Le communiqué de Mémoire 2000 suite aux injures racistes proférées à l’endroit du garde des Sceaux, ministre de la Justice, Madame Christiane Taubira

7 novembre 2013

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COMMUNIQUÉ

Les insultes proférées à l‘encontre de Christiane TAUBIRA  sont intolérables  et ceux qui les ont laissé se propager devraient s’en excuser publiquement.

Elles constituent une offense à sa personne ; mais aussi à la RÉPUBLIQUE  qu’à la place qu’elle occupe, elle représente.

Mais ce qui est inadmissible  est bien davantage l’absence de réaction des députés de l’opposition  qui ne se sont ostensiblement pas levés lors de la séance de l’Assemblée Nationale à laquelle une protestation solennelle et symbolique a été émise.

On leur rappellera qu’en 1972, la loi sur le racisme  a été votée par l’Assemblée Nationale à l’UNANIMITÉ.

Mémoire 2000  attend de la représentation nationale qu’elle exprime sa réprobation devant de tels comportements.

  MÉMOIRE 2000


Journal de Juillet 2013: compte-rendu de notre séance Cinéma-Débat du 16 avril 2013

19 juin 2013

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Séance du 16 avril 2013

Thème : les droits civiques aux USA

Débattrices : Nelcya Delanoë, Joëlle Rostkowski

En 1993, Mémoire 2000 avait projeté Cœur de tonnerre au Max Linder. 20 ans plus tard,  Mémoire 2000 projette à nouveau ce film qui raconte à partir d’une histoire romancée, des faits qui se sont produits dans les années 70 à la réserve de Pine Ridge.

A la fin des années soixante dix, Raymond Levoi jeune et brillant agent du FBI (d’origine indienne) est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un Soux Oglala, dans les Badlands dans le Dakota et d’aider le responsable local des affaires indiennes à appréhender le suspect n°1, chef d’un mouvement traditionnaliste et militant des Droits Civiques Indiens. Il va ainsi découvrir son peuple, ses origines.

Mémoire 2000 remercie Francis Geffard de nous avoir mis en relation avec Nelcya Delanoë et Joëlle Rostokski, qui se sont relayées pour répondre aux questions des élèves.

Ce fut un flot de questions – surtout posées par des filles. Nos débattrices répondirent aux  élèves qui voulaient savoir les us et coutumes des Indiens, le lien entre les jeunes et les aînés, le choix du nom (qui n’est pas définitif), leur revendication dans l’histoire, la vie dans les réserves qui étaient autrefois étroitement surveillées, mais maintenant sont des territoires ouverts. Les Sioux Oglalas sont avec les Apaches les derniers résistants à la colonisation des blancs.

Au cours du dernier recensement, 5 000 000  de personnes se déclaraient Indiens dont certains ont des descendants de 2 ou 3 origines. La plupart des Indiens vivent dans les villes, et retournent dès que possible à la réserve. Il fallut attendre 1924 pour que les Indiens deviennent officiellement Américains. Au Canada, cela dépend des tribus. Aujourd’hui, les Indiens sont toujours aussi pauvres, ils revendiquent leurs droits, ils se font entendre face au chômage, à leur condition sociale, à leur place dans la société américaine. De plus, leurs terres sont situées sur des emplacements riches en minerais, en uranium, ou en gaz de schiste créant de nouveaux conflits.

Depuis 1970, officiellement la loi donne les mêmes droits aux Indiens et aux Américains (du moins en théorie), après tout dépend de la pratique face au chômage, à l’acculturation, au racisme, aux difficultés pour déposer une plainte, dénoncer un viol. Il y a cependant des avancées. Autrefois, les Indiens étaient empêchés de parler leur langue : le Lakota, alors qu’aujourd’hui on développe l’apprentissage de la langue. Les Lakotas ont des journaux, des télévisions, des radios et développent un cinéma indien.

