Journal de Janvier 2015: Abdelwahab Meddeb, Islam de paix et des lumière

2 mars 2015

Abdelwahab-meddeb-1003x1024Un grand Monsieur a disparu : Abdelwahab Meddeb, poète, islamologue, essayiste et romancier, vient de décéder d’un cancer du poumon. Né à Tunis, pétri de culture musulmane et occidentale, il plaidait pour un Islam des Lumières. Il enseignait la littérature comparée, dirigeait la revue Dédale, et produisait le dimanche sur France Culture l’émission “Cultures d’Islam”.

Fortement traumatisé par les attentats du 11 Septembre 2001, il écrivit en 2002 “La maladie de l’Islam”, ouvrage qui connut un grand succès. “Si, selon Voltaire, l’intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l’Allemagne, l’intégrisme est la maladie de l’Islam”. Il invitait alors le monde musulman à rompre la spirale de la violence et du ressentiment. Depuis, il n’a cessé de combattre l’islamisme radical, tout en luttant avec énergie contre les critiques systématiques de l’Islam en Occident. Tout récemment, il s’indignait contre les égorgements d’otages pratiqués par l’Etat Islamique, et enjoignait aux siens de protester, en tant que musulmans, devant cette barbarie commise “en leur nom” et qui souillait le mot Islam. Il combattait avant tout le fondamentalisme, cette interprétation maximaliste de l’Islam selon laquelle le Coran c’est la parole même de Dieu dans sa lettre. D’où sa volonté constante de questionner le texte et de s’intéresser à toutes ses interprétations.

Il faisait toujours état de sa “double généalogie”, européenne et islamique, française et arabe. Portant un œil à la fois critique et lucide sur l’Histoire, il avait conscience de l’écart qui s’était creusé entre le monde arabe et l’Occident, écart qui a généré un ressentiment. Selon lui, le colonialisme a été une conséquence de la fin de la créativité de la civilisation islamique et non la cause de son déclin, et le ressentiment est créé du fait de ne plus participer à la domination du monde (politique, technologique, scientifique). Pour lui, les causes externes n’ont qu’une responsabilité mineure dans la maladie de l’Islam. Des facteurs internes de régression existent, qu’il envisage sans concessions.

Cultivé, érudit et brillant, il s’efforçait de rapprocher les héritiers des trois monothéismes, avec une certaine nostalgie de la cohabitation judéo-tunisienne de son enfance. Il a d’ailleurs consacré un volumineux ouvrage à “L’Histoire des relations judéo-arabes”, document d’un très grand intérêt coécrit avec Benjamin Stora. Selon lui, l’Islam a la même genèse que le Judaïsme, mais il demande aux Juifs d’adhérer à la religion nouvelle, qui authentifie la Révélation et la rectifie. Il y a dans l’Islam un “processus de récupération des origines”. Le statut de “dhimmi” (citoyen protégé et soumis) devient complètement obsolète et insuffisant avec la naissance du citoyen au sens européen à partir de 1789. Les Juifs sont alors reconnus come citoyens à part entière.

Selon Meddeb, l’Islam a besoin d’un Spinoza. Il faut absolument qu’un travail profond se fasse, en touchant au tabou, au statut divin de la lettre et à toutes les questions réputées intouchables. C’est en train de se faire, de façon certes chaotique, mais c’est un début…Pour lui, l’unique façon pour les musulmans de dépasser l’antisémitisme est d’admettre que les Juifs se sont affranchis du statut inférieur du dhimmi. “Il faut accepter les Juifs comme sujets de souveraineté et de gloire”. Cette reconnaissance est préalable à toute réflexion politique et militaire sur les problèmes posés par Israël.

Meddeb était certes un grand intellectuel, un grand érudit, mais surtout un homme d’un immense courage, physique et moral, pour ses prises de position, notamment contre l’intégrisme religieux. Il combattait l’obscurantisme, mais c’était aussi un grand défenseur de l’Islam, qu’il ne supportait pas de voir attaqué, souvent fort injustement.

Pour lutter contre l’intégrisme, il proposa de rechercher dans la tradition du soufisme d’Ibn Arabi la voie d’un Islam ouvert à la pluralité des mondes (“Portrait du poète en Soufi”, son dernier ouvrage). Car, comme on a pu le dire, c’était “un poète qui faisait taire les fanatiques”, un homme contre toutes les violences, un homme de Paix.

Mais c’était avant tout un homme des Lumières, pas suffisamment apprécié à sa valeur en France, malgré sa présence régulière sur les ondes et sa bibliographie abondante.

