Journal de Juillet 2015: François Hollande à Izieu

7 septembre 2015
© AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

© AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Le 6 avril 2015 François Hollande est allé à Izieu pour inaugurer une extension du musée, anciennement Maison d’Izieu et a rendu hommage aux 44 enfants juifs raflés avec les 7 adultes qui les accompagnaient, le 6 avril 1944. Le président y a prononcé un discours contre la montée des “fondamentalismes religieux” dont voici quelques extraits significatifs.

« Le mal ne s’est pas arrêté aux portes de cette maison, il renaît chaque fois que des idéologies totalitaires ou des fondamentalismes religieux s’emparent des passions et des peurs… A chaque fois, ce sont des juifs qui sont tués parce qu’ils sont juifs, des chrétiens parce qu’ils sont chrétiens, et des musulmans, parce qu’ils sont musulmans. La barbarie n’a pas d’âge, n’a pas de couleur, n’a pas de limite.…

Plus que jamais, l’Histoire nous livre des leçons pour le présent. Elle nous rappelle qu’il y a besoin de combattants pour prévenir et pour vaincre la barbarie…

Les lieux de mémoire sont là pour mettre les consciences en éveil…Dans notre civilisation de l’image et de l’information continue, les lieux de mémoire et les outils qu’ils proposent sont aussi une indispensable école du discernement et du rappel aux faits historiques face à toutes les falsifications…

Le plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, prochainement présenté par le Premier ministre, fera une place essentielle à la mission éducative et prévoit que chaque élève entrera en contact avec un lieu de culture, d’histoire et de mémoire, à chaque temps de la scolarité, primaire, collège et lycée.…

Le tronc commun de formation de tous les futurs professeurs du premier comme du second degré fera également une place prioritaire à l’enseignement laïc du fait religieux et à la lutte contre les préjugés racistes et antisémites…

Puis, rappelant les “épreuves terribles” du début janvier à Paris, le Président a appelé les Français à “plus que jamais se réunir et à se rassembler”…

Et d’ajouter : Personne ne peut imaginer que la République serait à ce point fragile, que la France devrait se barricader, s’enfermer à double tour, fuir les échanges plutôt que de se rendre compte avec fierté de nos talents, de notre culture, de notre capacité industrielle, mais aussi de la richesse de notre diversité. »


Journal d’Avril 2014: compte-rendu de notre séance du 18 mars 2014

5 mai 2014

25102-b-le-tableau-noirLE TABLEAU NOIR

Séance du 18 mars 2014

Thème : l’éducation

Débatteur : François Rachline

 

Le film traite de l’accès au savoir, à l’instruction, dans les pays pauvres, plus précisément dans un Iran ravagé par une guerre cruelle et interminable avec l’Irak .

Notre débatteur, François Rachline, conseiller spécial du président du conseil économique, social et environnemental, et jusqu’en 2013 professeur d’économie à Sciences Po, saura susciter chez des élèves attentifs des questions de qualité, et y apporter des réponses percutantes. Nous vous livrons ici l’essentiel des interventions.

Premières impressions : on perçoit l’immense pauvreté, la peur permanente des bombardements, l’obstination du professeur, qui essaie de parler mais que l’on n’écoute pas. Ce Maître, avec son tableau noir, essaie de diffuser l’enseignement, c’est une lourde charge, mais les enfants ont d’autres priorités que l’instruction : ils fuient les bombardements (parfois chimiques), essaient de sauver leur marchandise.

Enfants et adultes sont tristes, et il est triste de voir que les élèves ne veulent pas apprendre. La contrebande leur permet de subsister, c’est leur vie de tous les jours. Tous ne sont pas illettrés, mais ils n’ont pas envie de comprendre, ils ont autre chose à faire que d’apprendre, ils n’en ont pas le temps.

Un élève remarque d’ailleurs que “l’éducation est refusée par nécessité”. Oui, mais la connaissance finit toujours par s’imposer : sur le tableau noir, il n’y a rien, mais dès que l’on y écrit, c’est la Connaissance qui arrive. Sans elle, on ne sait rien du monde qui nous entoure.