Les Indiens se désignent par leur nom de Nation, ils préfèrent se nommer Amérindiens, Natives Americans ou Americans Indiens plutôt qu’Indiens qui pour eux est un mot colonial. En Amérique Latine, ils se nomment Indijinos : ce nom n’a pas le même sens qu’en France.

Nelcya Delanoë évoqua le travail d’infiltration du FBI face à l’American Indian Movement qui bénéficie de plusieurs comités en France. Elle évoqua le sort de Leonard Peltier condamné à 3 ans de prison pour le double homicide qu’il aurait commis sur des agents du FBI.

A la question d’une élève, Joëlle Rostokski évoque son travail d’historienne et d’ethnologue auprès de Indiens qui est de développer la connaissance de leurs arts par un travail avec des écoles et des universités internationales créant une synergie entre l’intérieur et l’extérieur de la réserve.

Après le débat de petits groupes discutèrent avec nos invitées et des contacts furent pris avec les professeurs pour d’éventuelles suites dans les établissements scolaires.

Patrick Grocq


Éditorial du journal d’octobre 2012: « oui, il faut changer de loi sur le racisme et l’antisémitisme »

22 octobre 2012

Quarante ans après la loi Pleven du 1° juillet 1972 dont on a célébré les mérites, en rappelant qu’elle avait été votée à l’unanimité (mais dans l’indifférence des medias et du monde politique), on doit convenir qu’elle n’a pas suffi à servir la cause de la lutte contre le Racisme et l’Antisémitisme

Ses promoteurs et défenseurs qui en ont assuré le vote à l’époque, Alain Terrenoire en particulier, viennent d’en convenir à l’occasion des Universités d’été de la LICRA qui se sont tenues au Havre les 7, 8 et 9 septembre.

Les observatoires, nationaux, européens et internationaux auxquels son application a été soumise en ont convenu. Cette loi qui paraissait être l’honneur de la France n’a été appliquée que paresseusement et parcimonieusement et la magistrature qui a eu à en connaître n’a pas à se vanter d’avoir répondu à l’attente des associations qui en ont assuré la promotion.

Il est vrai qu’ils se sont bornés à appliquer la loi qui n’était pas parfaite. Il n’est pas question à quarante ans de distance de leur faire un procès d’intention. Il s’agit seulement de provoquer aujourd’hui une réelle et efficace mobilisation alors que l’on constate une recrudescence en France des agressions antisémites en particulier et une effervescence du négationnisme sur internet.

La LICRA a ressassé, lors de ces universités d’été que “ le racisme n’etait pas une opinion, c’est un délit”. C’était même le thème de sa communication et le titre de ses affiches. Malheureusement il ne s’agit que d’un vœu pieux car ce n’est pas la réalité juridique et les travaux de l’université de cette année l’ont bien fait ressortir. Ne constituent des délits pour l’instant que ceux qui sont énoncés par la loi de 1972 : à savoir la discrimination dans l’emploi et dans la fourniture des biens et des services et la provocation, ainsi que la diffamation et l’injure, envers une personne ou un groupe de personnes, en raison de son origine et ou de l’appartenance ou de la non-appartenance vraie ou supposée à une race, un ethnie, une nationalité ou une religion. En dehors de ces délits qui ne sont pas tous des délits de presse, le “ Racisme” reste une opinion de libre parcours et qu’au nom de la liberté d’expression on ne peut interdire, alors que selon la convention pour l’élimination de toutes les formes de racisme de 1966, les états signataires ont été invités à intégrer dans leur législation des dispositions qui répriment le racisme comme étant en soi un délit.

Alors, il est temps de choisir : ou bien l’on continue à cultiver le registre de l’hypocrisie qui nous va si bien et qui consiste à se borner à poursuivre les excès du racisme et de l’antisémitisme, sans parvenir à les définir précisément, ou bien l’on s’engage dans la voie de la répression du racisme sous toutes ses formes. Qu’on mesure le risque et la portée de l’enjeu! Notamment au regard du respect nécessaire de la liberté d’expression et des frontières de l’humour et de la caricature qui prennent de nos jours une importance insoupçonnée.

