Journal d’Avril 2017: Sortir du silence d’Auschwitz : La dignité contre l’inhumanité, « Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu. »

1 avril 2017

PERSONNE-NE-M-AURAIT-CRU-JPGVendredi 27 janvier 2017, 70° anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, le témoignage de Sam Braun, est présenté au théâtre de l’épée de bois, mis en scène et interprété par Patrick Olivier. Mémoire 2000 y était.

Comment dire l’irreprésentable d’une barbarie planifiée et accomplie à l’abri des regards? Comment évoquer, 70 ans après, transmettre la mémoire de tous ces êtres traqués, soumis aux pires conditions de survie afin qu’ils deviennent non humains, objets voués à la destruction ? Le témoignage de Sam Braun, rescapé des camps de concentration et d’extermination, survivant à la marche de la mort, témoignage recueilli 60 ans après le retour d’Auschwitz, nous est présenté dans une mise en scène retenue qui s’efface devant la force des mots que Sam Braun a pu extraire de ce long silence pour dire l’insoutenable.

Sam Braun a été arrêté et déporté à Auschwitz avec sa famille par le convoi du 7 décembre 1943. Il avait 16 ans. Ses parents, sa petite sœur sont immédiatement gazés. Sam Braun est envoyé à Buna Monowitz, Auschwitz III. Il survit. En janvier 1945, le camp est évacué, commence alors la marche de la mort. Sam Braun échappe plusieurs fois à la mort. Epuisé il parvient à Prague où il est délivré par des résistants tchèques.

A son retour en France, il se tait, comme de nombreux déportés revenus. En 1945, personne n’était prêt à entendre la parole des “revenants”. Après une période de dépression, il fait ses études de médecine mais s’enferme dans le silence en même temps qu’il efface son passé de déporté.

Cependant, Sam Braun, 40 ans après, cède à l’insistance d’une amie professeure de lycée et accepte de témoigner devant ses élèves. Un matin prenant conscience de son âge, il se dit : “Tu es un lâche, mon vieux, car si tu ne vas pas parler aux enfants, c’est uniquement parce que tu ne veux pas souffrir. Tes parents, ta petite sœur et tous ceux qui sont morts là-bas, sont donc morts pour rien.” Il ajoute : “Non pas qu’il faille donner une justification à la mort de mes parents et de ma petite sœur.…” Mon devoir m’est alors apparu clairement : je devais utiliser cet évènement horrible pour essayer de rendre service aux jeunes, en leur permettant d’ouvrir les yeux sur le monde et la folie de certains hommes…”

Après 20 ans de témoignage, il rencontre un professeur, Stéphane Guinoiseau. Celui-ci lui demande d’enregistrer des entretiens afin que sa parole demeure. C’est ainsi que ce texte lui survit.

Après ce lent processus de retour, Sam Braun peut expliquer comment cette mise à l’écart a été nécessaire pour réussir à vivre : “Je ne suis maintenant ni la victime, ni le héros d’une histoire malheureuse……Mais pour arriver à cette normalité, je suis resté quarante années dans le silence d’Auschwitz “.

Dans cette petite salle de la cartoucherie de Vincennes, Philippe Olivier est seul en scène, entre une tombe et un rocher. L’insoutenable récit est suspendu par moments, par un violon et un accordéon, discrets, ils répondent dans une houle de douceur à la barbarie des images d’archives sur la porte du fond de la scène. Puis le noir revient et Patrick Olivier reprend le fil du récit insoutenable. Le crescendo de l’atroce suit la chronologie effroyable de ce qui a eu lieu. Pourtant, ce qui frappe dans ce témoignage, c’est la sobriété et la pudeur.

Sam Braun n’est plus, mais avant de mourir il a enregistré un message aux collégiens et lycéens, Patrick Olivier, à la fin du spectacle, lui cède la parole. Le visage bienveillant de Sam Braun apparait sur l’écran : “J’aurais voulu être avec vous pour partager un passé. Mais je n’ai pas pu, je le regrette bien.” Toute la force et la délicatesse de ce témoignage sont déjà dans ces mots : “partager un passé”.