Oui, une belle Lumière vient de s’éteindre, qui aurait pu continuer d’être précieuse, et pas seulement pour le monde musulman. Mais heureusement, d’autres voix de musulmans éclairés commencent à se faire entendre et à reprendre cette belle parole.

Espérons que l’avenir leur rendra justice, et que l’Histoire évoluera dans le sens que ce grand humaniste appelait de ses vœux.

Guy Zerhat


Journal de Janvier 2015: Collaboration, le pacte entre Hitler et Hollywood de Ben Urwand

2 mars 2015

Le pacte entre Hitler et Hollywood, de Ben Urwand, aux éditions Bayard

Business is business.

Ce qui est fascinant c’est la découverte permanente d’histoires qui nous concernent et auxquelles on ne pensait même pas.

Saviez-vous qu’entre 1933 et 1941 (date d’entrée en guerre des Américains) il existait un pacte entre Hitler qui adorait paraît-il le cinéma américain, et les patrons des studios hollywoodiens, dont la plupart étaient des juifs allemands ou autrichiens émigrés?

Lisez ce livre et vous irez de surprise en surprise. Pendant cette période, pour conserver le marché allemand les juifs ont disparu complètement des écrans, ni acteurs, ni productions, ni films les concernant…Les films antinazis sont venus plus tard, bien plus tard.

C’est une histoire absolument passionnante. 0n découvre même une lettre de la 20th Fox adressée à Hitler se terminant par Heil Hitler! Que ne fait-on pas pour faire des affaires!

Tout au long de cette période jusqu’en 1941, date de l’entrée en guerre des USA après Pearl Harbour, les relations furent fructueuses entre les nazis et les studios américains.

Mais rassurons-nous, après 1941, ils commencèrent par changer et faire des films anti allemands. Aucun des dirigeants, ni des metteurs en scène ou acteurs n’a jamais été inquiété.

Ainsi va le monde…

Daniel Rachline


Journal de Janvier 2013: « Sauve toi, la vie t’appelle » de Boris Cyrulnik aux éditions Odile Jacob

9 janvier 2013

…“Une nuit j’ai été arrêté par des hommes armés qui entouraient mon lit. Ils venaient me chercher pour me mettre à mort.Mon histoire est née cette nuit là…”

Livre sur la mémoire, ce que je peux simplement en dire est qu’il nous concerne tous et qu’il faut absolument le lire.

Daniel Rachline


Journal de Janvier 2013: « l’héritage de Vichy » de Cécile Desprairies aux éditions Armand Colin

9 janvier 2013

 

Les économistes nous inondent de comparaisons avec l’Allemagne qui devient le leader incontesté de l’Europe dans tous les domaines.

Le livre dont il est question nous indique que l’influence allemande est encore plus grande que l’on croit.

Elle date de Vichy – Allons-y : l’heure allemande, l’heure d’été date du 0/6/1940, rétablie en 1976. L’ordre des médecins, des architectes, le comité d’entreprise, la médecine du travail, le code de la route, les stations de sports d’hiver telles que Courchevel, Val d’Isère, la fête des mères bien sûr, les tickets-repas, la police nationale et bien entendu la carte d’identité

Grâce à ce livre très instructif on s’aperçoit que Vichy c’était aussi la France et qu’il en reste beaucoup de choses.

C’est très édifiant.

Daniel Rachline


Journal de Janvier 2012: « Les dépossédés » Steve Sem-Sandberg

12 janvier 2012

Nous vous recommandons la lecture du livre « Les dépossédés » de Steve Sem-Sandberg, édité chez Robert Laffont.

C’est l’histoire du ghetto de la ville de Lodz, créé en 1940 et qui survit jusqu’en 1944. Les nazis voulaient exterminer la population en moins d’un an. “Grâce” à un homme, Mordechaï Chaïm Rumkowski, président du Conseil juif il obtient un sursis de 3 ans.

Afin d’essayer d’épargner des juifs, Rumkowski transforma le ghetto en un effort de guerre allemand. Il abandonna ainsi tous les malades, vieillards et enfants…

C’est cette histoire racontée dans ce livre. Terrifiant mais indispensable.

Une fois encore…

 Daniel Rachline

 


Journal de Janvier 2012 : « Les derniers jours de Stefan Zweig » par Laurent Seksik

12 janvier 2012

 

 

Le 22 février 1942 au Brésil, Stefan Zweig et sa femme décident de se suicider.

