Journal d’Avril 2014: « Ce qu’ils savaient, les alliés face à la Shoah », un documentaire de Virginie Linhart

5 mai 2014

ce_qu_ils_savaient_dvd-5fdb4« Ce qu’ils savaient, les alliés face à la Shoah »

Documentaire de Virginie Linhart

DVD (Editions Montparnasse)

Tout le monde savait. On le sait maintenant depuis l’ouverture dans les années 90, des archives de la Seconde guerre mondiale.

Ce film dévoile les raisons pour lesquelles Roosevelt, Churchill, Staline et De Gaulle ont choisi de sauver le monde du désastre tout en négligeant la “question juive”.

C’est bon de le savoir, même tardivement !

 


Journal de Janvier 2014: « Circulez, y a rien à voir! »

15 janvier 2014
Boualem Sansal

Boualem Sansal

L’écrivain algérien Boualem Sansal, qui depuis plusieurs années collectionne en France les Prix littéraires (“Le serment des barbares”, “Le village de l’Allemand”, “Rue Darwin”), vient de publier (septembre 2013) chez Gallimard un ouvrage qui fait froid dans le dos mais qui, curieusement, n’a pas eu dans la presse l’écho qu’il mérite. “Gouverner au nom d’Allah” (éditions Gallimard, CLIQUEZ ICI), en effet, va sensiblement à contre-courant du politiquement correct, de la bonne conscience de nos politiques et de l’aveuglement général. Il s’agit en effet d’une mise au pilori sans concessions de l’islamisme politique, qui “s’attaque à la démocratie en usant de la démocratie avec art et subtilité”. Il s’agit d’une “instrumentalisation de l’Islam dans une démarche politicienne critiquable et condamnable”. Ainsi, “contrôle de la société et prise de pouvoir” étant les buts déclarés, le mouvement n’hésite pas à recourir au terrorisme pour parvenir à ses fins. Il dispose pour cela de moyens financiers illimités, fournis par de grandes puissances pétrolières du Golfe, au premier rang desquelles l’Arabie Saoudite et le Qatar (voir à ce sujet l’édifiant ouvrage des reporters Chesnot et Malbrunot chez Laffont: “Qatar, les secrets du coffre-fort”).

Toutefois, dans le contexte mondial anxiogène actuel (crise économique sans fin, insécurité, mondialisation sans éthique), le politiquement correct fait des ravages, si bien que l’on s’interdit même l’emploi du mot “terrorisme”. Ainsi, lors de la récente expédition militaire au Mali, notre Président n’a jamais dit qu’on allait combattre le “terrorisme islamiste”. Comme le dit Sansal, “on se demande contre qui se sont battus les soldats français, et qui a détruit Tombouctou et massacré ses habitants”. Il y a là trahison des militaires français qui se battaient contre les islamistes d’AQMI. Trahison des otages français entre leurs mains. Trahison des Maliens qui ont souffert sous leur férule. Trahison des musulmans, qui savent bien ce qui nuit à leur religion et à leur pays. “Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde”, disait Camus.

1464467-gfCette langue de bois, cette véritable cécité verbale fait tache d’huile, car les financiers de ces mouvements criminels sont parmi nous, sans que l’on s’en offusque. Mais peut-être pourrait-on interroger à leur sujet nos malheureux amis tunisiens, qui savent les basses manœuvres du Qatar, lequel achète des terres et finance les islamistes que nous prétendons combattre. Lorsqu’on reçoit nos politiques, on se fait un plaisir de les balader en limousine blindée sur le front de mer pour leur montrer les palaces hyperluxueux; mais que savent-ils, par exemple, de la condition des femmes, à qui n ‘est offerte qu’une alternative: voilées ou violées? Il est bien loin, Bourguiba le réformateur…Mais cela n’effleure même pas nos politiques, tétanisés par la peur, et rejoints en cela par une presse “ aux ordres”, qui ose écrire que ces pays “ne sont pas si mal notés par les organisations internationales des Droits de l’Homme”! Tiens, tiens: j’ai pourtant cru lire, dans plusieurs quotidiens français, que le Qatar comptait environ 3 à 400.000 locaux, plus environ 2 millions d’étrangers, parmi lesquels un prolétariat philippin, indien ou pakistanais dont le sort s’apparente de très près à un esclavage qui ne dit pas son nom. J’ai cru lire aussi que, sur le chantier de la Coupe du Monde de foot-ball 2022, quelques ouvriers sont morts, victimes de conditions de travail désastreuses, et que cela avait été pointé du doigt par Human Rights Watch, en plus d’autres atteintes flagrantes aux Droits de l’Homme.  J’ai lu encore … mais sans doute me suis-je trompé. Et après tout, pourquoi faire la fine bouche quand ces pays vont fournir du travail pour 10 ans à nos entreprises dans le cadre de l’Exposition Universelle de 2020, de la Coupe du Monde de hand-ball 2015 et de la Coupe du Monde de foot-ball de 2022? Financer tous ces événements et fournir des armes aux terroristes de Libye, du Mali ou de la Syrie, il faut croire que tout cela n’est pas incompatible…

