Journal d’Octobre 2018 : Claude Lanzmann (1925-2018) et Marceline Loridan-Ivens (1928-2018)

29 novembre 2018

Claude Lanzmann et Marceline Loridan-Ivens nous ont quitté en l’espace de quelques mois et avec eux sont partis deux personnes exceptionnelles dont les œuvres, irremplaçables, demeurent et resteront.

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Claude Lanzmann (Crédit : Flash90)

Claude Lanzmann a vécu plusieurs vies, comme il le raconte dans une prose magnifique et un grand art de la narration dans son livre autobiographique Le Lièvre de Patagonie paru chez Gallimard en 2009, mais ce qui se manifeste dès sa prime jeunesse est son sens de l’engagement total et entier, sans concession aucune.

Il fut journaliste, philosophe engagé dans la lutte contre le colonialisme – il fut l’un des signataires, aux côtés de Sartre, Beauvoir, Blanchot et Vidal-Naquet du Manifeste des 121 sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie – et directeur de la revue des Temps Modernes, l’ami de Sartre et de Frantz Fanon, le compagnon notamment de Simone de Beauvoir.

Mais c’est sans nul doute son œuvre cinématographique qui restera, avec son monumental Shoah, monument contre l’oubli, monument à la mémoire des millions de Juifs européens exterminés pendant la seconde guerre mondiale. Une œuvre que Claude Lanzmann porta en lui pendant près de 12 années, puisque la préparation et le tournage durèrent près de 7 ans et le montage des 9 heures du film presque 5 ans. Dès sa sortie en 1985, Shoah fut salué comme l’œuvre cinématographique majeure sur la destruction des Juifs d’Europe, une œuvre qui marque d’une manière radicale et inoubliable celles et ceux qui l’auront vue.

Défenseur acharné du droit à l’existence de l’Etat d’Israël, pays auquel il avait déjà consacré un film, Pourquoi Israël, en 1973, Claude Lanzmann réalise un film sur l’armée israélienne, Tsahal, en 1994.

Puis il travaillera à partir des centaines d’heures de rushes d’interviews réalisées pour Shoah pour éclairer plus avant des figures, des thèmes latéraux à l’œuvre centrale que constitue Shoah, et des questions éthiques fondamentales avec Un vivant qui passe (1999), construit sur le témoignage de Maurice Rossel, délégué de la Croix-Rouge qui fit une visite du camp d’Auschwitz en 1943 et du camp de Theresienstadt en 1944 sans rien remarquer d’anormal (le témoin fut dupé par les nazis, mais aussi aveuglé par son propre antisémitisme) ; Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures (2001) sur la révolte des prisonniers du camp d’extermination de Sobibor ; Le Rapport Karski (2010) sur le résistant polonais Jan Karski qui a alerté en 1943 les Alliés, en particulier Roosevelt, de l’extermination des Juifs ; Le Dernier des injustes (2013) avec le rabbin Murmelstein, membre du Judenrat de Vienne puis du camp de Theresienstadt ; Les Quatre Sœurs (2018) consacré à quatre femmes déportées et rescapées de l’extermination.

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Marceline Loridan-Ivens

Marceline Loridan-Ivens, sœur de déportation de Simone Veil (1927-2017) avec laquelle elle resta liée par une amitié indéfectible, fut dans les années 1960 et 1970 une documentariste et réalisatrice engagée, luttant pour la décolonisation, la révolution communiste, et contre l’impérialisme. Voulant alors s’éloigner de l’Europe et de ses souvenirs de la guerre, Marceline Loridan-Ivens fit de nombreux voyages avec son mari, Joris Ivens, pour filmer les indépendances africaines, puis la lutte armée des Viêt-Cong contre les Américains et la Révolution Culturelle chinoise.

Le 17e Parallèle, sorti en France en 1968 (à la différence de nombreux films de Joris Ivens et Marceline Loridan-Ivens qui seront diffusés dans les pays communistes, mais interdits de sortie en France), dépeint la lutte du peuple vietnamien sous les bombardements de l’armée américaine. Comment Yukong déplaça les montagnes est composé de douze films réalisés dans différentes régions de la Chine maoïste au début des années 70.

D’une franchise et d’une honnêteté remarquables, Marceline Loridan-Ivens reconnaîtra plus tard qu’elle avait été naïve sur la répression en Chine.

