Journal d’octobre 2013: le Mémorial du camp des Milles

Le site Mémorial du camp des Milles est l’un des rares témoins préservé en Europe qui raconte le déroulement tragique des internements et déportations durant la Seconde Guerre mondiale.

Barrant la route en venant d’ Aix-en- Provence, se dresse l’ancienne fabrique de tuiles, rigide et rose, abandonnée en 1939, reprise par le gouvernement Pétain qui, à cette époque interna des ressortissants du Reich ayant fui le nazisme pour venir se réfugier en France. Dans cette usine désaffectée, où ils étaient considérés comme des ennemis, leur condition de vie était précaire.

À cette époque l’une des caractéristiques du Camp réside dans l’ampleur et la diversité de la production artistique des internés tels que Max Ernst, Ferdinand Spinger, des musiciens comme Adolphe Sibert, des sculpteurs, etc qui ont laissé des traces comme les fresques peintes sur les murs et que l’on peut admirer. Puis s’ouvre une seconde période de juillet 1940 à juillet 1942, avec la défaite française et la signature de l’armistice. À partir de juillet sous le régime de Vichy le camp est rapidement surpeuplé :3500 victimes en juin 1940 (anciens des Bri- gades Internationales, d’Espagne, Juifs expulsés du Palatinat , du Wurtenberg…)

À partir de 1940 le camp passe sous l’autorité du ministère de l’Intérieur : les conditions de vie se dégradent. Une troisième période correspond aux mois d’août et septembre 1950 qui voient la déportation vers Auschwitz via Drancy de plus de 2000 juifs, de “la zone libre” à l’Allemagne. Laval propose d’inclure les enfants âgés de moins de 16 ans dans la déportation.

Le pasteur H. Manen disait dans une note “ce qui était particulièrement douloureux à voir c’était le spectacle des tout petits enfants trébuchant de fatigue dans la nuit et le froid, pleurant de faim, tombant de sommeil et roulant par terre…, de jeunes pères et mères pleurant silencieusement, impuissants devant la souffrance de leurs enfants ; puis l’ordre de départ fut donné pour quitter la cour et gagner le train…”

Un parcours muséographique “inédit” s’offre au visiteur. Le volet mémoriel ouvre au public des lieux préservés ayant servi à l’internement et à la déportation: intérieur du bâtiment principal “la Tuile- rie”. Les hommes étaient parqués au premier étage, les femmes au second. Le parcours se poursuit par la riche exposition nationale réalisée par S. Klarsfeld “11400 enfants juifs déportés de France à Auschwitz”.

Le visiteur a ensuite accès aux espaces extérieurs du camp avec différentes stations mémorielles comme l’exceptionnel- le salle des peintures murales réalisées par les internés.

La visite se termine par un parcours sur le chemin des déportés se dirigeant vers les convois et qui aboutit au “wagon du souvenir” immobilisé sur le lieux mêmes du départ pour la mort.

Claude Lévy

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