Journal de Juillet 2013: compte-rendu de notre séance Cinéma-Débat du 16 avril 2013

19 juin 2013

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Séance du 16 avril 2013

Thème : les droits civiques aux USA

Débattrices : Nelcya Delanoë, Joëlle Rostkowski

En 1993, Mémoire 2000 avait projeté Cœur de tonnerre au Max Linder. 20 ans plus tard,  Mémoire 2000 projette à nouveau ce film qui raconte à partir d’une histoire romancée, des faits qui se sont produits dans les années 70 à la réserve de Pine Ridge.

A la fin des années soixante dix, Raymond Levoi jeune et brillant agent du FBI (d’origine indienne) est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un Soux Oglala, dans les Badlands dans le Dakota et d’aider le responsable local des affaires indiennes à appréhender le suspect n°1, chef d’un mouvement traditionnaliste et militant des Droits Civiques Indiens. Il va ainsi découvrir son peuple, ses origines.

Mémoire 2000 remercie Francis Geffard de nous avoir mis en relation avec Nelcya Delanoë et Joëlle Rostokski, qui se sont relayées pour répondre aux questions des élèves.

Ce fut un flot de questions – surtout posées par des filles. Nos débattrices répondirent aux  élèves qui voulaient savoir les us et coutumes des Indiens, le lien entre les jeunes et les aînés, le choix du nom (qui n’est pas définitif), leur revendication dans l’histoire, la vie dans les réserves qui étaient autrefois étroitement surveillées, mais maintenant sont des territoires ouverts. Les Sioux Oglalas sont avec les Apaches les derniers résistants à la colonisation des blancs.

Au cours du dernier recensement, 5 000 000  de personnes se déclaraient Indiens dont certains ont des descendants de 2 ou 3 origines. La plupart des Indiens vivent dans les villes, et retournent dès que possible à la réserve. Il fallut attendre 1924 pour que les Indiens deviennent officiellement Américains. Au Canada, cela dépend des tribus. Aujourd’hui, les Indiens sont toujours aussi pauvres, ils revendiquent leurs droits, ils se font entendre face au chômage, à leur condition sociale, à leur place dans la société américaine. De plus, leurs terres sont situées sur des emplacements riches en minerais, en uranium, ou en gaz de schiste créant de nouveaux conflits.

Depuis 1970, officiellement la loi donne les mêmes droits aux Indiens et aux Américains (du moins en théorie), après tout dépend de la pratique face au chômage, à l’acculturation, au racisme, aux difficultés pour déposer une plainte, dénoncer un viol. Il y a cependant des avancées. Autrefois, les Indiens étaient empêchés de parler leur langue : le Lakota, alors qu’aujourd’hui on développe l’apprentissage de la langue. Les Lakotas ont des journaux, des télévisions, des radios et développent un cinéma indien.

Les Indiens se désignent par leur nom de Nation, ils préfèrent se nommer Amérindiens, Natives Americans ou Americans Indiens plutôt qu’Indiens qui pour eux est un mot colonial. En Amérique Latine, ils se nomment Indijinos : ce nom n’a pas le même sens qu’en France.

Nelcya Delanoë évoqua le travail d’infiltration du FBI face à l’American Indian Movement qui bénéficie de plusieurs comités en France. Elle évoqua le sort de Leonard Peltier condamné à 3 ans de prison pour le double homicide qu’il aurait commis sur des agents du FBI.

A la question d’une élève, Joëlle Rostokski évoque son travail d’historienne et d’ethnologue auprès de Indiens qui est de développer la connaissance de leurs arts par un travail avec des écoles et des universités internationales créant une synergie entre l’intérieur et l’extérieur de la réserve.

Après le débat de petits groupes discutèrent avec nos invitées et des contacts furent pris avec les professeurs pour d’éventuelles suites dans les établissements scolaires.

Patrick Grocq


Notre séance du Mardi 16 avril 2013: projection de «Coeur de tonnerre» de Michael Apted

9 octobre 2012


Coeur de tonnerre

un film de Michael Apted

Principaux acteurs: Sam Shepard, Val Kilmer

USA, 1992, 119 mn

Lieu de projection

Le Saint Germain des Prés, salle Beauregard – 22, rue Guillaume Apollinaire – 75006 Paris, Métro Saint Germain des Prés

Résumé : 

A la fin des années soixante dix, Raymond Levoi jeune et brillant agent du FBI (d’origine indienne) est chargé d’enquêter sur le meutre d’un Sioux Oglala dans les « Badlands » du Dakota et d’aider le responsable local des affaires indiennes à appréhender le suspect n°1 chef d’un mouvement traditionnaliste et militant des Droits Civiques Indiens.

Thème :

Les droits civiques aux États-Unis

Débat :

Le débatteur est Francis Geffard, fondateur de la librairie Mille pages à Vincennes, fondateur du Festival America et directeur de la collection Terres d’Amérique aux Éditions Albin Michel.

