Journal de Janvier 2017: compte-rendu de notre séance Cinéma du 18 octobre 2016

20 décembre 2016

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La désintégration

Séance du 18 octobre 2016

Thème : la radicalisation

Débattrice : Soad Baba Aïssa

 

C’est l’histoire de trois jeunes musulmans qui, pour des raisons diverses, sont en opposition avec leurs familles. L’un d’eux, Ali, bon élève, travailleur, cherche un job. Il envoie son curriculum vitae des dizaines de fois mais ne reçoit aucune proposition. Malgré le soutien de sa mère et de ses frères, malgré les conseils du genre « change de prénom », il se laisse embarquer avec les deux autres garçons par un recruteur habile qui les conduit jusqu’au jihad et au « sacrifice suprême ».

C’est avec un malaise grandissant que j’ai regardé ce film, à la pensée que nos jeunes de la diversité présents dans cette salle, et ils étaient nombreux, noirs à 95%, puissent s’assimiler aux trois « héros », tout particulièrement à Ali. Heureusement l’image finale de sa mère qui fait des ménages dans un hôpital et qui, entendant la radio, pousse un cri atroce: « ils ont tué mon fils », remet les choses en place. Il a fallu tout l’art de notre débattrice et la participation des professeurs pour amener les élèves à s’exprimer sur un sujet aussi délicat.

Une jeune fille, en écho au malaise que j’avais ressenti, crie sa fureur et son dégout pour ce film: « c’est pas parce qu’on est musulman qu’on se laisse tourner la tête! ».

Le chef de classe : “Les trois gars, ils sont bêtes: il y a un gars, ils savent même pas d’où il sort ni qui il est. Il leur met des trucs dans la tête et ils l’écoutent. Ils veulent faire des attentats. Ils ont tort. Mais Ali, il a envoyé 106 cv sans une seule réponse positive ».

Un professeur: « Ce qui est dérangeant c’est que certains de nos élèves pourraient se trouver dans cette situation ».

Autre professeur: « Nos élèves sont intelligents et ils ne se laisseront pas prendre. À nous, adultes, à trouver la réponse ». Applaudissements.

A la question: comment vous sentez-vous intégrés? Une jeune fille noire répond : « Là où nous vivons il y a plus de discrimination contre les Noirs que contre les Arabes. Pourtant on est tous pareils. La France c’est pas que pour les Français ». Applaudissements.

Une autre: « Je me sens bien à Beaugrenelle (son quartier). Il n’y a pas de discrimination. Ceux qui vont au djihad ce sont des faibles qui vont voir la mauvaise personne qui leur dit n’importe quoi ».

Une autre : ”Pourquoi le monsieur (le recruteur) il fait croire qu’ils vont aller au paradis et à la fin il y va pas lui-même? » Le chef de classe: « Franchement, on m’a pas fait de discrimination. On est tous égaux mais… ça dépend. C’est pas tous les Français, y en a qui, y en a d’autres qui sont pas racistes”. Un autre : « C’est le nom qui fait la religion ». « Non, mon frère s’appelle Tony …”

« Et moi je connais un syrien qui s’appelle Daesh! ».

Une élève parle de la liberté de croyance. Notre débattrice rectifie : plutôt que la liberté de croyance, l’important c’est la liberté de conscience. Toute la salle applaudit. Elle dit de la laïcité. « La France est le seul pays au monde vraiment laïc même si, oui, il y a du racisme. Avec mon prénom, Soad, c’était comme pour Ali. Je suis Algérienne, j’ai eu envie de partir vivre en Algérie. Mais là-bas l’Islam est la religion d’État et, comme femme, vous êtes moins que rien. Je suis retournée en France. Maintenant, je sais apprécier la liberté de conscience, le droit d’accès de tous au service public, à la protection sociale, aux soins. Rappelez-vous, dans le film, le vieux père malade. On le voit sur son lit d’hôpital. Bien que Musulman il a droit aux soins les plus en pointe. Alors en France, certes il y a du racisme, mais ne cédons pas au chant des sirènes. Nous devons construire ensemble notre pays de demain. Longs applaudissements.

 

Hélène Eisenmann

 

 

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Journal de Janvier 2017: compte-rendu de notre séance Cinéma du 15 novembre 2016

20 décembre 2016

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Les femmes du bus 678

Séance du 15 novembre 2016

Thème : la violence faite aux femmes

Débattrice : Bérénice Poussin (Association Terre des Femmes)

 

Vingt trois élèves d’une même classe, en majorité d’origine africaine ou maghrébine, ont assisté à la projection de ce très beau film où trois femmes égyptiennes, Fayza, Seba, Nelly, s’opposent, chacune selon son tempérament, au machisme ambiant.

