Journal de Juillet 2015: François Hollande à Izieu

7 septembre 2015
© AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

© AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Le 6 avril 2015 François Hollande est allé à Izieu pour inaugurer une extension du musée, anciennement Maison d’Izieu et a rendu hommage aux 44 enfants juifs raflés avec les 7 adultes qui les accompagnaient, le 6 avril 1944. Le président y a prononcé un discours contre la montée des “fondamentalismes religieux” dont voici quelques extraits significatifs.

« Le mal ne s’est pas arrêté aux portes de cette maison, il renaît chaque fois que des idéologies totalitaires ou des fondamentalismes religieux s’emparent des passions et des peurs… A chaque fois, ce sont des juifs qui sont tués parce qu’ils sont juifs, des chrétiens parce qu’ils sont chrétiens, et des musulmans, parce qu’ils sont musulmans. La barbarie n’a pas d’âge, n’a pas de couleur, n’a pas de limite.…

Plus que jamais, l’Histoire nous livre des leçons pour le présent. Elle nous rappelle qu’il y a besoin de combattants pour prévenir et pour vaincre la barbarie…

Les lieux de mémoire sont là pour mettre les consciences en éveil…Dans notre civilisation de l’image et de l’information continue, les lieux de mémoire et les outils qu’ils proposent sont aussi une indispensable école du discernement et du rappel aux faits historiques face à toutes les falsifications…

Le plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, prochainement présenté par le Premier ministre, fera une place essentielle à la mission éducative et prévoit que chaque élève entrera en contact avec un lieu de culture, d’histoire et de mémoire, à chaque temps de la scolarité, primaire, collège et lycée.…

Le tronc commun de formation de tous les futurs professeurs du premier comme du second degré fera également une place prioritaire à l’enseignement laïc du fait religieux et à la lutte contre les préjugés racistes et antisémites…

Puis, rappelant les “épreuves terribles” du début janvier à Paris, le Président a appelé les Français à “plus que jamais se réunir et à se rassembler”…

Et d’ajouter : Personne ne peut imaginer que la République serait à ce point fragile, que la France devrait se barricader, s’enfermer à double tour, fuir les échanges plutôt que de se rendre compte avec fierté de nos talents, de notre culture, de notre capacité industrielle, mais aussi de la richesse de notre diversité. »


Journal d’Avril 2014: compte-rendu de notre séance du 18 mars 2014

5 mai 2014

25102-b-le-tableau-noirLE TABLEAU NOIR

Séance du 18 mars 2014

Thème : l’éducation

Débatteur : François Rachline

 

Le film traite de l’accès au savoir, à l’instruction, dans les pays pauvres, plus précisément dans un Iran ravagé par une guerre cruelle et interminable avec l’Irak .

Notre débatteur, François Rachline, conseiller spécial du président du conseil économique, social et environnemental, et jusqu’en 2013 professeur d’économie à Sciences Po, saura susciter chez des élèves attentifs des questions de qualité, et y apporter des réponses percutantes. Nous vous livrons ici l’essentiel des interventions.

Premières impressions : on perçoit l’immense pauvreté, la peur permanente des bombardements, l’obstination du professeur, qui essaie de parler mais que l’on n’écoute pas. Ce Maître, avec son tableau noir, essaie de diffuser l’enseignement, c’est une lourde charge, mais les enfants ont d’autres priorités que l’instruction : ils fuient les bombardements (parfois chimiques), essaient de sauver leur marchandise.

Enfants et adultes sont tristes, et il est triste de voir que les élèves ne veulent pas apprendre. La contrebande leur permet de subsister, c’est leur vie de tous les jours. Tous ne sont pas illettrés, mais ils n’ont pas envie de comprendre, ils ont autre chose à faire que d’apprendre, ils n’en ont pas le temps.

Un élève remarque d’ailleurs que “l’éducation est refusée par nécessité”. Oui, mais la connaissance finit toujours par s’imposer : sur le tableau noir, il n’y a rien, mais dès que l’on y écrit, c’est la Connaissance qui arrive. Sans elle, on ne sait rien du monde qui nous entoure.

Quand le mari divorce, il donne à la femme le tableau noir, il transmet la Connaissance. Et cet hymne au Savoir dit autre chose : dans la vie, la Connaissance permet de ne plus avoir peur de vivre.

Dans cette Connaissance trois éléments : écrire, lire, compter. Lire, c’est communiquer ; écrire, c’est s’exprimer ; compter, c’est raisonner. A ce propos, il faut savoir que chaque année, en France, 850.000 élèves entrent à l’école primaire, mais à la sortie, 150.000 ne savent ni lire, ni écrire, ni compter. En 20 ans, cela fait 3 millions d’élèves qui ne savent rien, qui n’ont aucune chance de s’en sortir.