Mais si l’on choisit de s’engager dans la voie de la lutte contre le racisme, il va falloir se prononcer sur la possibilité de maintenir l’incrimination du “Racisme”; alors que le mot et la notion même font débat et, s’il convient de les supprimer, sur les critères à retenir pour les remplacer. Il est bien vrai qu’on n’éradiquera pas le racisme en supprimant le mot, mais personne ne l’a prétendu sauf ceux qui ne veulent pas y toucher.

Simplement convient-il de s’entendre sur les critères de discrimination prohibée qui peuvent être préservés : l’origine, assurément, mais aussi la nationalité et la religion, mais pas la race ni l’ethnie qui n’ont aucune réalité sociale ou sociologique même vraie ou supposée, l’idée même qu’il puisse être fait allusion dans la loi à une “race juive” me fait horreur.

Mais alors pourquoi exclure les autres critères de discrimination qui sont aussi prohibés : le sexe, l’âge, le handicap, la maladie ou l’orientation sexuelle ou l’appartenance ou la non appartenance à une culture ou à un groupe de pays liés par une union ou une communauté de destin ? On nous répond qu’il y a un risque de voir l’accessoire mélangé au principal et de voir s’ouvrir la boite de Pandore. Je suis d’un avis résolument contraire, car ce qui nous a motivé dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme n’avait d’autre justification que le respect de la dignité de la personne humaine qui doit être assuré dans toutes ses composantes.

C’est pourquoi je serai partisan de refonder une loi qui soit consacrée tout entière à la promotion et la défense de la dignité de la personne humaine, dans laquelle seraient intégrés tous les délits qui y portent atteinte, à commencer par la provocation à la discrimination, à la haine et à la violence qui ont pour dénominateur commun de s’en prendre à la personne humaine. Cela permettrait entre autres d’y inclure les dispositions répressives de la loi Gayssot concernant la négation de la Shoah et celles en attente concernant la négation des autres génocides lesquelles ne sont pas étrangères et sont même consubstantielles à la défense de l’humanité et de la dignité de la personne humaine.

Il nous faudrait donc œuvrer pour le faire reconnaître. Ce sera mon dernier combat et j’attends de Mémoire 2000, dans un premier temps, et des autres associations concernées ensuite, qu’elles le soutiennent, mais en attendant, j’y mettrai toute mon énergie et chacun sait que je n’en manque pas.

Bernard Jouanneau


Notre séance du Mardi 16 avril 2013: projection de «Coeur de tonnerre» de Michael Apted

9 octobre 2012


Coeur de tonnerre

un film de Michael Apted

Principaux acteurs: Sam Shepard, Val Kilmer

USA, 1992, 119 mn

Lieu de projection

Le Saint Germain des Prés, salle Beauregard – 22, rue Guillaume Apollinaire – 75006 Paris, Métro Saint Germain des Prés

Résumé : 

A la fin des années soixante dix, Raymond Levoi jeune et brillant agent du FBI (d’origine indienne) est chargé d’enquêter sur le meutre d’un Sioux Oglala dans les « Badlands » du Dakota et d’aider le responsable local des affaires indiennes à appréhender le suspect n°1 chef d’un mouvement traditionnaliste et militant des Droits Civiques Indiens.

Thème :

Les droits civiques aux États-Unis

Débat :

Le débatteur est Francis Geffard, fondateur de la librairie Mille pages à Vincennes, fondateur du Festival America et directeur de la collection Terres d’Amérique aux Éditions Albin Michel.

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Journal de Juillet 2012: La progression d’une nouvelle extrême droite

3 septembre 2012

Groupuscule français d’extrême droite organisant des « Marche des cochons » dans les magasins et restaurants hallal (mai 2012)

La présence au cœur de l’Europe d’un parti nostalgique du fascisme (Le Jobbik, Hongrie) et la récente percée aux élections législatives grecques d’un parti ouvertement néonazi (L’Aube dorée, 7% des voix) sont des événements particulièrement alarmants, mais ils ne devraient pas occulter le mouvement de fond qui parcourt l’Europe, celui de l’implantation et la progression d’une nouvelle extrême-droite.

