Journal d’Avril 2017: compte-rendu de notre séance du 13 décembre 2016

1 avril 2017

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Mustang

Thème : la condition féminine

Débattrice : Carol Mann, sociologue

 

Grande affluence pour ce film. C’est l’histoire de cinq sœurs élevées par leur grand-mère et leur oncle dans une région reculée de la Turquie. La classe finie, elles trainent sur le chemin du retour, jouent avec une bande de garçons, montent sur leurs épaules. Une voisine les dénonce. L’oncle est furieux. Les filles seront privées de sortie. La grand-mère décide de les marier au plus vite.

Chacune à sa façon essaie d’y échapper.

La discussion s’engage. Carol Mann : “ Qu’est-ce qui vous a le plus déplu ?” Une fille: “Leur vie est horrible, elles n’ont pas d’amies, elles subissent des mariages forcés, leur grand-mère les tape”. La débattrice demande ce qu’elles ont fait de mal. Pour un garçon, elles ont volé des pommes. Mais pour un autre : “Elles provoquent les garçons, elles se caressent en montant sur leurs épaules”. Réaction vigoureuse des filles : “Qu’est-ce qu’elles faisaient de mal ? C’est un jeu.” Carol Mann : ”Les gars vous êtes complètement obsédés, vous ne pensez qu’à ça et vous accusez les filles”. Un garçon : “C’est parce qu’on est des paquets de testostérone !” Carol Mann : “Vous êtes macho. Pour vous la sexualité des filles c’est mal mais celle des garçons c’est normal !”

Une fille: “Si on enferme les filles c’est pour leur bien, pour qu’elles fassent pas des mauvais trucs avec des mauvaises personnes”. La débattrice : “Tu crois, toi, que tu as vraiment besoin qu’on t’enferme pour ne pas faire de bêtises ?” Une autre fille: Les mariages forcés elle déteste. “Ils se connaissent pas. Ils prennent le thé une fois et c’est décidé. Ils vont se marier”.

Plusieurs garçons continuent à penser qu’il faut enfermer les filles parce qu’elles sont trop jeunes. La débattrice: “Pourquoi c’est normal d’enfermer les filles et pas les garçons ?”. Le débat tourne autour de l’âge des premiers rapports entre garçons et filles. Mais une professeure intervient : “Ce n’est pas le sujet du film. Le personnage de la plus jeune des filles, celle de 13 ans, est splendide. Ce qu’elle veut, c’est la liberté. Le débat, c’est la conquête de la liberté pour les filles”. Vifs applaudissements.

Une fille évoque le viol commis par l’oncle sur sa nièce et sa violence effrayante lorsqu’il est en colère. Une autre demande pourquoi la grand-mère n’empêche pas cela. Carol Mann : “C’est à cause de l’atmosphère de terreur dans la maison. Lorsque ça arrive, tout le monde a peur de la violence de l’homme. Dans les cas d’incestes familiaux en France, c’est pareil, on ne dit rien, on a peur”.

Une fille demande: “Pourquoi les femmes sont toujours en infériorité et les hommes en supériorité. C’est quoi l’origine?” Les garçons arguent de la supériorité physique. “Déjà les hommes préhistoriques, c’est eux qui chassaient”. Carol Mann rappelle que les femmes chassaient et nourrissaient la communauté lorsque les hommes partaient traquer le gros gibier. Elle propose un exercice. Elle charge tous les sacs à dos des élèves sur les épaules d’un garçon : “Avec tes 15 kilos sur le dos accroupis. C’est pas facile, hein? C’est ça la vie des femmes enceintes. Tu ne crois pas qu’il faut être forte ? L’histoire de la force physique, c’est un peu bidon. Dans une société patriarcale une femme ne compte que si elle a un fils. Avoir un fils, c’est obtenir une place dans la société”.

Les questions sont encore nombreuses. Carol Mann accepte une dernière intervention d’un garçon rouge d’émotion : “Moi, je veux dire, on parle de tout ça, on ne l’a pas vécu, c’est pas pareil si on le vit….”

– Tu as raison, ce n’est pas notre expérience. C’est différent si on l’a vécu répond Carol Mann qui propose aux élèves de venir prolonger l’échange dans leur collège.

Jacinthe Hirsch

 

 

 

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Journal d’Avril 2017: compte-rendu de notre séance débat du 24 janvier 2017

1 avril 2017

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Elle s’appelait Sarah

Thème : la Shoah

Débattrice : Larissa Cain

 

C’est l’histoire de la petite Sarah envoyée au Vel d’Hiv avec ses parents, sans son petit frère qu’elle a caché dans un placard, pensant ainsi le sauver.

