Journal de Janvier 2011 : tant qu’il y aura un homme

25 janvier 2011

Nous ne pouvions pas ne pas évoquer les dernières nouvelles d’Iran.

Récemment un cinéaste iranien, Jafar Panahi connu dans le monde entier pour avoir réalisé des films tels que Le Ballon blanc en 1995, caméra d’or    à Cannes cette année-là, Le Cercle,

Lion d’or à Venise en 2000 et prix d’un certain regard à Cannes pour Sang et or en 2003. Beau palmares à faire envie.

Il ne lui a pas permis d’éviter un autre type de reconnaissance : il vient d’être condamné à six ans de prison plus une interdiction de vingt ans de tourner des films, de sortir du territoire et de donner des    interviews aux médias.

Motif rappelé dans toute la presse occidentale qui relate ce jugement : “ participation à des rassemblements, propagande contre le régime”.

Il est vrai qu’il ne s’est jamais caché de ses opinions et qu’il a toujours proclamé et dénoncé que “les droits de l’homme sont bafoués en Iran depuis trente ans…”

Est-ce une raison ? Comme le disait un de nos hommes politiques, qu’allons nous faire ? Rien comme d’habitude.

L’Iran a sa place à l’ONU et même participe avec d’autres pays comme la Libye ou encore la Syrie à la commission des droits de l’homme. C’est ajouter l’indécence et la provocation à la honte.

Comment va le monde Monsieur ? Il tourne (Ionesco, les Chaises).

Daniel Rachline

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Journal d’octobre 2010 : la Norvège, nouveau refuge d’Iraniens

13 octobre 2010

Farzad Farhangian demande l'asile à la Norvège au cours d'une conférence de presse (sept. 2010)

Depuis quelque temps, des opposants iraniens choisissent de s’exiler à Oslo. Le Président Mahmoud Ahmadinejad écume de rage.

Dernier en date, et pas le moindre, Farzad Farhangian, est un diplomate de haut rang, avec 23 ans de carrière pour le régime des mollahs derrière lui, a 47 ans. Ayant abandonné  son poste à Bruxelles il y a quelques semaines, il a choisi de demander l’asile en Norvège parce qu’il s’y sent en sécurité, déclare son avocat, Maître Humlen. A Bruxelles, il se sentait menacé.

C’est le deuxième diplomate iranien qui se retrouve ainsi à Oslo depuis quelques mois. En février, son collègue Mohammed Reza Heydari, consul de l’ambassade d’Iran en Norvège, quitta son poste en signe de protestation des violations des droits de l’homme du régime iranien. Il a depuis obtenu l’asile politique pour lui-même et sa famille, et ne cesse de critiquer Téhéran.

Un autre diplomate en poste à Helsinki a également quitté son poste, mais choisi de demander l’asile en Finlande.

Pour l’expert norvégien Daniel Heradstveit, c’est un énorme camouflet pour le régime et pour Ahmadinejad. D’autant plus qu’il risque d’y en avoir d’autres qui suivent ces exemples. Le comité de soutien Norvège-Iran déclare être déjà en contact avec plusieurs diplomates.

M. Heydari et le leader du comité de soutien, M. Saki, ont déjà créé ce qu’ils nomment “l’ambassade verte”, qui œuvre justement pour faire venir d’autres diplomates en Norvège se joindre à eux.

Pas étonnant dans ces circonstances que l’avocat de Sakineh Ashtiani, Mohammed Mostafaei, ait également choisi de s’exiler en Norvège. Lors de son arrivé à Oslo au mois d’août, il fut chaudement accueilli par de nombreux iraniens qui y vivent déjà. Ils seraient environ 8000, et déjà très influents.

M. Mostafaei est pour l’instant discret, mais très préoccupé par le sort de Sakineh, qui risque la lapidation, malgré les dénégations de M. Ahmadinejad. Mais il est tout aussi inquiet pour ses plus jeunes clients, qu’il a dû abandonner. Il va demander aux autorités norvégiennes de lancer une campagne contre la peine de mort appliquée aux enfants – bien que la peine de mort soit “une et indivisible”, comme le dit Robert Badinter.