L’une d’elles, Fayza, agressée, “pelotée” chaque fois qu’elle monte dans un bus toujours bondé, décide de se défendre par ses propres moyens avec une aiguille à chapeau violemment piquée dans les “parties” de son agresseur. Drames, enquêtes, prison. Tout comme ses deux amies elle se refuse à toute concession et à toute excuse.

Il a fallu la patience de notre débattrice aidée de Joëlle Saunière et de Guy Zerhat pour que la discussion s’engage. Mais ensuite les élèves ont suivi. Tous de la même classe et se connaissant bien, ils ont eu des échanges très vifs sur des sujets qu’ils n’avaient probablement jamais abordés entre eux. Ils se sont vite focalisés sur ce qui se passe dans le bus avec Fayza et son épingle, laissant de côté des aspects passionnants de ce film.

Sur le fond de l’histoire une fille s’exprime : “Au début ça m’énervait qu’on demande à la fille de retirer sa plainte, mais c’était touchant que son fiancé la soutienne”. Puis la discussion s’oriente sur la façon de s’habiller des filles.

Un garçon :”Il y a des filles qui s’habillent très mal. En Egypte c’est inacceptable, en France ça l’est.”

Une fille : “Les filles peuvent s’habiller comme elles le veulent. Les garçons n’ont qu’à se retenir.”

Une autre : “Même si une femme provoque avec une minijupe ça ne devrait pas faire ça. Il y a des femmes qui provoquent, d’autres pas.”

Un garçon :”Mais aller jusqu’à castrer les garçons? Jusqu’à taper dessus? Ça fait mal !”

Joëlle : “Tu ne perçois pas la violence de l’agression pour une femme? Tu aimerais qu’on fasse ça à ta sœur?”

Le garçon : “Mais on a tous droit à une deuxième chance. Castré c’est fini !”

La fille : “Ils sont pas castrés et la deuxième fois ils referont pareil !”.

Joëlle : “En France il ne faut pas se faire justice soi-même”.

La fille : “Elle s’est fait justice soi-même parce que personne ne la défendait. Elle voulait pas porter plainte pour que sa famille ne soit pas déshonorée”.

La débattrice: “Savez-vous combien de femmes portent plainte en France? Une sur dix !”

Guy: “N’oublions jamais la dignité de la personne humaine. Une fille bien roulée tu la regardes, d’accord, mais tu ne sautes pas dessus. On doit maitriser ses pulsions. On n’est pas des chiens. Même dans le bus. C’est ignoble”. Applaudissements.

La discussion dévie sur le fait divers jugé en ce moment en France : la femme qui a tué son mari après 40 ans de vie commune.

Une fille : “C’est pas normal qu’il la batte mais c’est pas normal qu’elle le tue. Elle aurait dû partir”.

Un garçon : “Si elle avait pas pu partir?”

Une fille : “Tu peux et tu dois partir.”

Une autre : “Moi je ne me fais pas battre, je pars à la première claque !”

La débattrice : “Et s’il s’excuse ?”

La même : “Tu pars !”

Une autre : “Le mari est plus fort, elle voulait pas le tuer.”

Une autre : “Avec un fusil elle l’a pas fait exprès ! On peut toujours partir, chez des parents, chez des amis.”

La débattrice: “Vous êtes jeunes, vous ne connaissez pas encore la vie, mais plus tard, n’oubliez pas vos bonnes résolutions.”

Guy, en conclusion : “Vous, les filles, faites vous respecter et vous, les garçons, on n’est pas des bêtes !” Longs applaudissements.

Belle leçon de morale.

 

Hélène Eisenmann


Journal de Janvier 2017: l’Assemblée Générale de Mémoire 2000

20 décembre 2016

Lundi 5 décembre 2016

Le président, Bernard Jouanneau, dans son rapport moral indique que année 2016 aura été marquée du sceau de la remise en question, de l’altération de la situation générale du monde confronté à l’intolérance, au racisme et aux discours de haine auxquels nous avons fait face par nos actions et par les décisions prises malgré les événements qui sont venus perturber gravement le fonctionnement de l’Association.

Le président développe chacun des points évoqués et les actions que nous avons menées, et conclut sur une note d’espoir pour l’année 2017.