Quand le mari divorce, il donne à la femme le tableau noir, il transmet la Connaissance. Et cet hymne au Savoir dit autre chose : dans la vie, la Connaissance permet de ne plus avoir peur de vivre.

Dans cette Connaissance trois éléments : écrire, lire, compter. Lire, c’est communiquer ; écrire, c’est s’exprimer ; compter, c’est raisonner. A ce propos, il faut savoir que chaque année, en France, 850.000 élèves entrent à l’école primaire, mais à la sortie, 150.000 ne savent ni lire, ni écrire, ni compter. En 20 ans, cela fait 3 millions d’élèves qui ne savent rien, qui n’ont aucune chance de s’en sortir.

Une remarque judicieuse : le Professeur veut-il enseigner simplement pour gagner sa vie? Certes oui, mais pas seulement : il propose de l’Education, ce qui lui paraît essentiel. Il dit achetez-moi de la Connaissance. Car quand on ne connaît rien, on n’a pas envie de connaître, on ne sait pas qu’il existe autre chose.

Suit une autre question d’une importance capitale : dans ces pays, les gens peuvent-ils apprendre sans l’aide des pays plus développés ? C’est là la question la plus importante sur la planète aujourd’hui : un mot s’impose, et doit être constamment martelé : Education, Education, Education : pour ne pas être victime des autres, il faut faire en sorte que le niveau de l’Education s’élève. La peur de l’étranger peut-elle être un obstacle à la Connaissance? Oui, il faut savoir apprendre de l’Autre.

Cependant, beaucoup reste à faire dans notre pays : en France, en effet, on travaille toujours par rapport à un programme, et on travaille essentiellement tout seul. Or, dans la vie professionnelle, on travaille par objectifs, et par équipes. Le but de l’Education française n’est pas de préparer les étudiants à entrer dans la société, mais de réussir de grands concours, contrairement à ce qui se passe dans beaucoup d’autres pays.

Mais tout cela commence à changer. D’autant plus que, ainsi que le dit Michel Serres dans sa Petite Poucette, de nouveaux éléments interviennent : en plus de ce que nous avons dans la tête, nous avons dans notre main un véritable second cerveau : téléphone portable, ordinateur, accès à tous les moyens de nous informer et de savoir.

Mais assez pour aujourd’hui, la matinée a été des plus remarquables : un superbe film, des questions pertinentes, des réponses du débatteur claires et enrichissantes, 178 élèves présents et des enseignants captivés et heureux.

Merci à François Rachline!

Mémoire 2000 a bien travaillé.

Guy Zerhat

 


A titre exceptionnel, Mémoire 2000 a changé le thème de la séance-débat du 11 février 2014 qui portera sur la situation faite aux Roms

15 janvier 2014

En raison de l’actualité et des valeurs fondamentales qui inspirent Mémoire 2000 depuis sa création, l’association a décidé de remplacer la projection du film NO de Pablo Larrain sur le thème de la lutte contre la dictature par le film « Caravane 55 » de Valérie Mitteaux et Anna Pitoun sur les Roms.

Mémoire 2000 est particulièrement préoccupée par les discriminations et les graves atteintes aux droits de la personne dont les Roms sont aujourd’hui victimes en Europe. Notre association est aussi préoccupée par le climat général en France et certains discours politiques, y compris au plus haut niveau de l’État français, contre ces populations particulièrement pauvres et vulnérables. (CLIQUEZ ICI POUR LIRE LA LETTRE QUE MÉMOIRE 2000 A ADRESSÉ AU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR)

Mémoire 2000 fera une séance-débat autour de l’excellent film de Pablo Larrain (« No », Chili, 2013) ultérieurement en 2014-2015.

affiche-du-film-caravane-55Documentaire réalisé par Valérie Mitteaux et Anna Pitoun

France,  2003

Durée:  52 min

Vous pouvez vous rendre sur le site dédié du film « Caravane 55 » en cliquant ici.