Le score élevé de Marine Le Pen aux Présidentielles de 2012, les résultats électoraux récents du Parti des Vrais Finlandais, du Parti pour la liberté autrichien, du Parti pour la liberté néerlandais, du Vlaams Belang flamand, de l’UDC suisse, du Parti du progrès norvégien, du Parti populaire danois sont particulièrement inquiétants, précisément parce que ces partis ont rompu avec l’idéologie fasciste, voire néonazie, qui inspirait les programmes des partis d’extrême-droite jusqu’aux années 1990, ce qui les cantonnait à n’être que des groupuscules politiques insignifiants.

Le souvenir des horreurs de la seconde guerre mondiale, la mémoire de la Shoah, le travail pédagogique effectué depuis trente ans auprès de la jeunesse des différents pays européens ont profondément influencé les esprits, et les mots de George Bernanos restent pleinement vrais aujourd’hui: “Antisémite: ce mot me fait de plus en plus horreur. Hitler l’a déshonoré à jamais”. Rares sont les personnes qui osent se déclarer antisémites ou racistes, les partis d’extrême-droite excluent désormais leurs militants néo-nazis les plus visibles, les dirigeant de ces partis n’hésitent plus à se rendre en Israël pour y déclarer leur amitié et leur soutien à l’Etat juif. La haine de l’autre et la recherche du bouc-émissaire expiatoire ont muté et s’affichent désormais sous des formes qui répondent à l’évolution des esprits et des mentalités.

C’est ainsi que si les partis d’extrême-droite se positionnent sur la question de la mondialisation et du libre-échange en fonction de l’opinion majoritaire des citoyens de leurs pays respectifs, ils défendent généralement des idées libérales sur les grandes questions de société comme l’union libre, le droit à l’avortement, le droit des femmes, le droit des homosexuels. Ces récentes mutations idéologiques brouillent dans l’esprit de certains les frontières qui existent entre l’extrême-droite et les partis de la droite classique.

La nouvelle extrême-droite européenne partage un socle idéologique commun qui se structure autour de l’idée d’une hiérarchie des cultures et des êtres humains, de la xénophobie et du racisme polarisés autour du rejet de l’Islam et des musulmans.

Profitant des tensions sociales qui existent dans nos sociétés marquées par la crise et de forts taux de chômage, les nouvelles extrêmes-droites désignent les musulmans européens ou étrangers à la vindicte populaire. En instrumentalisant les islamistes, ultra-minoritaires parmi les musulmans européens, et les militants du djihad, en polarisant les débats publics sur les questions des pratiques religieuses des musulmans traditionnalistes – le halal, le port du voile – l’extrême-droite cherche à convaincre l’opinion publique que le problème essentiel serait la présence des musulmans, l’Islam étant censé être incompatible avec la démocratie, Geerts Wilders allant jusqu’à demander l’interdiction du Coran en Hollande, Livre sacré qu’il ose comparer à Mein Kampf… Cette disqualification a priori de l’Islam et essentialiste des musulmans qui sont renvoyés à un statut d’éléments nuisibles et ennemis du reste de la population européenne est effrayante et nous rappelle les pires conceptions antisémites du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. A cela s’ajoute une vision délirante et paranoïaque du poids démographique des musulmans en Europe, notre continent étant censé devenir une terre “musulmane”, ce que démentent toutes les études sérieuses : le think tank américain “Pew Research Center” établit à 6 % le nombre de personnes supposées musulmanes (de par leurs parents) dans l’Europe de 2010, les projections montent à 8 % en 2030. Les démographes Youssef Courbage et Emmanuel Todd montrent que la fécondité des pays musulmans et celle des femmes musulmanes immigrées en Europe chutent fortement et rejoint la faible fécondité des autres femmes européennes.