Larissa Cain, notre débattrice, n’est pas une rescapée du Vel d’Hiv mais une survivante du ghetto de Varsovie.

Elle commence son récit par quelques rappels d’histoire. Hitler, dès 1933, met en application son programme : la race germanique, descendant des Aryens, est une race « supérieure » qui a des droits sur les races « inférieures ». La race juive étant la plus « inférieure » il faut l’éliminer. Pourtant, précise Laïssa Cain, cette histoire de race est un mythe. Nous avons tous, quelle que soit notre couleur de peau, les mêmes constantes biologiques dans le sang.

Septembre 1939, c’est l’invasion de la Pologne. Dès le mois de Novembre on impose aux Juifs le port d’un brassard blanc avec une étoile bleue et on leur supprime le droit à l’éducation. Avec l’occupation de Varsovie le 28 Septembre 1940, la pression sur les Juifs s’accroit : le 16 novembre on les parque dans un ghetto dont on leur fera construire les murs de trois mètres de haut.

En fait, il y a deux ghettos, le petit ghetto et le grand ghetto. Ils diffèrent seulement par leur taille. Impossible de passer de l’un à l’autre, ce qui empêche de s’entraider ou de se réunir pour résister.

Par chance, l’appartement des parents de Larissa est sur l’emprise du ghetto. Ils n’ont donc pas à déménager. Par contre ils hébergent famille et amis et se retrouvent jusqu’à huit dans leur minuscule appartement. Larissa y est restée de Novembre 1940 à Décembre 1942. Elle réussit à s’en échapper toute seule, à 10 ans, en montant par une longue échelle en haut du mur de séparation et, morte de peur, en sautant dans la neige où un oncle l’attend. Au détour d’une phrase on apprend que sa mère est morte d’une dysenterie et que son père a été arrêté sans qu’on n’ait plus jamais de ses nouvelles. C’est donc une petite orpheline qui est trimballée de famille d’accueil en famille d’accueil jusqu’à ce qu’on l’envoie en France en 1946. Ce qui l’a sauvée, dit-elle, c’est le système éducatif de la France où, quelque soit sa nationalité, on est pris en charge par des professeurs qui savent vous encourager et vous permettre de vous réaliser.

Les élèves posent quelques questions : y avait-il du marché noir ? Du cannibalisme ?

Larissa Cain: « Je ne peux pas vous répondre, j’étais trop petite. Quand on meurt de faim tout est possible, probablement. »

Un adolescent noir demande: « Dans votre vie, avez-vous eu l’occasion d’avoir des affinités avec un Juif ? » Stupéfaction de tous. Le temps de reprendre son souffle : « Mais je suis juive ! J’ai des affinités avec des Juifs mais tout aussi bien avec des non Juifs. Les affinités c’est mystérieux. Il est important dans la vie de ne pas se cantonner à un petit cercle, de rencontrer des gens de toutes sortes pour mieux comprendre le monde où nous vivons. « 

Certes, contrairement aux prévisions, ce n’est pas du Vel d’Hiv qu’on aura parlé, mais la rencontre avec un vrai témoin, une petite fille de 10 ans dans le ghetto de Varsovie, quoi de plus frappant pour nos élèves ? Ils en garderont le souvenir à jamais.

A la question sur les « affinités » avec un Juif, peut-être pourrait-on essayer d’y répondre en organisant un débat avec ces jeunes qui n’entendent, dans leurs familles et ailleurs, que des propos antisémites : Qu’est-ce qu’un Juif ? Est-il si différent de moi ?

Hélène Eisenmann

 

 


Journal d’Avril 2017: compte-rendu de notre séance-débat du 24 février 2017

1 avril 2017

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Nous trois ou rien

Thème : l’intégration

Débatteurs : M. et Mme Mitterrand (professeurs d’histoire)

 

Une centaine d’élèves, certains depuis peu de temps en France sont présents. Le réalisateur, Kheiron, raconte dans ce film, l’histoire de ses parents, Hibat et Fereshteh, exilés d’Iran. Le film commence sous le régime du shah. Hibat devient un héros car il refuse en prison de manger le gâteau d’anniversaire du shah.

Après la révolution, et le régime autoritaire et théocratique de Khomeiny, la famille s’exile en France. La suite se situe en Seine St Denis. Les parents de Kheiron s’impliquent fortement dans la vie locale. Le sujet est traité sur un mode comique, malgré les scènes violentes au début, l’humour allège le propos.  