Une remarque judicieuse : le Professeur veut-il enseigner simplement pour gagner sa vie? Certes oui, mais pas seulement : il propose de l’Education, ce qui lui paraît essentiel. Il dit achetez-moi de la Connaissance. Car quand on ne connaît rien, on n’a pas envie de connaître, on ne sait pas qu’il existe autre chose.

Suit une autre question d’une importance capitale : dans ces pays, les gens peuvent-ils apprendre sans l’aide des pays plus développés ? C’est là la question la plus importante sur la planète aujourd’hui : un mot s’impose, et doit être constamment martelé : Education, Education, Education : pour ne pas être victime des autres, il faut faire en sorte que le niveau de l’Education s’élève. La peur de l’étranger peut-elle être un obstacle à la Connaissance? Oui, il faut savoir apprendre de l’Autre.

Cependant, beaucoup reste à faire dans notre pays : en France, en effet, on travaille toujours par rapport à un programme, et on travaille essentiellement tout seul. Or, dans la vie professionnelle, on travaille par objectifs, et par équipes. Le but de l’Education française n’est pas de préparer les étudiants à entrer dans la société, mais de réussir de grands concours, contrairement à ce qui se passe dans beaucoup d’autres pays.

Mais tout cela commence à changer. D’autant plus que, ainsi que le dit Michel Serres dans sa Petite Poucette, de nouveaux éléments interviennent : en plus de ce que nous avons dans la tête, nous avons dans notre main un véritable second cerveau : téléphone portable, ordinateur, accès à tous les moyens de nous informer et de savoir.

Mais assez pour aujourd’hui, la matinée a été des plus remarquables : un superbe film, des questions pertinentes, des réponses du débatteur claires et enrichissantes, 178 élèves présents et des enseignants captivés et heureux.

Merci à François Rachline!

Mémoire 2000 a bien travaillé.

Guy Zerhat

 


A titre exceptionnel, Mémoire 2000 a changé le thème de la séance-débat du 11 février 2014 qui portera sur la situation faite aux Roms

15 janvier 2014

En raison de l’actualité et des valeurs fondamentales qui inspirent Mémoire 2000 depuis sa création, l’association a décidé de remplacer la projection du film NO de Pablo Larrain sur le thème de la lutte contre la dictature par le film « Caravane 55 » de Valérie Mitteaux et Anna Pitoun sur les Roms.

Mémoire 2000 est particulièrement préoccupée par les discriminations et les graves atteintes aux droits de la personne dont les Roms sont aujourd’hui victimes en Europe. Notre association est aussi préoccupée par le climat général en France et certains discours politiques, y compris au plus haut niveau de l’État français, contre ces populations particulièrement pauvres et vulnérables. (CLIQUEZ ICI POUR LIRE LA LETTRE QUE MÉMOIRE 2000 A ADRESSÉ AU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR)

Mémoire 2000 fera une séance-débat autour de l’excellent film de Pablo Larrain (« No », Chili, 2013) ultérieurement en 2014-2015.

affiche-du-film-caravane-55Documentaire réalisé par Valérie Mitteaux et Anna Pitoun

France,  2003

Durée:  52 min

Vous pouvez vous rendre sur le site dédié du film « Caravane 55 » en cliquant ici.


Notre séance du Mardi 11 février 2014: projection de «Caravane 55» de Valérie Mitteaux et Anna Pitoun, suivi d’un débat avec Bernard Jouanneau, Président de Mémoire 2000

7 novembre 2013

affiche-du-film-caravane-55Caravane 55

Documentaire réalisé par Valérie Mitteaux et Anna Pitoun

France,  2003

Durée:  52 min

 

Lieu de projection

Le Saint Germain des Prés, salle Beauregard – 22, rue Guillaume Apollinaire – 75006 Paris, Métro Saint Germain des Prés

Résumé :

Achères, Yvelines, France. Depuis deux ans, Salcuta Filan, jeune femme Rrom de Roumanie, vit avec ses deux enfants et trente autres familles sur une lande de terre en bordure de la ville. Touchée par leur dénuement, la mairie n’a jamais pu se résoudre à les expulser. Mais début 2003, le nouveau gouvernement désigne les Rroms comme un “problème à résoudre”.

Le 5 mars, l’information tombe : la préfecture a prévu l’expulsion pour le lendemain matin. La ville se mobilise pendant la nuit et tente d’empêcher l’inévitable. La confrontation a lieu, mais 150 policiers encerclent le terrain et les caravanes sont détruites sous les yeux de leurs propriétaires. Achères prend alors une décision inattendue : les familles dont les enfants sont scolarisés doivent rester. Celle de Salcuta en fait partie. La mairie leur aménage un nouveau terrain au cœur de la ville et décide d’affronter le préfet.

Thème :

La situation des Roms aujourd’hui en France

Vous pouvez vous rendre sur le site dédié du film « Caravane 55 » en cliquant ici.

 

Débat :

Le débatteur est Bernard Jouanneau, Président de Mémoire 2000.

