L’Amendement Hypocrite par Bernard Jouanneau

7 novembre 2016

Après l’Assemblée nationale au mois de juillet, le Sénat vient d’adopter, à une courte majorité (10 voix) l’amendement à la loi « Egalité – citoyenneté » qui devrait permettre la poursuite de la négation de tous les génocides et des crimes contre l’humanité, court-circuitant ainsi le texte de la proposition de loi de Valérie BOYER qui tendait aux mêmes fins et qui a été renvoyé en commission le 4 décembre 2015.

Il ne concernait pas que le génocide arménien ; mais c’est bien de celui-ci qu’il s’agissait, inspiré ou suggéré par François Hollande qui en avait fait la promesse, après la consultation qu’il a demandée au président COSTA (l’ancien président français de la CEDH), il semble avoir été propulsé par la gauche et soutenu par une partie des sénateurs de la droite et du centre.

Quoiqu’il en soit ce n’est qu’un leurre destiné à satisfaire les Arméniens et à rassurer en même temps les Turcs, en renvoyant aux juges le soin de reconnaître chez les négationnistes du génocide arménien ceux qui se laissent inspirer par la haine de ceux qui entendent disposer seulement de leur liberté d’expression sur la question.

Pour comprendre la manœuvre politique et diplomatique, il faut se souvenir que pour le Conseil constitutionnel comme pour la CEDH, la négation de la Shoah peut être poursuivie parce qu’elle comporte implicitement un appel ou une provocation à l’antisémitisme, alors que la négation du génocide arménien qui remonte à 1915 ne présente pas intrinsèquement et partout le même risque d’entretenir chez les Turcs et leurs proches la haine envers les Arméniens (cf. arrêt du Conseil constitutionnel du 12 février 2012 ; CEDH du 15 octobre 2015 dans l’affaire PERINCEQ ; et CC du 8 janvier 2016 dans l’affaire Peyron).

On a eu beau s’interroger sur le principe d’égalité entre les victimes, en se demandant pourquoi, à trente ans de distance entre 1915 et 1945 les deux génocides qui ont marqué le siècle ne devraient pas être traités de la même manière, rien n’y a fait : dernier cadeau de Jean-Louis DEBRE en quittant le Conseil constitutionnel au mois de janvier 2016 : l’arrêt du 8 janvier 2016 a rejeté la QPC qui soulevait ce moyen de l’égalité visant la loi Gayssot.

Lorsque Valérie BOYER, au nom de l’UMP a déposé son second projet de loi venu en discussion le 4 déc. dernier, la gauche n’était pas prête. Elle voulait surtout réserver à François HOLLANDE le privilège de tenir ses promesses, en faisant à temps déposer cet amendement au Sénat, après l’avoir fait voter au mois de juillet à l’Assemblée, sans qu’on s’en aperçoive.

Entre temps, le président ERDOGAN a changé de Premier ministre et a repris la main, en imposant au mois de mars son accord avec l’UE au sujet des migrants. La tentative de coup d’Etat a été enrayée et les relations avec la Turquie se sont apaisées, sans pour autant que son entrée dans l’Union soit remise à l’ordre du jour. Il n’est pas jusqu’aux Arméniens eux-mêmes qui s’en soient contentés et pour certains félicités, sans se rendre compte que ce larguage dont ils venaient d’être victimes était un jeu de dupes.

Si le texte émanant du Sénat est accepté par la commission mixte paritaire et adopté en seconde lecture par l’Assemblée nationale avant les élections, François Hollande pourra dire qu’il a tenu ses promesses, grillant ainsi la politesse à Nicolas SARKOZY qui l’avait aussi promis en 2012. Il n’y a pas que les Arméniens qui seront floués. Les négationnistes l’emporteront.

Il leur suffira désormais prouver que la négation de ce génocide n’est que le résultat des recherches et des travaux entrepris de bonne foi par les historiens prompts à revendiquer leur liberté d’expression et en aucune façon une agression contre les Arméniens d’aujourd’hui, pour obtenir la relaxe et faire que ce texte reste lettre morte. Certains seront condamnés : Il y a parmi eux quelques fanatiques excités qui se feront prendre ; mais dans le principe, la contestation, la minimisation grossière ou la remise en question systématique du génocide de 1915 ne sera pas retenue par les juges qui se refusent à « écrire l’histoire » et à s’immiscer dans la liberté de la recherche.