Survivre au pire, se taire pendant quatre décennies, puis réussir à témoigner pour donner confiance en l’homme aux générations futures, tout cela est au cœur de cette représentation. On en sort bouleversé avec l’espoir que ce témoignage atteindra les générations futures.

Jacinthe Hirsch

 

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Journal de Janvier 2017:“Génie de la laïcité” de Caroline Fourest

20 décembre 2016

le-genie-de-la-laicite-9782246709817_0Voilà bien un ouvrage qui devrait être “déclaré d’utilité publique”, voire même “remboursé par la Sécurité Sociale”. Caroline Fourest nous fait un état des lieux remarquable de lucidité et très inquiétant, nous exhortant à revenir à une laïcité fidèle aux origines, tant elle est en danger. Car nos gouvernants réagissent de façon lamentable à tous les crimes commis contre nous et contre ce que nous sommes.

Plus les assassins tuent, plus les “démocrates” leur trouvent des excuses, quand ils ne blâment pas leurs victimes. Mais la réalité s’impose : partout où l’intégrisme fait des ravages, le désir de laïcité monte. Or, il faut voir dans la laïcité le désir de protéger la liberté de conscience et la passion de l’égalité. Equilibre rare, presque unique eu monde, arraché aux forces de l’intolérance religieuse dans le sang et les larmes par des siècles de combat.

Après avoir rappelé l’horreur des attentats qui ont frappé notre pays depuis deux ans, l’auteur décrit la genèse de l’intégrisme et de la radicalisation, compliquée par notre “complexe colonial” qui nous frappe de cécité. En outre, certains, à trop vouloir bien faire contre le racisme, finissent par générer une image déformée de leur propre pays, parlant même de “racisme d’Etat”, et confortés en cela par certaines organisations nauséabondes et quelques associations qui débordent de racisme et d’antisémitisme.

Face aux menaces racistes et aux provocations intégristes, la laïcité tend plutôt à revenir à la mode au sein du continent européen, là où la France place l’enseignement du respect de l’égalité avant la liberté religieuse. C’est ainsi que, alors que les Américains se sont placés sous la protection de Dieu pour rester unis, la France a dû remettre Dieu à sa place pour rester en République.

Toute l’histoire des Etats-Unis est traversée par des “réveils religieux“, et leur patriotisme est assimilé à la foi religieuse. Ce qui vaudra à Régis Debray de dire que “la démocratie, c’est ce qui reste d’une république quand on éteint les lumières”.

Débute alors la lutte contre le cléricalisme, qui génère une laïcité de combat. C’est le siècle des Lumières, où les philosophes appellent à la Raison, avec Voltaire, Copernic, Galilée, Giordano Bruno, puis la mise sous tutelle des biens du clergé. La liberté de culte est proclamée. Entrent dans le combat Victor Hugo, Condorcet, Jules Ferry, Gambetta et surtout Ferdinand Buisson et Aristide Briand, qui inspira la future loi de 1905.

Mais le religieux, pour qui le laïcisme reste l’ennemi, repart à l’attaque. Jean Zay y laissera la vie. Enfin, après d’autres soubresauts, c’est la Loi de 2004, décriée et déformée par islamistes et gauchistes, puis foulée aux pieds par un “Président-prédicateur” de la République. Mais intégristes et radicalisation ne désarment pas, favorisés par certaines associations, gouvernementales ou non (on en apprend de belles !) jouant ainsi aux “idiots utiles”. On veut à nouveau “crucifier les laïcards”. Alors que la laïcité permet à ceux qui ne croient pas comme à ceux qui croient de “faire société ensemble, et pas seulement de coexister”.

Enfin, l’auteure plaide pour une “pédagogie de la laïcité” qui permet de considérer “l’espace civique comme un espace où la citoyenneté prime sur la liberté individuelle”. Et rien n’est passé sous silence : écoles, entreprises, piscines, hôpitaux, prisons, voie publique, jusqu’aux cimetières. En se méfiant d’un “clientélisme dangereux chez les élus locaux”.

