Journal de Janvier 2017: La Turquie manque l’occasion

20 décembre 2016

On a pu espérer un temps, au mois de mars une éclaircie dans le paysage de l’Europe, grâce à l’accord conclu entre A. Merkel et l’ex-premier ministre turc Davitoglu.

Bien qu’il ait été contesté de toutes parts, cet accord qui devait mettre un terme à l’exode des migrants par la route des Balkans, a eu effectivement ce premier résultat escompté.

Les migrants qui sont restés bloqués en Grèce, en raison du blocage opposé par la Macédoine n’ont pas voulu retourner en Turquie et se trouvent consignés dans des camps de rétention administrative dénoncés par le secrétaire général de L’ONU, par les Grecs qui verraient aussi revenir les réfugiés qui leur seraient renvoyés par Bruxelles, en vertu de l’accord de Dublin.

On ne peut faire grief à la Turquie qui a déjà accueilli plus de 3 millions de réfugiés syriens et se déclarait prête, en contrepartie, à mettre sa législation en conformité avec les principes de l’Union. On doit cependant constater dix mois plus tard que la Turquie n’a rien modifié dans sa législation, que l’Union européenne n’a pas accordé les visas que réclamait la Turquie pour ses nationaux et que les négociations en vue de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne sont dans l’impasse, au point que le gel de ces négociations a fait l’objet d’une résolution du conseil de l’Europe.

A qui la faute ? Aux européens et parmi eux à l’Allemagne ou aux membres de l’Europe de l’Est qui se sont barricadés, ou aux Turcs qui se sont rétractés, après avoir reçu les 6 milliards d’Euros que Mme Merkel leur avait accordés ?

Ce n’est pas à nous d’en décider. L’histoire devra s’en saisir et en rendre compte à l’humanité.

Il demeure que le nombre des exilés, réfugiés et migrants ne se réduit pas. On peut et on doit s’attendre à un accroissement du nombre des migrants qui chercheront inexorablement à rejoindre l’Europe.

Les arrestations arbitraires et les révocations de fonctionnaires à la suite du Putsch raté du mois de juillet ont provoqué en France un réaction menée par Robert Badinter qui a accepté de signer l’appel lancé par les avocats qui dénoncent : “la volonté du président Erdogan de museler toute opposition, les arrestations arbitraires qui s’inscrivent dans la dynamique de neutralisation des contre-pouvoirs à l’œuvre depuis plusieurs années et le gouvernement de la Turquie qui piétine les principes démocratiques”.

Cela n’a pas empêché le président Erdogan, qui tend à reprendre le costume de sultan, d’envisager le rétablissement de la peine de mort alors qu’il y avait renoncé en 2004 dans la perspective de l’adhésion de la Turquie à l’union Européenne.

On a même risqué de voir venir en discussion au parlement un projet de loi accordant l’amnistie aux coupables de viols, dès lors que leurs auteurs proposeraient le mariage à leurs victimes.

La liberté d’expression sévèrement contrôlée, se voit, désormais, asservie depuis l’arrestation du dirigeant du principal organe de presse le Curryet d’Istanbul… On est loin de satisfaire aux exigences de l’Union imposée par les accords de Bruxelles du mois de mars.

Quant à la reconnaissance du génocide arménien, autant en abandonner l’idée, malgré le vote du Bundestag, depuis le départ du premier ministre Davitoglu remplacé par Ylidrim qui ne veut pas en entendre parler.

Et pourtant il n’était pas nécessaire que la Turquie d’aujourd’hui reconnaisse la réalité du génocide, dès lors qu’il a été reconnu en 1919 par le régime ottoman resté en place jusqu’en 1922. Il suffisait que tout en le déplorant, le pouvoir en place admette que ce génocide avait été reconnu et même dénoncé et poursuivi par la “Sublime Porte”.

En assumant, au nom de ce principe universellement reconnu la responsabilité des actes commis par le régime ottoman, la République d’Atatürk a nécessairement reconnu la réalité de ce qui est advenu aux arméniens en 1915. Elle a donc bien manqué là une occasion.

