L’éditorial du journal d’octobre 2010

13 octobre 2010

« Etranges étrangers »

Le plus affligeant dans la tourmente que nous traversons, n’est sans doute pas l’atteinte portée à l’image de la France sur la scène internationale ni même la partie de bras de fer que mène le président avec la Commission de Bruxelles.

Dans cette réprobation presque unanime, il y a sans doute une bonne dose d’hypocrisie, chacun étant chez soi confronté à une réalité qui finit toujours par donner raison à ceux qui disent tout haut ce que les autres pensent tout bas. On ne peut cependant s’empêcher de faire le rapprochement de cette tentative de justification avec celle que le Front National a longtemps utilisée pour nourrir la propagation de ses idées.

Alors que l’amalgame est érigé partout en méthode de pensée, on se gardera bien de faire des rapprochements hors de propos, voire outranciers entre les évacuations des Roms aujourd’hui et la déportation des Juifs et des Tsiganes d’hier.

Depuis deux mois que la surenchère sécuritaire dirigée contre les immigrés fait surgir des mots et des circulaires, des propositions de lois et des “feuilles de route”, on a à peu près tout dit dans un débat sans fin qu’annonçait malheureusement déjà l’imprudente et inutile campagne sur la recherche de l’identité nationale.

Mémoire 2000 s’est joint aux appels lancés par les associations dont elle se sent proche que ce soit la Licra et/ou la Ligue des droits de l’homme. Elle s’est tenue à l’écart du débat politique qui oppose les partis et les candidats aux élections, respectant ainsi les engagements politiques de ses membres.

Tant qu’il s’agit du rappel des principes constitutionnels, européens et internationaux qui poursuivent la discrimination proposée ou mise en œuvre à l’égard de personnes ou de groupe de personnes à raison de leur origine, Mémoire 2000 s’en tient à ses statuts, et s’il le fallait, elle rejoindrait le combat mené pour les faire respecter

Mais il ne suffit pas de rester sur le qui-vive et d’être prêts à défiler, banderole en tête. Il nous faut prendre conscience et prendre garde au fait que sauf erreur ou manipulation, les sondages qui se multiplient donnent de l’audace si ce n’est raison, à ceux qui s’en prennent ouvertement non seulement aux étrangers, fussent-ils devenus citoyens de l’Union, mais aussi aux Français d’origine étrangère qui pourraient se voir dépouiller de cet élément de leur identité. Il ne suffit pas que les sondages leur donnent raison et les encouragent à persévérer dans la voie inacceptable de la xénophobie et de la discrimination pour clore la discussion. Il est grand temps de se réveiller et de se lever pour dire “non ! ça suffit”.

On a sûrement eu tort de faire des raccourcis et des rapprochements entre les camps de concentration nazis et les campements illicites que le gouvernement a décidé le 5 août d’évacuer en priorité. Rien de commun avec le sinistre passé nazi.

Que ceux qui protestent contre les rapprochements historiques qui fusent de toutes parts, à leurs yeux insultants, n’oublient pas que nombre des mesures qui ont conduit Adolf Hitler au pouvoir à partir de 1932 ont recueilli le vote et pas seulement l’avis de la majorité. S’il y avait eu des ligues ou des associations pour le dire à l’époque, l’Europe n’en serait pas arrivée à ce délabrement qu’elle s’est imposé et qu’elle a vécu jusqu’à la Libération.

Il est donc plus que jamais nécessaire que la liberté de la Presse et le droit de manifester soient respectés et partagés. Que les organes de presse et les citoyens y veillent eux-mêmes sans se soumettre au diktat des instituts de sondages.

Certes en démocratie c’est la majorité qui doit l’emporter et imposer sa loi. Mais la majorité qui s’exprime par les voies légales et dans le respect des principes fondamentaux qui ressortent de la Constitution ou de déclarations des droits de l’homme, selon la conception et l’interprétation des organes habilités à la dire… Pas la majorité des suffrages que l’on poursuit de ses vœux par le recours aux sondages.

A cet égard bien des projets actuels dont certains sont en passe d’être adoptés par le Parlement ne trouveraient pas grâce auprès du Conseil constitutionnel du conseil d’Etat, de la commission de Bruxelles et même des tribunaux ordinaires de droit commun.