Cette nouvelle, qui apparaît dans le film de Corti, démontre que “la nuit était tombée pour toujours” pas uniquement pour eux, mais pour l’humanité.

Ce livre permet de mieux comprendre ce que Stefan Zweig ressentait dans les derniers moments de sa vie. Une grande solitude au milieu de ses amis.

Comme chacun sait il a fait partie de ces juifs autrichiens dont le film d’Axel Corti donne une image si précise et si pertinente.

Plus rien ne le rattachait à la vie. De son exil au Brésil, plus rien ne le rattachait à son monde.

Daniel Rachline

 


Journal de Janvier 2012 : Trilogie autour de la Judéïte autrichienne, trois films d’Axel Corti

12 janvier 2012

Axel Corti

Le 30 novembre dernier est ressorti sur les écrans parisiens trois films d’Axel Corti :

1) Dieu ne croit plus en nous

2) Santa Fe

3) Welcome in Vienna.

Film sorti en 1982 pour la première partie et en 1986 pour la troisième.

C’est l’histoire de juifs de Vienne au moment de l’Anschluss et des persécutions juives. Juifs qui essaient par tous les moyens de fuir et d’obtenir des papiers, visas, etc…

Dans la deuxième partie, Santa Fe, certains se retrouvent en Amérique où l’intégration est tout aussi difficile.

Dans la troisième partie, retour à Vienne dévastée confrontée à la corruption, aux compromis et compromissions.

Un film, c’est comme un livre, il faut le voir ou le lire.

Celui-ci est indispensable, et si vous ne l’avez pas encore vu, il faut réparer cette erreur si c’est encore possible.

Qui plus est tourné en noir et blanc, la qualité de la mise en scène est exceptionnelle.

C’est l’histoire de nos parents, de nos grands parents et de tous les immigrés du monde entier.

Dans ce monde la quête d’un “papier” sous quelque forme que ce soit, devient l’obsession quotidienne.

Cette quête représente la sauvegarde espérée et jamais obtenue, que tous les immigrés d’aujourd’hui continuent à vivre.

Daniel Rachline

 


Nous vous recommandons : « Les cerises au kirsch » de Laurence Sendrowicz, prolongation en Mai et juin 2011

20 mai 2011

Nous sommes heureux de vous annoncer la prolongation du spectacle « Les cerises au kirsch – itinéraire d’un enfant sans ombre » de Laurence Sendrowicz  au Théâtre de la Vieille Grille : le dimanche 22 mai à 21h, le dimanche 29 mai à 15h, le dimanche 5 juin à 17h30, les mercredi 15 juin et 22 juin à 21h00

Durée du spectacle : 1 heure

Aller-retour entre passé et présent, questionnement sur la transmission d’une histoire familiale broyée par la grande Histoire, ce solo, interprété par son auteur, tisse deux voix d’aujourd’hui, celle du petit-fils et celle du  grand-père avec une voix d’hier, celle de l’enfant caché puis ballotté de home en home. Ces voix s’entremêlent, se complètent ou se démentent, sous le regard totalement démuni de la mère, qui ne peut jouer qu’un rôle muet  dans ce passage de relais.

Note de l’auteur et du metteur en scène :

« En 1942, personne n’aurait misé un sou sur le fait que je devienne grand-père un jour. »
Parce que soudain, acculée par l’urgence du temps qui passe, émerge une génération qui ne commence qu’aujourd’hui à comprendre de quel traumatisme elle est issue, nous avons décidé de nous lancer dans l’aventure qu’implique la création d’un texte sur un sujet aussi dangereux (dans tous les sens du terme) que la transmission d’un passé déchiqueté par le plus grand drame du XXe siècle… Car parmi ces voix qui veulent à tout prix éviter les clichés et le pathos, qui oscillent, toujours en équilibre instable, entre embarras, rire et larmes et peuvent se briser à chaque pas, il y a la
nôtre – tentative de mettre en mots une famille anéantie, une mémoire qui se reconstruit.

Laurence Sendrowicz et Nafi Salah

Laurence Sendrowicz est auteur dramatique et interprète. Elle a traduit le théâtre de Hanokh Levin qu’elle a contribué à faire connaître et à diffuser dans les pays francophones.

Nafi Salah est metteur en scène et a fondé sa propre compagnie, le Théâtre haNoded, basée à Jérusalem. En 1988, il s’installe en France et décide de se consacrer totalement à la peinture.