Après la mort de Joris Ivens (1989) et une grave dépression, Marceline Loridan-Ivens s’attelle à écrire et réaliser une fiction en partie autobiographique sur sa déportation à Auschwitz-Birkenau en avril 1944, alors qu’elle vient tout juste d’avoir 16 ans. Ce sera La Petite Prairie aux bouleaux, sorti en 2003 dans les salles des Ecrans de Paris et soutenu par Sophie Dulac et notre regretté Daniel Rachline. Myriam, magnifiquement incarnée par Anouk Aimée, retourne à Birkenau 50 ans après sa déportation et rencontre un jeune Allemand d’une vingtaine d’années qui photographie les vestiges du camp. Un film remarquable d’intelligence, de pudeur et de finesse. Y sont évoqués, dessinés, suggérés, les thèmes que Marceline Loridan-Ivens reprendra dans ses deux livres Et tu n’es pas revenu (2015) et pour partie dans L’Amour après (2018), ceux de l’absence, la douleur de n’avoir pas pu ramener son père vivant (Szlama Rozenberg fut déporté avec sa fille mais ne revint pas, les circonstances exactes et la date de sa mort à Birkenau demeurent inconnues), les blessures de l’intime, la violence extrême de l’univers concentrationnaire dont la transmission de la mémoire aux non-déportés se heurte au roc de l’imaginaire… « On ne vit pas après Auschwitz, on vit avec en permanence. » déclarait Marceline Loridan-Ivens dans une interview au Monde. Une vie après et avec Auschwitz que Marceline Loridan-Ivens a engagé contre l’injustice et la violence, contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme. Une vie après et avec Auschwitz, la vie d’une “Mensch”, une belle personne, droite, lumineuse et généreuse.

Rose Lallier

N.B.: Le 17e Parallèle de Joris Ivens et Marceline Loridan-Ivenspeut être visionné à l’adresse suivante https://www.youtube.com/watch?v=btkltmMKdHA

Les douze films composant Comment Yukong déplaça les montagnes  peuvent être visionnés sur Youtube.

 


Journal d’Octobre 2018 : Charles Testyler

29 novembre 2018
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Charles Testyler (1927-2018) et son épouse Arlette en 2017

C’est avec une profonde émotion que nous avons appris le décès de Charles Testyler survenu le 22 juin dernier.

Charles et Arlette Testyler nous ont fait l’honneur et le plaisir de venir quelquefois témoigner auprès des jeunes lors de nos séances débats.

Déporté en 1942, Charles Testyler eut à subir l’enfer de pas moins de sept camps. En dehors de lui et de deux de ses frères toute la famille Testyler fut anéantie.

Charles et Arlette, rescapée du Vel d’Hiv et de Pithiviers, n’ont eu de cesse de lutter contre l’oubli notamment en témoignant auprès de jeunes scolaires.

C’est encore une voix essentielle qui s’éteint, mais gageons qu’elle aura laissé des traces dans le cœur et l’esprit de tous les jeunes qui ont eu la chance de l’entendre.

Nous adressons nos plus attristées condoléances à son épouse, ses enfants et petits-enfants.

Mémoire 2000


Journal d’Octobre 2018 : Simone Veil au Panthéon

29 novembre 2018

“Un peuple, pour vivre, doit toujours pouvoir connaître son passé, le juger, l’assumer” disait Simone Veil dans un entretien accordé au Monde en 1983.

Le 1er juillet 2018, elle devient la cinquième femme qui entre au Panthéon, aux côtés de son mari Antoine, premier homme à y entrer en tant qu’époux.

Un an auparavant, au soir du décès de Simone Veil, le 30 juin 2017, un rassemblement féministe avait eu lieu sur la place de la République pour célébrer cette combattante de la cause des femmes.

15587338-15587604-article-simone-veil-pantheon-emmanuel-macron-jpg_5372130_660x281Revenons sur la cérémonie du 1er juillet. Les 29 et 30 juin 2018, les cercueils de Simone et Antoine Veil ont été exposés dans la crypte du Mémorial de la Shoah, pour un ultime hommage du peuple français. Le 1er juillet, les cercueils couverts du drapeau tricolore, quittent le Mémorial, escortés par la garde républicaine jusqu’au jardin du Luxembourg. Le cortège remonte la rue Soufflot tapissée de bleu, couleur de “la paix, l’entente entre les peuples et l’Europe “. Le long du parcours, cinq écrans géants retransmettent la cérémonie. Durant les pauses, sont projetés des films sur L’Europe et la Shoah. La chanson de Jean Ferrat nuit et brouillard accompagne le cortège.

La cérémonie fait écho aux étapes d’une vie hors du commun. Simone Jacob a 16 ans lorsqu’elle est déportée en mars 1944 avec sa sœur et sa mère qui ne reviendra pas. Au sortir de la guerre, Simone, devenue Veil par son mariage, entreprend des études de droit et entre dans la magistrature en 1957. Elle devient la première femme secrétaire générale du conseil de la magistrature en 1970. Nommée ministre de la santé par Valéry Giscard d’Estaing en 1974, elle est chargée de faire adopter le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse. C’est un dossier explosif. En novembre 1974, elle prononce devant l’Assemblée un discours historique. Trois jours plus tard, après des débats d’une grande violence, la loi est votée.