Le débat démarre aisément.

Un garçon : Pourquoi a-t-il refusé de manger le gâteau dans la prison ?

Un autre : Ça veut dire quoi, le gâteau du chat ?

Mr Mitterrand: Le shah, c’était un roi et si le peuple marquait son mécontentement, il mettait les gens en prison. Hibat refuse de manger le gâteau du shah pour montrer son opposition. Du coup, il est très respecté.

Un garçon : Pourquoi il est allé en France, alors ?

Le débatteur : Le peuple avait chassé le shah mais à sa place c’est Khomeiny. Un autre pouvoir autoritaire qui ne veut pas de démocratie.

Une élève : le shah, c’était un musulman ?

La débattrice : Oui, un musulman modéré, qui ne gouvernait pas avec la religion. Vous avez vu ce qui change en Iran avec Khomeiny ?

Plusieurs : “ les femmes se voilent.” “La musique est interdite”.

Une professeure : Pourquoi Hibat part en France ? Parce qu’il risque la mort avec son fils et sa femme, en Iran. Avez-vous compris quel est ce petit cachet qu’il jette lorsqu’il quitte l’Iran ?

Une voix : C’est l’image de son passé qu’il laisse derrière lui quand il quitte son pays. Une autre : c’était un cachet pour se suicider ? 

La débattrice : Oui, c’est ça, du cyanure. S’il est pris, il le croque et il meurt. Pour ne pas dénoncer les autres sous la torture.

Un garçon : Pourquoi elle appelle son père et dit qu’elle ne reviendra pas ? 

Le débatteur : En France, ils ont un statut de réfugié politique. Ils ne sont plus en danger. Ils participent à la vie de la cité. Cette solidarité, ils la rendent à leur quartier. Que vont-ils apporter, d’abord aux femmes ?

Une fille : A être heureuses, à sortir, à avoir la belle vie.

Une élève réalise : cette histoire en fait, c’est un petit qui raconte l’histoire de son père ?

Sa professeure : Oui, le bébé qui quitte l’Iran avec ses parents, c’est lui qui raconte l’histoire, lui qui fait le film et qui joue le rôle de son père.

La débattrice : Ses parents étaient militants, Kheiron a été éducateur.

Un élève : on voit comment il parle aux 3 jeunes assis à côté du centre culturel où on a cassé les vitres. Au début, ils s’en moquent.

Une fille : mais après, Hibat leur montre que cet endroit, était pour eux.

Une professeure : vous avez entendu le message d’Hibat à Elyes, le délinquant qui a été en prison : “Il n’est pas trop tard”. On apprend plus tard qu’Elyes après un autre séjour en prison, est devenu un éducateur. Il a un travail, une famille.

La débattrice : Chacun doit prendre sa place dans la cité.

Une fille : On voit pendant la fête il y a des grandes photos de chacun accrochées sur les murs du quartier.

Un professeur : On n’est jamais condamné à l’échec. Avec ma classe de 3ème, nous faisons un atelier d’écriture de chansons. Le thème c’est l’exil. L’idée c’est de savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va.

La débattrice conclut : Kheiron a commencé comme ça, il a fait du théâtre. Il a gardé la faculté de mettre de l’humour autour de chaque chose triste.

On dirait que ce film d’intégration réussie a touché ce public.

Jacinthe Hirsch

 

 


Journal de Janvier 2017: compte-rendu de notre séance Cinéma du 18 octobre 2016

20 décembre 2016

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La désintégration

Séance du 18 octobre 2016

Thème : la radicalisation

Débattrice : Soad Baba Aïssa

 

C’est l’histoire de trois jeunes musulmans qui, pour des raisons diverses, sont en opposition avec leurs familles. L’un d’eux, Ali, bon élève, travailleur, cherche un job. Il envoie son curriculum vitae des dizaines de fois mais ne reçoit aucune proposition. Malgré le soutien de sa mère et de ses frères, malgré les conseils du genre « change de prénom », il se laisse embarquer avec les deux autres garçons par un recruteur habile qui les conduit jusqu’au jihad et au « sacrifice suprême ».

C’est avec un malaise grandissant que j’ai regardé ce film, à la pensée que nos jeunes de la diversité présents dans cette salle, et ils étaient nombreux, noirs à 95%, puissent s’assimiler aux trois « héros », tout particulièrement à Ali. Heureusement l’image finale de sa mère qui fait des ménages dans un hôpital et qui, entendant la radio, pousse un cri atroce: « ils ont tué mon fils », remet les choses en place. Il a fallu tout l’art de notre débattrice et la participation des professeurs pour amener les élèves à s’exprimer sur un sujet aussi délicat.