En tout cas, notre gouvernement s’en accommode fort bien. Il est vrai que des pays qui achètent des Airbus par centaines, ça ne court pas les rues! Et puis, si l’hiver est rigoureux, nous serons bien chauffés! Alors, n’est-ce pas, la nausée, c’est désagréable un moment, mais ça finit par passer…

Ceux qui accorderaient peu de crédit à ce texte  auront grand intérêt à se procurer le livre de Monsieur Sansal, paru chez Gallimard, et qui met à mal nos consciences occidentales.

Guy Zerhat


Journal de Janvier 2014: nous vous recommandons « Histoire des relations entre juifs et musulmans, des origines à nos jours » sous la direction de Abdelwahab Meddeb et Benjamin Stora

15 janvier 2014

9782226248510gHistoire des relations entre juifs et musulmans, des origines à nos jours, sous la direction de Abdelwahab Meddeb et Benjamin Stora aux Éditions Albin Michel (cliquez ICI pour accéder au SITE INTERNET DÉDIÉ AU LIVRE)

1200 pages, de nombreux spécialistes de toutes spécialités, de nombreux historiens sous la direction de Stora et Meddeb, le tout fait un livre (très gros) très passionnant à feuilleter avant de se décider à le lire.

On y apprend une chose qui n’est pas nouvelle mais qu’on peut rappeler : depuis toujours les juifs et les musulmans ont eu des problèmes – parfois entrecoupés de périodes calmes.

Et depuis toujours les juifs ont été ciblés, d’autres aussi parfois, mais eux toujours.

Vous connaissez l’histoire”… C’est tout ce que vous avez?…”

Il est possible que cela se rétrécisse.

Daniel Rachline

 


Journal de Janvier 2014: nous vous recommandons la Correspondance 1927-1938 de Stefan Zweig et Joseph Roth

15 janvier 2014

9782743625948Correspondance 1927-1938 – STEFAN ZWEIG et JOSEPH ROTH, aux Éditions Payot et Rivages (cliquez ICI pour accéder au site des éditions)

Ils ne se connaissaient pas, deux des plus grands écrivains du XX° siècle. Ils se sont écrit des lettres sans jamais se rencontrer, sauf à la fin de leur vie.

Vive l’intelligence de certains. Elle nous est  transmise…

Daniel Rachline


Journal de Janvier 2014: Nous vous recommandons le numéro hors-série du Nouvel Observateur intitulé « Résistants et collabos -1943 – la France déchirée »

15 janvier 2014

 

Remarquable dossier découpé en trois grands chapitres :

1°)De la collaboration à la trahison.

2°)De la France libre à la France combattante.

3°)Vers la querelle des deux France.

1943-2013, soixante dix ans ont passé, il est bon et nécessaire de se remémorer.

Daniel Rachline


Journal de Janvier 2014: nous vous recommandons de lire « Parcours » de Pierre-André Pélissier aux Editions Amalthée

15 janvier 2014

2883« Parcours » de Pierre-André Pélissier aux éditions Amalthée (cliquez ICI pour accéder au site des Editions Amalthée)

La guerre vue par un enfant de 5 ans qui quitte, avec son frère ainé et sa mère, le Maroc, pour venir en France dans l’espoir de rejoindre le père prisonnier en Allemagne, inscrit sur une liste de rapatriables, mais qui ne sera libéré qu’en 1945.

Le petit raconte son parcours dans la France des années 40, et au sein une famille qui lui étaient étrangères. Il va découvrir en vrac, l’occupation, la collaboration, le froid, les restrictions, la résistance, mais aussi des amitiés…

Tout cela le fera grandir et mûrir, peut-être, trop vite.

C’est bien écrit, émouvant, attachant.

A lire vraiment.

En confidence : savez-vous qui est ce nouvel écrivain Pierre-André Pélissier?  Et bien c’est notre ami Pierre Gailhanou, qui a signé ce livre du nom de sa mère (admirable) pour lui rendre un hommage totalement mérité.