Simone Veil s’engage ensuite dans la construction de l’Europe, étape essentielle de la réconciliation franco-allemande. Elue au Parlement européen, elle en sera présidente de1979 à 1982. Elle dirige le service juridique du Parlement européen jusqu’en 1993, année où elle devient ministre d’Etat, ministre de la Santé, des Affaires sociales et de la Ville. Sa carrière s’achève au Conseil constitutionnel. Par ailleurs, Simone Veil a été membre fondateur du Mémorial de la Shoah et première présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah de 2001 à 2007.

La cérémonie publique se termine sur le parvis du Panthéon, nécropole laïque, entre deux immenses drapeaux français et européen, le président de la République prononce un discours, suivi d’une minute de silence, puis retentit la Marseillaise interprétée par Barbara Hendricks et le chœur de l’armée française, avant l’entrée sous la voute du Panthéon.

En cette fin d’été, nous apprenons que 14 panneaux de l’exposition consacrée à Simone Veil, sur les grilles du Panthéon, ont été dégradés. Son visage a été barré, sans autre texte ou mention. A quelle facette de cette femme exceptionnelle ce geste s’adresse-t-il ? A la féministe qui a obtenu la loi de dépénalisation de l’avortement ? A la déportée revenue des camps, qui fut présidente de la fondation pour la mémoire de la Shoah ? A la première femme présidente du Parlement Européen ? A l’académicienne qui a fait graver son matricule de déportée sur son épée ainsi que la devise de l’Union européenne “Unie dans la diversité” ?

Nous, qui souhaitons ne pas effacer le passé, nous souviendrons de cette femme profondément humaniste qui a toujours plaidé non pour un “devoir de mémoire” imposé à tous, mais pour la connaissance de notre histoire commune.

Jacinthe Hirsch


Journal de Janvier 2017: Un des derniers…

20 décembre 2016

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès le 1er décembre dernier, de notre ami

 

Serge BOUDER

 

Serge Bouder a été, pendant de nombreuses années, un fidèle soutien de Mémoire 2000.

Très jeune il a été interné au camp de Drancy. Il a été un de ceux qui, en septembre 1943, ont tenté de s’évader du camp en creusant un tunnel.

Projet insensé qui n’a malheureusement pas abouti. Les Allemands ayant découvert le tunnel ont ordonné qu’il soit muré.  Mais les détenus chargés de fermer le “tunnel de la résistance” ont laissé, gravé sur une plaque de plâtre, un témoignage de leur courageux exploit. Cette plaque ne fut   mise à jour qu’en 1980.

Après la découverte du tunnel par les Allemands, les “responsables” du creusement, parmi lesquels se trouvait Serge Bouder, ont été enfermés et torturés avant d’être mis dans le convoi N° 62 du 20 novembre 1943 pour Auschwitz. C’était sans compter sur leur courage et leur détermination.

Quelques uns de ces “futurs déportés”, purent après avoir arraché, à la main, les barreaux des fenêtres, sauter du train et ainsi échapper à une mort certaine. Serge faisait partie de ces “évadés”…

Puis ce fut la Résistance…

Toute sa vie Serge Bouder a été un homme engagé et courageux.

Un des derniers de cette tragique époque…

Qu’il repose en paix.

Nous adressons à sa famille nos plus affectueuses pensées.

 

Lison Benzaquen

 

 

 


Journal d’Avril 2016:compte-rendu de notre séance-débat du 16 janvier 2016

30 mars 2016

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Séance du 16 janvier 2016


Thème : les Allemands jugent les nazis

Débatteur : Lionel Richard

 

Cette année, le film choisi pour l’anniversaire de l’ouverture du camp d’extermination d’Auschwitz, montre la jeunesse allemande des années cinquante confrontée à ses aînés qui veulent occulter le passé.