Une jeune fille, en écho au malaise que j’avais ressenti, crie sa fureur et son dégout pour ce film: « c’est pas parce qu’on est musulman qu’on se laisse tourner la tête! ».

Le chef de classe : “Les trois gars, ils sont bêtes: il y a un gars, ils savent même pas d’où il sort ni qui il est. Il leur met des trucs dans la tête et ils l’écoutent. Ils veulent faire des attentats. Ils ont tort. Mais Ali, il a envoyé 106 cv sans une seule réponse positive ».

Un professeur: « Ce qui est dérangeant c’est que certains de nos élèves pourraient se trouver dans cette situation ».

Autre professeur: « Nos élèves sont intelligents et ils ne se laisseront pas prendre. À nous, adultes, à trouver la réponse ». Applaudissements.

A la question: comment vous sentez-vous intégrés? Une jeune fille noire répond : « Là où nous vivons il y a plus de discrimination contre les Noirs que contre les Arabes. Pourtant on est tous pareils. La France c’est pas que pour les Français ». Applaudissements.

Une autre: « Je me sens bien à Beaugrenelle (son quartier). Il n’y a pas de discrimination. Ceux qui vont au djihad ce sont des faibles qui vont voir la mauvaise personne qui leur dit n’importe quoi ».

Une autre : ”Pourquoi le monsieur (le recruteur) il fait croire qu’ils vont aller au paradis et à la fin il y va pas lui-même? » Le chef de classe: « Franchement, on m’a pas fait de discrimination. On est tous égaux mais… ça dépend. C’est pas tous les Français, y en a qui, y en a d’autres qui sont pas racistes”. Un autre : « C’est le nom qui fait la religion ». « Non, mon frère s’appelle Tony …”

« Et moi je connais un syrien qui s’appelle Daesh! ».

Une élève parle de la liberté de croyance. Notre débattrice rectifie : plutôt que la liberté de croyance, l’important c’est la liberté de conscience. Toute la salle applaudit. Elle dit de la laïcité. « La France est le seul pays au monde vraiment laïc même si, oui, il y a du racisme. Avec mon prénom, Soad, c’était comme pour Ali. Je suis Algérienne, j’ai eu envie de partir vivre en Algérie. Mais là-bas l’Islam est la religion d’État et, comme femme, vous êtes moins que rien. Je suis retournée en France. Maintenant, je sais apprécier la liberté de conscience, le droit d’accès de tous au service public, à la protection sociale, aux soins. Rappelez-vous, dans le film, le vieux père malade. On le voit sur son lit d’hôpital. Bien que Musulman il a droit aux soins les plus en pointe. Alors en France, certes il y a du racisme, mais ne cédons pas au chant des sirènes. Nous devons construire ensemble notre pays de demain. Longs applaudissements.

 

Hélène Eisenmann

 

 


Journal de Janvier 2017: compte-rendu de notre séance Cinéma du 15 novembre 2016

20 décembre 2016

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Les femmes du bus 678

Séance du 15 novembre 2016

Thème : la violence faite aux femmes

Débattrice : Bérénice Poussin (Association Terre des Femmes)

 

Vingt trois élèves d’une même classe, en majorité d’origine africaine ou maghrébine, ont assisté à la projection de ce très beau film où trois femmes égyptiennes, Fayza, Seba, Nelly, s’opposent, chacune selon son tempérament, au machisme ambiant.

L’une d’elles, Fayza, agressée, “pelotée” chaque fois qu’elle monte dans un bus toujours bondé, décide de se défendre par ses propres moyens avec une aiguille à chapeau violemment piquée dans les “parties” de son agresseur. Drames, enquêtes, prison. Tout comme ses deux amies elle se refuse à toute concession et à toute excuse.

Il a fallu la patience de notre débattrice aidée de Joëlle Saunière et de Guy Zerhat pour que la discussion s’engage. Mais ensuite les élèves ont suivi. Tous de la même classe et se connaissant bien, ils ont eu des échanges très vifs sur des sujets qu’ils n’avaient probablement jamais abordés entre eux. Ils se sont vite focalisés sur ce qui se passe dans le bus avec Fayza et son épingle, laissant de côté des aspects passionnants de ce film.