On doit sans doute admettre que la publication de ces sondages relève d’une certaine manière de la liberté d’expression, en tout cas de la liberté de la presse et il ne saurait être question de suspendre ni de restreindre ni l’une ni l’autre, d’autant qu’ils pensent être soumis au libre débat démocratique. Mais s’ils ne l’étaient pas pourquoi ne pas ouvrir aux associations qui se sont donné pour mission de faire respecter ces principes, le droit de réponse ou de réplique, comme c’est déjà le cas en matière de provocation à la haine et à la discrimination en vertu de l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse…

Mémoire 2000 n’a pas de recommandations à faire aux Etats, aux politiques, aux institutions. Elle ne peut s’adresser qu’à l’opinion et aux individus en attirant l’attention sur les dangers qui se profilent à l’horizon. La défense des valeurs et de la démocratie appartient à tous et nul n’en pourra se plaindre lorsque l’irréparable aura été commis et qu’il n’aura rien à répondre sur ce qu’il aura fait pour l’empêcher.

Quant à nous, nous attendons depuis le 30 Avril 2010 que le Premier ministre appose sa signature sur le document officiel qui permettra au secrétaire d’Etat H. Falco, de mettre en œuvre l’accord transactionnel que nous avons accepté en faveur les “déportés d’origine étrangère” devenus français à leur sortie des camps, à moins qu’on ne remette en cause la délibération de la HALDE de 2005.

Nous craignons qu’un nouveau remaniement ministériel annoncé empêche le secrétaire d’Etat de tenir parole, ce qui serait tout de même assez grave en cette période de troubles et de polémiques sur la discrimination et les “Français d’origine”. Les déportés survivants qui ne sont plus qu’au nombre d’une centaine et qui sont français à part entière depuis des dizaines d’années attendent toujours que l’égalité des droits à pension leur soit accordée pour qu’ils ne se retrouvent pas dans la situation de ces “Etranges Etrangers” devenus français seulement sur le papier.

Bernard Jouanneau, Président de Mémoire 2000


Journal d’octobre 2010 : « Etranges étrangers » de Jacques Prévert

13 octobre 2010

 

Jacques Prévert

Un magnifique poème de circonstance à lire attentivement !

Etranges étrangers de Jacques Prévert (1955)

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

hommes de pays lointains

cobayes des colonies

doux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d’Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

Apatrides d’Aubervilliers

brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelle

embauchés débauchés

manœuvres désœuvrés

Polaks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone

pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère

rescapés de Franco

et déportés de France et de Navarre

pour avoir défendu en souvenir de la votre la liberté des autres

Esclaves noirs de Fréjus

tiraillés et parqués

au bord d’une petite mer

où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus qui évoquez chaque soir

dans les locaux disciplinaires

avec une vieille boîte à cigares

et quelques bouts de fil de fer

tous les échos de vos villages

tous les oiseaux de vos forêts

et ne venez dans la capitale

que pour fêter au pas cadencé

la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal

déportés expatriés et naturalisés

Enfants indochinois

jongleurs aux innocents couteaux

qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

de jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

qui dormez aujourd’hui de retour au pays le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé

la monnaie de vos papiers dorés

on vous a retourné

vos petits couteaux dans le dos

Etranges étrangers

Vous êtes dans la ville

vous êtes dans la vie

même si mal en vivez, même si vous en mourez.

Jacques Prévert


Journal d’octobre 2010 : le creuset français et les questions de l’identité française

13 octobre 2010

Plafond de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration

Dans le contexte actuel, il est utile de mettre en perspective les questions de la citoyenneté et de la nationalité, et la place qui est faite aux étrangers. L’ouvrage désormais classique de Gérard Noiriel, “Le creuset  français”, éclaire utilement ces sujets de clivage et de tension dans la société française depuis les années 1880. Ce livre inscrit dans une perspective de longue durée comment l’identité française s’est façonnée par la diversité et comment des partis politiques ont manipulé cyniquement la question de l’immigration pour nourrir les réflexes xénophobes d’une partie de la population française. En France, c’est la IIIe République qui intègre les classes populaires au sein de l’État nation, avec le développement de la démocratie parlementaire, des lois sociales et du mouvement ouvrier, et qui promulgue les premières lois sur la nationalité. Apparaît alors le clivage national-étranger dans ses différentes dimensions, et l’enjeu désormais crucial des “papiers d’identité”.