Un jeune procureur apprend qu’un brave professeur de l’école voisine vient d’être débusqué par un rescapé d’Auschwitz. Révolté, lui qui se croit fils de résistant, il entreprend de faire la chasse aux anciens nazis. Contre vents et marées et après avoir entendu des centaines de témoignages, il arrive à accumuler suffisamment de preuves pour que son enquête aboutisse. C’est, en 1963, le procès de Francfort, premier procès intenté en Allemagne contre des SS. Avant de commenter cette projection et pour rester au plus près du jour anniversaire d’Auschwitz, je rappelle le témoignage du général soviétique Petrenko, libérateur du camp d’Auschwitz, extrait de son livre “Avant et après Auschwitz” :
“Des détenus émaciés, en vêtements rayés s’approchaient de nous et nous parlaient dans différentes langues. Même si j’avais vu bien des fois des hommes mourir au front, j’ai été frappé par ces prisonniers, transformés par la cruauté jamais vue des nazis, en véritables squelettes vivants. J’avais bien lu des tracts sur le traitement des juifs par les nazis, mais on n’y disait rien de l’extermination des enfants, des femmes et des vieillards. Ce n’est qu’à Auschwitz que j’ai appris le destin des juifs d’Europe. […]. Deux femmes se sont approchées de moi, m’ont embrassé. Ces gens pouvaient encore sourire, mais il y en avait qui ne pouvaient plus que tenir debout en silence : des squelettes vivants, pas des hommes. […] J’ai aussi vu des enfants… c’était un tableau terrible: ils avaient le ventre gonflé par la faim, les yeux vagues, des jambes très maigres, des bras comme des cordes et tout le reste ne semblait pas humain – comme si c’était cousu. Les gamins se taisaient et ne montraient que les numéros qu’on leur avait tatoués sur le bras. Ces gens n’avaient pas de larmes. J’ai vu comment ils essayaient de s’essuyer les yeux, mais ils restaient secs.”

Revenons-en à la projection: la salle de cinéma est archipleine, le public est varié: des élèves de 3° d’un collège privé du 16° arrondissement côtoient les élèves d’une classe d’allemand très au fait de cette période de l’histoire, tandis que les élèves de la « diversité » s’installent à gauche dans la salle.
Les questions fusent.

Notre débatteur, M. Lionel Richard, brosse une large fresque historique de l’Allemagne où dit-il, depuis Luther et le Moyen-Age, la judéophobie est omniprésente ; certains y voient déjà les racines du National-Socialisme. Il décrit ensuite l’après-guerre, l’évolution des deux Allemagne, la guerre froide, le « miracle économique » sous Adenauer. Le nazisme est occulté. C’est ainsi que la génération des Allemands qui n’ont pas connu la guerre commence à vouloir en savoir plus. C’est le sujet du “Labyrinthe du Silence.”
Le film est regardé dans le plus grand silence. Mais quand arrive la séquence sentimentale, l’amour fou entre le procureur et une jeune journaliste, au premier baiser, des rires gras fusent de la gauche de la salle. Le calme revient difficilement.
Nouvelle scène à risque : deux personnages se couvrent d’une kippa pour dire le Kaddish. Et bien, non, c’est dans un silence que l’on ressent teinté d’émotion, que le film se termine.
Allons, nos adolescents sont comme les ados de toujours. Le pire n’est pas toujours sûr, même en ces temps troublés.

Hélène Eisenmann


Journal de Janvier 2016: Ne laissez pas Auschwitz-Birkenau dans son état actuel

26 janvier 2016

Je crie, je hurle pour que tous nos amis du monde entier puissent m’entendre et surtout ceux du World Jewish Congress.
Ne laissez pas Auschwitz-Birkenau dans son état actuel. C’est le lieu symbolique où s’est déroulé le plus grand massacre de Juifs au XX° siècle. C’est là que des hommes, des femmes, des enfants et des bébés ont été tués de la manière la plus atroce. Ce symbole doit être gravé à jamais.

Il ne s’agit pas de refaire un Mémorial comme à Auschwitz 1, mais au moins de prévoir une grande salle pour pouvoir passer en boucle témoignages, vidéos, photos de tout ce qui s’est passé sur ce lieu.

Il faut que les personnes qui viennent en ce lieu de mémoire puissent se recueillir, méditer, prier, pleurer. Il est indispensable que nos familles, dont la terre est pleine de sang et de cendres, ne tombent pas dans l’oubli.

Vous savez bien que si ce lieu ne dispose pas d’un abri, bientôt plus personne ne viendra à Auschwitz-Birkenau et c’est vous tous qui en serez responsables.
Je vous en supplie écoutez ma prière, mes pleurs, et ne laissez pas ce lieu sans la Mémoire du passé, de ce qu’il représente pour des millions de personnes.

Isabelle Choko (ghetto de Lodz en Pologne, déportation à Auschwitz-Birkenau, travaux forcés au camp de Waldeslust en Allemagne, camp de Bergen-Belsen, libérée par l’armée britannique le 15 Avril 1945, arrivée en France au mois de février 1946)


Journal de Juillet 2015: François Hollande à Izieu

7 septembre 2015
© AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

© AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Le 6 avril 2015 François Hollande est allé à Izieu pour inaugurer une extension du musée, anciennement Maison d’Izieu et a rendu hommage aux 44 enfants juifs raflés avec les 7 adultes qui les accompagnaient, le 6 avril 1944. Le président y a prononcé un discours contre la montée des “fondamentalismes religieux” dont voici quelques extraits significatifs.