Notre séance du Mardi 11 février 2014: projection de «Caravane 55» de Valérie Mitteaux et Anna Pitoun, suivi d’un débat avec Bernard Jouanneau, Président de Mémoire 2000

7 novembre 2013

affiche-du-film-caravane-55Caravane 55

Documentaire réalisé par Valérie Mitteaux et Anna Pitoun

France,  2003

Durée:  52 min

 

Lieu de projection

Le Saint Germain des Prés, salle Beauregard – 22, rue Guillaume Apollinaire – 75006 Paris, Métro Saint Germain des Prés

Résumé :

Achères, Yvelines, France. Depuis deux ans, Salcuta Filan, jeune femme Rrom de Roumanie, vit avec ses deux enfants et trente autres familles sur une lande de terre en bordure de la ville. Touchée par leur dénuement, la mairie n’a jamais pu se résoudre à les expulser. Mais début 2003, le nouveau gouvernement désigne les Rroms comme un “problème à résoudre”.

Le 5 mars, l’information tombe : la préfecture a prévu l’expulsion pour le lendemain matin. La ville se mobilise pendant la nuit et tente d’empêcher l’inévitable. La confrontation a lieu, mais 150 policiers encerclent le terrain et les caravanes sont détruites sous les yeux de leurs propriétaires. Achères prend alors une décision inattendue : les familles dont les enfants sont scolarisés doivent rester. Celle de Salcuta en fait partie. La mairie leur aménage un nouveau terrain au cœur de la ville et décide d’affronter le préfet.

Thème :

La situation des Roms aujourd’hui en France

Vous pouvez vous rendre sur le site dédié du film « Caravane 55 » en cliquant ici.

 

Débat :

Le débatteur est Bernard Jouanneau, Président de Mémoire 2000.

 

ACCÉDEZ AU COMPTE-RENDU DE LA SÉANCE EN CLIQUANT ICI


Journal d’octobre 2012: quel changement?

19 octobre 2012

Expulsion de Roms à Villeurbanne le 9 août 2012 / Photo Philippe Desmazes AFP.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“Le changement c’est maintenant”… ce slogan on nous l’a seriné durant toute la campagne présidentielle de François Hollande et, en effet, il y a eu changement:nouveau Président, nouveau gouvernement, nouveau programme : bon…

Mais hélas, s’il est une chose qui elle n’a pas changé, c’est la politique envers les Roms avec la poursuite des démantèlements des camps et des expulsions. On peut même dire que le mouvement s’est amplifié puisque 3000 Roms ont été expulsés depuis la mise en place du nouveau gouvernement et que l’on prévoit d’en expulser 7000 autres avant la fin du mois de septembre.

Interrogé, le nouveau ministre de l’Intérieur a considéré qu’en “homme de gauche” il ne pouvait pas supporter que des personnes vivent dans des conditions insupportables…

C’est bien connu : il vaut mieux ne plus avoir de toit du tout (quel qu’il soit) ou être expulsé qu’être mal loti !! C’est ainsi que, sans décision de justice mais par simple circulaire, les Roms ont été expulsés.

Alors ? Droite/gauche même combat ?

Et qu’on ne vienne pas avoir l’indécence de dire qu’il y a des expulsions plus “honorables” ou plus “humaines ” que d’autres. Je ne suis pas certaine que les Roms qui se retrouvent à errer avec leurs balluchons et leurs enfants notent et apprécient la différence.

Quoiqu’il en soit, force est de constater que les Roms, à droite, à gauche en France ou ailleurs encombrent.

On connait le parcours historique de ce peuple et son errance perpétuelle ne lui a pas valu que des amis. La question n’est pas de savoir pourquoi. La question est d’essayer de trouver une solution, sans doute au niveau européen, pour que ces personnes puissent vive dignement sans être perpétuellement pourchassées.

On peut, comme l’a fait Manuel Valls reprendre la phrase de Michel Rocard qui disait “la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde” et en être partiellement d’accord, mais on ne peut pas accepter qu’un pays justement comme la France n’ait d’autre recours pour “régler le problème des Roms” que l’expulsion.

On nous dit que ces expulsions se font dans le respect de la loi. Mais si une loi est inique ou trop dure, ne peut-on en changer, ou même l’enfreindre? On parle là d’humains, de vies…Mais il en va desRoms comme de certains autres peuples, ils dérangent parce que différents et on pense qu’ils peuvent tout endurer.