Dans tous les cas, la Norvège semble devenir un pays important pour l’opposition iranienne, convaincue que les dernières élections présidentielles en Iran furent une mascarade, et que le vrai vainqueur fut Mir Hossein Mousavi, leader du mouvement vert.

Vibeke Knoop


Nos séances-débats : Persépolis

19 avril 2010

Paru dans le journal d’Avril 2010

Film d’animation de Marjane Satrapi
Séance du 18 février 2010
Thème : l’intégrisme
Débattrice : Leyli Daryoush

Est-ce l’absence de décors, ou des décors à peine suggérés, qui nous permettent d’entrer d’emblée dans le film, d’oublier qu’il s’agit d’un dessin animé et de ne regarder que les visages si expressifs des “acteurs”?

En tous cas, le très jeune public de cette séance, des CM2, des 4èmes et quelques plus grands, ont semblé fascinés par l’histoire de la petite Marjane qui grandit dans un pays difficile, un pays qui doit leur sembler si étrange et si lointain.

“N’ais pas d’amertume, ni de vengeance, avant tout reste digne, intègre avec toi-même”.

Les jeunes élèves entendent-ils ce discours qu’adresse à la petite fille sa merveilleuse grand-mère? On ne le saura pas, mais dès la fin du film, c’est une avalanche de questions qui s’adressent à notre jeune débattrice iranienne, amie de Marjane Satrapi, Mlle Leyli Daryoush.

Ce sont les CM2 qui démarrent et qui vont quasiment monopoliser les questions!

Extrait de Persépolis - la police des moeurs

Les femmes sont-elles obligées de porter le voile? C’est vrai qu’on n’a pas le droit de mâcher du chewing-gum, de mettre des lunettes de soleil?

—Oui c’est tout à fait vrai répond la débattrice, mais les choses se sont un peu assouplies ces dernières années. Il y a un peu plus de liberté aujourd’hui et répond-t-elle à un professeur, il y a des touristes libres de circuler et de visiter le pays.

Dans le film, on voit les terribles dégâts causés par la guerre entre l’Iran et l’Irak qui a duré près de dix ans…Pourquoi cette guerre interroge un élève?

—La raison première indique Leyli Daryoush ce sont les puits de pétrole, qui attiraient les Irakiens. Mais c’était aussi, insiste-t-elle, le souhait des religieux qui gouvernaient l’Iran. Ils voulaient ainsi mobiliser le peuple qui aurait pu se révolter contre leur pouvoir autoritaire! C’est la guerre qui leur a permis d’exacerber le pouvoir de la religion et de l’intégrisme.

La débattrice raconte comment des femmes ont été emprisonnées pendant plus de vingt ans car elles étaient soupçonnées d’être communistes. On leur a fait subir de véritables lavages de cerveau, leur faisant apprendre à longueur de journée le Coran par coeur et ce sont elles qui endoctrinent maintenant les nouvelles prisonnières…

Les élèves ne semblent pas très intéressés de parler de l’Iran d’aujourd’hui. Mais un détail vestimentaire aurait pu attirer leur attention (et la nôtre !) : Mlle Leyli Daryoush portait une grande écharpe de couleur verte. Cela ne vous dit rien? C’est bien sûr la couleur portée par ceux qui se rebellent contre le pouvoir actuel qui essaye de se maintenir à tout prix, et c’est ce qu’elle nous confirmé!

Sur cette note d’espoir les jeunes spectateurs sont repartis, en appréciant peut-être un peu plus, souhaitons le, de ne pas avoir eu une jeunesse aussi dure que celle de Marjane.

Claudine Hanau


Ils sont tellement marrants, nos amis iraniens…

26 novembre 2009

PROCHE MOYEN-ORIENTL’Iran confisque son Prix Nobel à Shirin Ebadi
AP | 26.11.2009 | 19:18
C’est sans précédent dans l’histoire du Prix Nobel de la Paix: les autorités iraniennes ont confisqué la médaille et le diplôme obtenus par Shirin Ebadi lors de la remise de la prestigieuse récompense à Oslo en 2003, a annoncé jeudi le gouvernement norvégien.