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Journal d’octobre 2011 : Made in U.S.A.

9 octobre 2011

Elle a des cheveux magnifiques, de grands yeux verts, un teint et une silhouette de rêve… bref, elle a tout d’une“movie star” américaine, mais quand on entend son discours, on regrette qu’elle n’en soit pas une.

Il s’agit de Michelle Bachmann, la nouvelle égérie du mouvement ultra-conservateur américain le Tea Party.

Plus charismatique que Sarah Palin elle semble aussi plus toxique. Cette jeune femme de 55 ans (elle en paraît 40!), Républicaine, se dit directement inspirée par Dieu qui s’est d’ailleurs, dit- elle, déjà adressé directement à elle au moins cinq fois ! Elle est tombée en religion à 16 ans, et depuis elle se prend pour un porte-parole divin…

Elle a eu comme mentor intellectuel  le professeur, John Eidsmoe, qui n’était rien d’autre qu’un proche de la Suprématie Blanche…

Cela ne serait rien si, candidate à l’investiture républicaine pour les présidentielles de 2012, elle n’était déjà arrivée en tête en Iowa, lors d’un vote-test informel pour désigner les futurs adversaires d’Obama. Obama qu’elle considère avoir des “idées anti-américaines”. Elle est, bien entendu, farouchement hostile aux réformes entreprises et propose un programme simpliste mais populaire auprès de nombreux électeurs américains.

En substance, elle soutient l’enseignement du créationnisme, souhaite supprimer progressivement la sécurité sociale et le Medicare (système d’assurance santé géré par le gouvernement au bénéfice de personnes de plus de 65 ans, répondant à certains critères), et bien sûr interdire le mariage homosexuel. Elle n’y va d’ailleurs pas avec le dos de la cuiller en qualifiant l’homosexualité d’“œuvre de Satan”.

Nonobstant l’indigence de son programme, cette évangéliste de talent a le discours convaincant et sait capter l’anxiété des gens en cette période de crise et de doute. Elle partage avec ses supporters ce que le journaliste américain Brian Lambert appelle “une vision apocalyptique de l’avenir du pays”, d’où sa popularité. En outre, comment résister à quelqu’un qui susurre aux oreilles des gens : “Vous êtes les citoyens de Dieu, vous êtes l’avenir de l’Amérique”?

Nous ne sommes pas très loin du fascisme et même s’il a un joli visage il n’en demeure pas moins effrayant. Il confirme la tendance mondiale de la montée rapide et vertigineuse, d’une extrême droite qui se développe sur un substrat religieux.

Cela confirme aussi autre chose : c’est que finalement, la femme est un homme comme les autres : it’s a pity!

Lison Benzaquen


Journal de Juillet 2011: Qui perd gagne??

3 septembre 2011

Même si l’événement n’est plus de toute fraîcheur, nous ne pouvons passer sous silence ce qui a bouleversé, non seulement la France, mais une grande partie du monde. Je veux parler, vous l’avez compris, de l’affaire Dominique Strauss Kahn.

Que dire de plus qui n’ait déjà été dit ?

Comme pour tout le monde l’annonce de l’inculpation de DSK et surtout de la raison de son inculpation a été sidérante. Ce fut l’incompréhension et la stupeur.

Puis vint le temps de la réflexion, des analyses, et des bribes d’explications sont apparues.

Pour ma part (formation oblige) je privilégierai l’explication psychanalytique, tant la logique en cette occurrence est absente. DSK, homme intelligent et avisé ne peut pas avoir “délibérément” commis un acte aussi grave.

Il n’est pas rare qu’un homme arrivé au sommet de la gloire et de la puissance ne “s’arrange” pour en redescendre brutalement.

En 1641 déjà, Corneille, dans sa pièce Cinna, faisait dire à Auguste de très beaux vers qui pourraient s’appliquer à cette situation.…

Toujours vers quelque objet pousse quelque désir

Il se ramène en soi, n’ayant plus où se prendre

Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre…

Un beau résumé.

On a beaucoup parlé de “suicide politique”, “d’acte manqué”. Pour la psychanalyse un acte manqué représente la réalisation d’un désir inconscient ; et l’on sous-estime trop souvent le fonctionnement de l’inconscient. DSK n’a, semble-t-il, pas été avare d’actes manqués, il les a multipliés : “séduction forcée” d’une jeune femme, là au mauvais endroit au mauvais moment et à laquelle va toute notre compassion, oubli d’un téléphone portable, coup de fil de l’aéroport à l’hôtel…on croirait le Petit Poucet semant des cailloux ! Tout cela l’a mené “à l’insu de son plein gré” vraisemblablement, là où il souhaitait réellement aller, à savoir loin d’un pouvoir vers lequel il a été d’une certaine manière poussé par d’excessives pressions extérieures.