Il n’en sera pas de même pour les tutsis, les Cambodgiens et les Yougoslaves dans la mesure où les génocides dont ils ont été victimes ont été reconnus par des décisions de justice nationales et/ou internationales.

Mais comme la communauté internationale qui s’en était avisé au mois de juillet 1915, par la déclaration des alliés, n’a pas donné suite au traité de Sèvres de 1920 et s’est inclinée à Lausanne en 1923 devant les exigences de Kemal ATATÜRK devenu président de la République turque, en abandonnant son projet de juridiction internationale annoncée par les alliés, ce n’est pas au nom de la communauté des nations (à l’époque de la SDN) que les cours martiales de la Sublime Porte se sont prononcées en 1919 en condamnant les responsables du génocide, ministres et dirigeant du parti Union et Progrès des jeunes turcs.

On le savait quand on a fait voter ce texte hypocrite.

Mais l’intérêt stratégique et diplomatique a pris le dessus. On avait besoin des Turcs pour enrayer l’afflux des migrants en mer Egée. C’est Angela MERKEL qui a trouvé la solution en imposant à ses partenaires européens l’accord du 18 mars 2016 qui a fermé la route des Balkans aux réfugiés Syriens, Soudanais, Afghans, Erythréens, Ethiopiens et Azerbaïdjanais qui se sont repliés vers la Libye, et en faisant adopter au Bundestag une loi reconnaissant le génocide arménien.

François Hollande s’en est accommodé. Pour lui, la page était tournée ; il allait pouvoir soutenir qu’il avait tenu ses promesses, même si l’Assemblée nationale renâclait.

Il y a bien d’autres amendements dans cette loi « Egalité – Citoyenneté » qui vont donner lieu à discussion ; ne serait-ce que tous ceux qui ont gravement altéré la loi de 1881 sur liberté de la presse.

Mais celui-ci devrait pouvoir être déjoué assez simplement. Comment ?

Dès lors qu’il est impossible de se référer à des décisions rendues par une juridiction internationale qui ait ou qui puisse condamner le génocide arménien et que par ailleurs la reconnaissance légale de ce génocide par les parlements étrangers et par le parlement français en particulier (loi du 29 janvier 2001) risque d’être jugée inconstitutionnelle comme étant une loi mémorielle, il faut trouver la voix de droit qui permette de retenir le génocide arménien pour acquis.

La reconnaissance par l’Etat qui s’en est rendu coupable doit pouvoir être retenu comme preuve. Alors qu’à Nuremberg, on n’a pas formellement retenu contre les nazis le crime de génocide qui n’existait pas, il est aujourd’hui communément admis que les dirigeants nazis se sont bien rendus coupables de génocide envers les juifs et les tziganes, dans le cadre de la « solution finale ».  L’Allemagne l’a reconnu en acceptant de prendre part aux réparations des préjudices subis par les survivants et par les héritiers des victimes de la Shoah. Contrairement à ce qu’on entend répété de toutes part, ce n’est pas le jugement de Nuremberg qui a reconnu le génocide juif, c’est l’Allemagne.

Le fait que la Turquie d’aujourd’hui, tout en reconnaissant les massacres de 1915, n’admette pas qu’il s’agisse d’un génocide, n’empêche pas de considérer que l’Etat turc, avant la République d’Atatürk l’a incarné à partir de 1923 et l’a reconnu du temps de l’Empire Ottoman qui a survécu jusque là. En décidant et en organisant des poursuites contre les dirigeants d’UNION et PROGRES contre les anciens ministres en exil, le pouvoir en place qui représentait légalement et légitimement l’Etat Turc, la Turquie a reconnu qu’il s’agissait d’un génocide, en tous cas de crimes contre l’humanité (Cf. Jugement à Istanbul de Tanner AKCAM).

Le principe universel de la continuité de l’Etat met à la charge de l’Etat qui subsiste, les droits et obligations qui pesaient sur sa représentation en place au moment des faits.

On peut donc admettre que la négation du génocide arménien soit poursuivie dès lors que ce génocide a été reconnu par l’Etat turc existant et en place à l’époque, sans que sa négation ultérieure fasse disparaitre cette reconnaissance

Il suffirait donc d’ajouter dans le texte de cet amendement :

«  Ou lorsqu’il aura été reconnu par l’Etat qui s’en sera rendu responsable » 

Pour que l’amendement voté ait un sens.

