
Notre prochaine séance a lieu le mardi 10 décembre à 9h30 au Cinéma Les trois Luxembourg, situé au 67, rue Monsieur Leprince, 75006 Paris, près du RER B (station Luxembourg) ou du métro Odéon (ligne 4 ou 10).
La séance est consacrée au thème du harcèlement et de l’homophobie. Le film « Pas de vague » de Teddy Lussi-Modeste sera projeté et suivi d’un débat avec Eva-Boômie Goupande de l’association e.Enfance.
Dossier préparé par Arlette Weber, membre de Mémoire 2000 :
Le synopsis du film :
Julien est professeur au collège. Jeune et volontaire, il essaie de créer du lien avec sa classe en prenant sous son aile quelques élèves, dont la timide Leslie. Ce traitement de faveur est mal perçu par certains camarades qui prêtent au professeur d’autres intentions. Julien est accusé de harcèlement. La rumeur se propage. Le professeur et son élève se retrouvent pris chacun dans un engrenage. Mais devant un collège qui risque de s’embraser, un seul mot d’ordre : pas de vagues…
La véritable histoire :
Le film s’inspire d’une histoire vraie vécue par le réalisateur Teddy Lussi-Modeste en 2020, lorsqu’il était professeur de français dans un collège d’Aubervilliers et fut accusé à tort de harcèlement par une élève.
Entretien extrait du dossier de presse du film :
Vous soulevez la question de la vulnérabilité des enseignants face à la défaillance d’une institution. Or il se trouve que parallèlement à votre carrière de réalisateur, vous continuez d’enseigner. Êtes-vous optimiste sur l’avenir de ce métier ?
Teddy Lussi-Modeste: Depuis Samuel Paty et Dominique Bernard, chaque professeur sait désormais qu’il peut être assassiné sur son lieu de travail. C’est un effroi qui a traversé chaque professeur et dont nous n’avons pas encore mesuré toutes les conséquences. De même, on élève les enfants de France dans l’idée qu’il faut craindre à tout moment une attaque terroriste et ce, depuis la maternelle. L’école n’est plus un sanctuaire. D’où la dernière réplique du film : « Il a ouvert la porte ». Collectivement, nous avons ouvert la porte de l’école à tous les maux de la société… Mais en vérité une crise des vocations a commencé bien avant ces événements car les professeurs ne sont pas suffisamment protégés et parfois même déconsidérés lorsqu’on évoque sans autre forme de procès leur absentéisme ou leur laxisme ici ou là…
Est-ce pour cela qu’il faut abandonner ? Il reste des hommes et des femmes qui ont le goût de la transmission – moi-même je ne me vois pas démissionner. Je suis trop reconnaissant de tout ce que l’école m’a apporté. Pour moi qui suis né dans une famille appartenant aux Gens du voyage, c’est-à-dire dans un milieu où pratiquement personne ne va à l’école après 16 ans, je mesure tout ce que les études m’ont apporté. L’école m’a tout simplement exfiltré d’une vie que j’aurais trouvée malheureuse. Elle m’a permis de devenir professeur et réalisateur. Quelle tristesse alors de voir, de l’intérieur même, cette école s’effondrer sur elle-même. La méritocratie apparaît désormais à tous comme un mensonge alors que l’école de la république devrait être la promesse d’une promotion sociale pour les classes moyennes et populaires. Les transfuges sont aujourd’hui de moins en moins nombreux mais on continue de se servir de leur parcours pour faire croire que l’ascenseur social est en marche.
Le tableau a l’air particulièrement sombre mais il y a aussi des moments merveilleux et ce sont pour ces moments – un élève qui saisit l’ironie d’un texte, un élève qui récite un poème écrit il y a plusieurs siècles, la joie d’une classe qu’on emmène en sortie au musée ou au théâtre – que l’on reste. »
L’intervenante et l’association:
Eva-Boômie Goupande est animatrice à l’association e-Enfance qui lutte depuis sa création en 2005 contre le harcèlement et les violences numériques que subissent les jeunes (cliquez sur le lien pour accéder au site de l’association e-Enfance).
Pour en savoir plus
Rapport d’information du Sénat :
https://www.senat.fr/rap/r20-843/r20-843_mono.html
Les lois existantes :