Bravo Pierre!

Lison Benzaquen


Journal de Janvier 2014: nous vous recommandons de voir « Le dernier des Injustes » de Claude Lanzmann

15 janvier 2014

21003696_20130506163957121.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxIl y a deux mois, sortait sur les écrans le dernier film de Claude Lanzmann.

Beaucoup depuis l’ont vu, beaucoup doivent encore le voir, tous le devront.

L’histoire de Benjamin Murmelstein (le dernier des injustes) est connue maintenant.

Le film en racocnte une autre, celle de Lanzmann, un vieux monsieur de 87 ans, au visage étonnant d’expressivité et qui, sans s’en rendre compte raconte son testament d’homme comme on n’en fait plus.

Un  dernier des grands hommes.

Daniel Rachline

 

 

 


Journal d’octobre 2013: « Le hareng et le saxophone » de Sylvie Weil

3 octobre 2013

91-I63lhZzL._AA1500_1LE HARENG ET LE SAXOPHONE de Sylvie Weil aux éditions Buchet Chastel

La difficulté, quand on veut parler d’un livre qu’on a adoré, est extrême.

Je pourrais vous dire : achetez-le, lisez-le et vous comprendrez. C’est toutefois un peu court.

Il faut savoir que c’est l’histoire de beaucoup d’entre nous, d’ une famille grande et complexe, venant de l’Ukraine, chassée par les pogroms de Petlioura en 1905 en Ukraine (comme mes grands parents, par le même) et qui va s’installer aux USA.

Quel régal, plein d’histoires, de rires, de pleurs, d’intelligence, de langues…

Tout y est décrit avec talent.

C’est trop beau pour ne pas être vrai.

Daniel Rachline


Journal d’octobre 2013: « Indignes d’être Français » d’Alix Landau-Brijatoff

3 octobre 2013

9782283026526INDIGNES D’ÊTRE FRANÇAIS d’Alix Landau-Brijatoff, Éditions Buchet Chastel

— “Un pays qui se déchire pour sauver l’honneur d’un petit officier juif, c’est un pays où il faut aller” ( le grand père d’E. Lévinas).

— “Juif russe, naturalisation sans intérêt national”. 21/03/1942, mention impliquant le retrait de la nationalité française à … Marc Chagall.

Que choisir entre ces deux citations? La première est pleine d’espoir.

La seconde démontre la bêtise et la haine dont peut être capable la France.

Ce livre raconte l’histoire édifiante des cas illustant la seconde.
 lI raconte aussi ce que sont devenus ceux qui ont enquêté, signé, appliqué toutes les consignes.

Les 22, 23 juillet et 7 octobre 1940 trois lois sont votées autorisant la dénaturalisation de quelques milliers de Français.

Mon père était de ceux-là.

Daniel Rachline


Journal d’octobre 2013: « La littérature des ravins – écrire sur la Shoah en URSS » par Annie Apelboin et Assia Kovriguina

3 octobre 2013

9782221128527LA LITTÉRATURE DES RAVINS – Écrire sur la Shoah en URSS, par Annie Apelboin
 et Assia Kovriguina
, Editions Robert Laffont.

Les ravins, symboles de l’extermination systématique des juifs par les Allemands avançant en URSS.

6 millions d’entre eux ont été exterminés. Plus de la moitié dans les camps, l’autre moitié en URSS

jetés dans ces ravins. Babi Yar est le plus célèbre.

Ce livre raconte comment le silence perdure sur ces massacres sans traces apparentes.

Daniel Rachline


Journal d’octobre 2013: « Des quatre un seul est rentré » de Jean-Louis Steinberg et Daniel Périer

3 octobre 2013

Le titre du livre nous dit tout ce que nous croyons savoir déjà, et cependant impossible de n’être

pas saisis par son intensité qui transparaît malgré la grande sobriété presque scientifique du récit.

Son auteur est un physicien reconnu qui ne cesse aujourd’hui de témoigner auprès des jeunes.

Pour nous aussi et pour les jeunes qui nous entourent ce livre est indispensable…

Claudine Hanau

N.B.: vous pouvez vous procurer ce livre, notamment, à l’adresse: http://www.aaeea.com/edition/steinberg_intro_html/


Journal de Juillet 2013: Vienne, ville de toutes les modernités…

19 juin 2013

9782226242099_1_75Les juifs viennois à la Belle Epoque de Jacques Le Rider, Éditions Albin Michel, 2013

Vienne. Capitale (avec Budapest) de la modernité au XIXème siècle, métropole de l’Europe centrale danubienne, puis lieu de triste mémoire, prélude à la Shoah. C’est cette histoire d’une période particulièrement féconde politiquement, scientifiquement et culturellement, qui est racontée dans ce livre et qui manquait pour rendre vivant et précis un passé connu mais souvent flou.