Il demeure cependant une lueur d’espoir, si la communauté internationale voulait bien s’en saisir. Au lieu de poursuivre inlassablement cette course à la reconnaissance par les Etats, du génocide, mieux vaudrait instaurer un médiateur qui serait chargé de régler la question, en présence des réclamations de Arméniens, en examinant les possibilités de réparations collectives des préjudices subis, sans déclencher une série de recours individuels.

Cette médiation qui pourrait s’instaurer sous l’égide de l’ONU pourrait être confiée au représentant de l’humanité qui pourrait être élu par l’assemblée générale de l’ONU au même titre que son secrétaire général ainsi que par l’assemblée générale des Défenseurs des Droits, médiateurs et ombudsmans qui recevraient, au nom de l’Humanité, une mission institutionnelle qui mettrait fin aux querelles et permettraient aux Arméniens et aux Turcs de se retrouver.

C’est le vœu que je formule en ce début d’année, en espérant que ce projet d’accord qui passe par une “déclaration universelle des droits de l’humanité” dépasse les objectifs de l’accord de Bruxelles du 18 mars 2015 devenu caduc, et les polémiques sur la reconnaissance et l’indemnisation des génocides du XX ° siècle.

Bernard Jouanneau

 

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Journal de Janvier 2016: compte-rendu de notre séance-débat « Les incendiaires de la mémoire »

26 janvier 2016

incendiaires

Séance du 10 novembre 2015


Thème : le négationnisme


Débattrice : Chantal Picault, réalisatrice

 

 

 

Par bonheur, la réalisatrice, Chantal Picault était notre débattrice. Elle s’est intéressée à 3 génocides du 20° siècle : la Shoah (juifs et tziganes), le génocide arménien, le génocide des Tutsis du Rwanda.

Il y a eu, hélas, d’autres génocides au 20ème siècle (Yougoslavie, Ukraine, Khmers Rouges au Cambodge), et un autre semble se préparer au Burundi ! Mais, comme l’a précisé notre Président B. Jouanneau, il existe des négationnistes qui nient ces génocides, qui veulent les effacer de la mémoire. A Mémoire 2000, nous cherchons à vous informer, car vous êtes la France de demain, et c’est à vous de vous positionner pour que cela ne se reproduise plus.

Q : De quand datent ces documents filmés ?

R : En 1995, date du génocide des Tutsis du Rwanda, il n’existait aucune image filmée. Pas d’images, donc on n’en parle pas ! Pas d’images non plus de la Shoah ! Dans leur avancée, les Alliés eux- mêmes avaient détruit des traces. Sur certains documents photo- graphiques, on voit bien des cadavres de déportés derrière les barbelés, mais aucune image des chambres à gaz ! Les nazis ont voulu faire disparaître toutes les traces de leurs crimes, d’où l’essor du négationnisme. Le négationniste Faurisson a dit que les déportés qui mouraient étaient des malades. Alors, le couvercle s’est refermé sur ces morts pendant des dizaines d’années. Bernard Jouanneau a longtemps porté la parole d’Auschwitz contre les négationnistes, et il a eu du mal à faire participer des historiens à cette recherche de la Vérité. Des historiens qui ne se sont réveillés qu’en 1980.

Q : Pourquoi et comment devient-on négationniste ?

R : Selon Mme Picault, un historien turc dit comment cela se passe : comme dans les livres d’histoire il n’y a aucun document, il est impossible de se renseigner, donc on y croit ! Et quand on grandit, on devient négationniste. Cette négation du génocide arménien représente un confort pour les Turcs. Pour ce qui concerne la Shoah, les négationnistes sont tout simplement des antisémites.

Q : Pourquoi n’y avait-il pas de journalistes au Rwanda ?

R : Parce que ce génocide s’est déclenché très brutalement, et qu’il a très vite été impossible d’y aller. Les massacres n’ont duré que 2 mois. Et, Kigali est très loin de Paris. A l’Elysée, le Président Mitterrand brillait par son silence. Actuellement, les projecteurs sont braqués sur la Syrie, mais qui regarde vers le Soudan du Sud, où un génocide s’installe dans le silence ?

Q : Existe-t-il des preuves du génocide juif ?