Par ailleurs, le Trésorier Maurice Benzaquen qui a assuré l’intérim après le décès de Daniel Rachline, a présenté le bilan financier.

Il signale qu’il a pu remonter assez loin dans la gestion de la trésorerie et remis celle-ci en ordre de marche. Aujourd’hui, les difficultés rencontrées ont été surmontées.

La gestion de la trésorerie est désormais traitée avec rigueur et le plan-comptable porté chez l’expert-comptable (livre-journal, suivi général, pièces justificatives) a permis à celui-ci d’établir aisément le bilan.

A été joint au rapport, un tableau des recettes et dépenses consultable à tout instant au secrétariat.

Les deux rapports ont été adoptés à l’unanimité moins une voix.

Ils sont à la disposition des adhérents qui en feront la demande au secrétariat.

 


Journal de Juillet 2016: compte-rendu de notre séance-débat sur TIMBUKTU

1 juillet 2016

594157Un village tranquille aux limites du désert où chacun vit sa foi sous le regard bienveillant de l’Imam. Beauté du paysage à vous cou- per le souffle. Puis déferlement d’une bande de jeunes djihadistes qui viennent imposer leur loi et semer la terreur.

Séance du 19 avril 2016
Thème : l’intégrisme religieux
Débatteurs : Soad Baba Aïssa , Jean-Jacques et Odette Mitterrand

Tel est ce film regardé dans un silence que l’on sent passionné par des élèves dont, a priori, une bonne moitié d’entre eux doit être de confession musulmane. Malheureusement, conséquence probable de vigipirate, sur 200 élèves pressentis, seuls 35 étaient présents.

Soad Baba Aïssa lance le débat. “Comment avez-vous ressenti ce film” ? Tous, garçons et filles, expriment combien ils ont été choqués de voir ces jeunes djihadistes qui disent vouloir faire la volonté d’Allah mais qui font eux-même ce qu’ils interdisent aux autres : fumer, discuter d’un match de foot, écouter de la musique etc.

La lapidation, le mariage forcé, les élèves en ressentent un dégoût violent, une colère contre l’injustice, une envie de vengeance. Ils demandent à notre débattrice de les éclairer sur les différences entre djihad, djihadisme, terrorisme.

Le djihad, dit-elle, a d’abord un sens spirituel et personnel propre à chaque musulman. “Avez -vous noté ce qui émane du personnage de l’Imam dans le film? Sa profonde piété, son ouverture aux autres font que chacun se confie à lui et que même les jeunes djihadistes en sont impressionnés”. Devenu synonyme de guerre sainte, le Djihad est aujourd’hui le mot d’ordre des fondamentalistes terroristes.

Que djihadisme soit l’équivalent de terrorisme, les élèves l’ignoraient. C’est pour eux une notion nouvelle d’une importance capitale pour comprendre ce qui se passe autour d’eux et pouvoir en faire le tri.

Notre débattrice attire leur attention sur le danger des croyances qui, à bas bruit, se transforment en idéologie. “A vous de les débusquer pour être à même d’y résister”.
B. Jouanneau lance la discussion sur la laïcité qui, pour lui, est le garant essentiel des libertés individuelles et de l’égalité des droits. Elle constitue le fondement indispensable de l’harmonie sociale et de l’unité de la nation. La Constitution précise que la France est une République laïque, démocratique et sociale. Il est fondamental qu’y soient séparés le politique du religieux.

Soad Baba Aïssa qui travaille tant en France qu’en Algérie où l’Islam est religion d’Etat, peut témoigner que la liberté n’y a pas du tout le même sens.
Une élève pose une question naïve comme je les aime : “Et si tous les pays étaient laïcs ?” ”Ce serait formidable. Partout régneraient liberté et respect d’autrui”.

La séance se termine.
C’est la première depuis la mort de Daniel Rachline. Il n’aurait pas manqué de conclure en disant de sa voix forte et chaleureuse : “Il faut savoir se révolter contre l’indifférence. Ne jamais rien laisser passer!”

Hélène Eisenmann


Suivi judiciaire…

24 avril 2016

On apprend que l’arrêt de la cour de Lyon qui avait confirmé la décision du conseil de l’ordre des avocats de Lyon en confirmant la radiation de Maître DUBRUEL  (l’avocat lyonnais qui avait récusé un magistrat parce qu’il était juif) a été cassé par la cour de cassation en date du 1er Juillet 2015.