« Le mal ne s’est pas arrêté aux portes de cette maison, il renaît chaque fois que des idéologies totalitaires ou des fondamentalismes religieux s’emparent des passions et des peurs… A chaque fois, ce sont des juifs qui sont tués parce qu’ils sont juifs, des chrétiens parce qu’ils sont chrétiens, et des musulmans, parce qu’ils sont musulmans. La barbarie n’a pas d’âge, n’a pas de couleur, n’a pas de limite.…

Plus que jamais, l’Histoire nous livre des leçons pour le présent. Elle nous rappelle qu’il y a besoin de combattants pour prévenir et pour vaincre la barbarie…

Les lieux de mémoire sont là pour mettre les consciences en éveil…Dans notre civilisation de l’image et de l’information continue, les lieux de mémoire et les outils qu’ils proposent sont aussi une indispensable école du discernement et du rappel aux faits historiques face à toutes les falsifications…

Le plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, prochainement présenté par le Premier ministre, fera une place essentielle à la mission éducative et prévoit que chaque élève entrera en contact avec un lieu de culture, d’histoire et de mémoire, à chaque temps de la scolarité, primaire, collège et lycée.…

Le tronc commun de formation de tous les futurs professeurs du premier comme du second degré fera également une place prioritaire à l’enseignement laïc du fait religieux et à la lutte contre les préjugés racistes et antisémites…

Puis, rappelant les “épreuves terribles” du début janvier à Paris, le Président a appelé les Français à “plus que jamais se réunir et à se rassembler”…

Et d’ajouter : Personne ne peut imaginer que la République serait à ce point fragile, que la France devrait se barricader, s’enfermer à double tour, fuir les échanges plutôt que de se rendre compte avec fierté de nos talents, de notre culture, de notre capacité industrielle, mais aussi de la richesse de notre diversité. »


Journal de Juillet 2015: “Le labyrinthe du silence”

7 septembre 2015
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Le Labyrinthe du silence a été réalisé par Giulio Ricciarelli (Allemagne, 2014)

Le 70° anniversaire de la libération des camps nazis et particulièrement le 27 janvier 1945 celui d’Auschwitz, permet de donner libre cours à la description (films, livres, articles de presse) de ce qui s’est passé. Fin de l’oubli ou du négationnisme, il est juste temps car les derniers témoins disparaissent les uns après les autres et la transmission en “vrai” va devenir plus difficile.

La débauche d’informations ne lèvera pas le silence voulu ou du à l’ignorance qui a perduré longtemps après la guerre.

C’est principalement l’objet de ce film dont le titre un peu mystérieux cache un film tiré au rasoir sur la description du procès de Düsseldorf en 1962 qui a fait juger des dirigeants nazis par des juges allemands.

Le film traite aussi de la quête d’un procureur allemand qui cherche la vérité de ce qui s’est passé alors que tout le monde nie ou cache la vérité qu’on n’ose pas encore regarder en face.

C’est un film phénoménal que vous garderez en mémoire.

 

Daniel Rachline

 


Journal de Juillet 2015: la Résistance au féminin

7 septembre 2015

Le 27 mai, sont entrés au Panthéon, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. Tous les quatre ont été des Résistants et honorés comme tels. La cérémonie a été émouvante, très digne et la jeunesse dont on espère qu’elle saura tirer les leçons de l’histoire de ces héros, était représentée en nombre.

Avec l’entrée de G. Tillion et G. de Gaulle, le Panthéon se féminise et double ainsi le nombre de femmes qui y sont inhumées. Elles viennent rejoindre Sophie Berthelot qui s’y trouve par respect de son choix d’être près de son mari le chimiste Marcellin Berthelot, et Marie Curie, prix Nobel de Physique-Chimie.

Avec ces deux femmes, c’est aussi la Résistance féminine qui, d’une certaine façon, est reconnue et consacrée, alors que depuis la fin de la guerre cette résistance a été minimisée sinon occultée.

Seules quelques grandes figures féminines, après guerre, ont été retenues. En réalité, des milliers de femmes se sont engagées dans la Résistance et leurs actions ont été souvent déterminantes. Elles ont comme les hommes pris des risques considérables, se sont montrées courageuses et parfois héroïques, sans calcul. Elles ont payé un lourd tribut à leur engagement. Beaucoup y ont laissé leur vie ou ont été déportées.

Après la guerre, modestement, elle ont retrouvé le chemin de la maison et leur rôle de ménagère, mère et épouse. Mais vivre une telle aventure transforme et les femmes ont compris qu’elles devaient prendre leur destin en main.