R : Pour Faurisson, pas besoin de preuves, ce génocide n’a pas existé. Et puis, les historiens ont poursuivi leurs recherches, et des listes ont été publiées, notamment par les Klarsfeld. On le sait main- tenant, les survivants ont mis plus de 20 ans avant de se raconter. Au procès de Nuremberg, le mot “juif” n’a pas été prononcé une seule fois. Madame Simone Veil a attendu 2009 pour aller à Auschwitz avec ses enfants. Quand Rudolf Höss a tout raconté, Faurisson a dit qu’il mentait…

Q : Entre Juifs et Palestiniens, y a-t-il eu génocide?

R : Voici 5 critères qui définissent un génocide. Je te laisse le soin d’y réfléchir, et d’élaborer ta réponse.

Q : Quel intérêt les journalistes ont-ils de ne pas en parler?

R : Les médias parlent de ce qui est supposé intéresser le public.

Q : Quelle différence entre Crime contre l’Humanité et Génocide ?

R : Crime contre l’Humanité, pas d’organisation, de planification. Un génocide est un massacre planifié, sur ordre venu d’un niveau supé- rieur. Il faut donc savoir de quoi on parle, utiliser les mots exacts. . Comme le dit Claude Lanzmann “il faut voir et savoir”.

Q : Qu’est-ce qui pousse les gens à détester à ce point les autres ?

R : Mémoire 2000 promet une forte récompense à qui trouvera la réponse.

Guy Zerhat


• LE « PLAN ANTIRACISTE DU GOUVERNEMENT » : Une Peau de chagrin ?

21 septembre 2015

CLIQUEZ ICI POUR TÉLÉCHARGER LE TEXTE DE BERNARD JOUANNEAU, PRÉSIDENT DE MÉMOIRE 2000.

Annoncé le 17 avril dernier, le nouveau plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme du Premier Ministre apparaissait comme la mise en œuvre de « la réserve citoyenne » mis en avant par le Président HOLLANDE au lendemain des événements de janvier 2015. Présenté aux médias au sein d’un lycée de Créteil ce jour-là, il était restreint :

1/ A l’annonce du renforcement des sanctions du délit d’injures raciales et de leur transfert de la Loi sur la Presse dans la liste des infractions de droit commun et de la généralisation de la circonstance aggravante de racisme pour toutes les infractions.

2/ A l’intervention plus déterminée des pouvoirs publics dans la diffusion des messages de haine raciale sur internet et sur les réseaux sociaux.

3/ A l’octroi d’une dotation de 100 millions d’euros sur 3 ans sans qu’il soit précisé à quel usage ils seraient affectés.

4/ A l’importance du volet éducatif revenant aux enseignants relayés par les associations et les volontaires de la réserve citoyenne.

On n’en savait guère plus sans d’ailleurs que les médias ne s’en préoccupent comme s’il ne s’agissait que d’une nouvelle initiative –une de plus- faisant appel aux valeurs républicaines dont on avait enregistré le sursaut lors de la manifestation du 11 janvier. Il se présente comme «  Le Plan National 2015-2017 de la République mobilisée contre le Racisme et l’antisémitisme ». Il est sensé répondre a l’Urgence.

Urgence devant la résurgence d’un antisémitisme que l’on croyait éteint.

Urgence devant la fracture sociale, territoriale et identitaire.

Urgence devant le torrent de haine charrié quotidiennement sur internet et les réseaux sociaux.

Urgence enfin quand les insultes racistes et antisémites s’installent dans les cours d’écoles et sur les terrains de sport.

Urgence déclarée mais toute relative puisqu’il m’a fallu insister à plusieurs reprises pour y avoir accès étant donné qu’il n’était toujours pas accessible sur le site de la DILCRA. Un mois et demi après sa promulgation et que les quatre mesures phares annoncées par les médias sont loin de couvrir les quarante mesures qu’il comporte.

Urgence déclarée qui prend son temps puisque plusieurs des dispositions adoptées sont d’ores et déjà transférées au second semestre 2015 et que le démarrage annoncé pour le printemps se trouve déjà décalée à l’automne.