Les moments de crise économique et sociale sont aussi ceux de crise de l’identité nationale. Ce fut le cas dans les années 1880-1890, avec la montée de la xénophobie et de l’antisémitisme, et dans les années 1930, avec la montée des mêmes tensions xénophobe et antisémite et d’une extrême droite pour partie perméable à l’idéologie nazie… Nous n’échappons pas à une profonde crise identitaire aujourd’hui, avec tout ce que cela implique de confusions, d’amalgames et d’obscurantismes, alors que la société française est frappée par un chômage de masse depuis plus de trente ans et confrontée à un monde en profonde mutation.

Les symptômes de cette crise sont multiples et nous semblent s’aggraver par rapport aux étrangers, avec la création en 2007 d’un Ministère qui lie la notion d’identité nationale à celle de l’immigration, ce qui laisse entendre que les immigrés sont problématiques par rapport à l’identité nationale. Ou encore avec le faible budget et la faible fréquentation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration qui œuvre à la reconnaissance de l’apport des immigrés à la construction de la France. Ou très récemment avec la désignation d’un groupe de personnes sur une base ethnique et culturelle, les roms de Roumanie, dans une circulaire qui fait à juste titre scandale par rapport aux valeurs françaises héritées de la Révolution et de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

La crise identitaire qui traverse la France nous semble aussi s’approfondir par rapport aux nationaux Français. Le discours du Président de la République à Latran en 2007 qui a parlé de “l’instituteur (qui) ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur”, ou l’imam devrait-on alors préciser à l’heure où l’Islam est la deuxième religion de France, marque une rupture avec la notion de laïcité fondée sur l’héritage des Lumières et qui a permis au pays la paix civile. Le discours que le Président a prononcé à Grenoble en août 2010 aggrave encore la dérive par rapport au socle républicain, en liant déchéance de la nationalité pour les Français d’origine étrangère et criminalité (la sanction pénale et la prison ne suffiraient-elles donc plus pour ces citoyens implicitement soupçonnés d’être de seconde catégorie?). Lorsque le premier des Français déclare à Grenoble que “nous subissons les conséquences de 50 années d’immigration insuffisamment régulée qui ont abouti à un échec de l’intégration (…) Il est quand même invraisemblable que des jeunes gens de la deuxième, voire de la troisième génération, se sentent moins Français que leurs parents ou leurs grands-parents”, il nous semble qu’une ligne jaune a été franchie. Un prétendu échec de l’intégration depuis 50 ans, soit le début des années 1960 ?

Nous savons tous que Nicolas Sarkozy désigne implicitement les Français qui ont des origines au Maghreb et en Afrique noire, parmi lesquels certains constituent une partie importante des habitants pauvres de nos banlieues. Si nous sommes conscients de la confusion identitaire de certains de nos concitoyens en particulier parmi les plus jeunes, cette stigmatisation par les plus hautes autorités de l’Etat de ceux qui sont parmi les moins intégrés et les plus fragilisés est révoltante. C’est aussi une façon d’aggraver leur défaut d’intégration et de construire très vite un cercle vicieux. Cette stigmatisation jette aussi la suspicion et la méfiance sur l’ensemble des Français qui ont des ascendants venus d’Afrique, des Français sommés de “prouver” leur appartenance nationale. Triste époque…

Face à ces confusions quasi diffamatoires et blessantes, gardons raison. La nation française s’est fondée et développée sur une langue devenue nationale tardivement (les patois et les langues régionales reculent avec l’école publique, gratuite et obligatoire), une culture et une histoire qui puisent autant dans le “souvenir du sacre de Reims” que “le récit de la fête de la Fédération” pour citer imparfaitement le grand historien et résistant que fut Marc Bloch.