 

ACCÉDEZ AU COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE EN CLIQUANT ICI


Journal d’octobre 2012: quel changement?

19 octobre 2012

Expulsion de Roms à Villeurbanne le 9 août 2012 / Photo Philippe Desmazes AFP.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“Le changement c’est maintenant”… ce slogan on nous l’a seriné durant toute la campagne présidentielle de François Hollande et, en effet, il y a eu changement:nouveau Président, nouveau gouvernement, nouveau programme : bon…

Mais hélas, s’il est une chose qui elle n’a pas changé, c’est la politique envers les Roms avec la poursuite des démantèlements des camps et des expulsions. On peut même dire que le mouvement s’est amplifié puisque 3000 Roms ont été expulsés depuis la mise en place du nouveau gouvernement et que l’on prévoit d’en expulser 7000 autres avant la fin du mois de septembre.

Interrogé, le nouveau ministre de l’Intérieur a considéré qu’en “homme de gauche” il ne pouvait pas supporter que des personnes vivent dans des conditions insupportables…

C’est bien connu : il vaut mieux ne plus avoir de toit du tout (quel qu’il soit) ou être expulsé qu’être mal loti !! C’est ainsi que, sans décision de justice mais par simple circulaire, les Roms ont été expulsés.

Alors ? Droite/gauche même combat ?

Et qu’on ne vienne pas avoir l’indécence de dire qu’il y a des expulsions plus “honorables” ou plus “humaines ” que d’autres. Je ne suis pas certaine que les Roms qui se retrouvent à errer avec leurs balluchons et leurs enfants notent et apprécient la différence.

Quoiqu’il en soit, force est de constater que les Roms, à droite, à gauche en France ou ailleurs encombrent.

On connait le parcours historique de ce peuple et son errance perpétuelle ne lui a pas valu que des amis. La question n’est pas de savoir pourquoi. La question est d’essayer de trouver une solution, sans doute au niveau européen, pour que ces personnes puissent vive dignement sans être perpétuellement pourchassées.

On peut, comme l’a fait Manuel Valls reprendre la phrase de Michel Rocard qui disait “la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde” et en être partiellement d’accord, mais on ne peut pas accepter qu’un pays justement comme la France n’ait d’autre recours pour “régler le problème des Roms” que l’expulsion.

On nous dit que ces expulsions se font dans le respect de la loi. Mais si une loi est inique ou trop dure, ne peut-on en changer, ou même l’enfreindre? On parle là d’humains, de vies…Mais il en va desRoms comme de certains autres peuples, ils dérangent parce que différents et on pense qu’ils peuvent tout endurer.

Cela me fait penser à une belle chanson de Georges Brassens qui disait “les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux…” et malheureusement il semble qu’il faille surtout et toujours satisfaire les “braves gens”.

Lison Benzaquen


Journal de Juillet 2011 : nous vous recommandons le récent livre d’Aharon Appelfeld

5 septembre 2011

LE GARÇON QUI VOULAIT DORMIR

Aharon Appelfeld

L’Olivier (traduit de l’hébreu par Valérie Zenatti)

Encore la Shoah, toujours la Shoah.

Appelfeld écrivain israélien mondialement connu continue son introspection.

On ne s’en plaindra pas.

Après les camps, chercher un sens à sa vie paraît être la moindre des choses.


Journal de Juillet 2011: un poème de Francine Christophe

9 août 2011

VOUS PARLEREZ POUR NOUS”

Le dernier recueil de poèmes de notre amie Francine Christophe “Vous parlerez pour nous”, paru chez l’Harmattan en 2010, a l’originalité de mettre en regard de chacun des poèmes, une réflexion ou une question d’enfants, de ceux qui viennent écouter ses témoignages.

Nous avons choisi de vous faire découvrir l’un de ces poèmes accompagné du commentaire d’un élève :

 

Je l’ai connu, cet enfant là…

Dans la cour de récréation

Courant sous les arbres en fleurs

Il jouait avec les garçons

Aux gendarmes et aux voleurs

 

Et tout d’un coup, lui, le petit,

Voilà qu’il devenait voleur.

Lui, poursuivi par le gendarme

Gonflé de son autorité

Qui le traitait comme un bandit

Et le menaçait de son arme ;

Puis, sans s’occuper de ses larmes,

Lui ravissait la liberté

 

“Les ordres sont que je te prenne

Que tu t’en ailles ici ou là,

Je t’attrape n’importe où.”

 

Je l’ai connu cet enfant là.

Quand il est arrivé au camp

Il n’avait pas repris haleine

Et c’est ainsi qu’il est parti.

 

Je l’ai connu cet enfant là

 

Questions d’un élève : “Les gardes de camps français montraient-ils un peu de pitié pour les citoyens français comme vous?

Vous ont-ils aidés? “

 

Sans commentaire…