Les Cerises au Kirsch marque son retour au théâtre.

Théâtre de la Vieille Grille, 1 rue du Puits de l’Ermite, 75005 Paris. Métro Place Monge ou Censier Daubenton. (cliquez sur le texte qui précède pour accéder au site internet du théâtre)

Réservation au 01 47 07 22 11

Tarifs : 18 € (tarif plein), 13 € (tarif réduit), groupe 13 € (à partir de 8 personnes)


Mémoire 2000 vous recommande la 9e édition du Festival international du cinéma iranien en exil dont le thème est « Contre le fascisme »

17 mars 2011

L’Association Art En Exil est la voix d’une culture humaniste, pluraliste et citoyenne, détachée de toute appartenance politique organise son 9e festival du 31mars  au 3 AVRIL 2011 au cinéma La Clef (centre culturel) – 21 rue de la clef, 75005 Paris M° Censier Daubenton (ligne 7)

 

L’Association Art En Exil est la voix d’une culture humaniste, pluraliste et citoyenne, détachée de toute appartenance politique.

Le 9ème Festival International du Cinéma iranien en exil, sous la direction artistique de Djavad DADSETAN, revient sur les devants de la scène, avec l’envie toujours intacte de faire découvrir au public le travail exceptionnel et souvent confidentiel de cinéastes  indépendants immigrés, qui travaillent pour la plupart dans la plus grande difficulté.

Des regards croisés sur le monde loin des circuits officiels, des regards singuliers d’une grande acuité et d’une grande liberté.

La programmation s’ouvre à nouveau à des cinéastes de toutes nationalités confondues : le cinéma Iranien en exil est largement présent, mais d’autres films viennent d’Espagne notamment, d’Allemagne, du Brésil, d’Afghanistan, du Canada …

Courts, longs, Fictions ou Documentaires, ces 67 films témoignent à leur manière des douleurs  de l’exil, des agissements des régimes totalitaires, traitent de critiques sociales et politiques, d’actualités sous différents  angles : littéraires, poétiques, symboliques ou historiques. Mais en filigrane aussi de la capacité de l’homme à refuser de s’incliner, de son combat, de sa recherche à travers la solidarité ou l’art parfois d’une émancipation, des portraits sensibles d’hommes et de femmes en lutte…

Du 31 mars au 3 Avril 20114 jours qui se déclinent en plusieurs volets :

– des films de cinéastes indépendants inédits

– des invités et 15 rencontres-débats

– une sélection de Films Primés

– des documentaires et images d’archives sur la Résistance française

– un hommage à Moslem Mansouri, fondateur du cinéma souterrain en Iran. Rétrospective de ses films en sa présence. Invité (USA)

Le festival accueillera l’exposition collective,  l’exposition à laquelle participeront peintures et photos de Sylvie Forestier et Patrick Navaï

 

 


Nous vous recommandons le film «LIBRE PARCOURS », portrait de Maître Bernard Jouanneau, sur PLANETE JUSTICE

17 mars 2011

Maître Bernard Jouanneau

« Libre  parcours », le portrait consacré à Maître Bernard Jouanneau, est diffusé sur la chaîne Planète Justice en mars et avril 2011.

Ce film retrace les engagements et les principaux combats judiciaires et pour les Droits de la Personne Humaine de Maître Bernard Jouanneau, Président de Mémoire 2000.

Le documentaire, d’une durée de 55 minutes, a été réalisé par Jacques Cortal et produit par Thelma Production.

Diffusion :
Le mardi 15 mars 2011 à 20h40
Le jeudi 17 mars 2011 à 2h35
Le vendredi 18 mars 2011 à 15h34
Le dimanche 20 mars 2011 à 16h07
Le jeudi 24 mars 2011 à 15h25
Le mardi 05 avril 2011 à 15h25
Le lundi 11 avril 2011 à 15h25


Manifestation devant le Sénat samedi 12 mars 2011 pour que le Sénat examine la loi pénalisant la négation du génocide des Arméniens

9 mars 2011

L’Assemblée Nationale a voté le 12 octobre 2006, une loi pénalisant la négation du génocide des Arméniens, à l’instar de la loi Gayssot de 1990. Ce texte en butte à une forte opposition des milieux négationnistes et des lobbys qui leur sont liés, est depuis presque cinq ans bloqué au Sénat.

Face à ce déni de démocratie, le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France appelle à un grand rassemblement citoyen et républicain devant le Sénat le samedi 12 mars à 15 heures, avec la participation de nombreuses personnalités, dont notamment Patrick DevedjianBernard-Henri LévySerge KlarsfeldCharles Aznavour.