Cela me fait penser à une belle chanson de Georges Brassens qui disait “les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux…” et malheureusement il semble qu’il faille surtout et toujours satisfaire les “braves gens”.

Lison Benzaquen


Journal de Juillet 2011 : nous vous recommandons le récent livre d’Aharon Appelfeld

5 septembre 2011

LE GARÇON QUI VOULAIT DORMIR

Aharon Appelfeld

L’Olivier (traduit de l’hébreu par Valérie Zenatti)

Encore la Shoah, toujours la Shoah.

Appelfeld écrivain israélien mondialement connu continue son introspection.

On ne s’en plaindra pas.

Après les camps, chercher un sens à sa vie paraît être la moindre des choses.


Journal de Juillet 2011: un poème de Francine Christophe

9 août 2011

VOUS PARLEREZ POUR NOUS”

Le dernier recueil de poèmes de notre amie Francine Christophe “Vous parlerez pour nous”, paru chez l’Harmattan en 2010, a l’originalité de mettre en regard de chacun des poèmes, une réflexion ou une question d’enfants, de ceux qui viennent écouter ses témoignages.

Nous avons choisi de vous faire découvrir l’un de ces poèmes accompagné du commentaire d’un élève :

 

Je l’ai connu, cet enfant là…

Dans la cour de récréation

Courant sous les arbres en fleurs

Il jouait avec les garçons

Aux gendarmes et aux voleurs

 

Et tout d’un coup, lui, le petit,

Voilà qu’il devenait voleur.

Lui, poursuivi par le gendarme

Gonflé de son autorité

Qui le traitait comme un bandit

Et le menaçait de son arme ;

Puis, sans s’occuper de ses larmes,

Lui ravissait la liberté

 

“Les ordres sont que je te prenne

Que tu t’en ailles ici ou là,

Je t’attrape n’importe où.”

 

Je l’ai connu cet enfant là.

Quand il est arrivé au camp

Il n’avait pas repris haleine

Et c’est ainsi qu’il est parti.

 

Je l’ai connu cet enfant là

 

Questions d’un élève : “Les gardes de camps français montraient-ils un peu de pitié pour les citoyens français comme vous?

Vous ont-ils aidés? “

 

Sans commentaire…


Journal de Janvier 2011 : témoignage d’un élève sur la séance du film « Promesses »

26 janvier 2011

Pour rendre compte de cette séance, il nous  a paru impératif de donner la parole  à Mehdi Hassouni, un des élèves présents  de Terminale du Lycée Saint-Dominique.

“Promesses” est un film unique en son  genre, de par le fait que le message de paix  qu’il prône a pour base les paroles d’enfants  palestiniens et israéliens, qui vivent le  conflit au quotidien.

Ces enfants ont une vision étonnamment  claire de la guerre, ou du moins des divisions sociales, tensions et souffrances humaines qu’elle engendre. De leur point de vue, la société, auparavant unie par la paix entre Musulmans, Chrétiens et Juifs locaux, apparaît divisée en deux camps : les Palestiniens et les Israéliens. Dans chacun des camps, certains aspirent à la paix, d’autres veulent l’éradication du camps adverse.

Aussi, malgré le fait qu’ils ne vivent qu’à quelques kilomètres les uns des autres, les protagonistes de ce film sont pourtant séparés par deux “murs”: le premier “mur” est celui de la guerre (barrages mis en place par l’armée israélienne) et le second est celui de leur appartenance sociale : (Arabes/Hébreux, Palestiniens/Israéliens, Musulmans/Juifs).

A travers leur discours, on voit très bien qu’ils ont d’ores et déjà reçu bien des préjugés quant à la société de l’autre côté des murs, des préjugés issus de leurs familles, ces préjugés auxquels on peut parfois adhérer sans réfléchir, en écoutant une discussion politique lors d’un repas de famille, laissant ainsi les sentiments l’emporter sur la raison. De plus, ils justifient leur droit de propriété sur le sol de la Palestine (et notament sur Jérusalem) grâce aux interprétations qu’ils ont de la Torah et du Coran.

