Journal d’Octobre 2016: Hommage aux Harkis

27 septembre 2016
photo-ian-langsdon-afp

Le Président de la République, le 25 septembre 2016 (Crédit : Ian Langsdon / AFP)

Instituée par décret du 31 mars 2003, la journée nationale d’hommage aux Harkis donne lieu chaque année, à Paris, à une cérémonie officielle dans la cour d’honneur des Invalides.

“Abandonnés” en 1962 en Algérie après avoir combattu pour le France, des milliers de Harkis ont subi des représailles sanglantes de la part des nationalistes algériens.

Pour ceux qui ont pu être transférés en France, les conditions d’accueil ont été déplorables.

Durant de nombreuses années les Harkis ont subi un sort injuste et intolérable et ce n’est qu’aujourd’hui en 2016, que la France reconnait enfin sa responsabilité.

Mieux vaut tard que jamais!

Mais il reste encore comme l’a dit Ali Amrana, fils de Harki et élu aux anciens combattants de la ville de Grasse, “à réaliser un travail de mémoire dans les collèges et lycées à partir de 2017”…

Mémoire 2000 devra y prendre sa part.

Lison Benzaquen 

Publicités

Mon frère en humanité… Un appel de Marc Knobel

8 juillet 2016

Nous reproduisons avec son autorisation le texte que Marc Knobel a publié le 8 juillet 2016 dans le Huffington Post (consultable en cliquant ICI).

 

« Mon frère en humanité, lorsque un attentat ensanglante ta ville, lorsque un attentat perfore tes poumons, lorsque un attentat pulvérise ton quartier, ton marché, ton train, ton métro, ton souk, ton café, ton restaurant, ton cinéma, ta salle de spectacle, ton avion, tu n’as pas/plus de religion, tu n’as pas/plus de couleur, tu n’as pas/plus de sexe, tu n’as pas/plus de classe sociale, tu n’es ni noir, ni jaune, ni blanc, ni français, ni arabe, ni juif, ni chrétien, ni bouddhiste. Tu n’es plus qu’une victime. Nous devrions nous en souvenir.

Et pourtant…

Mon frère en humanité, lorsque tu meurs si subitement, éventré, perforé, écrasé, laminé, sans même savoir pourquoi tu es mort, pourquoi tu dois quitter si brutalement ainsi les tiens, pourquoi on te fait ainsi souffrir, toi et tes proches, alors que tu es du genre humain.

Mon frère en humanité, tu ne dois pas te sentir léser parce que tu vivrais à Garissa, au Kenya ou à Sousse, en Tunisie, ou à Bagdad, en Irak. On te doit autant de considération que l’on en devrait à n’importe quelle victime d’un point à un autre de la planète, lorsque les terroristes frappent aveuglément.

Mon frère en humanité, tu as bien un visage, une voix, des yeux, une langue que ce fut l’arabe ou l’anglais, tu as bien une histoire, des amis, une famille, des proches, une vie sociale, tu as bien le droit que l’on se souvienne de ton regard, que l’on cherche ton nom, que l’on dise ton prénom, que l’on récite une prière, que l’on entonne une chanson, que l’on parle de toi comme si tu étais vivant.

Mon frère en humanité, même si ta langue maternelle n’est pas la mienne, même si ta peau est foncée, même si tes yeux sont noirs, même si ta religion diffère de la mienne, même si tu vis en un ailleurs que j’ignore, même si tu ne sais pas que j’existe, même si je ne sais pas que tu existes, tu as le droit au respect.

Mon frère en humanité, je n’accepte pas que l’on t’oublie, que l’on écrase l’information et qu’un attentat aussi terrible et dramatique que celui qui a frappé tes frères et tes sœurs en Irak, ne vaille que 13 secondes aux informations d’un journal télévisé du soir.

1.2.3.4.5.6.7.8.9.10.11.12.13 Secondes…

Tu as bien lu, il a fallu 13 secondes pour évoquer cette horreur et parler de vous tous, de vous toutes: 213 êtres humains que vous étiez, morts déjà en une fraction de seconde.

Mon frère en humanité, notre silence nous accable. Notre indifférence nous remplit de honte. Tu as le droit de réclamer que l’on se soucie des tiens, que l’on n’oublie pas ton prénom : Ahmed, Amal, Asma, Aïcha, Cherifa, Dalal, Djihane, Emna, Ezzeddine, Farid, Fahed, Ghita, Hanine, Haroun, Issam, Jamal, Kadir, Kenza, Lofti, Malika, Mansour, Nawal, Nuri, Omar, Racha, Rana, Riham, Salima, Sherine, Talat, Wassim…

Mon frère en humanité, ton prénom vaut bien les nôtres.

