Journal de Janvier 2014: compte-rendu de notre séance Cinéma-Débat du 17 octobre 2013

18409360.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLE TEMPS DU GHETTO

Séance du 17 octobre 2013

Thème : La révolte du ghetto de Varsovie

Débattrice : Larissa Cain

Le temps du Ghetto, ce n’est pas un film : c’est un monument ! Pour célébrer les 70 ans de la révolte du Ghetto, dont les images terrifiantes clôturent le film, Mémoire 2000 a souhaité l’inscrire en tout début du programme de cette nouvelle année scolaire.

“Les ruines du Ghetto se confondent avec les poussières de la terre” est la première phrase que l’on entend au tout début du film : cette phrase s’appliquera tout au long de l’ouvrage qui n’est ni documentaire, ni film mais une recension des horreurs qu’ont pu vivre ces gens enfermés sans espoir, quémandant un peu de pain ou de soupe, marchant dans les rues en enjambant les cadavres. Grâce aux photos consciencieusement prises par leurs gardiens nazis et qui constituent l’essentiel du film, on peut aussi assister aux moments terribles de la révolte, de la fin du Ghetto dans les flammes et celle des hommes qui se sont soulevés et qui ont malgré tout résisté jusqu’à leur mort.

Pas un bruit, pas un mot parmi la centaine d’élèves de 2ème et de 1ère qui assistent à cette séance éprouvante. Ils semblent pétrifiés par ce qu’ils voient. A la fin du film, ils ont devant eux une petite femme, l’air décidé, qui, avant de leur donner la parole, va leur expliquer quelle fut sa vie dans le ghetto, petite fille de huit ans, enfermée là avec son père et sa mère.

 Larissa Cain

Larissa Cain

Elle raconte comment sa mère partie travailler chaque jour en usine, un jour ne revient pas. Elle ne la reverra  jamais. Quant à son père il restera près d’elle et un jour, bien plus tard, lui construira une échelle de trois mètres de haut. Elle s’évadera ainsi, petite fille seule dans le nuit, accueillie de l’autre côté par son oncle resté hors du ghetto. Son père s’évadera aussi mais il disparaitra un jour et elle ne le reverra plus jamais. Notre débattrice aborde alors son arrivée en France, à quatorze ans, son entrée au CP, puis son bac obtenu à vingt ans ! Alors les élèves l’applaudissent longuement ! Ils l’applaudissent encore quand elle évoque son travail, son mariage et ses trois enfants qui pour elle sont une nouvelle vie…

La parole est donnée maintenant, comme de coutume, aux élèves. La première question concerne les “Judenrath”, ces fameux Conseils juifs que les Nazis mettaient en place pour faire respecter la loi et faire la police. De qui étaient-ils composés ? Autre question : Pourquoi son père ne l’a-t-il pas suivie lorsqu’il lui a permis de s’évader sur cette fameuse échelle ?  Elle tient à dire combien il était difficile de se cacher en dehors du Ghetto, que les familles qui acceptaient de les aider étaient menacées de mort et qu’il y avait eu beaucoup de dénonciations, certains trafiquants vendant les juifs retrouvés pour quelques zlotis aux autorités nazies.

A quelle philosophie se référaient les Nazis demande une élève ? Mme Cain lui précise qu’il ne s’agissait pas d’une philosophie mais d’une idéologie basée sur la dite supériorité d’une race aryenne.

Autre question importante : Et  la résistance juive, comment a-t-elle pu s’organiser ? Réponse : il y avait des jeunes qui s’organisaient et se regroupaient. Ainsi en 1942  fut créé un Front anti-fasciste. Mais ces mouvements n’avaient aucune arme et ont vite disparu jusqu’à la création d’un mouvement de révolte qui plus tard obtint des armes de la Résistance polonaise.

Pour conclure, notre témoin résume l’horreur vécue dans cet enfermement : la terreur, la famine, l’entassement, la maladie. Il fallait réduire l’homme à l’état d’animal pour en fin de compte le tuer. Elle termine en insistant sur l’entraide apportée par les comités d’immeubles qui donnaient un peu d’espoir aux habitants.

Dernière question, importante sans doute aux yeux de cette jeune génération : Est-ce que les séquelles de ce qu’elle a vécu ont été répercutées sur ses enfants. Comment a-t-elle pu surmonter ces souvenirs ? Mme Cain, qui avoue être tombée malade quelques années après son retour, répond que l’on n’oublie jamais son passé. Elle n’a pas voulu en charger ses enfants. Heureusement, les nombreux livres qu’elle a publiés lui ont permis de revenir sur ces années et en transmettre le souvenir à ses enfants et petit enfants.

Chère Larissa Cain, en voyant votre visage se fermer parfois, comme si vous aviez encore ces images sous vos yeux, on se rend compte combien ce témoignage est difficile pour vous.  Alors, un grand merci d’être là devant ces élèves, d’avoir ce courage et de continuer sans relâche votre tâche de mémoire.

Claudine Hanau

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s