Sans doute s’est-il senti soulagé d’une tension insupportable et inexprimable, et ce qui, pour chacun d’entre nous serait une véritable catastrophe a pu être, on peut le supputer, pour DSK, une sorte de planche de salut.

C’est une libération quand même très chèrement payée !!

Lison Benzaquen

 


Journal de Juillet 2011: la présomption d’innocence est un leurre

9 août 2011

On a vite fait de faire des comparaisons entre notre système judiciaire qui reposerait sur le respect de la dignité de la personne humaine à cause de la présomption d’innocence, et celui des Américains qui serait fondé sur le respect de la liberté et de l’égalité.

Laissons aux juristes le soin d’en discuter et ils ne s’en privent pas à la faveur de l’actualité chaude de ce mois de mai. Reconnaissons aux médias le droit et même le devoir d’informer l’opinion en utilisant tous les moyens de  communication de notre temps.

Au delà du spectacle médiatique auquel il nous a été donné d’assister en direct, chacun se forge sa conviction au fur et à mesure que lui parviennent les informations et nul ne méconnaît qu’il faille attendre que la justice se prononce.

Mais force est de reconnaître que même en France la mise en examen est équivalente à une présomption de culpabilité puisque la défense ne peut rien dire ni rien faire pour la contester sur le champ.

On nous promet un renforcement des droits de la défense, mais en attendant,  nous ne pouvons constater,  quels que soient les termes employés et le rappel constant qui procède plus de la foi que de la raison, du principe de la présomption d’innocence, de réel progrès ou d’une avance de notre système par rapport aux autres.

De quelque côté de l’océan que l’on se trouve, dès lors qu’on fait l’objet d’une enquête préliminaire à l’initiative du Parquet ou d’une Commission rogatoire d’un juge d’instruction, on se voit emporté dans une spirale infernale. Tous les pouvoirs appartiennent en l’état au Juge d’instruction et (demain, nous dit-on) aux Procureurs, sous le contrôle du Juge des libertés et de la détention (JLD).

En attendant, la garde à vue et les perquisitions, la mise sur écoute et le contrôle judiciaire peuvent sérieusement restreindre la liberté de mouvement de tout un chacun. Chacune des mesures est procéduralement soumise à des contrôles et à des voies de recours ; mais en at-tendant qu’ils ou elles soient mises en œuvre, les restrictions et l’opprobre qui s’y attachent demeurent.

La présence d’un avocat désormais impérative lors de la garde à vue n’efface pas la contrainte qu’elle représente; alors qu’on ne devrait pouvoir y soumettre quiconque sans détenir à son encontre les indices matériels précis et susceptibles de preuves qui en établissent la probabilité.

Or, l’expérience montre le contraire : il suffit qu’un juge ou un procureur acquière la conviction que la personne a pu commettre l’infraction qu’il a en charge d’établir, pour qu’il décide de sa mise en garde à vue et que tout le reste s’en suive. C’est à ce stade que l’égalité des armes dans le procès est rompue.

Tant qu’on n’aura pas exigé davantage pour la mise en œuvre d’une telle mesure, on n’aura pas éradiqué l’abus de pouvoir et l’arbitraire. Ce n’est pas l’accumulation des présomptions hypocrites qui ne trompent personne, l’interdiction de la représentation à l’image, des mesu-res de contraintes ni même la présence de l’avocat auquel d’ailleurs pour l’instant on refuse la moindre information préalable sur les soupçons entretenus à l’encontre de la personne placée en garde à vue, qui apporteront une garantie quelconque au respect de la dignité de la personne.

C’est l’humilité de l’autorité poursuivante qui ne doit pas pouvoir soumettre un citoyen à toutes ces avanies sur la foi d’une simple plainte voire, pire, d’une dénonciation ou d’une présomption qu’il convient d’appeler par son nom, sans détenir un début de preuve de la commission d’une infraction.

Les citoyens ne seront à l’abri de tel-les mesures arbitraires préalables que si les juges qui y recourent sans disposer des éléments pour le faire ou qui prennent le risque de le faire par erreur savent qu’ils seront sanctionnés pour l’avoir fait.

On dirait que l’affaire d’Outreau n’a servi à rien. Ce n’est pas une réforme du Code de procédure pénale qu’elle appelait, c’est un changement de culture.

Fasse que le choc des images de New-York produise les effets que la commission n’a pas engendrés.

Bernard Jouanneau

 


Un juge en Louisiane refuse de célébrer le mariage d’un couple mixte

16 octobre 2009

Je n’ai pas encore trouvé en français…

Anger at US mixed marriage ‘ban’
Keith Bardwell is happy to marry couples of the same race

A white US justice of the peace has been criticised for refusing to issue marriage licences to mixed-race couples.

Keith Bardwell, of Tangipahoa Parish in Louisiana, denied racism but said mixed-race children were not readily accepted by their parents’ communities.

A couple he refused to marry is considering filing a complaint about him to the US Justice Department.

Mr Bardwell said he had many black friends and frequently married them.

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