Conclusion de l’auteure : La laïcité doit rester fidèle à son histoire : ni capitulation, ni persécution. “La laïcité n’est pas un glaive, mais un bouclier”. Et elle s’adresse à nous tous : si nous ne réagissons pas, ce sera “la laïcité ou le fascisme”.

Pour ce qui nous concerne, notre choix est fait.

 

Guy Zerhat

 


Journal de Janvier 2017: “Si je survis » de Moriz Scheyer – Ed. Flammarion

20 décembre 2016

cqnh3ngwaaaxavjMoriz Scheyer appartenait au monde littéraire et bourgeois de Vienne, et dut quitter l’Autriche au moment de l’Anschluss. Son récit décrit, sur le moment, sa fuite en France jusqu’à son arrivée au monastère de Dordogne, et sa vie et celles de ses proches.

De nombreux ouvrages témoignent de l’horreur que fut la Shoah, de l’effroyable condition de vie dans les ghettos ou des atrocités des camps d’extermination. Peu décrivent la douleur quotidienne, certes sans doute sans aucune commune mesure avec celle subie par les déportés, mais cruelle aussi, des personnes qui ayant pu fuir, se retrouvent traquées, spoliées et dépendantes de tous et de tout.

C’est de cela dont parle Moriz Scheyer : de cette “peur au ventre”, de cette humiliation, de ces angoisses permanentes.

Mais au delà, il parle de la condition humaine : de la petitesse, la mesquinerie de certains êtres, mais aussi de ses belles rencontres avec des hommes et des femmes généreux et désintéressés : de belles âmes. Parmi elles, les sœurs du monastère où Moriz, sa femme et leur fidèle Sláva Kolárová ont trouvé refuge, et surtout, la famille Rispal en Dordogne : Hélène, la mère, Gabriel, son époux, Jacques, le jeune et futur comédien à succès.

Ce récit interroge encore et toujours : comment cela a-t-il pu advenir ? 

Lison Benzaquen


Dossier pédagogique du film Timbuktu préparé par Joëlle Saunière, membre de Mémoire 200

29 avril 2016

CLIQUEZ SUR LE LIEN CI-APRES POUR ACCEDER AU Dossier pédagogique du film Timbuktu

Dossier pédagogique du film Timbuktu

 

594157Pourquoi Timbuktu?

Mali, juillet 2012. Un couple est lapidé pour ne pas s’être marié devant Dieu.

Abderrahmane Sissako décide de tourner le film.

« Mon rôle est d’être passeur de cette conscience collective révoltée. »

 

Le film «TIMBUKTU»

Une histoire magnifique, d’Abderrahmane Sissako, mêlant humour et poésie.

Récompensé au festival de Cannes, primé 11 fois, en particulier, a obtenu le César du meilleur film français et meilleur réalisateur.

Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane  mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans. En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques. Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée. Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

Face à l’obscurantisme, un humour nuancé

La ville de Tombouctou est tombée aux mains des djihadistes. Jour après jour, sur leurs motos, armes en bandoulière, mégaphone à la main, ils exhortent la population à ne pas écouter de musique, à porter des chaussettes ou des gants… et autres diktats absurdes qui prêteraient à sourire s’ils n’attestaient pas, jusqu’au tragique, de la bêtise de ces hommes autoproclamés soldats d’un dieu qui ne pourrait pourtant, à aucun moment, cautionner toutes leurs dérives. À l’écart de cette cité assiégée, le jeune Kidane vit paisiblement avec ses parents. Une existence qui bascule le jour où son père ira se venger du pêcheur qui a tué sa vache et subira la justice expéditive des religieux extrémistes.

En soulignant l’intolérance de ces derniers et leur obstination stérile, d’une écriture à la fois perfide, satirique et lucide (savoureuse scène de ces hommes qui proscrivent le foot mais discutent des résultats de l’équipe française en Coupe du monde), Abderrahmane Sissako n’édulcore pas son propos. Bien au contraire, l’humour dont il sait faire preuve, nuancé et subtilement distillé, a, par simple effet de contraste, une vertu encore plus glaçante, encore plus inquiétante. Car il souligne l’impuissance de la communauté internationale à venir en aide à ces hommes, et surtout à ces femmes, victimes d’obscurantisme.

