Pilger et à son film  “Year Zero: The Silent Death Of Cambodia” sorti sur les écrans en 1979. Ce film contribua à informer l’opinion publique internationale de la réalité du pouvoir Khmer Rouge. Ce film est visionnable à l’adresse internet: https://vimeo.com/17634265


Journal de Janvier 2019: mort d’un négationniste

12 janvier 2019

ll est difficile de se réjouir de la mort d’un homme. Mais, il faut bien l’avouer, il y a certaines morts qui rendent moins tristes que d’autres…
En tout cas, concernant la disparition, en octobre, à Vichy (!), de Robert Faurisson, je dois confesser qu’aucune larme n’est venue embuer mon regard.

Pour Mémoire 2000, Robert Faurisson est une vieille connaissance. Davantage même : un vieil adversaire que Bernard Jouanneau n’a cessé de combattre. On se souvient notamment des 12 mars et 12 avril 2007 où eurent lieu devant la 17e Chambre du tribunal correctionnel de Paris les débats de ce qui aura probablement été le tout dernier grand procès du négationnisme.
À l’origine, une plainte en diffamation de Robert Faurisson contre Robert Badinter qui l’avait traité, sur la chaîne “Arte”, de “faussaire de l’histoire”. Bernard Jouanneau est un des avocats de Robert Badinter. Il dira, après le procès, en conclusion de son éditorial du N°53 de notre journal : “Tant de haine et tant d’antisémitisme révèlent s’il en était encore besoin, le vrai visage de ceux qui prétendent encore être à la recherche de la vérité désireux d’apporter au monde la bonne nouvelle du siècle : celle du mensonge des juifs!?”
Le jugement, rendu le 21 mai, a débouté Faurisson de sa plainte. Il n’a pas fait appel.
Pour rappel : Faurisson, figure emblématique du négationnisme dont il est inutile de rappeler les arguments aussi ignobles que fallacieux, est venu grossir les rangs des Rassinier et autres Bardèche. À la fin des années 1970, il accède à la célébrité à travers une série de scandales médiatiques et de procès en raison de sa négation du génocide juif.
A partir des années 1980, il devient en France une icône des négationnismes d’extrême droite et de l’ultragauche, incarnée par Pierre Guillaume, fondateur de la librairie “La vieille taupe”, antre du négationnisme de gauche, devant lequelle (je m’en souviens encore) nous nous réunissions une fois par semaine, pour exprimer notre dégoût.
Plusieurs fois condamné, Faurisson n’ a cessé d’utiliser les tribunaux comme “tribune pour s’adresser à son public qui ne se lasse pas de l’entendre ressasser le même discours”, écrivait Bernard Jouanneau.
Dans les années 2000, une “nouvelle nébuleuse” se constitue autour de Faurisson pour relayer la propagande, avec en particulier l’humoriste Dieudonné. Pour Valérie Igounet, historienne spécialiste du négationnisme en France, “le point de ralliement de ces hommes est un “antisionisme” radical, paravent d’un antisémitisme déguisé, qui trouve son aboutissement discursif dans le négationnisme”.
Toujours dans ces années, il inspire une partie de l’antisionisme en Occident comme dans le monde arabo-musulman. Proche des milieux d’extrême-droite, voire néo-nazis, il est condamné à plusieurs reprises pour “incitation à la haine raciale” et “contestation de crime contre l’humanité”…
On le voit, jusqu’au bout, Faurisson n’aura jamais cessé de propager la haine…
Il est mort, certes, mais il a laissé de nombreux émules et le négationnisme avec l’émergence des réseaux sociaux, se porte à merveille…
Le combat est donc loin d’être terminé et la voix de Bernard Jouanneau, fera, hélas, défaut…

Lison Benzaquen