Pourquoi devrais-je seulement pleurer lorsque Monique, Sylvie, Joëlle, Armelle, Christine, Jean, Pierre, Frank, Didier ou Alain meurent ici, à Paris? Pourquoi devrais-je forcément manifester pour eux et taire ta mort et ta douleur?

Mon frère en humanité, pourquoi tous les Chefs d’Etat devraient-ils se rendre à Paris, et n’envoyer qu’un plat communiqué de presse -écrit par un sbire quelconque- lorsque ta ville est touchée, que ton sang est versé?

Mon frère en humanité, tu diffères de moi mais loin de différer tant que cela de moi, je me souviens que tu es frère en humanité.

Ta parcelle de vie en ton lieu de vie mérite le respect, car tu es aussi un puits de lumière humaine et/ou divine.

Mon frère en humanité, j’ai honte que nous en soyons là aujourd’hui et qu’il faille que je prenne la plume pour crier mon dégoût d’une telle inhumanité.

Plus grave encore que l’inhumanité, se trouve aussi l’indifférence. Elle ronge les cœurs, rends les hommes bêtes, incapables de verser une larme, d’avoir une conscience.

Mon frère en humanité, il me plait aujourd’hui de dire que je suis ton frère en humanité. Mon cher frère en humanité, s’il ne reste que la plume, je crierai cette injustice. »

Marc Knobel, Historien, directeur des Etudes au CRIF


Journal de Juillet 2015: Un exposé passionnant…

7 septembre 2015

Nous avons eu le plaisir de recevoir, lors de notre réunion du conseil du 1° juin, l’historien Marcel Kabanda, venu nous éclairer sur la situation du Rwanda, principalement dans le domaine de la justice exercée après le génocide de 1992.

Nous avons découvert qu’en 1996 déjà, un tribunal international basé à Kigali menait les premières enquêtes et qu’en 1998 près de 80 personnes avaient été jugées.

Cependant, il y eut des jugements dès 1994, mais dans le contexte de l’époque, il était difficile de juger, le génocide ayant démantelé toutes les structures. Devant les carences d’une justice “normale”, les Rwandais ont eu recours à un mécanisme plus traditionnel : la Gacaca qui consistait à rendre la justice sur les collines où des gens se rassemblaient, élisaient des personnes considérées comme intègres et les chargeaient de conduire les jugements. Les jugements Gacaca servaient également à encourager la réconciliation en permettant aux victimes d’apprendre la vérité sur la mort de leurs proches. Ils donnaient aussi aux coupables l’occasion d’avouer leurs crimes, de déclarer leurs remords et de demander pardon devant la communauté. Les tribunaux Gacaca ont officiellement achevé leur mandat en 2012. Ils ont jugé près d’un million de personnes avec à peu près 60% d’acquittements et 40% de condamnations.

A l’international, la Belgique en 2011 a rendu six jugements. La France un jugement en 2015. Deux procès sont prévus pour 2016. La machine judiciaire est en marche et rien ne viendra l’arrêter, les faits étant imprescriptibles.

Dans l’avenir, la déclassification des archives permettra d’établir les responsabilités, notamment de la France… Mais ça prendra du temps!

On sait combien il est important pour les survivants, les victimes d’un génocide et leurs descendants que justice soit faite. C’est pour eux le seul moyen de recouvrer leur dignité, le courage d’aller de l’avant et de pardonner.

C’est un long et nécessaire travail et le Rwanda semble l’avoir bien compris et bien entrepris.

En tout cas un grand merci à Marcel Kabanda pour son exposé clair et précis.

Nous avons beaucoup appris.

Lison Benzaquen


Journal de Juillet 2013: compte-rendu de notre séance Cinéma-Débat du 21 mai 2013

19 juin 2013

b0d6f4bef2f74dcc227b873dd4f618118f0ec052AU NOM DU PERE

Séance du 21 mai 2013

Thème : le terrorisme

Débatteur : Me. William Bourdon

Deux volets dans ce film : le terrorisme nord-irlandais et l’erreur judiciaire. Le débatteur était Me William Bourdon, spécialisé dans les atteintes aux Droits de l’Homme, qui a défendu un certain nombre de terroristes, notamment les Français de Guantanamo, ainsi que des jeunes de banlieue détenus pendant des mois. Il a participé à la rédaction d’ouvrages collectifs sur la difficulté, pour les démocraties, de lutter contre le terrorisme sans céder à la barbarie, ayant toujours à l’esprit la phrase de Voltaire: “Préférer 100 coupables en liberté à un innocent en prison”.