Sissako refuse la pesanteur du message idéologique.

Les femmes, justement. C’est à elles que Sissako rend hommage. Pour leur courage. Et leur manière obstinée de refuser de céder aux menaces. Ici, cette vendeuse de poissons qui ne veut pas porter de gants, élément vestimentaire bien peu pratique pour son commerce. Là, une autre qui refuse de céder sa fille à ce soldat qui détourne le texte coranique à son avantage pour la ravir à ses parents. Ou encore cette femme hirsute et impériale qui arpente les rues désertes et insulte farouchement ces ennemis de l’islam qui prétendent pourtant agir en son nom.

Cette audace est également celle du cinéaste. Refusant les dogmes et la pesanteur du message idéologique, Sissako ose de sublimes images de cinéma. Des moments de grâce poétique et surréaliste suspendus, que seuls la valeur de cadre, la musique, le montage, le relief sonore ainsi que le mouvement de caméra peuvent édifier. Son radicalisme n’est pas dans le discours mais dans cette conviction absolue de l’acte artistique. Oser la beauté, la dérision et le décalage surréaliste (une danse en transe montée en parallèle d’une scène de lapidation) vaut bien plus que tous les discours.

C’est affirmer le pouvoir universel du 7e art contre la terreur et la bêtise. L’art comme vecteur d’idées et d’émotions, avec cette modestie de savoir qu’un film ne change hélas rien à la situation dramatique du monde, mais qu’il peut sensibiliser, mobiliser et faire prendre conscience. C’est ainsi que Timbuktu foudroie, bouleverse, mobilise et galvanise… Un magistral moment de cinéma.

 

DAECH

L’Etat islamique, souvent désigné par l’acronyme arabe « DAECH », est une organisation armée terroriste islamiste, d’idéologie salafiste djihadiste, qui a proclamé le 29 juin 2014 l’instauration d’un califat sur les territoires qu’il contrôle, et souvent considéré comme proto-Etat à partir de 2015. Son essor est notamment lié aux déstabilisations géopolitiques causées par les guerres en Irak puis en Syrie.

Sa création remonte à 2006, lorsqu’Al-Qaïda en Irak forme avec cinq autres groupes djihadistes le Conseil consultatif des moudjahidine en Irak. Le 13 octobre 2006, le conseil consultatif proclame l’Etat Islamique d’Irak (en abrégé EII) lequel se considère, à partir de cette date, comme le véritable Etat Irakien.

En 2012, l’EII commence à s’étendre en Syrie et en avril 2013, il devient l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), en arabe, littéralement « Etat Islamique en Irak et dans le Cham».

Le 29 juin 2014, l’EIIL annonce le rétablissement du califat sous le nom d’Etat Islamique dans les territoires sous son contrôle et Abou Bakr Al-Baghdadi se proclame calife, successeur de Mahomet ( !), sous le nom d’Ibrahim. Il entre alors en conflit avec Al-Qaïda et son influence s’étend à une grande partie du monde musulman avec l’allégeance de plusieurs groupes djihadistes. Les plus importants sont : Boko Haram dans le Nord-Est du Nigéria, Ansar Bait al-Maqdis dans le Sinaï égyptien et le Majilis Choura Chabab al-Islam en Libye.

L’Etat islamique est classé comme organisation terroriste par de nombreux Etats et est accusé par les Nations Unies, la ligue arabe, les Etats Unis et l’Union Européenne d’être responsable de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de nettoyage ethnique et de génocide. Il pratique également la destruction de vestiges archéologiques millénaires (ex: les bouddhas de Bâmiyân).

Depuis août 2014, une coalition internationale de 22 pays et de la Russie, interviennent militairement contre cette organisation, qui mène également des opérations meurtrières à l’extérieur des territoires sous son contrôle.