Cette information ne remet nullement en cause les raisons des poursuites disciplinaires engagées contre cet avocat que Mémoire 2000 avait poursuivi pour provocation à la haine raciale (ces poursuites n’avaient pas abouti pour des raisons de forme et de procédure). Elle repose sur l’absence de communication directe à l’intéressé des réquisitions du Ministère public tendant à la confirmation de sa radiation qui avait été prononcée par le conseil de l’ordre. En clair la cour de cassation reproche à la cour de s’être prononcée, sans que l’intéressé, qui n’avait pas d’avocat devant la cour de cassation, n’ait eu connaissance des réquisitions prises contre lui. Il savait parfaitement ce qu’on lui reprochait, mais il n’avait pas eu accès à l’argumentation du Ministère public.

L’affaire a été renvoyée devant la cour d’appel de Paris qui va avoir à se prononcer.

Nul doute qu’à cette occasion on ne manquera pas de lui faire parvenir le mémoire du parquet.

Cette décision n’en est pas moins significative.

Les règles de procédure doivent être respectées en toute occasion et surtout, lorsque l’on est en présence de situations qui paraissent évidentes ; mais elle illustre aussi le fait que les principes ne peuvent être défendus que dans le strict respect des règles de procédure.

Bref, ce n’est pas parce que c’est évident que c’est joué.

Mémoire 2000 veillera à l’avenir à ce que soient respectées davantage les règles de forme procédure.

En l’occurrence nul ne peut se prévaloir de cet arrêt pour dire que l’antisémitisme progresse ou régresse.

Bernard JOUANNEAU


Journal de Juillet 2015: compte-rendu de notre séance Cinéma du 16 avril 2015

7 septembre 2015

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Thème : le vote des femmes (70 ans)

Débattrice : Michèle Dominici

 

Les suffragettes, ni paillasson, ni prostituées

Michèle Dominici, réalisatrice de ce documentaire nous a fait le cadeau de sa présence ce matin et s’est prêtée avec beaucoup de compétence et d’humilité, aux interrogations des élèves de 3° du collège Camille Sée. Merci à elle.

Le film retrace l’histoire de la révolution des femmes en Grande Bretagne dès 1884, et le parcours de 5 suffragistes et suffragettes, qui ont consacré leur vie au combat pour l’égalité hommes-femmes et pour obtenir le droit de vote.

Attentifs pendant la projection, les élèves ont été très vifs et intéressés pendant le débat. Beaucoup de questions sur le combat lui-même, sur la torture dont il est fait mention dans le film (gavage forcé des femmes qui faisaient la grève de la faim), la soumission aux maris, pourquoi ce sous-titre? La motivation de Mme. Dominici pour cet engagement…

“Il est nécessaire de rafraîchir les mémoires, dit alors Michèle D., le féminisme n’est pas toujours bien vu, j’avais envie de lui redonner une certaine noblesse. L’histoire se répète, le film a des résonnances avec les événements d’aujourd’hui : rôle politique des Femen, les immigrés payent des impôts mais n’ont pas le droit de vote, exactement comme ces femmes qui décident lors d’une manifestation de ne plus payer leurs impôts tant qu’elles n’auront pas accès au suffrage : “No vote, no tax”. Quant au “gavage”, les Américains le pratiquent encore à Guantanamo.

A propos du sous-titre, il n’est pas d’elle : au début du film, on aperçoit une femme : Rebecca West qui dit “on ne me considère femme que, si je suis paillasson ou prostituée”, il était intéressant de reprendre l’image qui fait résonnance avec “ni putes, ni soumises”, mouvement créé en 2003 en France par F. Amara, pour lutter contre les violences faites aux femmes.

– Y-a-t-il eu un combat en France pour les droits de vote des femmes? demande une élève.

-Alors que la France avait été l’un des premiers pays à instaurer le suffrage universel en 1789, les femmes étaient considérées comme “citoyens passifs”, exclusion du droit de vote maintenue par la Constitution de 1791. Leur identité était subordonnée à celle de leurs maris ! Malheureusement, une autre guerre (1939-1945) semble avoir été nécessaire pour que les hommes se rendent compte que leurs femmes, résistantes, messagères clandestines, activistes contre l’ennemi, méritaient qu’elles aient au moins le droit de vote ! Celui-ci a été acté en 1944 par le gouvernement provisoire du général de Gaulle à Alger ; les femmes ont voté pour la 1ère fois en 1945. Mais ce n’est qu’en 1967 que les femmes, en France ont pu détenir un compte en banque sans l’autorisation du conjoint.