C’est alors que leur combat pour l’égalité a commencé avec pour première victoire le droit de vote en 1945. Depuis les femmes n’ont cessé de lutter pour s’émanciper, acquérir les droits les plus élémentaires…Et le combat continue…

L’entrée de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz au Panthéon est un symbole important…

Lison Benzaquen

 


Journal d’Avril 2014: En parler ou ne plus en parler?

5 mai 2014

La querelle prend de l’ampleur et ce n’est pas plus mal. On savait bien que les professeurs d’histoire et de géographie rencontraient de plus en plus de mal pour aborder, en troisième et en terminale, le sujet de la Shoah à propos des causes et des conséquences de la deuxième guerre mondiale. ”Les territoires perdus de la République” nous avaient déjà alertés en 2002.

Les professeurs menacés par leurs élèves nous avaient fait part de leurs craintes. Ils ne se sentaient pas protégés par l’institution et finissaient par céder à la pression pour éviter les heurts  et les incidents. La surcharge des programmes servirait d’alibi, mais on percevait une gêne notamment au moment d’arrêter le programme des séances de cinéma. Fallait-il parler plutôt de l’apartheid, des Amérindiens, de l’esclavage, de la traite négrière, du génocide des Arméniens  et de celui des Cambodgiens ? Sans doute de tout, mais fallait-il revenir une fois de plus  sur le génocide des juifs ?

A mon sens les professeurs d’histoire n’auraient pas dû et ne devraient pas l’éluder, ne serait-ce que parce qu’il fait partie de la seconde guerre mondiale et qu’il en est même l’événement majeur (pour répondre à l’immonde Le Pen).

Mais au delà et notamment en terminale, lorsqu’il est question de la place de la Mémoire, l’éventail s’élargit  et sans que les autres génocides du siècle soient occultés, il ne me paraît pas possible de laisser de côté, fut-ce pour un temps, la mémoire de la Shoah.  Elle ne nous quittera pas.

Le ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon le rappelle à l’occasion de la journée européenne de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité le 27 janvier, jour de la libération du camp d’Auschwitz. Il est bien normal qu’en ce jour ce soit la Shoah que l’on évoque dans les établissements scolaires, mais cet enseignement ne peut se limiter à des commémorations  qui ne rappellent rien aux élèves qui sont nés entre 1998 et 2003.

Que ce soit l’occasion d’évoquer les autres génocides et les réactions qu’ils ont engendrées (négationnisme, lois mémorielles, prévention et répression des crimes contre l’humanité, instauration de tribunaux internationaux et d’une cour pénale internationale) ne doit pas, sous prétexte de nouveauté, conduire à faire l’impasse sur la Shoah dont on aurait abondamment, voire trop parlé. D’abord ce n’est pas parce qu’on en a parlé aux autres et en l’occurrence à leurs aînés qu’il ne faudrait pas en parler aux plus jeunes.

Il ne s’agit pas d’entretenir un mouvement compassionnel mais d’enseigner ce dont les hommes et les Etats sont capables, afin de pouvoir dans l’avenir être vigilants  plus que nos ainés ne l’ont été.

Depuis maintenant 20 ans que Mémoire 2000 existe, nous avons tous les ans évoqué bien des sujets qui concernent la discrimination et le racisme, mais nous n’avons jamais manqué une année de revenir sur la Shoah. Et nous devons en être fiers. Le privilège dont nous disposons qui nous permet, lors des séances qui ont lieu à l’extérieur des établissements scolaires, de faire appel aux témoignages des anciens déportés, ne durera pas bien longtemps. Tant qu’il subsiste encore, nous ne devons pas manquer cette occasion.

Les confidences recueillies ça et là auprès des spectateurs de “La main d’or” révèlent paraît-il une certaine saturation. Le Figaro du 27 janvier, sous la signature  de Caroline Beyer et de Marie-Estelle Pêch nous rapporte le propos d’une élève à l’issue du cours d’histoire consacré à la seconde guerre mondiale : “la Shoah j’en suis gavée depuis la classe de troisième. Entre les émissions de télé, les séries, l’école on ne parle que de ça. Pourquoi parle-t-on tout le temps du génocide juif  et pas du génocide rwandais ou cambodgien”?

A la réflexion le problème n’est pas nouveau et ce n’est pas Dieudonné qui a révélé le phénomène de saturation. Il faudrait l’attribuer nous dit-on à la « fièvre commémorative » entretenue par les producteurs, les éditeurs, les associations qui l’aurait « sacralisée ». Ce n’est pas mon avis, mais que chacun assume la part qu’il prend à cette diffusion. Rien ne remplace la connaissance, mais comme le disait C. Lanzmann à propos des son film, « il faut voir et savoir « .

