Voilà ce qui arrive lorsqu’on a un « ministre des cultes »

7 décembre 2009

Coup de gueule par rapport à l’article ci dessous.

On pourrait s’étonner que dans un pays qui prétend pratiquer la séparation entre l’église et l’Etat, un pays qui a érigé la « laïcité » en valeur républicaine, on ait besoin d’un « ministre des cultes ». Me voici, pour un, étonné, et depuis longtemps. Mais je me permets de m’étonner encore plus lorsque notre ministre des cultes prétend apprendre aux pratiquants d’une religion ce qui leur religion leur impose comme devoirs et règles. M. Hortefeux est-il le pape gallican ? Le Grand Rabbin de France ? Est-il Dieu lui-même pour dire aux Musulmans de France que leur religion n’impose pas le minaret dans les lieux de culte ? M. Hortefeux va-t-il pratiquer la même règle lorsqu’il s’agit de construire de nouvelles églises ou temples ? Rien dans les différentes religions chrétiennes n’oblige à disposer d’un clocher, après tout. Mais permettez moi d’avoir quelques doutes, dans ce pays où la laïcité ne sert plus qu’à taper sur du Musulman, et où le respect pour la « tradition » sert de prétexte au racisme le plus abject.

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Article paru dans 20 Minutes :

RELIGION – Le ministre de l’Intérieur s’est exprimé dimanche…

La France est «une République laïque qui doit protéger l’ensemble des cultes», a rappelé dimanche sur Canal+ le ministre de l’Intérieur et des cultes, Brice Hortefeux, interrogé sur le référendum anti-minarets en Suisse – les Suisses ont approuvé le dimanche 29 novembre à 57,5% l’interdiction de la construction de minarets, lors d’un référendum tenu à l’appel de la droite populiste. Selon Hortefeux, la République française doit «condamner à la fois l’islamophobie et l’islamisme radical».

Le ministre a précisé qu’il existait en France 2.368 lieux de cultes musulmans recensés, allant de la simple salle de prière à la mosquée. Parmi ces lieux de cultes, on trouve 64 mosquées ayant des minarets dont sept ayant «des minarets élevés». La construction de minarets «n’est pas une obligation religieuse», a-t-il souligné, évoquant certaines mosquées qui en sont dépourvues en République islamique d’Iran.

En France, la construction d’une mosquée relève des élus locaux mais le ministre a également souligné que les instances régionales du Conseil français du culte musulman (CFCM) étaient des «lieux qui permettent le débat entre les collectivités et les instances musulmanes» sur cette question.

Sur la question du débat lancé sur «l’identité nationale» par le gouvernement français, Hortefeux a estimé, alors que ce débat controversé tournait largement autour de l’immigration à quelques mois des régionales, que «le débat sur l’identité, ce n’est pas la question de l’immigration, même si l’immigration en fait partie». «Ce débat sur l’identité doit servir à renforcer la cohésion de notre société», a-t-il conclut.


Engagement pour la banlieue… pourquoi agir, puisqu’on a un symbole ?

22 novembre 2009

Coup de gueule….

A la lecture des ces articles (ICI et ICI) du Parisien (accès gratuit), on commence à comprendre qu’à mi mandat présidentiel, nous avons eu ni Karcher ni Plan Marshall en banlieue. Les cités sont encore plus dangereuses pour leurs habitants, les perspectives encore plus bouchées pour leurs enfants.

A la lecture d’articles (payants) du même dossier, on comprend mieux…

Fadela Amara sait exactement à quoi elle doit sa place dans le gouvernement : « Nicolas Sarkozy m’a prise parce que j’étais femme, de gauche, arabe, issue des quartiers et présidente deNi putes ni soumises. »

« Fadela nous est utile, car c’est un vrai symbole », approuve Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur.

Le coût du « Plan Marshall » ? L’indemnité de Mme la Secrétaire d’Etat, défenseure à ses heures perdues du pôvre Jeannot Sarkozy de Nagy-Bocsa, victime de la pire discrimination jamais connue en France.


