Journal de Juillet 2011 : Mémoire….Mémoires

Lors de la dernière réunion de la Commission “Témoins-témoignages” à l’Union des Déportés d’Auschwitz, j’ai pris en charge le témoignage au lycée Suger de la Plaine Saint-Denis, car la démarche de M. Rochdi Siddiki m’intéressait. J’ai donc, à sa demande,  témoigné dans son Lycée.

M. Siddiki, professeur principal et professeur de mathématiques a décidé de sensibiliser les élèves aux différentes formes de génocides et à la négation de l’être humain en général. De nombreuses personnalités étaient présentes dans la salle.

Arrivée avec un léger retard, j’ai entendu une partie de la présentation faite par une jeune élève du voyage qu’elle avait effectué au camp  d’Auschwitz-Birkenau. Elle avait du mal à restituer l’émotion qu’elle avait ressentie sur place, mais M. Siddiki m’a ensuite raconté les détails de ce voyage auquel il avait participé avec le recteur de la Mosquée de Taverny. Ensuite j’ai pu m’exprimer pendant une dizaine de minutes afin de laisser le temps aux élèves de poser des questions.

J’ai donc résumé mon témoignage au maximum et, au fur et à mesure que les questions des élèves affluaient j’ai mieux compris la situation et j’ai essayé de trouver le lien avec leur voyage et le manque de témoin sur place.

Il y a eu ensuite un discours du recteur de la Mosquée de Taverny, remarquable. Il a insisté sur l’esprit du “vivre ensemble”, du respect et de l’amour de son prochain. Il a parlé de paix, de compréhension mutuelle et du respect des droits de l’homme.

De son côté M. Rahim Rezigat, ancien prisonnier d’Algérie, a évoqué assez rapidement cette période de l’histoire. Et après avoir raconté sa visite à Buchenwald il a précisé que le camp où il a été détenu en France, représentait en comparaison un “paradis”. Il a du exagérer un peu…

Puis le Maire adjoint a tenu un discours sans surprise, en insistant sur la laïcité.

Le prochain projet de visite se situe à l’Ile de Gorée. A ce propos j’ai évoqué mon voyage sur le lieu et mon émotion de constater que des familles “normales” vivaient dans la maison où dans les caves se trouvaient entassés les esclaves avant leur départ par bateaux.. Cette Maison des esclaves est jumelée avec Drancy.

Le point commun concernant ces deux génocides est bien la déshumanisation. Mais l’énorme différence réside dans le fait que l’on considérait les esclaves comme une marchandise, donc à ménager, tandis que les Juifs et les Tziganes faisaient l’objet de la “solution finale”, c’est à dire de l’extermination pure et simple.

Pour son initiative de transmettre la Mémoire, les multiples Mémoires, M. Rachdi Siddiki mérite un soutien inconditionnel de son entourage.

Isabelle Choko

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