La lutte contre le terrorisme peut-elle justifier les mauvais traitements (torture, détention prolongée, faux témoignages, preuves “fabriquées ”)? Bien évidemment non. A ce sujet, que penser de l’usage de drones, qui permettent d’assassiner sur un simple clic, sans aucun procès? On met là le doigt dans un engrenage dangereux avec atteinte aux droits universalistes de l’homme. Serait-ce un terrorisme d’Etat?

Pourquoi voit-on des suspects qui, sans être torturés, avouent des crimes qu’ils n’ont pas commis? Tout simplement parce qu’ils sont à bout, et ils “craquent”. Des aveux contre une souffrance infinie, le troc est malsain, il est certes rare, mais il existe!

Les Français de Guantanamo n’étaient pas très malins, beaucoup trimbalaient des problèmes identitaires, mais simplement, ils étaient au mauvais endroit, au mauvais moment (tout comme le héros du film). Mais il est vrai que pour un avocat, il est difficile de “tenir” sans céder à la colère ou au découragement. Et inévitablement, dans une lutte contre le terrorisme où il ne faut pas se laisser guider par l’émotion, il y a des innocents qui “trinquent”.

Autre chose: avec l’IRA, en Irlande, il y a eu des négociations, alors qu’avec certaines organisations terroristes d’aujourd’hui (AQMI, par exemple), on sait dès le départ qu’aucune négociation n’est possible; sans parler de l’auto radicalisation de certains…

Un des effets de l’hyper terrorisme est de conduire les démocraties à se saborder. C’est ainsi que certains intellectuels ont conceptualisé l’idée que “la fin justifie les moyens”, ce qui n’a jamais été démontré.

Dans le cas de Guantanamo, il est évident qu’Obama a échoué, qu’il n’a pas tenu sa promesse, ceci pour différentes raisons:

-Il n’avait la  majorité ni au Sénat ni à la Chambre des Représentants.

-Il n’a pas eu le courage politique d’affronter l’opinion publique.

Or, Guantanamo est un double fiasco:

-Fiasco d’image, car l’image des détenus a fait des dégâts considérables dans l’opinion publique arabe.

-Fiasco technique: sur 780 détenus, seuls 12 sont en voie d’être jugés, et beaucoup ne peuvent être renvoyés dans leurs pays.

Certes, face à un nouvel ennemi, il est normal que la loi s’adapte, mais l’avocat ne saurait en aucun cas transiger sur les deux principes fondamentaux que sont les droits de la défense et l’interdiction de la torture.

Question délicate: y a-t-il un “terrorisme légitime”? On doit répondre par la négative, tout en sachant que les choses peuvent évoluer:

-Certains ont été terroristes pendant plus de 30 ans, puis négociateurs de paix (Arafat).

-Des résistants français ont certes commis des crimes, et ont été plus tard “légalisés” par leur pays.

Quelle que soit la forme prise par le terrorisme, un curseur est infranchissable: il ne doit pas faire de victimes civiles. Ainsi, les opposants au régime iranien ne commettent d’attentats que contre des cibles militaires ou institutionnelles.

En fait, il n’y a pas de définition internationale du terrorisme, mais on peut penser que l’hyper terrorisme pourra un jour relever de la Cour Pénale Internationale.

Et l’on termine en revenant au film: dans une démocratie, on ne condamne jamais quelqu’un sans preuves. D’autre part, il ne faut pas fabriquer chez les policiers une “culture de l’impunité” (car aucun des policiers anglais qui ont torturé et fabriqué des preuves n’a jamais été inquiété ni puni).

Le film était certes long, mais très beau et très émouvant. Le débat aura été plus bref, mais clair et explicite, malgré la complexité du sujet.

Que tous en soient remerciés, c’était une belle matinée Mémoire 2000.