Ainsi le reconnaissait cette élève de retour d’une visite à Auschwitz : « c’est inimaginable les conditions de vie et de mort, mais ça rend réel ce qu’on a appris au collège « . Alors on peut les laisser rigoler avec leurs copains sur Tweetter ou sur Facebook, ça n’empêchera pas d’essayer de passer et de laisser des traces dans les cœurs. Alors continuons sans trop d’état d’âme. On peut sans doute améliorer la communication et élargir l’horizon mais on doit s’imprégner et les imprégner de la “catastrophe” du siècle.

J. Fredj le directeur du Mémorial de la Shoah a donné dans Le Monde du 23 janvier, une lettre ouverte aux jeunes qui pensent que la Shoah est trop enseignée. Les chiffres qu’il cite suffisent à prouver le contraire. La France est loin derrière les Britanniques, les Italiens, les Espagnols, les Allemands et les Polonais.

Mais surtout à la place qu’il occupe, Monsieur J. Fredj, ne manque pas de rappeler que dans de nombreux pays, l’enseignement de la Shoah est accompagné  par un enseignement de l’histoire des autres génocides du XX° siècle, celui des Arméniens et celui des Tutsis .

Au lieu d’aller s’y faire prendre en photo pour y faire “la quenelle”, les fans de Dieudonné feraient mieux de se rendre rue Geoffroy l’Asnier à partir du mois d’avril pour voir l’exposition sur l’histoire du génocide perpétré  contre les Tutsis en 1994 .

Bernard Jouanneau

 

 

 


Journal d’Avril 2014: « Cette histoire avec les Juifs! » – Heinrich Himmler

5 mai 2014

9782259223294_p0_v1_s260x420“Cette histoire avec les Juifs !” – Heinrich Himmler, d’après sa correspondance avec sa femme, 1927-1945, de Michael Wild et Katrin Himmler (traduction Olivier Mannoni), aux éditions Plon (cliquez sur le lien pour accéder au site de l’éditeur)

C’est l’histoire d’un serial killer officiel, devenu après 1933 l’homme le plus puissant après Hitler. C’est également l’histoire d’un Petit Papa attentionné, et d’un mari que sa femme appelle affectueusement “tête de mule”, “méchant petit homme”, “garnement” dans la correspondance qu’ils ont échangée entre 1927 et 1945. C’est surtout l’histoire de l’un (du ?) des plus grands criminels de l’Histoire dont la correspondance, découverte par deux GI américains en 1945, a fini, après de multiples aventures, par aboutir en Israël au début des années 1980.

C’est enfin l’histoire d’un permanent du parti nazi, petit-bourgeois ordinaire, amoureux de la femme allemande idéale qu’il a épousée, aux yeux bleus et aux cheveux blonds, à qui il écrit d’affectueuses lettres où il célèbre son “âme pure” et son “cher corps”.

Dans ses réponses, Marga lui demande de bien prendre soin de sa santé et, au début du moins, lui demande de quitter “ce parti idiot” qui la prive de son cher époux. Il lui répond qu’il dort superbement, lui décrit ses matinées, douche et rasage compris, lui rappelle la nécessité de bien élever les enfants dans l’obéissance inconditionnelle.

Il lui envoie le journal de ses déplacements avec le “chef”, rêve de vie à la campagne, tout en organisant la solution finale de la question juive et en envoyant à sa petite femme, qui parcourt la Pologne occupée au profit de la Croix- Rouge, des “chères pensées pour la Fête des Mères”, des recettes de compotes et des photos de sa vie de grand voyageur. Le tout dans une prose neutre et conformiste, fade et convenue.

Sa conception de la vie : être fidèle, se fortifier pour s’endurcir comme un combattant dans un ordre religieux, ne jamais être “inconvenant”, ne pas abuser de ce qui est bon. Energie, gymnastique quotidienne. Et bon sommeil. A la création du premier camp, Dachau – au départ camp de formation de la SS -, il invite sa femme à aller visiter “le jardin enchanté” qui s’y trouve, centre de recherche allemand pour l’alimentation : Profite bien de la visite à Dachau et salue tout le monde de ma part. Le lendemain de la conférence de Wannsee (dont il est informé  par Heydrich) il écrit à sa chère “Mamette” : Ci-joint cinq doubles tablettes de chocolat que je t’avais promises pour les enfants ; également le fromage blanc dont tu peux avoir tant besoin. – le blanc est au miel et aux amandes, il est très bon.

Le 17 juillet 1942 (Rafle du Vel d’Hiv à Paris), il part pour Katowice et de là se rend à Auschwitz, où il s’intéresse, lors de deux journées de visite, à la plantation de caoutchouc, et aux pépinières. A Birkenau, il observe avec précision “tout le processus de l’extermination”. Parallèlement, il mène une double vie et a deux enfants de sa maîtresse (sa secrétaire…), donne l’ordre de faire disparaître, d’ici la fin de 42, la totalité des Juifs dans le Gouvernement général de Pologne. Il est impossible de citer ici toute l’infamie de sa correspondance, et son étrange dédoublement de personnalité (pathologique ? Ou pas ?). Découragé, il se plaint de la difficulté de sa tâche en raison du nombre insoupçonné d’aryens qui ont leur “bon juif”.