Eric Raoult : Malsain

16 novembre 2009

Du blog de Bertrand Delanoë :

La polémique lancée par Eric Raoult à propos des déclarations de Marie N’Diaye serait juste absurde si elle n’était pas profondément malsaine.

Absurde en effet ce prétendu « devoir de réserve » qui devrait s’appliquer aux écrivains récompensés par le prix Goncourt : ce devoir là ne s’impose qu’à certains fonctionnaires, les « fonctionnaires d’autorité » à qui il est légitimement demandé de ne pas tenir de critiques publiques vis-à-vis des décisions prises par le gouvernement. Mais en quoi un prix littéraire aurait-il vocation à brider la liberté de parole de l’écrivain, liberté fondamentale de tout citoyen, constitutive de l’activité artistique elle-même ? A cette interrogation, le député de Seine Saint-Denis ne répond pas. Ou plutôt, il préfère probablement ne pas répondre. C’est là où la polémique devient malsaine.

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Rapprochement troublant…

14 novembre 2009

Un coup de gueule…

En tant qu’administrateur de la Fédération internationale des Gay Games, j’ai été invité aujourd’hui au « match contre toutes les discriminations » organisé par le club Paris Foot Gay et la Ville de Paris après l’affaire du refus du club Créteil Bébel de jouer contre PFG. C’est une opération méritoire, amusante, où des gens de tous bords se sont retrouvés pour témoigner de leur refus de l’homophobie et toutes les discriminations.

L’après midi est long, je fais une pause pipi. Et dans la cabine des toilettes du stade Charléty, que vois-je écrit sur la porte ? Un joli message : DSC08333
Pour ceux qui ne peuvent lire l’inscription, la voici : « BOUGNOULES = RACE de pUTE / de pd SIDAIQUE DENCULES / DEHORS la VERMINE / la RACAILLE ».

Je pourrais m’emporter contre celui qui a écrit ses paroles. Ou contre ses parents. Ou ses enseignants (du moins ses profs de français). Mais aujourd’hui je vais m’emporter contre la Ville de Paris.

En effet, quelle que soit la cabine que j’aurais utilisée, j’aurais trouvé un message semblable. Et ce n’est pas uniquement dans les stades ou gymnases qu’on trouve ces mots doux. J’en ai vu en mairie d’arrondissement et ailleurs.

La Ville dispose d’une équipe qui nettoie des tags sur des bâtiments privés. Ne faudrait-il pas qu’elle veille un peu sur ce qui se passe dans ses propres locaux ?


« Débat » sur l’identité nationale : réponse de Mémoire 2000

12 novembre 2009

jouanneauCe n’est pas parce qu’un ministre a décidé de lancer un débat sur « l’identité nationale », que je m’estime tenu de lui répondre. Verrait on le ministre de la justice convier les citoyens à participer à un débat sur la justice, et le ministre de l’intérieur sur le fonctionnement de la police ? Personnellement, j’ai passé là les examens, et suis plutôt rebelle à l’exercice.

En tant que Président MEMOIRE 2000, j’y suis carrément hostile, et je ne suis pas le seul. Il se trouve que je suis ici en mesure de parler au nom de l’association que j’ai consultée sur ce point. Convier les citoyens français à disserter sur leur identité, c’est déjà exclure les autres: ceux qui ne partagent pas cette nationalité. Qui ?

Les étrangers, les immigrés, les sans-papiers, qui font déjà suffisamment l’objet de discrimination.

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Eric Raoult, doit-il se faire soigner ?

12 novembre 2009

Un petit coup de gueule…

M. Raoult avait indiqué que Ségolène Royal devrait aller en « hôpital psychiatrique ». Serait-il mieux avisé d’y consulter lui même ? On peut se le demander, suite à son appel à Frédéric Mitterrand de rappeler à l’ordre Marie Ndiaye, Prix Goncourt 2009, qui aurait commis le forfait de lèse Sarkozy. Dans sa crise, il imagine qu’il existe un « droit de réserve » pour les prix Goncourt, et que la liberté d’opinion et d’expression n’existent pas.