Guy Zerhat


Journal d’octobre 2012: les révolutions arabes au milieu du gué

22 octobre 2012

(Reuters)

L’assassinat de l’ambassadeur américain en Libye et de trois membres de l’ambassade à Benghazi le 11 septembre et le déchaînement de la colère des fondamentalistes musulmans partout dans le monde en réponse à un film affligeant de stupidité réalisé par un escroc copte égypto-américain s’inscrivent dans un contexte géopolitique tendu, avec une épouvantable guerre civile en Syrie, une poursuite de la répression à Bahreïn, des situations explosives au Yémen, à Gaza et en Cisjordanie, un risque de guerre entre Israël et l’Iran. Que se passe-t-il en Tunisie, en Egypte et en Libye, les trois pays arabes qui ont vu des révolutions populaires renverser des régimes despotiques et corrompus en 2011 ?

Les multiples liens unissant la Tunisie et la France justifient une attention particulière portée à l’évolution de la Révolution de jasmin. La Tunisie est en proie à des tensions et des confrontations entre trois principaux groupes, les progressistes laïques, les religieux modérés et pragmatiques, et les religieux fondamentalistes. Ces derniers harcèlent, voire agressent physiquement les artistes, les féministes, les journalistes, et tous ceux qui s’habillent et vivent librement et qui sont autant d’“impies” à leurs yeux. La situation sociale et économique reste très difficile et le chômage élevé. Dès lors, les mises en garde des démocrates tunisiens, dont le Professeur Yadh Ben Achour, éminent juriste et président de la Haute commission de la réforme politique, contre le risque d’une dictature théocratique et la fin de la liberté d’expression, sont entendues avec inquiétude et constituent un défi lancé au Président Moncef Marzouki (Congrès Pour la République, centre-gauche) et à son Premier ministre, Hamadi Jebali, du parti Ennahda (conservateurs religieux) qui domine le gouvernement de transition. Le gouvernement actuel est tripartite et soumis à des pressions internes contradictoires. Les nouveaux dirigeants affirment leur volonté d’ancrer la Tunisie au sein du Maghreb où le souvenir des années noires algériennes modère les tentations extrémistes. Et ils ont besoin de ménager l’Union européenne et les États-Unis qui apportent une indispensable aide financière. Malgré la menace constituée par une minorité salafiste, une majorité politique semble se dégager pour faire évoluer le pays vers le “modèle” turc, conciliant islam, démocratie, et libéralisme économique et social. Le Président Marzouki a vivement condamné l’assassinat des diplomates américains à Benghazi et le gouvernement n’a pas hésité à envoyer la police protéger l’ambassade des Etats-Unis, après la diffusion de la vidéo insultant Mahomet.

La situation en Égypte diffère de celle de son voisin tunisien, non seulement par le poids géostratégique de cet immense pays de 80 millions d’habitants dont une importante minorité chrétienne copte, mais par l’effondrement des partis laïcs et libéraux et l’émergence de deux grandes forces fondamentalistes, le parti islamique des Frères musulmans et le parti fondamentaliste Al Nour qui ont remporté 40% et 27% des suffrages aux législatives de décembre 2011. Mohamed Morsi, des Frères musulmans, a été élu Président et a récemment accru son pouvoir en changeant l’état major de l’armée après l’attaque de djihadistes contre des soldats égyptiens aux frontières du Sinaï et d’Israël. Le sentiment anti-américain et anti-israélien d’une majorité de la population, le poids politique des salafistes et leur volonté de pratiquer une surenchère religieuse rendent incertaine l’évolution politique du pays. Le Président Morsi a tardé à condamner l’assassinat des diplomates américains, ce qui a conduit le Président Obama a qualifier l’Égypte de pays qui “n’est pas un allié, mais pas un ennemi” et à geler une partie de l’importante aide financière américaine. Le futur de la révolution égyptienne dépendra de la volonté et de la capacité des Frères musulmans à imposer un État de droit, démocratique, musulman et respectueux des minorités religieuses, suivant l’exemple turc dont les succès politiques et économiques sont enviés.