Compte-rendu du colloque sur «l’art, la science et l’expert», organisé à la Maison du Barreau le 10 février 2011

6 mars 2011

Le beau, le juste, le vrai

Un grand merci à Maître Bernard Jouanneau d’avoir convié les membres de l’association «Mémoire 2000» à participer au passionnant colloque : « l’art, la science et l’expert », organisé à la Maison du Barreau le 10 février dernier.

L’allégorie de l’esclavage, représentée par la négresse de Carpeaux : «la négresse, avec la corde qui lui attache le dos et lui froisse les seins, lève au ciel la seule chose encore libre : son regard désespéré et accusateur à la fois» disait Théophile Gautier, fut le fil conducteur symbolique de cette journée.

Tout au long de ce colloque, nous avons pris conscience du questionnement du magistrat, de l’avocat, qui s’en remettent, le plus souvent à leur «intime conviction», alors que la rigueur de la science et des techniques modernes implacables, opposent un verdict rédhibitoire.

C’est ainsi que des experts tels Stéphane Théfo d’Interpol, qui lutte contre le trafic illicite des biens culturels, ou Ian Lanson de Scotland Yard, ont exposé toutes les nouvelles techniques d’analyses mises à la disposition des spécialistes : thermoluminescence, microscope à balayage, scanner, faisceau à particules (utilisé par Philippe Walter, directeur de recherche au CNRS). L’intérêt de ces méthodes sophistiquées est qu’elles n’altèrent pas les oeuvres d’art et donnent en quelques minutes l’origine et la date de l’oeuvre, s’opposant aux analyses stylistiques,qui ouvrent parfois le feu du débat judiciaire! Exemple : la sculpture égyptienne de «Sésostis III», achetée 4,6 millions de francs par le Louvre, s’est avérée de facture moderne quelques années plus tard!

Mais, «il n’y a pas de vérité judiciaire absolue qui s’oppose à la vérité scientifique absolue». L’important est d’apprendre à se parler, à partager cette richesse du savoir.

« Savoir que le Savoir peut ne pas savoir, demeure le plus grand Savoir » Tchouang Tseu .

En synthèse, Anne Bouquillon (chercheuse au C2RMF) a justement commenté que «la révélation de l’authenticité passe par les savoirs croisés», ce qui devrait être la notion partagée par tous.

Tout au long de cette journée, on découvrait la difficulté du juge qui est «au carrefour de toutes les tensions de la société» (Marie-Christine Courboulay), celle aussi de l’avocat qui voit, évalue, mais peut se tromper comme tout un chacun (l’oeil ne voit que ce qu’il regarde et il ne regarde que ce qui est déjà dans l’esprit.) Apprendre à voir avec un oeil responsable, apprendre à communiquer, telles ont été les valeurs particulièrement soulignées. L’art est devenu une valeur transcendantale, au-delà de nous même, «l’art porte les valeurs de l’humain», ce qui est rassurant et fondamental.

Joëlle Saunière


Conférence-débat le lundi 28 mars 2011 à 19h00 : «Comment réintroduire de la lumière quand les ténèbres envahissent les hommes »

6 mars 2011

Nous vous recommandons cette conférence-débat qui réunira des spécialistes des 3 religions monothéistes, philosophes et psychanalystes. Ghaleb Bencheik, Henri Cohen-Solal, et Joseph Maïla évoqueront la lumière dans les trois religions du Livre et Ory Lipkowicz nous présentera une vision de la   philosophie.

Ghaleb Bencheik anime l’émission « Islam » sur France 2 et préside la Conférence mondiale des religions pour la paix.

Henri Cohen-Solal est psychanalyste et président fondateur des Maisons Beit Ham de médiation psychosociale.

Ory Lipkowicz est chargé d’enseignement à Paris I en philosophie et intervient sur les questions d’éthique médicale et d’épistémologie à l’Ecole de médecine de Paris.

Mairie du 16e arrondissement, 71 avenue Henri Martin, Métro: Rue de la Pompe (ligne 9)/Bus: lignes 52 et 63 – Entrée libre dans la limite des places disponibles. Réservation par mail ddiboco@aol.com ou par téléphone au 06 62 82 27 07.