Ce ne sont pas seulement les mesures réclamées par ces partis – immigration zéro, expulsion de tous les sans-papiers, préférence nationale – qui doivent nous alarmer, c’est la mutation idéologique des extrêmes-droites européennes qui façonnent et désignent toutes le même ennemi supposé de l’Europe et des Européens : les musulmans.

Rose Lallier

 

 


Mémoire 2000 exprime sa vive émotion après les attaques et les assassinats de Toulouse et de Montauban

20 mars 2012

Après le lâche attentat antisémite perpétré le 19 mars dans une école juive de Toulouse, qui a coûté la vie à Gabriel Sandler, 4 ans, Arieh Sandler, 5 ans, Myriam Monsonego, 7 ans, et Jonathan Sandler, 30 ans, et a fait de nombreux blessés, Mémoire 2000 tient à exprimer sa peine et à s’associer à la douleur des familles touchées par ces assassinats.
Nous pensons aussi aux familles des soldats Abel Chennouf, 25 ans, et Mohamed Legouad, 24 ans, tués à Montauban le 15 mars, du soldat Loïc Liber, 28 ans, grièvement blessé à Montauban et qui se bat toujours contre la mort, du soldat Imad Ibn Ziaten, 30 ans, tué à Toulouse le 11 mars, tous attaqués dans les mêmes circonstances et par le même criminel.

Mémoire 2000


Journal d’octobre 2011 : Made in U.S.A.

9 octobre 2011

Elle a des cheveux magnifiques, de grands yeux verts, un teint et une silhouette de rêve… bref, elle a tout d’une“movie star” américaine, mais quand on entend son discours, on regrette qu’elle n’en soit pas une.

Il s’agit de Michelle Bachmann, la nouvelle égérie du mouvement ultra-conservateur américain le Tea Party.

Plus charismatique que Sarah Palin elle semble aussi plus toxique. Cette jeune femme de 55 ans (elle en paraît 40!), Républicaine, se dit directement inspirée par Dieu qui s’est d’ailleurs, dit- elle, déjà adressé directement à elle au moins cinq fois ! Elle est tombée en religion à 16 ans, et depuis elle se prend pour un porte-parole divin…

Elle a eu comme mentor intellectuel  le professeur, John Eidsmoe, qui n’était rien d’autre qu’un proche de la Suprématie Blanche…

Cela ne serait rien si, candidate à l’investiture républicaine pour les présidentielles de 2012, elle n’était déjà arrivée en tête en Iowa, lors d’un vote-test informel pour désigner les futurs adversaires d’Obama. Obama qu’elle considère avoir des “idées anti-américaines”. Elle est, bien entendu, farouchement hostile aux réformes entreprises et propose un programme simpliste mais populaire auprès de nombreux électeurs américains.

En substance, elle soutient l’enseignement du créationnisme, souhaite supprimer progressivement la sécurité sociale et le Medicare (système d’assurance santé géré par le gouvernement au bénéfice de personnes de plus de 65 ans, répondant à certains critères), et bien sûr interdire le mariage homosexuel. Elle n’y va d’ailleurs pas avec le dos de la cuiller en qualifiant l’homosexualité d’“œuvre de Satan”.

Nonobstant l’indigence de son programme, cette évangéliste de talent a le discours convaincant et sait capter l’anxiété des gens en cette période de crise et de doute. Elle partage avec ses supporters ce que le journaliste américain Brian Lambert appelle “une vision apocalyptique de l’avenir du pays”, d’où sa popularité. En outre, comment résister à quelqu’un qui susurre aux oreilles des gens : “Vous êtes les citoyens de Dieu, vous êtes l’avenir de l’Amérique”?

Nous ne sommes pas très loin du fascisme et même s’il a un joli visage il n’en demeure pas moins effrayant. Il confirme la tendance mondiale de la montée rapide et vertigineuse, d’une extrême droite qui se développe sur un substrat religieux.

Cela confirme aussi autre chose : c’est que finalement, la femme est un homme comme les autres : it’s a pity!

Lison Benzaquen