La situation en Libye est contrastée. Du point de vue politique, un Congrès général national a été élu en juillet 2012 et les partis libéraux ont été largement majoritaires, devant les islamistes fondamentalistes voulant établir l’intégralité de la Charia. Le Premier ministre de transition, Moustapha Abou Chagour, un modéré proche des Frères musulmans, a vivement condamné l’assassinat des diplomates américains et a rapproché son pays de Washington. La Libye semble s’orienter vers un régime démocratique musulman modéré. Mais rien n’est joué car la situation sécuritaire est très mauvaise. Des militaires américains sécurisent l’arsenal militaire, notamment chimique, mais les armes légères sont disséminées dans toute la zone subsaharienne. Et la sécurité de la population n’est pas assurée comme en témoigne le journaliste Nizar Sarieldin, basé à Benghazi: des groupes armés djihadistes sont dans la ville et terrorisent une population qui a spontanément manifesté contre l’assassinat de Christopher Stevens, l’ambassadeur américain…

Après l’euphorie qui a accompagné les Révolutions arabes, l’attentisme prévaut en ces temps de transition où rien n’est joué, ni le pire – l’instauration d’une théocratie, en particulier en Égypte – ni le meilleur – la construction d’une démocratie véritable et d’un État de droit.  Espérons que l’expérience de la liberté et de la démocratie que les Tunisiens, les Égyptiens et les Libyens vivent depuis 18 mois restera pérenne. Aujourd’hui, les révolutions arabes sont au milieu du gué.

Rose Lallier


Notre séance du Jeudi 24 janvier 2013: projection de «Le procès d’Adolf Eichmann» de Michaël Prazan et Annette Wieviorka

9 octobre 2012

VOD11245_majaq

Le procès d’Adolf Eichmann

Film documentaire de Michaël Prazan et Annette Wieviorka


France, 2011, 90 mn

Lieu de projection

Le Saint Germain des Prés, salle Beauregard – 22, rue Guillaume Apollinaire – 75006 Paris, Métro Saint Germain des Prés

Résumé : 

Ce documentaire retrace l’histoire du procès d’Eichmann, depuis sa capture jusqu’à sa condamnation à mort. Intégralement construit à partir d’images d’archives, il met en lumière le poids historique des témoignages. Par l’intérêt suscité dans la communauté internationale en révélant au monde entier l’ampleur des atrocités nazies, il marque un tournant dans la mémoire de la Shoah, le début d’un processus au cours duquel la Shoah, d’un traumatisme douloureux et tabou, s’est transformé en mémoire collective.

Après la Conférence de Wannsee du 20 janvier 1942, Eichmann, responsable du bureau des affaires juives, est chargé d’organiser et de coordonner la déportation de tous les Juifs, y compris les enfants, vers les camps d’extermination. Travaillant avec d’autres organismes allemands, les Services de sécurité (SD) et la Gestapo, il gère aussi la confiscation des biens des déportés. C’est encore lui qui organise la déportation de dizaines de milliers de Tsiganes.

Après la Seconde guerre mondiale, il s’enfuit d’Autriche et parvient en Argentine, où il se cachera sous le nom de Ricardo Klement.

En mai 1960, des agents du Mossad, le Service de renseignement israéliens, s’emparent d’Eichmann en Argentine et le transfèrent à Jérusalem pour qu’il soit jugé par un tribunal israélien. Tout au long de son procès, il se tiendra dans un box protégé par des vitres à l’épreuve des balles.

Les témoignages de survivants de la Shoah, en particulier ceux de combattants des ghettos tel que Zivia Lubetkin, l’une des dirigeantes de l’insurrection du ghetto de Varsovie, attirent l’attention sur la résistance juive et permet enfin à de nombreux survivants de la Shoah de se sentir capables de raconter leur histoire et leurs souffrances.

L’acte d’accusation, rédigé par le procureur général d’Israël, Gideon Hausner, comporte quinze chefs d’accusation, dont ceux de crimes contre le peuple juif et de crimes contre l’humanité.

Déclaré coupage de tous les chefs d’accusation, il est condamné à mort et pendu le 1er juin 1962.

Son corps est incinéré et ses cendres dispersées dans la mer, au-delà des eaux territoriales d’Israël.

C’est la seule fois, dans l’histoire de l’État d’Israël, qu’une peine capitale est appliquée.

TÉLÉCHARGEZ LE DOSSIER PÉDAGOGIQUE EN CLIQUANT ICI

Thème :

il y a 50 ans, le procès Eichmann

Débat :

Le débatteur est Michaël Prazan, le réalisateur du film.

ACCÉDEZ AU COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE EN CLIQUANT ICI

 

Le dossier pédagogique de “L’honneur d’un capitaine” de Pierre Schoendoerffer est en ligne

20 février 2012

Séance du jeudi 15 mars 2012

Thème : La guerre d’Algérie

L’honneur d’un capitaine de Pierre Schoendoerffer

Débatteurs : Daniel Rachline et Guy Zerhat (anciens d’Algérie)

Le dossier pédagogique cliquez ICI