Mais on dit bien que “la vérité sort de la bouche des enfants”. Alors, si certains de ces enfants croient en la paix israélo-palestinienne, peut-être est-elle vraiment possible. Cette croyance s’est vue partagée par les élèves du lycée Saint-Dominique à la sortie du débat sur ce conflit. Ce qui est encore plus apprécié est le fait que même les citoyens de pays bien loin du Proche-orient œuvrent à la résolution pacifique de ce conflit qui n’aura que trop duré. En tout cas, cette paix aujourd’hui demeure un idéal, non un fait, et le seul espoir que ces deux peuples puissent cohabiter pacifiquement, sur une même parcelle de terre, réside dans l’éventualité que les enfants apprennent à se connaître, se défaisant ainsi des préjugés que leur ont inculqués leurs prédécesseurs sur le camp adverse. Egalement, il faudra rendre justice à tous ces crimes de guerre commis lors de ce conflit avant de pouvoir entamer toute négociation pour la paix, car l’Homme a trop d’amour propre et, ne sachant souvent pas pardonner, il crie “justice” avant de penser “paix”.

Mehdi Hassouni

 

 


Journal de Janvier 2011 : compte-rendu de la séance de « Promesses »

26 janvier 2011

PROMESSES

Film de Justine Shapiro,  B.Z. Goldberg et Carlos  Bolado

Séance du 7 octobre 2010

Thème : Vivre ensemble

Débatteur : David Chemla

La salle était comble pour ce film sur le conflit israélo-palestinien. David Chemla, président français de La Paix Maintenant, et Daniel Rachline, notre trésorier, ont ouvert la séance en brossant un tableau très complet, équilibré et compréhensible des causes du conflit. Le film réussit l’exploit de faire se rencontrer de jeunes israéliens et de jeunes palestiniens et de les amener à dialoguer. On voit ainsi Yarko, l’israélien, pleurant de dépit à l’échec d’un important match de volley, et ensuite Farraj, son homologue palestinien, éclatant en sanglots lorsqu’il échoue aux 100 mètres qu’il aurait dû gagner. Même passion pour le sport, même réaction à l’échec, la rencontre peut se faire, ils auront matière à échanger.

Et la discussion s’instaure entre eux et avec les autres enfants des deux bords, laïcs et religieux, garçons et filles qui, tous, ont leurs idées sur le conflit. Yarko, d’une famille progressiste laïque, dit même se sentir plus proche de Farraj que de son jeune voisin israélien religieux.

Le tournage a lieu entre 1997 et 2000. Les accords d’Oslo ne sont pas encore caducs. Par delà l’appréhension de leurs parents, on perçoit le rêve des enfants de continuer leurs échanges. Las, les accords traînent; la deuxième intifada est là. Quelques années plus tard, le film est repris. Yarko est interrogé : “où en es tu?”. Et Yarko, devenu un grand adolescent, bafouille : “ oh, j’ai mes copains, mon sport, mes études, je n’ai plus le temps”. Fin. Vifs applaudissements.

L’honnêteté du film, la beauté des images, le choix si marquant des enfants interrogés ont profondément touché nos élèves. Et les explications lumineuses de nos débatteurs ont fait que pratiquement aucune question n’a eu à être posée.

Et pourtant une interrogation me taraude : dans cinq ans, dans dix ans, en sera-t-on toujours aux seules Promesses de ce film?

Hélène Eisenmann

 


Passeport citoyen à St Maur

10 novembre 2010

Lu dans Le Parisien de ce jour :

S’il est voté au conseil municipal, ce sera une première… La mairie de Saint-Maur envisage de distribuer aux écoliers un passeport citoyen pour inciter les enfants à assister aux sorties commémoratives. C’est ce qu’a annoncé Yves Dayan, maire adjoint délégué aux anciens combattants, lors d’une cérémonie organisée hier pour les enfants au cimetière militaire de Saint-Maur, deux jours avant le 11 novembre.

Une cérémonie durant laquelle 450 scolaires ont déposé une bougie sur l’une des 400 stèles de soldats morts pour la France.