Peut être confond-il la France et la Tunisie, où il a mis en cause les journalistes qui racontent la vérité sur notre ami dictateur Ben Ali ? C’est sans doute vrai que le député-maire du Neuilly de l’est, l’ex-ministre de la République (de l’intégration !), comme d’autres dans la côterie présidentielle, anticipe un état dont il rêve, où une délicate autocensure règne, et où l’on peut refouler du sol de notre présipauté les journalistes indésirables. On y est pas loin : patience, M. Raoult !


Bavure à La Courneuve en 2005 : trois policiers condamnés à du sursis

3 novembre 2009

Mon coup de gueule :

Pourquoi les journalistes utilisent-ils le mot « bavure » pour ce qui est une agression pure et simple ? Il ne s’agit pas de policiers qui dans le cadre de l’exercice de leur fonction dépassent les bornes d’un comportement légal ou moral, mais de voyous en uniforme qui commettent une agression gratuite.

Et pourquoi estime-t-on que justice serait faite par ce jugement ? Ils ont été jugés coupables, on va supposer qu’ils sont responsables des faits imputés. Alors une peine avec sursis, c’est une punition ? Ils tabassent une personne et ils auront au final aucune sanction ? Ah oui… ils ne pourront pas exercer leur métier… pendant un an. Après quoi, la République accueillera ces voyous à bras ouverts pour commettre de nouvelles « bavures ». (Je ne dirai pas plus de ce syndicat de policiers qui estime que le jugement est « particulièrement sévère ».

Et sans la vidéo largement diffusée cette agression, qui est prêt à parier qu’ils auraient été quand même jugés ?

LEMONDE.FR avec AFP | 02.11.09 | 20h12 • Mis à jour le 02.11.09 | 20h19

Trois policiers, qui avaient été accusés de violences lors des émeutes de 2005 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), les scènes ayant été filmées par France 2, ont été condamnés, lundi 2 novembre, à six mois et un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bobigny, a indiqué une source judiciaire.

Deux policiers ont été condamnés à un an de prison avec sursis, avec inscription au casier judiciaire, et interdiction d’exercer leur fonction pendant un an. Le troisième a écopé de six mois de prison avec sursis, avec inscription au casier judiciaire.

Dans les scènes diffusées sur France 2 le 10 novembre 2005, le jeune Fouad, qui sortait de garde à vue pour des dégradations qui lui étaient reprochées, était frappé à terre par deux policiers, à coups de poing et de pied, à la tête et sur le corps, devant six autres policiers.

Ces images avaient suscité une vive polémique. Après leur diffusion, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, avait suspendu les huit fonctionnaires présents. Cinq avaient été mis en examen. L’un d’entre eux avait été placé brièvement en détention provisoire. A l’issue de l’instruction, trois agents âgés d’une trentaine d’années avaient été renvoyés devant la justice. Deux pour « violences aggravées » et « faux en écriture » (dans la rédaction du procès verbal), et le troisième uniquement pour « faux en écriture ».


« On ne peut pas définir l’identité nationale »

27 octobre 2009

Vu dans Sud-Ouest :

Selon l’historien démographe Hervé Le Bras, le débat voulu par Éric Besson est purement politicien. Dommage, car il y avait la place pour un travail de fond.

Le lancement d’un vaste débat sur l’identité nationale par Éric Besson fait des vagues, à huit mois des élections régionales. L’historien démographe Hervé Le Bras, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), analyse la situation.

« Sud Ouest ». Qu’y a-t-il derrière les termes « identité nationale » ?

Hervé Le Bras. Comme le disait le grand historien Fernand Braudel, on ne peut pas définir l’identité nationale. Les seuls moyens qu’on a de l’approcher, c’est de parler de l’histoire de la France, de l’espace français, de sa population et de l’histoire de son État. Je ne vois pas comment M. Besson peut espérer une analyse venant des députés et des sénateurs. Ce que je crains, c’est que ce sujet sur l’identité nationale ne soit le moyen d’aller contre les étrangers et les immigrés.

Que voulez-vous dire ?

