Compte rendu de notre séance du 12 décembre 2023

« Dans la chaleur de la nuit » de Norman Jewison 

Thème : le racisme.

La séance a eu lieu devant(2 classes de 3ème du Collège Camille Sée Paris 15ème – 2 classes de 3ème du Collège Pailleron Paris 19ème – 1 classe 1ère du Lycée Langevin Wallon Aubervilliers   – 1 classe de 6ème du Collège Robert Doisneau Paris 20ème.

L’écrivain Nicolas Fargues

Malgré les grandes différences d’âges, le débatteur, Nicolas Fargues, écrivain, a remarquablement géré les réponses des élèves avec beaucoup d’attention et de bienveillance et a su les inciter à prendre la parole.

Après avoir situé le film dans son contexte historique, géographique et économique, il a attiré l’attention des élèves sur le montage d’images entre film ancien (séquences longues et quelquefois statiques) et le montage rapide saccadé qu’ils ont l’habitude de voir sur YouTube, les pubs ou les films récents.

Nicolas Fargues ouvre le débat : Qu’a voulu dire le réalisateur avec ce film ?

  • Les blancs sont racistes.
  • Les noirs sont aussi intelligents que les blancs.
  • D’où que tu viennes, qui que tu sois, tu peux apporter aux autres.

Nicolas : Comment les personnages évoluent-ils au cours du film ?

  • Le policier noir évolue : au début il participe à l’enquête parce qu’il aime son métier et peut être pour se valoriser et à la fin il le fait par amitié.
  • Le policier blanc devient de moins en moins raciste en appréciant le travail et le personnage de Virgil.

Nicolas : Pour vous quelle est la scène la plus marquante ?

  • Quand Virgil gifle M. Endicott.

Nicolas : Vous avez raison : montrer qu’un noir peut gifler un blanc est impensable à cette époque (le film date de 1967, mais il a été tourné dans le nord des Etats-Unis, dans des états américains moins racistes que ceux du Sud).

  • La scène où Mme Colbert veut que ce soit Virgil qui mène l’enquête, cela montre qu’elle est plus en avance que les autres personnages du film.

Nicolas : En effet, elle désavoue les gens de sa couleur et reconnait le professionnalisme du policier noir. C’est une femme progressiste, d’ailleurs elle vient du Nord et elle va changer la vision de l’économie locale en remettant en cause l’esclavagisme perpétré par M. Endicott avec ses champs de coton.

  • Quand Virgil arrive il est tout de suite accusé du crime parce qu’il est noir et riche.

Nicolas : Exactement. Virgil est bien habillé, il est riche et il est compétent. Cela ne lui est pas pardonné car les policiers blancs se sentent rabaissés et cela leur est insupportable.

  • La scène qui m’a le plus marquée est celle où Virgil est attaqué par des jeunes en voiture qui ont bien l’intention de le tuer et que le policier blanc arrive et comprend ce qu’est un acte raciste, il perd ses préjugés.
  • Ou peut être que c’est parce qu’il ne veut pas qu’il y ait de problème. 

Nicolas : Tout à fait, avez-vous remarqué le drapeau sur la voiture  des poursuivants?

  • Oui c’est celui des confédérés sudistes pro-esclavagistes.
  • Pour moi la scène importante est la dernière quand le policier blanc accompagne Virgil à la gare : il porte sa valise, il lui sourit et lui dit de faire attention à lui. On comprend qu’il a perdu tous ses préjugés
  • C’est vrai aussi pour celui qui a été arrêté et qui comprend que Virgil peut l’aider à prouver son innocence.
  • Moi j’ai bien aimé quand il a montré sa plaque de policier.

Nicolas : Pensez-vous que la société française a évolué ou pas par rapport au racisme. Je vous rappelle que la France a aussi été un pays esclavagiste (culture de la canne à sucre) et des mémoriaux (Nantes, Bordeaux…) rappellent ce moment de l’Histoire.

  • On a avancé, oui, il n’y a plus de problèmes d’esclavage mais il y a encore du racisme, des préjugés et des discriminations.
  • C’est vrai mais les lois ont fait évoluer certaines choses.
  • On doit encore se battre contre les préjugés.

Nicolas : Est-ce que vous avez l’impression que votre génération a évolué par rapport à celle de vos parents ?

  • Il y avait moins de mixité.
  • Je ne suis pas d’accord, on est plus mélangé mais sur les réseaux sociaux il y a beaucoup de racisme.
  • Certains réseaux sociaux renforcent le racisme.
  • Oui c’est à cause de l’anonymat, cela va dans le mauvais sens.
  • Oui, mais on peut se forger une opinion.
  • Je ne crois pas, parce qu’on va le plus souvent sur ceux qui renforcent nos certitudes.

Nicolas : Que faire alors pour que les mentalités évoluent ?

  • L’éducation.
  • Je ne pense pas qu’on trouve des solutions pour un problème aussi ancien.
  • Il faut bien comprendre que dans notre société, la mixité est obligatoire, on doit grandir avec et accepter les autres tels qu’ils sont.

Le temps des retours ayant sonné les classes sont parties les unes après les autres.

Les élèves du collège Camille Sée, souvent présents, à nos séances nous ont chaleureusement remerciés.

Arlette Weber

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