Bernard JOUANNEAU

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La SNCF fait ses excuses : impavide devant la moralité, elle cède aux dollars

12 novembre 2010

Il aura fallu le risque de perdre un marché, mais la SNCF finit par laisser tomber son argument d’irresponsabilité. Juridiquement valable, sans doute, mais moralement abject. Sur RTL: dr :

C’est une première. La SNCF a présenté des excuses pour avoir transporté des Juifs dans les camps de la mort pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est le patron de l’entreprise, Guillaume, Pépy qui les a formulées en personne lors d’un voyage Outre-Atlantique, début novembre. Le groupe français a cédé à la pression des Etats-Unis, qui menaçaient de lui refuser l’accès à des appels d’offres pour la construction de plusieurs lignes ferroviaires en Floride et en Californie.

SOCIETE – Son président a dit sa «profonde peine» et ses «regrets» à des élus américains et à des associations juives…

La SNCF a cédé. L’entreprise, par la voix de son patron, Guillaume Pépy, a pour la première fois présenté des excuses pour avoir transporté quelque 76.000 Juifs vers les camps de la mort pendant la Seconde Guerre mondiale, rapporte ce vendredi RTL.

Guillaume Pépy s’est rendu Outre-Atlantique début novembre, pour rencontrer des élus de l’Etat de Floride et des associations juives. Il leur a remis une déclaration solennelle, et leur a dit sa «profonde peine» et ses «regrets» pour les conséquences des actes de la SNCF «effectués sous la contrainte de la réquisition».

Appel d’offres

La SNCF a ainsi cédé à la pression des Etats-Unis, qui menaçaient de lui refuser l’accès à des appels d’offres pour la construction de plusieurs lignes ferroviaires en Floride et en Californie. Ce voyage est en effet intervenu au moment même où étaient organisées les présentations des projets en lice pour la ligne Tampa-Orlando en Floride, qui pourrait être achevée en 2014.

L’entreprise avait jusqu’à présent insisté sur le fait que «les cheminots étaient sous le joug de l’occupant nazi, sous menace de mort». Guillaume Pépy envisagerait également selon la radio d’aménager l’an prochain un lieu de mémoire près de la gare de Bobigny, d’où partaient les convois emmenant les prisonniers du camp de Drancy.


Journal d’octobre 2010 : « Mauvais signes! » de Lison Benzaquen

13 octobre 2010

Nous vivons une période étrange et pour tout dire trouble et inquiétante.

On a le sentiment qu’avec la crise, tous les vieux démons resurgissent. Il paraît que c’est une réaction humaine normale, elle n’en demeure pas moins angoissante.

L’illustration de cette atmosphère : le festival de petites phrases entendues cet été et qui en disent long : “déchéance de la nationalité”, “insécurité = Roms” etc….

Bref tout cela a des relents qui rappellent d’autres époques peu glorieuses de notre pays.

Dans le droit fil de cet état d’esprit, deux événements passés assez inaperçus et cependant significatifs.

Le premier, c’est la censure par le maire de Parthenay de la lecture à des élèves, d’une lettre écrite par Ida Grinspan, ancienne déportée, dans le cadre de la journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation.

Qu’y avait-il de choquant dans cette lettre? La vérité simplement. A savoir qu’Ida Grinspan dit avoir été arrêtée à l’âge de 14 ans, par trois gendarmes français. Horreur! cette révélation a heurté la sensibilité d’un gendarme. La vérité doit donc être tue. Ce ne sont pas des gendarmes français qui ont arrêté Ida, ce sont des gendarmes martiens !!! C’est comme ça qu’on écrit l’histoire…

Et à propos d’histoire justement : une professeure d’histoire de Nancy a été suspendue quatre mois de ses fonctions à la suite d’un rapport rédigé en juillet par des inspecteurs qui ont trouvé des “manquements aux obligations de neutralité et de laïcité” de cette professeure et ont estimé qu’elle “consacre trop de temps à l’organisation de voyages sur l’histoire des juifs comprenant des visites à des camps”.