Moderniser les commémorations

« Il s’agit d’un carnet de présence où les jeunes pourront noter leurs impressions et leurs idées, précise-t-il. Au bout de dix présences, une médaille de la ville leur sera remise. » L’objectif est de « fidéliser » les enfants pour entretenir le devoir de mémoire. D’après l’élu, la démarche est appuyée par l’Office national des anciens combattants (Onac). En septembre 2008, l’historien et maire adjoint de Saint-Maur, André Kaspi, avait d’ailleurs remis un rapport sur la « modernisation des commémorations publiques » au chef de l’Etat. Les enfants de la commune sont ainsi régulièrement associés à la cérémonie de ravivage de la flamme sur la tombe du soldat inconnu organisée sous l’Arc de Triomphe à Paris par le Souvenir français.

L’idée du carnet est de proposer des sorties, comme par exemple au Mont-Valérien, à l’Arc de Triomphe, aux Invalides […] en dehors du temps scolaire. « On veut montrer qu’il est possible de donner de son temps en dehors de l’école, reprend Yves Dayan. Malheureusement, les enfants ne viennent que lorsqu’il y a l’espoir d’un petit quelque chose au bout. Cela n’enlève rien à la valeur de la démarche, car le passeport expliquera ce qu’il s’est passé sur tel ou tel lieu. » Une enseignante se montre sceptique sur le procédé : « Je ne sais pas si associer le devoir de mémoire à une récompense est une bonne chose. Il faut que ce soit spontané. » C’est aussi ce que pense Carla, une élève de CM 2 : « Je n’irai pas plus à une cérémonie parce qu’il y a une médaille au bout… Si j’y vais, c’est que je veux participer. Mon arrière-grand-père est mort pendant la Seconde Guerre mondiale, alors c’est une manière de lui rendre hommage. » Une petite copine fanfaronne : « Ça dépend, elle est en or la médaille? » D’autres enfants n’ont pas matière à plaisanter, comme Adrien, accroupi devant une tombe l’air pensif : « Il est mort à 15 ans. Ça me fait bizarre qu’il soit allé à la guerre aussi jeune. »


Nos séances-débat : Le Cahier

19 avril 2010

Paru dans le journal d’Avril 2010

Le cahier d'Hana Makhmalbaf

LE CAHIER
Film d’Hana Makhmalbaf
Séance du 18 mars 2010
Thème : droit des filles à l’éducation
Débattrice : Carol Mann

Dans un pauvre village d’Afghanistan une fillette de 6 ans n’a qu’un rêve : aller à l’école pour apprendre à lire. Pour cela il lui faut un cahier et un crayon mais elle n’a pas un sou pour les acheter. Alors elle essaie de vendre quatre oeufs à qui voudra, ce qui la conduit et nous avec elle, d’échoppe en échoppe au milieu d’un paysage sublime, désertique, avec les montagnes enneigées au loin; et à proximité, l’immense vide laissé par les Talibans à la place des Bouddhas géants qu’ils ont démolis en 2001.

C’est bien difficile pour une petite fille de trouver une école en Afghanistan. Et le chemin est parsemé d’embûches. Une bande de gamins s’en prend à elle. Ils jouent aux Talibans : une fillette ne doit pas aller en classe, elle ne doit pas avoir de beaux yeux, son visage doit être masqué et même, on va la lapider. Son seul vrai copain lui crie : “fait la morte, tu seras libre!”. La petite se jette au sol tandis qu’explosent une nouvelle fois les Bouddhas géants. Fin du film.

Nos jeunes élèves ont suivi avec une passion perceptible les aventures de cette merveilleuse petite actrice : le bébé dont elle a la charge, son petit voisin qui répète ses leçons à tue tête la jambe attachée à une corde pour qu’il ne se sauve pas, les trajets qu’elle effectue seule dans un environnement sauvage, les animaux domestiques, l’école en plein air où l’on vous envoie “au coin”, les jeux trop cruels, son courage face aux “Talibans”, ils comprennent tout et vibrent avec la petit héroïne.

Aussi les questions fusent, celles de base pour expliciter certains détails du film, mais aussi des questions de fond sur la réalité des Talibans, le voile, la lapidation. Et même un jeune garçon qui a tout compris se demande comment ce pays va pouvoir évoluer.