Il y a eu une enquête sur l’intégration des immigrés faite par l’Ined (Institut national d’études démographiques) et l’Insee à la fin des années 1990. Les enquêteurs qualifiaient les différents groupes d’immigrés en les classant en Arabes, Kabyles, Portugais, Peuls, etc. Et, à la fin de l’étude, ils se sont demandé : Comment va-t-on nommer ceux qui ne correspondent pas ? Ils ont alors choisi « Français de souche ». Et c’est horrible. C’est un terme qui avait été employé par Pétain, un terme qui s’oppose aux autres. Voilà pourquoi j’ai beaucoup de craintes face à la dénomination « identité nationale ». Pour une étude sérieuse, il faudrait reprendre le travail de Braudel ou de son successeur à l’Académie française, Pierre Nora, sur « Les Lieux de mémoire ». C’est une autre façon de se demander ce qu’est la France, à travers toutes les traces qui sont restées de son Histoire. Je veux dire les monuments, le drapeau, la langue, le territoire, la statistique…

Nous voilà dans votre domaine ?

J’avais effectivement écrit un chapitre des « Lieux de mémoire » sur la statistique en France. C’est un des moyens pour caractériser l’identité d’un pays. Si c’est ça que M. Besson veut faire, pourquoi pas ? Mais, dans ce cas, il aurait dit qu’il allait consulter des historiens, des philosophes politiques, des démographes, des géographes. Au lieu de cela, il a de suite parlé de politiques, et c’est dangereux.

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Journal 10/09 : Réflexions sur l’actualité

9 octobre 2009

Lue dans la presse cet été (un seul journal : Libération) l’histoire de cette famille avec une petite fille née en France il y a quatre ans et demi.

Cette famille réside en France depuis 10 ans. Les parents travaillent et leur fille est inscrite à l’école. Mais ils ont été placés dans un centre de rétention avant d’être expulsés avec leur fille.

Monsieur Besson a déclaré : L’intérêt supérieur du mineur est bien de ne pas être séparé de ses parents, y compris au sein de centre de rétention…

Ces paroles devraient nous rappeler quelque chose…

— Daniel Rachline


Journal 10/09 : Joseph Kessel

9 octobre 2009

6 février 1964 : discours de réception à l’Académie Française par Joseph Kessel :

“…Pour remplacer le duc de la Force dont le nom magnifique a résonné glorieusement pendant un millénaire dans les annales de la France…Qui avez-vous désigné? Un russe de naissance et juif de surcroit, un juif d’Europe centrale…Vous avez marqué, sans même y penser et d’un geste d’autant plus précieux, vous avez marqué par le contraste singulier de cette succession, que les origines d’un être humain n’ont rien à faire avec le jugement  que l’on doit porter sur lui…”

Si j’ai tenu à rappeler le début de ce magnifique discours de Joseph Kessel, c’est parce que je voulais faire un lien avec la réédition dernière des trois grands procès qui nous ont concernés, ô combien, auxquels a assisté Joseph Kesssel et dont il a rendu compte à leur époque dans un petit livre intitulé Jugements derniers. Trois procès : Pétain, Nuremberg, Eichmann.

Ce juif russe maniait la langue française comme il est rare de le faire encore de nos jours et avait le don de la narration.

Pétain  dans son fauteuil étroit, Eichmann dans son box de verre… Lisez, vous les voyez proches de vous. Phrases percutantes, style sobre, clair, net. Quel plaisir, on en redemande.

Jugez vous-mêmes.

Daniel Rachline


Journal 10/09 : 14 Juillet « Fête populaire »

9 octobre 2009

Cette journée qui reste un symbole fort pour tous les Français, réveille en chacun le sentiment d’appartenance à la Nation.

Mais, pourquoi assiste-t-on inexorablement, chaque année, à ce défilé d’engins de guerre sur notre si belle avenue des Champs Elysées ?