Voilà donc que la Shoah devient un phénomène religieux et essentiellement juif? C’est nouveau. Je croyais naïvement que la Shoah était un phénomène universel hors catégorie, surtout pas religieux. La Shoah concerne me semble-t-il, l’humanité entière et la mémoire de l’histoire de la Shoah devrait être omniprésente pour rappeler à chacun et à tout moment ce à quoi l’homme peut arriver s’il manque de vigilance et s’il se laisse progressivement glisser et porter par la facilité de chercher (et trouver) un bouc émissaire à tous ses malheurs.

Ces deux exemples sont les mauvais signes du climat actuel où chacun suspecte l’autre, où chacun se recroqueville sur son identité survalorisée au détriment de celle de l’autre : c’est le terreau préféré de tous les racismes et dérives.

Alors, s’il nous est impossible d’être plus ouverts et meilleurs, au moins essayons d’être plus raisonnables, pour l’avenir de nos enfants…

Lison Benzaquen


Heureusement qu’on a les Musulmans…

26 avril 2010

Sinon ce seraient les Juifs les méchants du jour*

Un coup de gueule du posteur.

Comment expliquer la dernière histoire si bien trouvée pour alimenter la haine des Musulmans ? Pour créer une menace publique du voile intégral, alors qu’il n’y en a aucune, M. Hortefeux (Brice de Méchant) saute sur un PV de 22 euros, qui sera sans doute invalidé si jugé, sort une enquête sur le mari de la conductrice intégralement voilée**. Celui-ci, naturalisé français, aurait pas moins de quatre épouses. Intégriste, polygame, profiteur (car tous ses enfants qui remplissent de joie les politiques quand il s’agit de se vanter de la stabilité de la natalité française deviennent aussitôt de sales parasites sur le corps social français), le monsieur mérite, selon Brice, d’être déchu de sa nationalité cocoricotte.

Or, il n’est pas polygame, le droit français permettant aux hommes de coucher avec autant de femmes qu’il veut (ou peut). Il peut même faire des enfants avec. Et il peut vivre avec. C’est ça la liberté. Et en tout état de cause, la polygamie n’est pas un motif pour faire retirer son passeport bordeaux à un Français naturalisé.

Alors M. Hortefeux, ancien élu, ministre de l’Intérieur (celui de la police), semble ignorer la loi qu’il est censée faire appliquer. Ou bien il s’en fout, et ne cherche qu’à alimenter l’islamophobie trop présente en France de nos jours.

Un dernier mot : si établir plusieurs ménages avec de multiples femmes et des enfants avec chacune, et profiter de l’argent public pour ce faire, mérite la déchéance de la nationalité française, j’attends avec impatience une procédure à titre posthume à l’encontre de François Mitterrand.

* Mais merci à Jean-Marie Lepen de rappeler que les antisémites ne sont pas en reste.
**Je suis contre le port du voile intégral. Je suis également contre l’ingérence de l’Etat dans la pratique religieuse. Je pense qu’il y a un problème de la liberté réelle des femmes de Musulmans, mais je pense qu’interdire le port du voile traite un symptôme et non pas la maladie. Et si l’on veut l’interdire d’équipements et institutions publiques, le motif de la nécessaire visibilité du visage pour des raisons de sécurité ne suffit-il pas ?

La LICRA poursuivrait enfin Zemmour

20 avril 2010

Un petit coup de gueule suite à la lecture de l’article de presse ci dessous.

Après l’apologie de Hortefeux, on ne s’attendait pas à voir la LICRA s’attaquer à Eric Zemmour pour ces récents propos abjects.  Surprise alors lorsque l’association antiraciste a déclaré vouloir poursuivre la personnalité télé. La réalité nous a rattrapé avec la proposition de la LICRA de remplacer les poursuites pour racisme par un « débat » télévisé, projet assez absurde, mais bon à savoir. On sait désormais que pour la LICRA ne porte pas plainte pour racisme ou antisémitisme, il suffit de proposer un débat.  Après s’être décrédibilisée en matière de poursuites en annonçant qu’elle n’allait rien faire contre Hortefeux (et en couvrant ce que le procureur vient de qualifier d’injures racistes), puisque la victime n’avait pas porté plainte, on se doutait que la LICRA trouverait tout moyen pour ne pas agir contre Zemmour.

Hélas pour elle, la LICRA semble avoir quelques membres qui se rappellent qu’il y a bien la lettre R dans leur sigle, et elle annonce revenir sur sa décision de laisser filer Eric.

C’est un peu tard, mais c’est mieux que rien.