Sur le fond de l’histoire une fille s’exprime : “Au début ça m’énervait qu’on demande à la fille de retirer sa plainte, mais c’était touchant que son fiancé la soutienne”. Puis la discussion s’oriente sur la façon de s’habiller des filles.

Un garçon :”Il y a des filles qui s’habillent très mal. En Egypte c’est inacceptable, en France ça l’est.”

Une fille : “Les filles peuvent s’habiller comme elles le veulent. Les garçons n’ont qu’à se retenir.”

Une autre : “Même si une femme provoque avec une minijupe ça ne devrait pas faire ça. Il y a des femmes qui provoquent, d’autres pas.”

Un garçon :”Mais aller jusqu’à castrer les garçons? Jusqu’à taper dessus? Ça fait mal !”

Joëlle : “Tu ne perçois pas la violence de l’agression pour une femme? Tu aimerais qu’on fasse ça à ta sœur?”

Le garçon : “Mais on a tous droit à une deuxième chance. Castré c’est fini !”

La fille : “Ils sont pas castrés et la deuxième fois ils referont pareil !”.

Joëlle : “En France il ne faut pas se faire justice soi-même”.

La fille : “Elle s’est fait justice soi-même parce que personne ne la défendait. Elle voulait pas porter plainte pour que sa famille ne soit pas déshonorée”.

La débattrice: “Savez-vous combien de femmes portent plainte en France? Une sur dix !”

Guy: “N’oublions jamais la dignité de la personne humaine. Une fille bien roulée tu la regardes, d’accord, mais tu ne sautes pas dessus. On doit maitriser ses pulsions. On n’est pas des chiens. Même dans le bus. C’est ignoble”. Applaudissements.

La discussion dévie sur le fait divers jugé en ce moment en France : la femme qui a tué son mari après 40 ans de vie commune.

Une fille : “C’est pas normal qu’il la batte mais c’est pas normal qu’elle le tue. Elle aurait dû partir”.

Un garçon : “Si elle avait pas pu partir?”

Une fille : “Tu peux et tu dois partir.”

Une autre : “Moi je ne me fais pas battre, je pars à la première claque !”

La débattrice : “Et s’il s’excuse ?”

La même : “Tu pars !”

Une autre : “Le mari est plus fort, elle voulait pas le tuer.”

Une autre : “Avec un fusil elle l’a pas fait exprès ! On peut toujours partir, chez des parents, chez des amis.”

La débattrice: “Vous êtes jeunes, vous ne connaissez pas encore la vie, mais plus tard, n’oubliez pas vos bonnes résolutions.”

Guy, en conclusion : “Vous, les filles, faites vous respecter et vous, les garçons, on n’est pas des bêtes !” Longs applaudissements.

Belle leçon de morale.

 

Hélène Eisenmann


Modification de notre séance du 25 avril 2017: projection du film « 7 jours à Kigali », suivi d’un débat sur le génocide des tutsis et hutus modérés au Rwanda

6 décembre 2016

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Mardi 25 avril 2017

Thème: le génocide des tutsis et des hutus modérés au Rwanda

Documentaire: 7 jours à Kigali (France, 2014, 60 mn)

Réalisation: Mehdi Ba et Jeremy Frey

 

Résumé:

Dans 7 jours à Kigali, la semaine où le Rwanda a basculé, le journaliste Mehdi Ba et le réalisateur Jeremy Frey  se sont intéressés à la semaine du 6 au 13 avril 1994, marquée par la mise en marche de la machine génocidaire et par la fuite de la population occidentale expatriée. Faisant la part belle aux témoignages de personnes présentes sur place à l’époque (rescapés, génocidaires, journalistes ou soldats), les réalisateurs ont choisi de mettre de côté les archives visuelles d’époque pour leur préférer le Kigali d’aujourd’hui.


Modification de notre séance du 14 mars 2017: projection du film « Le Havre », suivi d’un débat sur l’immigration

6 décembre 2016

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Mardi 14 mars 2017

Thème: L’immigration 

Film: Le Havre (Finlande et France, 2011, 1h33)

Réalisation: Aki Kaurismaki

Principaux acteurs : André Wilm, Jean-Pierre Darroussin

Résumé : 

Sous forme d’un conte social, il s’agit d’un hymne à la fraternité et à la solidarité : comment aider son prochain, même s’il s’agit d’un clandestin, même s’il est pauvre et démuni.

 

Téléchargez le dossier pédagogique rédigé par Guy ZEHRAT, membre de Mémoire 2000 en CLIQUANT ICI.