Nous vous recommandons également l’exposition des oeuvres des peintres Vladimir Kara et Sami Briss et de la sculpteur Myriam Sitbon qui se déroulera du du mercredi 23 mars au lundi 28 mars dans la salle des Commissions de la Mairie du 16e arrondissement, 71 avenue Henri Martin, Métro : Rue de la Pompe (ligne 9) / Bus : lignes 52 et 63 – Entrée libre. Du lundi au vendredi de 9h à 17h, le jeudi jusqu’à 19h et samedi de 9h à 12h30


Journal d’octobre 2010 : la Norvège, nouveau refuge d’Iraniens

13 octobre 2010

Farzad Farhangian demande l'asile à la Norvège au cours d'une conférence de presse (sept. 2010)

Depuis quelque temps, des opposants iraniens choisissent de s’exiler à Oslo. Le Président Mahmoud Ahmadinejad écume de rage.

Dernier en date, et pas le moindre, Farzad Farhangian, est un diplomate de haut rang, avec 23 ans de carrière pour le régime des mollahs derrière lui, a 47 ans. Ayant abandonné  son poste à Bruxelles il y a quelques semaines, il a choisi de demander l’asile en Norvège parce qu’il s’y sent en sécurité, déclare son avocat, Maître Humlen. A Bruxelles, il se sentait menacé.

C’est le deuxième diplomate iranien qui se retrouve ainsi à Oslo depuis quelques mois. En février, son collègue Mohammed Reza Heydari, consul de l’ambassade d’Iran en Norvège, quitta son poste en signe de protestation des violations des droits de l’homme du régime iranien. Il a depuis obtenu l’asile politique pour lui-même et sa famille, et ne cesse de critiquer Téhéran.

Un autre diplomate en poste à Helsinki a également quitté son poste, mais choisi de demander l’asile en Finlande.

Pour l’expert norvégien Daniel Heradstveit, c’est un énorme camouflet pour le régime et pour Ahmadinejad. D’autant plus qu’il risque d’y en avoir d’autres qui suivent ces exemples. Le comité de soutien Norvège-Iran déclare être déjà en contact avec plusieurs diplomates.

M. Heydari et le leader du comité de soutien, M. Saki, ont déjà créé ce qu’ils nomment “l’ambassade verte”, qui œuvre justement pour faire venir d’autres diplomates en Norvège se joindre à eux.

Pas étonnant dans ces circonstances que l’avocat de Sakineh Ashtiani, Mohammed Mostafaei, ait également choisi de s’exiler en Norvège. Lors de son arrivé à Oslo au mois d’août, il fut chaudement accueilli par de nombreux iraniens qui y vivent déjà. Ils seraient environ 8000, et déjà très influents.

M. Mostafaei est pour l’instant discret, mais très préoccupé par le sort de Sakineh, qui risque la lapidation, malgré les dénégations de M. Ahmadinejad. Mais il est tout aussi inquiet pour ses plus jeunes clients, qu’il a dû abandonner. Il va demander aux autorités norvégiennes de lancer une campagne contre la peine de mort appliquée aux enfants – bien que la peine de mort soit “une et indivisible”, comme le dit Robert Badinter.

Dans tous les cas, la Norvège semble devenir un pays important pour l’opposition iranienne, convaincue que les dernières élections présidentielles en Iran furent une mascarade, et que le vrai vainqueur fut Mir Hossein Mousavi, leader du mouvement vert.

Vibeke Knoop


Journal d’octobre 2010 : Qui a tué Arlozoroff? de Tobie Nathan

13 octobre 2010

Qui a tué Arlozoroff? de Tobie Nathan

Qui a tué Arlozoroff? de Tobie Nathan vient de paraître aux éditions Grasset.

Avant tout, pour ceux et celles qui se posent la question “qui est Arlozoroff” ?

Dirigeant sioniste, membre du comité exécutif de l’Agence juive (entre les deux guerres), ministre des Affaires Etrangères d’un Etat à l’époque sans frontière.

Il négocia avec les Allemands jusqu’ en 1938 le départ de milliers de juifs allemands, vers des cieux plus cléments, partisan d’un état binational avec les Arabes en opposition avec Jabotinski.

Mais aussi : il fut l’amant passionné de Magda Friedlander, qui le lui rendit bien et qui deviendra la femme de Goebbels à qui elle n’avait rien à envier pour son antisémitisme.

Le 16 juin 1933 Arlozoroff est assassiné à Tel Aviv.

A ce jour on ne sait toujours pas qui l’a tué.

Roman inspiré, traité comme une enquête policière, portrait d’une femme diabolique…

A vous de juger…

Daniel Rachline