Mais l’ampleur de celles-ci justifie sans doute ces délais qu’implique la mise en œuvre de plusieurs créations annoncées. Parmi celles-ci :

  • Une campagne de sensibilisation grand public sur les grands médias, nationaux et locaux dans l’hexagone comme dans les territoires d’Outre-Mer… à l’instar de ce qui a été accompli en matière de communication sur la sécurité routière. On peut comprendre qu’il faille laisser le temps aux agences de communication consultées de faire des propositions (action n° 1),
  • Plus nébuleuse apparaît la « campagne participative et virale nécessitant un appel d’offres auprès des associations ainsi que des artistes, des créateurs, des influenceurs du WEB qui doivent être sollicités. Bénévolement ? Semble-t-il ? (action n° 2)
  • La mobilisation de « grands parrains », personnalités à même de porter des messages et d’engager des initiatives médiatiques, artistiques, culturelles ou associatives fait penser à           (action n° 3) des personnes physiques plutôt qu’à des organisations impersonnelles, de celles qui mobilisent les énergies et les faveurs du public telles que Bernard-Henri LÉVY, Alain FINKIELKRAUT ou Michel PLATINI et Djamel DEBBOUZE ou Isabelle ADJANI et Charles AZNAVOUR.

Ceux et celles qu’on voit mal se mobiliser du jour au lendemain et dans la durée pour bénéficier du « soutien logistique » des pouvoirs publics. On ne doute pas de leurs capacités à se mobiliser mais pas sur ordre, ni dans la durée, ni dans la précipitation.

  • La participation de ces « grands parrains » à un club de mécènes de la citoyenneté évoque leur rassemblement sous l’égide de bienfaiteurs de l’humanité tels que SPIELBERG ou Pierre BERGÉ qui n’attendent évidemment que cela pour ajouter à leur notoriété naissante.

Mais au-delà de l’appel personnel et bénévole aux bienfaiteurs, on envisage de créer un certain nombre d’organes ou d’organismes qui vont venir s’ajouter à ceux qui existent déjà parmi les nouveaux arrivants.

  • Les CORA (assistés opérationnels de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme) qui au niveau du département vont remplacer les COPEC (Commission pour la Promotion de l’Egalité des Chances et la Citoyenneté) dont la création remonte au 13 décembre 2009, et qui avait déjà remplacé la CODAC (Commission Départementale d’Accès à la Citoyenneté) chargée de définir les actions de prévention contre toute discrimination directe ou indirecte fondée sur l’origine, le sexe, le handicap, l’orientation sexuelle ou l’appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion (action n° 5),
  • Les plans territoriaux de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et pour la promotion de la citoyenneté qui devront désormais figurer dans les futures contrats de ville et faire l’objet d’avenants territoriaux opérationnels des conseils locaux, sécurité et prévention de la délinquance (CLSPD) qui nécessite de recréer une capacité d’impulsion et d’animation autour des Préfets et de leurs collaborateurs (action n° 6),
  • Très imprégnée de la crainte de la diffusion sur internet des messages de haine, propose la création d’une Unité Nationale de Lutte contre la Haine sur Internet (UNLCHI) par la mise en place d’une agence dédiée à la lutte contre la haine sur internet qui aurait pour objet de coordonner les acteurs institutionnels chargés d’édicter et de faire respecter les normes relatives à la protection contre les discours de haine.
  • La mise en place dès le printemps (qui est déjà largement dépassé) d’un groupe de travail rassemblant quelques associations pilotes, les acteurs du net, mais aussi des influenceurs « des community managers », des acteurs de la « e-représentation », des chercheurs, psychologues et sociologues afin de prototyper une boîte à outil de riposte en ligne.

D’ici que l’on parvienne à mettre d’accord tous ces intervenants d’horizons divers, le net aura continué à faire des ravages.