Ses mutations démographiques l’ont d’abord transformée en “Jérusalem de l’exil”, avec l’afflux des immigrés juifs de l’est – Ostjuden – puis en réalisation concrète, réalisation d’un cauchemar prophétique imaginé par l’écrivain Hugo Bettauer, dans « La ville sans Juifs ».

Cela se passe dans les années 1880. Les Juifs viennois de vieille souche, assimilés et intégrés, découvrent une autre identité juive culturelle qui leur semble étrangère, voire exotique. C’est à ce moment que l’antisémitisme commence à se propager et à provoquer des processus de crise d’identité. Un Rabbin, Samuel Bloche, invente alors la formule désignant les “Autrichiens de nationalité juive”.

Mais les fondateurs du mouvement sioniste, Nathan Birnbaum et Theodor Herzl opposent au modèle judéo-viennois en crise celui de la “désassimilation” et du retour à la tradition juive avec l’édification d’un État-nation juif. Une autre voie s’ouvre également avec Victor Adler et Otto Bauer, celle de l’engagement socialiste.

Tout est déjà dit, tout est prêt pour toutes les catastrophes du XXème siècle.

Avant et pendant ces mutations, les personnalités les plus fascinantes de la modernité viennoise ont animé la vie culturelle : Sigmund Freud et son double littéraire, Arthur Schnitzler (qui se définit comme “Juif, Autrichien, Allemand”) ouvrent ce siècle pour les chefs de file de la jeune Vienne, Hugo von Hofmannsthal, Richard Beer-Hofmann, Felix Salten, le journaliste Karl Kraus, Otto Weiniger et la “haine de soi juive”, Stefan Zweig, Gustav Mahler, Arnold Schönberg, Joseph Roth et Robert Musil.

C’était la Vienne de Freud (avant son exil), celle aussi d’Arthur Schnitzler : “…le fait que je sois venu au monde en Autriche, personne ne peut me le contester. Si des millions de crétins trouvent que je n’ai pas ma place ici, je sais mieux que ceux-là que je suis ici chez moi plus qu’eux tous. C’est un fait que l’essence de l’Autriche et de Vienne est aujourd’hui ressentie et exprimée avec le plus de force par les Juifs que par les antisémites. Et si ce million trouve que je ne suis pas chez moi ici, je rétorque que pour moi, rien d’autre ne compte que mon sentiment personnel”. Sa pièce, La Ronde, provoquera un scandale à la première et sera interdite comme œuvre “pornographique d’un auteur juif”.

Stefan Zweig, “bon européen”, citoyen du monde, issu de la bonne bourgeoisie juive, ne se doute pas qu’il connaîtra un jour le même sort que celui des “petits juifs de Galicie” qu’il a vu arriver et dont il a décrit le destin dans Le bouquiniste Mendel, qui finit misérablement dans un camp d’internement. L’écrivain à succès, loin de la réalité, pratique l’humanisme cosmopolite et tolérant d’Erasme et de Montaigne…Il se suicidera avec sa femme au Brésil en 1942.

Des écrivains aussi différents que Stefan Zweig, Joseph Roth et Robert Musil, n’auront eu comme point commun qu’une vision désespérée de l’histoire de leur temps et de son “inexorable dégradation”.

Gustav Mahler est né dans une famille juive assimilée à la culture allemande. Il a commencé par se convertir au protestantisme (comme billet d’entrée aux postes prestigieux), mais il reste aux yeux du monde le juif Mahler, directeur de l’opéra, sa musique est allemande mais a un accent juif, celui de la dissonance et de la mélancolie…Il se convertira au judaïsme, qu’il pratiquera avec une totale rigueur éthique et esthétique.

Le poète Elias Canetti a érigé un monument à la mémoire d’Abraham Sonne, rencontré à Vienne, dans Jeux du regard, le troisième volume de son autobiographie. Abraham Sonne est “un homme bon”, né en Galicie, études universitaires à Vienne et Berlin, témoin de l’échec de l’assimilation et de la prétendue synthèse judéo-allemande, qui a fini par prendre la direction de l’Institut pédagogique hébraïque de Jérusalem, destiné à la préparation des Juifs viennois à leur départ pour la Palestine. C’est lui qui a fait découvrir à Canetti son “identité juive”, non par orgueil de caste, mais parce que rien d’une vie ne doit être nié.