Le ministre norvégien des Affaires étrangères Jonas Gahr Stoere a dénoncé une initiative « choquante ». C’est « la première fois qu’un Prix Nobel de la Paix est confisqué par des autorités nationales », a-t-il déploré.

A Oslo, le chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran en Norvège a été convoqué mercredi au ministère norvégien des Affaires étrangères qui a émis une protestation officielle, a précisé la porte-parole du ministère, Ragnhild Imerslund.

L’ambassade d’Iran en Norvège n’a pas souhaité faire de commentaire. Shirin Ebadi, qui se trouve à l’étranger, n’était pas joignable jeudi pour réagir à l’incident.

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Journal 10/09 : Une dictature fasciste à nos portes

9 octobre 2009

Nous devons nous rendre à l’évidence. Encore une fois notre angélisme nous a fait prendre nos désirs pour des réalités. Nous avons voulu voir, espéré évidement, que les manifestations dans les principales villes d’Iran, de citoyens courageux et écœurés à la suite de l’énorme fraude électorale, marquaient le début d’un printemps iranien. Nous avons voulu croire  que survenaient enfin les prémices de la chute de ce régime vieux de 30 ans sous les coups de boutoir d’une jeunesse avide de liberté et de modernité. Que les nouvelles générations impatientes et frustrées allaient enfin se débarrasser des vieux barbons… Las!

Vieux, ce régime l’est à coup sûr, mais il n’est pas que cela. Il est aussi un régime d’oppression de l’individu, oppression qui s’insinue dans sa vie quotidienne et jusque dans son esprit. Il traite aussi bien de sa façon – à il ou elle – de se vêtir, que de ce qu’il ou elle fait, exprime, lit, regarde, écoute, aime, prie, etc… L’individu y est constamment surveillé par une armée de gardiens des consciences autant que de la pureté de la révolution. Et ces gardiens sont partout. Le nouveau président “élu” ne s’est-il pas vanté de pouvoir mobiliser en une journée 7 millions de ses partisans?

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La blague du jour

25 août 2009

De l’entretien sur le sujet de Clotilde Riess avec l’ambassadeur de l’Iran en France publié dans Le Figaro :

Faisant remarquer que Clotide Reiss «a reconnu les huit chefs d’accusation lors de son procès» le 8 août, l’ambassadeur d’Iran à Paris martèle que personne ne l’y a obligé. «Nos croyances religieuses nous interdisent de mentir et de faire avouer sous la contrainte», assure-t-il.


Le procureur général iranien passe aux aveux…

9 août 2009

Vu dans le New York Times.

NDLR : On ne trouve pas pour l’instant cette info dans la presse française. C’est vrai qu’au mois d’août il n’y a pas d’actualité…

August 9, 2009
Iranian Official Acknowledges Torture of Protesters
By ROBERT F. WORTH and NAZILA FATHI

BEIRUT, Lebanon — A top judiciary official acknowledged Saturday that some detainees arrested after post-election protests had been tortured in Iranian prisons, the first such acknowledgment by a senior Iranian official.

Meanwhile, a second day of hearings was held in a mass trial of reformers and election protesters, with more than 100 people accused of trying to topple the government. The accused included a French researcher and employees of the French and British Embassies, prompting angry responses from Britain, France and the European Union.

But even as the trial appeared to further the campaign by the hard-line establishment to intimidate and silence the opposition, at the expense of alienating Iranian moderates and the West, the statement on torture by the judiciary official, Iran’s prosecutor general, revealed continued divisions within the government. Speaking to reporters at a news conference, Qorbanali Dori-Najafabadi, the prosecutor general, said “mistakes” had led to a few “painful accidents which cannot be defended, and those who were involved should be punished.” Such mistakes, he said, included “the Kahrizak incident,” a reference to the deaths of several detainees at Kahrizak detention center in southwestern Tehran.

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