  • La création d’un conseil scientifique (article 2B) auprès de la DILCRA qui se composera de chercheurs, d’universitaires et d’intellectuels représentant toutes les disciplines permettant de faire progresser l’état des savoirs sur le développement des comportements, idéologies et préjugés racistes ainsi que des praticiens de l’action publique et qui aura pour mission de « formuler des recommandations et des avoirs ».
  • La création d’un site internet (article 24) dédié qui permettra notamment la valorisation et la mutualisation des initiatives de terrain et de ressources nationales publiques (CNDCH Observatoire de la Laïcité, Ministères et défenseur des droits).
  • La création d’un réseau de référents antiracisme, antisémitisme dans les établissements d’enseignement supérieur (article 27).
  • L’élaboration d’un guide de référence de rappel du droit et des sanctions à destination de l’ensemble des acteurs éducatifs (article 30).
  • La création d’un fonds d’intervention « MÉMOIRE ET HISTOIRES » pour mettre en réseau et mobiliser les institutions mémorielles (article 31).
  • La mise en place d’un parrainage citoyen cadre, un suivi personnalisé durant deux ans par un adulte volontaire issu de la réserve citoyenne qui permette aux jeunes d’approfondir leur appropriation des valeurs républicaines et de s’impliquer dans la vie de la collectivité sous diverses formes (article 34).
  • La formation de 1.000 ambassadeurs « valeurs du sport » qui bénéficieront d’une formation à la citoyenneté, la laïcité, la lutte contre les préjugés, contre le racisme et l’antisémitisme (article 39).
  • La mise en place d’un numéro vert dans chaque ligue sportive à destination de l’encadrement des clubs amateurs (article 40).

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Journal de Juillet 2015: “Le labyrinthe du silence”

7 septembre 2015
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Le Labyrinthe du silence a été réalisé par Giulio Ricciarelli (Allemagne, 2014)

Le 70° anniversaire de la libération des camps nazis et particulièrement le 27 janvier 1945 celui d’Auschwitz, permet de donner libre cours à la description (films, livres, articles de presse) de ce qui s’est passé. Fin de l’oubli ou du négationnisme, il est juste temps car les derniers témoins disparaissent les uns après les autres et la transmission en “vrai” va devenir plus difficile.

La débauche d’informations ne lèvera pas le silence voulu ou du à l’ignorance qui a perduré longtemps après la guerre.

C’est principalement l’objet de ce film dont le titre un peu mystérieux cache un film tiré au rasoir sur la description du procès de Düsseldorf en 1962 qui a fait juger des dirigeants nazis par des juges allemands.

Le film traite aussi de la quête d’un procureur allemand qui cherche la vérité de ce qui s’est passé alors que tout le monde nie ou cache la vérité qu’on n’ose pas encore regarder en face.

C’est un film phénoménal que vous garderez en mémoire.

 

Daniel Rachline

 


Journal de Janvier 2015: Cent ans de négation et de solitude

2 mars 2015

2015 sera l’année du centenaire du génocide des Arméniens, et centenaire aussi de sa négation (à lire “Mémorial du génocide arménien” de Raymond Kévorkian, Yves Ternon).

A cette occasion Bernard Jouanneau a posé quelques questions à notre ami Serge Tavitian, avocat, membre du conseil de Mémoire 2000, très actif dans le lutte contre le négationnisme.

B.J. — Estimes-tu possible vraisemblable ou impossible que la Turquie reconnaisse le génocide de 1915 ? Quelles sont d’après toi les raisons qui empêchent la Turquie de le reconnaître, comme par exemple l’Allemagne l’a fait pour la shoah ? Crois-tu que la communauté internationale a les moyens de faire pression sur la Turquie pour l’amener à le reconnaître ?

S.T. — En l’état actuel des choses il est selon moi impossible que la Turquie reconnaisse le génocide arménien. Elle n’a toujours pas fait son retour vers le passé et ne l’assume pas. La société turque se ferme et s’arc-boute sur ses principes. Les Arméniens sont toujours victimes de discrimination dans ce pays. Revenir sur le génocide arménien c’est revenir sur la république de Turquie qui s’est construite sur les cendres du génocide arménien. C’est aussi revenir sur l’héritage de Mustafa Kemal Atatürk qui a été l’artisan de la naissance de la Turquie moderne et de l’enterrement du traité de Sèvres qui a fait s’évanouir pour longtemps toute idée d’Etat indépendant. La Turquie s’est construite sur des cendres et un mensonge d’Etat.

B.J. — A l’inverse penses tu que la Turquie peut intervenir sur le plan politique, diplomatique ou économique pour empêcher les Etats de reconnaître le génocide?