La Vienne de tous ces talents est devenu un lieu de mémoire ambivalent, celui du déchaînement des nationalismes après “ Le monde d’hier” cher à Stefan Zweig. Et aujourd’hui celui de la redécouverte de la modernité viennoise depuis une trentaine d’années. Comme une fresque historique.

Colette Gutman


Journal de Juillet 2013: « Faire quelque chose », un documentaire de Vincent Goubet

19 juin 2013

Faire-quelque-chose-film« Faire quelque chose », Vincent Goubet, France, 2012, 1h20, sorti en DVD

Un documentaire poignant sur les Résistants, les survivants de la déportation, des tortures, de la barbarie nazie.

Vincent Goubet, réalisateur a travaillé avec beaucoup de pudeur avec les témoins (87 à 98 ans). Ces derniers nous racontent avec une énergie parfois déstabilisante ce qu’ils ont vécu, vu et combattu et surtout, un demi siècle après, ils semblent être animés du même courage, prêts à refaire ce pourquoi ils avaient cru alors.

Faire quelque chose, est le titre du film, c’est aussi un leitmotiv qui revient souvent dans les propos des témoins. « Il fallait faire quelque chose” et l’auteur, par petites touches a réussi à dresser le portrait du citoyen lambda qui ne voulait pas rester sur le bord du chemin de l’histoire.

Des actions à la mesure de chacun : sabotages, distributions clandestines de tracts, mais impossibilité de tuer les yeux dans les yeux, car l’humain est trop fort, dit une femme de 96 ans, mais…il fallait “faire quelque chose”…

Belle leçon d’humanisme, de militantisme qui, ne l’oublions pas, grâce à ces résistants de l’ombre et au Conseil National de la Résistance (le C.N.R., dont nous avons célébré discrètement le 70e anniversaire le 27 mai dernier), notre pays s’est doté dès 1944, d’un outil envié du monde entier : la Sécurité Sociale, qui garantissait la protection de tous et en particulier des plus fragiles. Et pourtant la France était alors un pays ruiné par la guerre, humilié, dévasté.

Que s’est-il donc passé 70 ans après dans notre beau pays, pour que certains réclament le démantèlement des acquis du C.N.R.?

Vincent Goubet nous murmure haut et fort au travers de ce film : “Il est temps de faire quelque chose” !

Merci à Yves Blondeau d’avoir organisé cette séance et qui n’oublie jamais d’inviter Mémoire2000.

Joëlle Saunière

 


Journal de Juillet 2013: « La mémoire est une chienne indocile » d’Elliot Perlman

19 juin 2013

519QW18lJIL._« La mémoire est une chienne indocile » d’Elliot Perlman, Éditions Robert Laffont, 2013

Quoi de nouveau sur l’Holocauste, quoi de nouveau sur le racisme?

Ce livre “énorme” de Perlman, un Australien de 50 ans, peu connu à ma connaissance, en France.

Il raconte plusieurs histoires entremélées de destins vivant aux USA et cherchant des réponses à la grande question du XX° siècle : comment ce siècle de progrès dans presque tous les domaines a pu donner naissance à un des plus grands crimes de l’histoire de l’humanité, sans doute même le plus grand.

Et cette question sans véritable réponse à ce jour, est posée par des citoyens noirs américains, eux-mêmes victimes d’une longue série…

La mémoire dans tout cela? Elle empoigne nos vies et nous empêche parfois de dormir.

Achetez, lisez, vous ne le lâcherez plus.

Daniel Rachline

 


Journal de Juillet 2013: Le ghetto de Wilno (1941-1944) de Avrom Surtzkever

19 juin 2013

1388437-gfLE GHETTO DE WILNO (1941-1944) de  Avrom Surtzkever, préface d’Annette Wiéviorka, Éditions Denoël

Peut-être allez-vous penser que je suis obsédé ? Et bien oui.

Voilà une autre découverte. Je ne sais si le nom de l’auteur vous est connu. C’est un des rares témoins devant le Tribunal de Nuremberg, venu raconter à une époque où ceux-ci avaient du mal à le faire.

C’est le récit de sa vie et de celle de beaucoup entre 1941 et 1944.

Ecrit en yiddish, traduit par Gilles Rozier, je vous en conseille la lecture, chaque témoignage est unique même s’il dit des choses qu’on a déjà entendues.

Daniel Rachline