De 20 Minutes :

POLEMIQUE – La Licra a confirmé ce lundi poursuivre Eric Zemmour en justice, après avoir consulté ses militants…

Un nouvel épisode dans le feuilleton qui oppose la Licra Eric Zemmour, depuis les propos qu’il a tenus le 6 mars sur Canal + et France Ô. Dans cette sortie, il estimait que «la plupart des trafiquants sont des noirs et des arabes», ajoutant «c’est un fait».

La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme annonce en effet ce lundi sur son site qu’elle maintient sa décision de poursuivre le polémiste en justice, annoncée dès le 16 mars. Pourtant, l’affaire semblait presque close: Eric Zemmour avait finalement annulé le débat télévisé qu’il avait lui-même proposé, durant lequel il aurait dû être face au président de la Licra, Alain Jakubowicz. Alain Jakubowicz avait alors publié une lettre le 1er avril.

Plus de proposition de débat par Eric Zemmour
Acharnement? La Licra aurait en fait bien préféré «poursuivre le débat hors de l’enceinte judiciaire». Seulement voilà, Eric Zemmour ne lui aurait plus donné signe de vie depuis le débat télé annulé en dernière minute. «Il n’a pas souhaité ce débat, pas émis d’autre proposition. Comme je l’ai dit dans ma lettre, par ses propos du 6 mars, il a franchi la limite d’expression dans un état de droit. Or, ce genre de sujet ne se règle pas par voie épistolaire», plaide Alain Jakubowicz.

Autre fait, cette décision devait passer devant le Conseil fédéral de la Licra. «Nous avons voulu consulter nos militants lors d’un vote, qui s’est tenu lors Conseil fédéral samedi dernier. La majorité était assez significative», précise Alain Jakubowicz.
La Licra a demandé à ses avocats de saisir la Chambre de la presse du Tribunal de Grande Instance de Paris.


Crise mondiale : toute la vérité sur internet

19 avril 2010

Paru dans  le journal d’Avril 2010

Usrael, le pouvoir caché de qui vous savez...

La presse a-t-elle encore un avenir? Telle était la question posée il y a quelques semaines par la chaîne Arte. Entre les journaux gratuits, la diminution de la publicité, l’expansion du net, il paraît qu’elle est mal partie.

Le net, précisément. Entre autres invités, un fervent adepte et pratiquant d’internet, animateur d’un site d’“information” récemment condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir dit la “vérité”. A savoir, les véritables raisons du chaos actuel. Sans surprise. Les coupables habituels — qui vous savez — engagés naturellement dans un gigantesque complot sioniste pour la domination du monde, rien de nouveau sous le soleil. Ce site ouvre bien entendu l’accès aux grands classiques du genre, clichés mille fois millénaires avec quelques ajouts sans surprises en accord avec la situation actuelle. Chacun peut y voyager sans efforts entre les “Protocoles des Sages de Sion” et “Bagatelles pour un massacre”, sans risquer l’infarctus. Pourquoi alors en parler? C’est qu’il y a quelques nouveautés.

Par où commencer? Priorité à l’actualité :

Enfin une piste crédible sur les vrais responsables du 11 septembre!

—Une Revue Antisioniste, fondée en juin 2009 par t, présente une Liste Antisioniste, “pour une Europe libérée” non seulement de la censure, mais du communautarisme (lequel?), des spéculateurs et de l’OTAN. Nous sommes à l’occasion prévenus que nous filons tout droit vers l’apocalypse, car “la machine de guerre USraélienne” a besoin en ce moment d’une “relance psychologique”, puisque “le 11 septembre est déjà loin et son effet hypnotique sur l’opinion publique internationale s’est nettement atténué, d’autant plus que la thèse officielle est de plus en plus ouvertement contestée y compris par des personnalités de premier plan”. Voir Thierry Meyssan, inoubliable auteur de la thèse non officielle du complot. Les preuves :

— Haïti : “Le séisme qui a frappé Haïti a-t-il été provoqué par l’armée US?

Selon des sources militaires russes, ce serait le cas”. C’est “techniquement possible et stratégiquement cohérent”, affirme l’ami Thierry Meyssan. D’ailleurs, les sionistes en ont déjà profité pour envahir Haïti.