S.T.— La Turquie intervient et ne se gêne pas pour toujours employer des moyens diplomatiques propres à stopper toutes velléités de reconnaissance et pour nier l’Histoire. Elle emploie toujours des moyens financiers importants pour poursuivre son œuvre négationniste.

B.J. — Y a-t-il des pays dans lesquels la communauté arménienne est aussi agissante qu’en France pour obtenir que la négation du génocide fasse l’objet d’une répression ?

S.T. — Aux États-Unis, la communauté est très active.

B.J. — Que sais-tu des initiatives en cours en France pour mettre en place une telle répression depuis que le conseil constitutionnel a déclaré inconstitutionnelle la loi que Valérie Boyer avait réussi à faire voter en ce sens par le Parlement au mois de janvier 2012 ? As-tu pris connaissance de la nouvelle proposition du groupe UMP qui tend à incriminer certaines pratiques négationnistes portant sur l’ensemble des génocides du XX° siècle, sous réserve de l’excuse absolutoire de l’histoire. Penses-tu qu’elle ait des chances de recueillir une approbation collective de l’ensemble des formations politiques y compris le Front National ? Est-il important ou seulement souhaitable d’y parvenir avant ou à l’occasion du centième anniversaire, alors qu’il ne reste que relativement peu de temps ?

S.T. — C’est à la fois important et souhaitable. Important car la commémoration est symbolique. Souhaitable car cela rendrait la négation de tout génocide interdite et donc instituerait un universalisme de la répression. Après tout, on raconte que Lemkine a assisté au procès de Tehlirian, cet Arménien qui a assassiné à Berlin au terme d’une des plus grandes chasse à l’homme de l’histoire, Talaat Pacha, le grand ordonnateur du génocide arménien. Jugé en cour d’assises, il fut acquitté. Lemkine est paraît-il sorti bouleversé de cette audience et je veux croire qu’elle a marqué son esprit de juriste et est au moins pour partie à l’origine de sa réflexion ayant conduit à la création de l’infraction de génocide.

B.J. — Estimes-tu préférable d’attendre, comme semblent le penser bon nombre de membres de l’AFAJA, que Le président François Hollande donne suite à sa promesse de revenir sur la question en 2016  ou que la cour européenne des droits de l’homme se soit prononcée sur le recours de la Suisse contre l’arrêt Perincek ?

S.T. — Attendre n’est jamais la solution. Il faut agir sur tous les fronts.


Journal de Janvier 2015: « Mémorial du génocide des Arméniens » de Raymond Kévorkian et Yves Ternon

2 mars 2015

imagesMémorial du génocide des Arméniens

de Raymond Kévorkian et Yves Ternon (Éditions du Seuil)  (cliquez sur le titre pour accéder au site de la maison d’édition)

A l’occasion de la commémoration du génocide des Arméniens, paraît un recueil réalisé par deux historiens et Gérard Chaliand, expert en géopolitique.

Il a fallu deux ans pour achever la réalisation de ce recueil de documents qui ont le mérite de faire comprendre le premier massacre de masse de civils du début du 20° siècle, préfigurant la Shoah, qui a pu être mené à bien par des hommes dits civilisés.

Et il y en a encore qui nient le génocide des Arméniens… Peut-être peuvent-ils lire ce livre?

On peut aussi leur recommander “Le génocide des Arméniens”, paru en 1980, d’Yves Ternon et Gérard Chaliand, ainsi que “Le génocide des Arméniens” paru en 2006 de Raymond Kévorkian.

Daniel Rachline

 

 


Journal d’Avril 2014: Vol au dessus d’un nid de Fachos

5 mai 2014

afb1bf9532bafc74bc70be485731b0fb« Dieudonné, Soral, Ayoub et les autres… » de Frédéric Haziza aux éditions Fayard

Passionnante enquête sur la fachosphère, mais aussi malaise intense à découvrir. Ce qu’on apprend sur la campagne odieuse d’injures qu’a à subir un journaliste aujourd’hui en 2014. “Escrocs à la Shoah”, “gangrène sioniste”, “pleurnicheuse juive” et j’en passe…

A quel moment faudra-t-il commencer à s’inquiéter?

Daniel Rachline