Tentative de meutre sur une comédienne algérienne à Paris…

Communiqué de la Maison des Métallos

Depuis le 8 décembre, 9 comédiennes montent chaque soir sur la scène de la Maison des métallos, Etablissement culturel de la Ville de Paris, pour interpréter A mon âge, je me cache encore pour fumer. Elles incarnent 9 figures de la féminité aux prises avec le refoulement et la violence, réunies dans un hammam à Alger.

A la suite d’une première intimidation verbale en décembre, Rayhana, auteure de ce texte et comédienne, a été aspergée d’essence en se rendant à la représentation du mardi 12 janvier. Ses agresseurs lui ont ensuite jeté une cigarette allumée au visage, qui n’a fort heureusement pas enflammé leur victime. Les paroles de ses agresseurs laissent peu de doutes sur le lien existant entre cette tentative d’homicide et les représentations en cours d’A mon âge, je me cache encore pour fumer.

Après concertation, la Maison des métallos et la Compagnie ont décidé de poursuivre les représentations jusqu’à leur terme, la barbarie de cette agression venant confirmer à leurs yeux la pertinence et la justesse de ce texte.

Signataires : la Maison des métallos et la compagnie Orten

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Article de Jeune Afrique :

Du 5 au 16 janvier, Rayhana présente à Paris une pièce incisive sur la condition des femmes en Algérie.

Dans la moiteur de son hammam algérois, Fatima est affairée à son bain de vapeur quotidien, avant de céder à son péché mignon : fumer une cigarette. Entourée de ses plus fidèles clientes, elle aime échanger ses états d’âme, ses rêves, ses colères et ses joies. Mais ce jour-là, l’hébergement clandestin d’une jeune fille enceinte hors mariage et les habituelles lamentations d’une masseuse célibataire qui ne rêve que de mariage orientent les discussions sur la condition des femmes algériennes.

Avec sa première pièce écrite en français, À mon âge, je me cache encore pour fumer, l’auteure-comédienne algérienne Rayhana (La musique adoucit les mœurs, Sita de l’arc-en-ciel) signe une œuvre coup-de-poing qui dénonce les violences politique, sociale et sexuelle d’un pays en proie à la corruption. En s’appuyant sur un texte tour à tour révoltant et hilarant et sur huit comédiennes, cette enfant de Bab el-Oued entend célébrer la femme maghrébine. À mon âge… esquisse une peinture de l’Algérie d’aujourd’hui, exposée là dans toutes ses splendeurs et ses misères. La vie semble si douce dans les vapeurs du lieu, où les corps des hommes le matin et ceux des femmes l’après-midi se délassent et se purifient. Les masques tombent, les langues se délient. « Les femmes de ce pays en voie de développement ont cette chance d’accéder à l’éducation. Elles ont une analyse assez fine de leur société et du monde occidental. Mais malheureusement leur conscience citoyenne et leur volonté démocratique sont étouffées par le poids des traditions religieuses », explique Rayhana.

Consciente que sa pièce a, dit-elle, « très peu de chances d’être programmée dans les théâtres d’Alger, non pas parce que neuf femmes y évoluent légèrement vêtues, mais plutôt à cause de son discours sur l’islam et l’homme », la comédienne, qui s’est installée en France en 2000 « après avoir été menacée de mort par les islamistes », se félicite que la ministre de la Culture algérienne ait beaucoup aimé la pièce. Comme ces spectatrices qui à la sortie séchaient leurs larmes, laissant derrière elles la chaleur d’Alger, et ces femmes si lumineuses et dignes dans leur combat vers la liberté.

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