Soudan: une journaliste risque 40 coups de fouet pour sa tenue « indécente »

KHARTOUM (AFP) — Une journaliste soudanaise de renom, accusée de s’être habillée de façon « indécente », a indiqué dimanche qu’elle était passible de 40 coups de fouet en cas de condamnation pour un tel crime.

Lubna Ahmed al-Hussein, qui publie régulièrement des billets dans le journal de gauche al-Sahafa et travaille aussi pour la Mission des Nations unies au Soudan (Unmis), a été arrêtée la semaine dernière à Khartoum. Elle est accusée de s’être vêtue de manière contraire à l’ordre public.

« Le 3 juillet, j’étais au restaurant. Des policiers sont entrés et ont demandé aux filles qui portaient des pantalons de les suivre » au commissariat, a-t-elle dit à l’AFP.

« Ils m’ont emmenée ainsi que 12 autres filles, dont des +sudistes+ (…). Deux jours plus tard, 10 d’entre elles ont été convoquées au commissariat dans le centre de Khartoum et ont reçu 10 coups de fouet chacune », a ajouté la jeune femme, qui porte le foulard islamique.

Les trois autres femmes, dont elle fait donc partie, ont été accusées « en vertu de l’article 152 du code pénal soudanais », a-t-elle ajouté, soulignant que la date de son audience n’avait pas encore été fixée.

Cet article de loi prévoit une peine de 40 coups de fouet pour quiconque « commet un acte indécent ou un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents », selon le texte de loi.

« Je veux que les gens sachent ce qui s’est passé », a ajouté la journaliste.

Contrairement à d’autres pays de la région, les femmes sont très présentes dans la vie publique au Soudan, un pays majoritairement musulman. Mais certaines lois demeurent discriminatoires à leur égard, estiment des organisations de défense des droits de l’Homme.

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One Response to Soudan: une journaliste risque 40 coups de fouet pour sa tenue « indécente »

  1. marcnaimark dit :

    Au delà de l’horreur de cette histoire en elle même, je m’intérroge par rapport au « débat » actuel en France sur la burqa. Si la burqa était interdite, de quel côté la justice française serait-elle ? S’agirait-il de combattre la burqa comme objet représentatif de ce régime misogyne et violent ? Où les velleités françaises de dire aux femmes ce qu’elles peuvent porter mettent-elles la justice du côté de l’oppresseur soudanais ?

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