La citoyenneté française se fonde sur une dette particulière à l’égard des Lumières et de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui rejette toute discrimination ou caractérisation en fonction de la “race” ou de la religion. Un héritage précieux pour les Français, musulmans ou non, aux prises avec les dérives d’un islamisme totalitaire et meurtrier. Un héritage précieux pour les Français confrontés à l’émergence de nouvelles idéologies racistes, comme celle défendue par Thilo Sarrazin dans un best seller en Allemagne qui s’inspire d’une vision sociogénétique proprement effrayante (les populations turques ou africaines auraient un patrimoine génétique de moindre qualité en raison du grand nombre de mariages consanguins…).

Il est délicat d’évoquer l’apport à la France des étrangers devenus Français, ou de leurs enfants, ou même des étrangers qui ont choisi la France comme terre d’élection pour une période de leur vie. Cet apport ne relève pas d’une comptabilité de boutiquier, mais d’une part inestimable et incalculable qui a aussi trait au désir singulier et aux sentiments les plus généreux et nobles qui soient.

Songeons simplement, pour ne citer que quelques étrangers devenus Français, aux œuvres d’Apollinaire, de Cendrars, de Chagall et de Ngo Bao Chau, médaille Fields 2010 (l’équivalent du prix Nobel en mathématique) et Français d’origine vietnamienne. Songeons aussi aux contributions des Français qui ont des ascendants d’origine étrangère (près du quart d’entre nous), que ce soit Léon Gambetta, Emile Zola, Yves Montand, Serge Gainsbourg, ou aujourd’hui Marie Ndiaye… Songeons enfin à la tradition des artistes étrangers séjournant en France…

Que serait la peinture sans les œuvres crées par les artistes des années folles  autour du quartier de Montparnasse ou la musique contemporaine sans les musiciens de nombreux pays africains qui ont choisi Paris dans un rôle de capitale fédératrice?

La sensibilité est heurtée par quelque chose de profondément consternant et affligeant dans le slogan “la France, tu l’aimes ou tu la quittes”.

Rose Lallier


Notre Journal de juillet 2010: notre séance-débat du film « Le plafond de verre »

30 août 2010

Le plafond de verre de Yamina Benguigui

Film de Yamina Benguigui

Séance du 13 Avril 2010

Thème : travail et discrimination

Débatteur : Guy Zerhat

“Pourquoi ce titre”? fut la première question posée par une élève. Guy Zerhat rappelle alors que c’est une expression américaine qui désigne le fait que, dans une structure hiérarchisée, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à une certaine catégorie de personnes en raison de leurs particularités ethniques ou de sexe (les noirs par exemple, les femmes etc.).

Voilà, le ton était donné, les élèves présents étaient très réactifs face à ce film. Un documentaire fondamental qui rappelle que les enfants et petits enfants issus de l’immigration, ont pu, grâce à l’école publique, accéder à la connaissance, acquérir des diplômes de haut niveau, mais ne peuvent prétendre aux carrières professionnelles auxquelles ils sont formés.

Les Français ne se reconnaissent toujours pas dans une société pluriethnique. Le plafond de verre pèse sur la tête des candidats dont les patronymes n’ont pas une consonance “gauloise” ou à cause d’une couleur de peau.

Beaucoup d’interrogations chez ces élèves de 4ème.

— Qu’est-ce qu’un cadre? Demande Malo, pourquoi n’y a-t-il que des Africains?

—Le problème me semble-t-il, est le même pour les Asiatiques, les Pakistanais etc., interroge le petit Jaoued?

C’est vrai que Yasmina Benguigui a choisi de ne traiter que les personnes issues des anciennes colonies françaises africaines, mais on peut transposer.

—Peut-on porter plainte? En effet, en France une minorité de racistes est toujours présente, aux aguets, mais nous avons un certain nombre de structures qui ont été mises en place pour permettre aux personnes victimes de discriminations de se défendre.

A l’intérieur de l’entreprise : des délégués de personnel, des syndicats. A l’extérieur : des associations de lutte contre les discriminations au travail, la charte de la diversité et surtout la HALDE, qu’on peut saisir à tout moment pour dénoncer de telles pratiques.

—Comment persuader les racistes de ne plus l’être? On sent le désarroi de cet enfant qui a envie de lutter contre ce fléau qu’il doit rencontrer à l’école ou ailleurs.