Une élève s’étonne de la répression policière et en particulier de la facilité avec laquelle les femmes se laissaient embarquer.

-Il faut savoir, répond M. Dominici, qu’à cette époque, il n’y avait aucun moyen de communication. Donc, la seule façon de se faire entendre était de provoquer des procès, qui étaient relayés par la presse écrite. C’était alors un formidable espace pour revendiquer et faire savoir leur lutte à toute la population. Tandis que les “réformistes” passaient des heures interminables au Parlement, les “activistes” avaient un autre mode d’action, dont celui-ci.

Un autre élève, demande enfin si, dans le monde, il y a eu d’autres luttes de femmes pour le droit de vote.

-Depuis l’Antiquité, les femmes ont toujours été exclues des procédures démocratiques. Partout dans le monde (encore actuellement dans certains pays), elles ont été l’objet d’une discrimination abominable, et c’est à force de manifestations, toujours pacifiques, sans heurts, mais avec des arguments de poids, qu’elles ont réussi à se faire entendre.

Le droit de vote nous appartient désormais. Je pense que ces élèves en ont pris conscience ce matin et que, jamais, ils n’oublieront d’aller voter lorsqu’ils auront l’âge requis!

 

Joëlle Saunière


Journal de Janvier 2015: compte-rendu de notre séance débat du 9 octobre 2014

2 mars 2015

Pour notre première séance du 9 octobre, nous avions prévu de présenter le film “24 JOURS” et de traiter du thème de l’antisémitisme. N’ayant eu aucune réservation, nous avons du changer notre programmation et avons choisi de projeter le film :

3700551756810_600Sur le chemin de l’école

Thème : l’éducation

Débattrice : Madame Mesuret

 

Quel bonheur ce fut de voir “Sur le chemin de l’école” choisi, in extremis, en remplacement de “24 jours” sur la dramatique affaire Ilan Halimi, qui n’avait pas trouvé son public.

Ce film, par la beauté de ses paysages, de l’Inde à la Patagonie en passant par l’Afrique, et qui montre des familles se saignant aux quatre veines pour que leurs enfants puissent aller à l’école coûte que coûte, est vraiment enthousiasmant.

La vie, dans ces familles, est des plus rustiques. L’école est très loin. C’est une école comme autrefois. On y est en uniforme et on participe solennellement au lever du drapeau. On est fier d’en faire partie et on rêve, comme tout un chacun, de devenir maîtresse ou médecin. Mais par quel chemin gagne t-on l’école ?

Au Kenya, on y va à la course, pendant 4 heures. L’uniforme doit être impeccable. Il a été lavé avec l’eau récupérée en creusant dans le sable. Le trajet peut être semé d’embûches: Attention, dit le père, si vous rencontrez des éléphants sur le chemin, ne faites pas de bruit et cachez vous vite.

Au Maroc, aussi, on y va à pied. Trois filles doivent marcher pendant des kilomètres sur des sentiers escarpés avec de mauvaises chaussures. L’une d’elles se tord le pied mais il faut continuer. Une autre transporte une poule vivante pour l’échanger contre quelque nourriture.

En Patagonie, on y va à cheval, bien sûr, même quand on n’a que six ou huit ans.

En Inde, deux des enfants tirent le fauteuil roulant du troisième, à travers routes sablonneuses et rivières. Nous, spectateurs, sommes épuisés à les regarder, mais eux trois gardent le sourire.

Nos élèves, comme nous-mêmes, ont été emballés par ce film et le manifestent par des applaudissements nourris.

Madame Mesuret mène le débat et c’est une grande chance, parce qu’elle est venue avec sa classe d’élèves étrangers non francophones à qui elle apprend à lire et à écrire le français. Le périple de tous ces jeunes illustre à merveille celui des enfants du film. Ils viennent de pays lointains. Il leur faut absolument apprendre pour pouvoir s’en sortir, d’autant qu’ils sont peut-être sans ressources ou même sans papiers.

Elèves, enseignants, accompagnants de Mémoire 2000, nous sommes tous très émus de les entendre, dans un français encore hésitant, conter leurs parcours acrobatiques.

L’école française les accueille. Elle les confie à des professeurs qualifiés et passionnés.

C’est vraiment formidable.

Conseil d’amie : courez voir ce film ou procurez-vous un DVD pour le regarder en famille.

Hélène Eisenmann