Carole Mann, sociologue qui se rend plusieurs fois par an en Afghanistan où elle agit pour la défense des femmes et la scolarisation des filles, sait canaliser les échanges pour qu’il n’y ait pas d’amalgame entre Talibans et Islam. Elle centre son intervention sur l’importance de l’éducation qui seule peut permettre à la femme d’accéder à la liberté de décider de son sort. Elle en profite pour faire passer le même message à tous ceux qui, dans la salle, auraient préféré la télé et les jeux vidéos plutôt que d’aller en classe!

Hélène Eisenmann


La Rafle : dossier pédagogique

19 mars 2010

Dossier mis à disposition par la Ville de Paris

Le parti pris historique de ne représenter que des personnages ayant existé ainsi que l’enquête qui a présidé à la réalisation du film font de la Rafle un véritable support pédagogique. Le site officiel du film héberge des informations et documents destinés aux enseignants. Un lot de documents pédagogiques à télécharger permet d’accompagner au mieux la projection du film et de lui consacrer des prolongements pertinents.

Les enseignants ont par ailleurs la possibilité d’organiser des projections scolaires en s’inscrivant directement sur le site.

Consulter les documents pédagogiques d’accompagnement au format PDF (cliquez sur le lien qui précède)


Tony Gatlif sur « Radio libre »

23 février 2010

A l’occasion de la sortie de son film Liberté

Retrouver l’émission ICI.
Et la critique de l’émission sur le blog des Clionautes ICI.


Paroles de témoin…

4 février 2010

Addy Fuchs parle de son travail de témoignage dans les écoles.

Vu au Café Pédagogique

Le point de vue du témoin
Par Nicole Mullier

Addy Fuchs est né le 26 février 1926 à Paris de parents polonais venus dans la France des droits de l’homme. Il est pris en voulant franchir la ligne de démarcation. Déporté en 1942 au camp de concentration de Blechhammer qui est rattaché au complexe d’Auschwitz en 1944, il passe au cours des marches de la mort par Gross-Rosen, le petit camp de Buchenwald, et Langenstein où il est sauvé par les Américains. Depuis longtemps, Addy témoigne dans les écoles, les collèges et les lycées.

Addy, tu témoignes dans les écoles primaires depuis longtemps, alors que les déportés étaient plutôt hostiles à cette action chez les petits. Comment cela se passe-t-il ?

Depuis que j’ai vu témoigner une enfant cachée au lycée Edgar Quinet, je me suis rendu compte qu’eux aussi avaient souffert. Cela m’a donné l’idée de faire témoigner dans une classe un enfant caché et un déporté.

Je fais partie d’une association, l’AMEJD (Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés) du Xe qui pose des plaques commémoratives dans les écoles avec les nom, prénom et âge des élèves nés juifs, déportés pendant la seconde mondiale.

Pour préparer cette cérémonie, nous rencontrons les professeurs des écoles, des parents d’élèves. Les enfants ont eu un cours d’histoire auparavant. Ils sont invités à poser des questions à un enfant caché et un déporté qui interviennent ensemble. Aussitôt une forêt de doigts se lèvent. Je montre aux enfants, mon étoile, mon tatouage et mon costume rayé.

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Campagne d’affichage RESF

24 janvier 2010

Paris solidaire des lycéens sans papiers

Du 13 au 26 janvier 2010, 505 panneaux publicitaires de la capitale seront revêtus des affiches de la campagne nationale initiée par le RESF à Orléans en janvier 2009 :
« Jeunesse sans papiers, Jeunesse volée, La loi doit changer ! » .

Le visage de Verlain, celui d’Alexandra, jeunes majeurs étrangers sans papiers, posent avec gravité la question de la situation faite à de nombreux jeunes comme eux qui à 18 ans se retrouvent sans droit au séjour dans le pays où ils vivent et où ils sont scolarisés depuis des années, du fait d’une loi injuste, inacceptable et qui doit changer.

A ce jour 180 lycéens parisiens qui, à leur dix-huitième anniversaire, sont devenus des « sans-papiers » ont déposé en mai 2008 et en mai 2009, avec le Réseau Education Sans Frontières, des demandes de rendez-vous à la Préfecture de Police pour régulariser leur situation administrative :

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