Puis une sorte de questions-réponses s’instaure entre les élèves :

—Pourquoi la discrimination entre hommes et femmes est-elle toujours d’actualité? On entend encore des très jeunes vivant en France tenir des propos sexistes.

—La culture maghrébine favorise encore la domination masculine par rapport à la femme, comment faire changer ces hommes subitement lorsqu’ils mettent les pieds en France pour la 1ère fois?

—Se peut-il qu’il y ait des “pères au foyer“?

—Le racisme est aussi la haine de l’autre, sans raison apparente, qui débouche toujours sur la violence.

En fait, tous ces enfants se posent vraiment la question de savoir, comment à notre époque, on peut encore parler de racisme et pourquoi? Ils semblent tous convaincus qu’un enrichissement naît de nos différences.

Et enfin, une jeune fille se lève et prend la parole dans un silence religieux : Les jeunes d’aujourd’hui seront les adultes de demain et c’est à nous de faire tomber les barrières du racisme !

Et on a envie d’y croire, rien ne sera plus comme avant, la jeunesse est en marche !

Joëlle Saunière



« Machisme machinal »

29 janvier 2010

La voix des politiques appelant à la parité hommes-femmes aux conseils d’administration aurait plus de poids si les politiques respectaient eux même la parité…

Chronique de Gérard Courtois
LE MONDE | 25.01.10 | 13h42 • Mis à jour le 25.01.10 | 13h42

Sonnez trompettes et résonnez hautbois : depuis deux siècles et même un peu plus, la France est la patrie des droits de l’homme et du citoyen. C’est inscrit, en quelque sorte, sur sa carte d’identité nationale. Pour les droits de la femme et de la citoyenne, en revanche, c’est une autre histoire.

Sans doute, l’article premier de la Constitution proclame-t-il fièrement, depuis les réformes de 1999 et 2008, que « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales ». Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Ainsi, le 20 janvier, à l’initiative de l’UMP, les député(e)s examinaient une proposition de loi « relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance » des entreprises. Légitime ambition, ont déclaré, la main sur le coeur, tous les orateurs et oratrices. Et pour cause : les femmes représentent aujourd’hui près de 40 % des cadres des entreprises, mais n’occupent que 8 % des sièges des conseils d’administration ou de surveillance des 500 plus grandes sociétés françaises.

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Baromètre HALDE/OIT

29 janvier 2010

Augmentation des personnes s'estimant victimes de la discrimination au travail

Lu dans 20 Minutes :

ETUDE – La direction et les supérieurs hiérarchiques sont essentiellement désignés par les salariés…

La crise, un engrais pour les discriminations D’après le baromètre de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) et de l’Organisation internationale du travail (OIT) révélé hier, le nombre de personnes s’estimant victimes de discrimination au travail serait en constante augmentation depuis trois ans : 36 % dans le privé en 2010 (contre 28 % en 2009) et 26 % dans la fonction publique (contre 22 % en 2009). « Ces chiffres ne reflètent pas totalement la réalité car beaucoup de personnes n’ont pas conscience d’être discriminées. Elles ont totalement interiorisé l’injustice qu’elles subissent », souligne Louis Schweitzer, président de la Halde. Sans surprise, l’origine reste le premier motif de discrimination cité par les salariés du privé, suivi par la grossesse et l’âge. L’ordre diffère dans la fonction publique où la grossesse arrive en premier, suivi de l’âge.

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Rapport du Club Averroës sur la diversité dans les médias

25 novembre 2009

Le Rapport annuel 2009 du Club Averroes est disponible dès aujourd’hui 25 novembre. Réalisé par les membres du Club Averroes, tous professionnels des médias, le rapport porte sur la période qui court de septembre 2008 à novembre 2009.

Ce travail a pour objectif de mettre en lumière les politiques exemplaires et celles qui le sont moins en matière de représentation de la diversité. A différentes étapes de sa réalisation, les rédacteurs ont consulté de nombreux professionnels des médias : diffuseurs, producteurs, journalistes, animateurs, comédiens, scénaristes, institutionnels, …

Il vous suffit de cliquer ICI pour le télécharger.