D’après l’historien Nabil Mouline, auteur de « Le Califat: histoire politique de l’Islam », les combattants de Daesh les plus idéologisés, se voient comme les élus dépositaires de la « vraie » religion, chargés de rétablir l’état califal des débuts de l’Islam. C’est ainsi qu’ils se permettent d’embrigader de nouveaux candidats pour mener la bataille finale du Bien contre le Mal! Leurs visées messianiques jouent un rôle déterminant dans le processus de socialisation des soldats. C’est une arme de propagande très efficace pour recruter des jeunes en perte de sens qui, une fois embrigadés se sentent investis d’une mission glorieuse. 


Mémoire 2000 vous recommande l’exposition sur le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman au Mémorial de la Shoah

19 mai 2015

A l’occasion de l’exposition « Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman » , le Mémorial en partenariat avec la DAAC propose une demi-journée d’étude autour du thème «La destruction de la population arménienne de l’Empire ottoman ».

 

Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman

stigmatiser, détruire, exclure

Du vendredi 3 avril 2015 
au dimanche 27 septembre 2015

EXPOSITION 

 

Durant la Première Guerre mondiale, le comité Union et Progrès, parti-État au nationalisme exclusif gouvernant l’Empire ottoman, a mis en oeuvre la destruction systématique de ses sujets arméniens et syriaques, rompant ainsi avec la tradition impériale multiethnique.

http://genocide-des-armeniens.memorialdelashoah.org/

 

 

 


Journal de Janvier 2015: « Mémorial du génocide des Arméniens » de Raymond Kévorkian et Yves Ternon

2 mars 2015

imagesMémorial du génocide des Arméniens

de Raymond Kévorkian et Yves Ternon (Éditions du Seuil)  (cliquez sur le titre pour accéder au site de la maison d’édition)

A l’occasion de la commémoration du génocide des Arméniens, paraît un recueil réalisé par deux historiens et Gérard Chaliand, expert en géopolitique.

Il a fallu deux ans pour achever la réalisation de ce recueil de documents qui ont le mérite de faire comprendre le premier massacre de masse de civils du début du 20° siècle, préfigurant la Shoah, qui a pu être mené à bien par des hommes dits civilisés.

Et il y en a encore qui nient le génocide des Arméniens… Peut-être peuvent-ils lire ce livre?

On peut aussi leur recommander “Le génocide des Arméniens”, paru en 1980, d’Yves Ternon et Gérard Chaliand, ainsi que “Le génocide des Arméniens” paru en 2006 de Raymond Kévorkian.

Daniel Rachline

 

 


Journal de Janvier 2015: Collaboration, le pacte entre Hitler et Hollywood de Ben Urwand

2 mars 2015

Le pacte entre Hitler et Hollywood, de Ben Urwand, aux éditions Bayard

Business is business.

Ce qui est fascinant c’est la découverte permanente d’histoires qui nous concernent et auxquelles on ne pensait même pas.

Saviez-vous qu’entre 1933 et 1941 (date d’entrée en guerre des Américains) il existait un pacte entre Hitler qui adorait paraît-il le cinéma américain, et les patrons des studios hollywoodiens, dont la plupart étaient des juifs allemands ou autrichiens émigrés?

Lisez ce livre et vous irez de surprise en surprise. Pendant cette période, pour conserver le marché allemand les juifs ont disparu complètement des écrans, ni acteurs, ni productions, ni films les concernant…Les films antinazis sont venus plus tard, bien plus tard.

C’est une histoire absolument passionnante. 0n découvre même une lettre de la 20th Fox adressée à Hitler se terminant par Heil Hitler! Que ne fait-on pas pour faire des affaires!

Tout au long de cette période jusqu’en 1941, date de l’entrée en guerre des USA après Pearl Harbour, les relations furent fructueuses entre les nazis et les studios américains.

Mais rassurons-nous, après 1941, ils commencèrent par changer et faire des films anti allemands. Aucun des dirigeants, ni des metteurs en scène ou acteurs n’a jamais été inquiété.

Ainsi va le monde…

Daniel Rachline