Je rêve du jour où le 14 juillet verra défiler nos têtes pensantes, les femmes et les hommes qui représentent l’orgueil de la France…

Merci au Conseil de la Citoyenneté des Habitants Non Communautaires (CCHNC) du 20ème arrondissement de Paris de nous avoir invités à leur “fête de la République laïque métissée” qui a lieu chaque année le 14 juillet !

Mémoire 2000 avait un stand, partagé avec une association malienne et nous avons ressenti beaucoup de chaleur et de joie de faire partie de cette même et unique race humaine. Nous avons eu beaucoup de visiteurs intéressés.

Un grand merci encore à Mme Frédérique Calandra, maire du 20ème arrondissement et Mme Danielle Simonnet, déléguée à la lutte contre les discriminations, qui nous ont permis ces échanges avec diverses associations, avec quelques médecins de l’hôpital Tenon, avec les passants d’un autre 14 juillet…

–Joëlle Saunière


Journal 10/09 : Une dictature fasciste à nos portes

9 octobre 2009

Nous devons nous rendre à l’évidence. Encore une fois notre angélisme nous a fait prendre nos désirs pour des réalités. Nous avons voulu voir, espéré évidement, que les manifestations dans les principales villes d’Iran, de citoyens courageux et écœurés à la suite de l’énorme fraude électorale, marquaient le début d’un printemps iranien. Nous avons voulu croire  que survenaient enfin les prémices de la chute de ce régime vieux de 30 ans sous les coups de boutoir d’une jeunesse avide de liberté et de modernité. Que les nouvelles générations impatientes et frustrées allaient enfin se débarrasser des vieux barbons… Las!

Vieux, ce régime l’est à coup sûr, mais il n’est pas que cela. Il est aussi un régime d’oppression de l’individu, oppression qui s’insinue dans sa vie quotidienne et jusque dans son esprit. Il traite aussi bien de sa façon – à il ou elle – de se vêtir, que de ce qu’il ou elle fait, exprime, lit, regarde, écoute, aime, prie, etc… L’individu y est constamment surveillé par une armée de gardiens des consciences autant que de la pureté de la révolution. Et ces gardiens sont partout. Le nouveau président “élu” ne s’est-il pas vanté de pouvoir mobiliser en une journée 7 millions de ses partisans?

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Journal 10/09 : La montée de l’extrême droite en Hongrie et en Roumanie

9 octobre 2009

En intégrant l’Union européenne, la Hongrie et la Roumanie se sont engagées à respecter les droits de l’homme. Les propos racistes et antisémites sont interdits dans la presse, une journée commémorant la Shoah a été instituée et l’enseignement du génocide des juifs et des tziganes y est devenu obligatoire. La Roumanie a crée une commission internationale sur l’histoire de sa collaboration avec l’Allemagne nazie, les statues à la gloire du dictateur Ion Antonescu ont été enlevées et une loi contre le négationnisme promulguée. La Hongrie s’apprête à légiférer dans ce sens. La dynamique européenne a été très bénéfique à ce titre. Pourtant la situation des minorités religieuses et ethniques s’est récemment détériorée avec l’essor de partis ultranationalistes, xénophobes, antisémites et violemment anti-roms qui inquiètent désormais jusqu’aux instances de l’Union Européenne.

En dépit des efforts gouvernementaux, après quarante années de chape de plomb communiste, nombre de Hongrois et de Roumains ignorent ou dénient les responsabilités de leurs gouvernements et d’une partie de leur population dans l’extermination des juifs et des tsiganes européens. En Hongrie, plus de 500.000 juifs hongrois sur les 750.000 personnes qui formaient cette communauté furent exterminés par les Allemands et les “Flèches croisées”, le parti hongrois nazi dirigé par Szalasi. Quant à l’extermination des roms d’Europe centrale, notamment des roms hongrois à laquelle les “Flèches croisées” ont également pris part, elle est peu étudiée en raison du manque de documents les concernant et de leur propre tradition (le peuple tsigane n’est pas un peuple du souvenir, mais de l’oubli), mais elle concerne des milliers de roms hongrois. En Roumanie, la moitié des 760.000 juifs roumains furent exterminés par les soldats allemands et roumains, avec parfois le concours de la population civile. Et les historiens ont documenté que si le dictateur Antonescu a arrêté les déportations des juifs en 1943, c’est parce qu’il avait compris que l’Allemagne perdrait la guerre (nombre de Roumains considèrent Antonescu comme un “sauveur des juifs”). Quant aux roms de Roumanie, plus de 20.000 d’entre eux furent exterminés avec le concours des soldats roumains et d’une partie de la population.