Le terrible attentat de masse que nous prépare tout ce beau monde ne se passera pas cette fois-ci nécessairement aux USA. Il permettra “de remobiliser l’opinion contre le front mondial de résistance à l’Empire Usraël, dont les pays musulmans, notamment l’Iran, sont le noyau dur”.

—L’attentat manqué de justesse sur une ligne d’aviation américaine est la première étape de la préparation psychologique de l’opinion “en vue de conflits majeurs aux conséquences incalculables”.

—Les juifs israéliens ne se sont pas fait vacciner contre la grippe A. Vous avez compris? Comme pour le 11 septembre, ils ont tout machiné toujours bien informés avant les catastrophes. Sans compter qu’ils s’enrichissent considérablement en ce moment sur le marché des médicaments : “L’entité sioniste fait fortune à travers la contrefaçon des médicaments”. Précisions : “Les taux du commerce dans la contrefaçon des médicaments dans les marchés de l’occupation sioniste atteint entre 22 et 27 millions de dollars, a révélé le ministère de la santé et de la police de l’entité de l’occupation”. Comprenne qui pourra.

—DSK est un “pion mondialiste et sioniste”, Dalil Boubakeur, le Recteur de la Mosquée de Paris, est “la femme de ménage des sionistes”, Obama, malgré ses débuts prometteurs, n’est finalement qu’un “pantin sioniste” comme les autres, Eisenhower dont le nom d’origine était Eisenhaur était “affectueusement” surnommé “le terrible juif suédois”(?) à West Point. On peut aussi “creuser les origines” de Churchill-Jacobson, Roosevelt- Rosenfeld, Stalin-Djugashvili, etc…

—“Le pédophile juif violeur Polanski”, nouvelle preuve (de quoi?)

—Pour les références littéraires, il est toujours bon de rappeler ces quelques lignes de Voltaire : Si nous lisions l’histoire des Juifs écrite par un auteur d’une autre nation (…), nous ne croirions pas qu’un peuple aussi abominable (les juifs) eut pu exister sur la terre. Mais comme cette nation elle-même nous rapporte tous ses faits dans ses livres saints, il faut la croire.

Une prochaine fois, je me propose de vous “révéler” le lien qui relie le Système de la Réserve fédérale, fondé au XIXème siècle aux Etats-Unis par des “banquiers internationaux”, au “camp de concentration de Gaza”. Mais la nausée m’empêche de continuer. Non j’éprouve plutôt de la pitié pour ce pauvre “auteur jugé antisémite” qui ne peut même plus s’exprimer librement. C’est vrai, à la fin : En France on peut aujourd’hui “traiter quelqu’un de nègre, de bougnoule (…) sans se faire inquiéter par la justice. Par contre, osez l’insulte youpin (quel que soit le contexte), et vous aurez la justice sur le dos”. Où va la France?

Au fait, ce site “antisioniste” injustement condamné n’est-il pas un peu trop risible, voire déraisonnable, pour être vrai? Ne serait-ce pas plutôt une ruse de plus des organes de la “flicaille mossadiste” pour mieux déconsidérer l’antisionisme? Faut-il pleurer, faut-il en rire?

Entre l’inquiétude et la pitié.

Colette Gutman


« Machisme machinal »

29 janvier 2010

La voix des politiques appelant à la parité hommes-femmes aux conseils d’administration aurait plus de poids si les politiques respectaient eux même la parité…

Chronique de Gérard Courtois
LE MONDE | 25.01.10 | 13h42 • Mis à jour le 25.01.10 | 13h42

Sonnez trompettes et résonnez hautbois : depuis deux siècles et même un peu plus, la France est la patrie des droits de l’homme et du citoyen. C’est inscrit, en quelque sorte, sur sa carte d’identité nationale. Pour les droits de la femme et de la citoyenne, en revanche, c’est une autre histoire.

Sans doute, l’article premier de la Constitution proclame-t-il fièrement, depuis les réformes de 1999 et 2008, que « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales ». Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Ainsi, le 20 janvier, à l’initiative de l’UMP, les député(e)s examinaient une proposition de loi « relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance » des entreprises. Légitime ambition, ont déclaré, la main sur le coeur, tous les orateurs et oratrices. Et pour cause : les femmes représentent aujourd’hui près de 40 % des cadres des entreprises, mais n’occupent que 8 % des sièges des conseils d’administration ou de surveillance des 500 plus grandes sociétés françaises.

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