Après avoir assisté à une série d’exécutions à Minsk, il écrit à sa chère famille : J’étais ce matin et cet après-midi avec le Führer et je suis allé me promener avec lui (…). Je vais vraiment mieux ; je peux dire tranquillement : franchement bien. Dans la liste de ses discours retrouvés, il prétend qu’il peut tout supporter au profit de l’Allemagne, qu’il n’est ni brutal ni sans cœur “là où ce n’est pas absolument nécessaire”.

On connaît sa fin : il s’enfuit le 20 mai 1945 après avoir été désavoué par Hitler, se fait arrêter déguisé – moustache rasée et bandeau sur l’œil, et, après avoir décliné son nom, choisit le poison.

Celui qui a expliqué dans un discours célèbre du 5 mais 45 qu’il ne fallait pas laisser les enfants grandir pour devenir des vengeurs de leurs pères, glorifie ceux qui ont “tenu bon” et sont restés “corrects” pendant la période de l’éradication du peuple juif. C’est aussi vrai pour sa famille : Marga, entre la décoration de ses appartements, les bridges et les thés avec les épouses des dignitaires nazis, les vacances en Italie où l’on n’oublie pas de visiter la tombe de Dante et la maison natale de Mussolini, se plaint auprès de son puissant mari : Cette histoire avec les Juifs ! Quand cette bande va-t-elle nous abandonner pour qu’on puisse profiter de la vie (…) J’ai mal dormi cette nuit. Mes pieds ne sont pas très beaux.

N’est-ce pas un exemple de ce qu’il appelle “une page glorieuse de notre histoire, une page qui n’a jamais été écrite et qu’il ne faudra jamais écrire ?”

Colette Gutman


Journal d’Avril 2014: « Le journal d’Helga » d’Helga Weissova

5 mai 2014

9782714454799LE JOURNAL D’HELGA de Helga Weissova (cliquez sur le lien pour accéder à la notice Wikipédia en Anglais)

Témoignage et dessins d’une enfant rescapée de la Shoah, aux Editions Belfond (cliquez sur le lien pour accéder au site de l’éditeur)

Helga avait huit ans. Elle a survécu parmi des dizaines de milliers d’enfants qui ont disparu.

“A mes petites filles et à tous les jeunes gens dans l’espoir qu’ils garderont vivant le souvenir du passé et ne connaîtront jamais eux-mêmes ce que ma génération a subi.”

Voilà, tout est dit…

Daniel Rachline


Journal d’Avril 2014: « Ce qu’ils savaient, les alliés face à la Shoah », un documentaire de Virginie Linhart

5 mai 2014

ce_qu_ils_savaient_dvd-5fdb4« Ce qu’ils savaient, les alliés face à la Shoah »

Documentaire de Virginie Linhart

DVD (Editions Montparnasse)

Tout le monde savait. On le sait maintenant depuis l’ouverture dans les années 90, des archives de la Seconde guerre mondiale.

Ce film dévoile les raisons pour lesquelles Roosevelt, Churchill, Staline et De Gaulle ont choisi de sauver le monde du désastre tout en négligeant la “question juive”.

C’est bon de le savoir, même tardivement !

 


Journal de Janvier 2014: Nous vous recommandons le numéro hors-série du Nouvel Observateur intitulé « Résistants et collabos -1943 – la France déchirée »

15 janvier 2014

 

Remarquable dossier découpé en trois grands chapitres :

1°)De la collaboration à la trahison.

2°)De la France libre à la France combattante.

3°)Vers la querelle des deux France.

1943-2013, soixante dix ans ont passé, il est bon et nécessaire de se remémorer.

Daniel Rachline


Journal de Janvier 2014: nous vous recommandons de voir « Le dernier des Injustes » de Claude Lanzmann

15 janvier 2014

21003696_20130506163957121.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxIl y a deux mois, sortait sur les écrans le dernier film de Claude Lanzmann.

Beaucoup depuis l’ont vu, beaucoup doivent encore le voir, tous le devront.

L’histoire de Benjamin Murmelstein (le dernier des injustes) est connue maintenant.

Le film en racocnte une autre, celle de Lanzmann, un vieux monsieur de 87 ans, au visage étonnant d’expressivité et qui, sans s’en rendre compte raconte son testament d’homme comme on n’en fait plus.

Un  dernier des grands hommes.

Daniel Rachline