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Journal 10/09 : Halte à l’hémiplégie mémorielle

9 octobre 2009

Monsieur Jérôme Garcin est un critique littéraire très talentueux. Pourtant, sa critique récente (Nouvel Obs) du roman de Laurent Mauvignier (Des hommes) me laisse un arrière-goût très amer.

Louer les qualités d’un écrivain, soit, encore faut-il que celles-ci soient au service de la vérité, et non pas d’une vision unidirectionnelle des choses. Or, monsieur Mauvignier fait ici preuve d’une véritable hémiplégie de la mémoire. Certes, il est incontestable que de nombreux appelés sont revenus fortement traumatisés par la guerre d’Algérie. Mais ils n’étaient pas les seuls. Car l’auteur ne parle que de leurs souffrances, et monsieur Garcin lui emboîte le pas, qui en voit un revenir dans son village natal pour “broyer du noir et se battre avec ses fantômes”. Dans un “lamento collectif”, ils ne “trouvent pas la paix”. Or, il faut “rendre la parole aux sans-voix, arracher des aveux aux taiseux”, car “c’est la guerre d’ Algérie qui l’a brisé, qui a fait de lui une épave”. Ils sont “marqués à vie par des images tellement atroces qu’on ne sait pas se les dire à soi-même”. En outre, parler de “casser du bougnoule”, de “fellaghas tués, filles violées, bombardements au napalm”, ça impressionne à coup sûr.

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Journal 10/09 : Quis custodiet ipsos custode ?

9 octobre 2009

Qui surveille les surveillants ? Excellente question posée ces jours-ci par des ONG de défense des droits de l’homme qui font la une non pas par les méfaits qu’elles dénoncent, mais par leur propre comportement.

D’abord nos amis de la LICRA, avec leur président UMP à leur tête. Patrick Gaubert, si prompt à se constituer partie civile contre le préfet Girot (ce que l’on peut comprendre), a été encore plus prompt à venir au secours du ministre de l’Intérieur qui a connu le malheur de voir ses (plus récents) propos racistes filmés (et malgré les efforts pour les cacher, diffusés). N’empêche, Gaubert est là pour nous affirmer que Brice Hortefeux n’est pas raciste (je ne sais rien du coeur de M. Hortefeux : qu’il croit à ce qu’il dit ou qu’il joue sur le fond raciste de ses amis militants UMP, je m’en fous… ses propos sont racistes). M. Gaubert nous assure : il n’y a pas eu “d’insultes”, et sans insultes, pas de racisme, selon la nouvelle doctrine de la LICRA. Et pas de racisme tant qu’il s’agit d’Auvergnats et pas d’Arabes. Et pas de racisme lorsqu’il s’agit de comparer l’apparence d’un tel avec le “prototype” de sa supposée origine ethnique. C’est bon à savoir que l’on pourra désormais dire de M. Gaubert sans être taxé d’antisémitisme qu’il ne correspond pas au prototype du Juif, puisque son nez n’est pas crochu et qu’il n’est pas radin….

Bref, la perte définitive de la crédibilité en tant qu’association anti-raciste de la doyenne de celles-ci. Une perte énorme, qu’il faudra pleurer longtemps.

Je serai plus bref sur l’histoire de Marc Garlasco, analyste militaire de Human Rights Watch, et critique particulièrement acerbe d’Israël et son armée. Dans le civil, après avoir dénoncé les crimes contre l’humanité d’Israël, M. Garlasco a d’autres passions, dans le genre collectionneur de souvenirs nazis. C’est vrai que l’on retrouve parfois chez les pompiers des pyromanes…

–Marc Naimark