Journal de Juillet 2013: un voyage de 100 délégués européens en Israël

Voyage de JCall de mai 2013 en Israël et en Palestine

Voyage de JCall de mai 2013 en Israël et en Palestine

JCall est un appel à la Raison lancé aux juifs européens et aux amis d’Israël pour agir et militer en vue d’une paix juste et durable en Israël-Palestine. Lancé en 2010, l’appel JCall a recueilli plus de 8000 signatures en Europe.

Allez voir en CLIQUANT ICI: http://fr.jcall.eu

Un voyage JCall en Israël et en Cisjordanie, début mai 2013, pourquoi? Pourquoi 100 personnes? Beaucoup d’entre nous se tiennent quotidiennement informés de la situation dans le pays et les territoires sous administration palestinienne. Mais une chose est de savoir, autre chose est de voir, de se confronter à la réalité. Et écouter les uns et les autres. Par ailleurs, il était important de faire nombre: 100 européens ne passent pas inaperçus des 2 cotés de la ligne verte, nous l’avons bien senti.

Nous avons vu de l’intérieur, pendant cette semaine, ce que les Israéliens et les Palestiniens côtoient sans voir. Nous avons rencontré toutes sortes de gens, juifs et arabes; maires de localités; responsables d’associations; spécialistes de la sécurité; députés; colons des implantations; journalistes; militants pour la Paix; habitants d’un camp de réfugiés, etc. Des gens de tous bords, à l’exception de ceux du Hamas ou du Jihad islamique.

Chacun, selon son tempérament, a reçu de fortes impressions, générant déceptions, satisfactions ou interrogations. A ce jour, je reste encore, comme beaucoup d’entre nous, écartelé entre fol espoir et noir pessimisme. Faute de place dans ce numéro, je me garderai bien de faire ici de hâtives conclusions politiques, et me bornerai à livrer quelques impressions de voyage.

A deux pas de Gaza, Sderoth, la ville qui a reçu plus de 28 000 roquettes. Une ville proprette, si ce n’est la profusion des abris. Je suis entré dans l’un d’eux, et n’en suis pas si fier, tant je me suis senti voyeur. Une exposition montre des centaines de roquettes, vestiges des tirs incessants. Devant ces engins de mort, tordus et rouillés, j’ai été tenté de réclamer à notre bruyante équipée 15 secondes de silence pour bien se rendre compte de ce que représentent 15 secondes pour trouver un abri et sauver sa vie et celle de ses enfants.

Gaza a pu être aperçue, blanche et inquiétante dans le petit matin, entre le no man’s land et la mer, presque à la toucher.

En longeant le parcours sinueux de la barrière de sécurité, dont le tracé sur la carte semble incohérent, en passant les check points, et apercevant les villages arabes de la vallée de Dotan, nous avons appréhendé la dure complexité d’une confrontation de la géographie et de l’histoire, intimement liées. De même, sur le point d’observation situé au centre de la partie la plus étroite d’Israël (13km) d’où l’on peut, par temps clair, observer la mer à l’ouest et, à l’est, le Jourdain, c’est ce sentiment d’extrême imbrication qui domine.

A Nazareth, j’ai été sensible à cette jeune maire-adjointe, musulmane bien ancrée dans ses origines et traditions familiales locales, totalement ouverte à la modernité pour les siens et sa ville.

Ramallah. Des immeubles flambants neufs partout, une ville en chantier, une activité débordante. Reçus au mémorial du poète Mahmoud Darwish, Bassam Khoury, ex-ministre des finances de l’Autorité Palestinienne nous brosse un tableau des perspectives économiques de la Palestine aujourd’hui. Le taux de croissance y est incroyable, 6,8% l’an, et le niveau de vie s’accroît.

Salam Fayyad, premier ministre (démissionnaire) reçoit à la Muqata’a une vingtaine d’entre nous. Cet homme, qui a nettoyé de la corruption l’Autorité Palestinienne, veut montrer au monde que celle-ci est capable de gérer le futur État pour peu qu’il soit viable. Cet État verra le jour, il en est confiant.

Jérusalem. A la Knesset, plusieurs députés se sont succédés pour nous parler. A part Ruven Rivlin du Likoud, tous, des travaillistes au Meretz prônent la solution à 2 États. Mais sans se prononcer sur l’essentiel: quand ? Je crois que la présence à la Knesset des 100 européens JCall a du faire du bruit dans les couloirs.

Hebron. Une enclave juive dans cette ville arabe où sont retranchés 700 fous de Dieu protégés par 1200 soldats de Tsahal. C’est une ville fantôme, un ghetto vide, des façades aveugles, des échoppes fermées. Qui peut vouloir vivre et élever ses enfants dans un environnement pareil? Les sépultures des patriarches n’en demandent pas tant.

A Bethléem, face à une autre enclave entourée du sombre mur de 8 mètres de haut, le camp de réfugiés visité ressemble à un quartier pauvre comme un autre. A l’entrée, une clé géante symbolise la mystique du droit au retour, et les commentaires du guide ne sont pas exempts de propagande doloriste. Les fresques naïves sur le mur et les maisons exaltent l’héroïsme des combattants.

A Kfar Etzion, la rencontre avec des responsables d’implantations déclarant, imperturbables, que l’autre État est la Jordanie et la frontière, le Jourdain, et notamment, Rony Akrich, ex-trotskiste, prédicateur touché par la grâce, m’a fait retrouver l’aveuglement de certains parisiens de mes relations prêts à défendre Israël jusqu’au dernier Israélien.

Nous avons vu aussi des exemples réussis de cohabitation harmonieuse entre juifs et arabes dans les expériences de Givat Aviva et de Neve Shalom. Ces villages où les 2 communautés vivent, travaillent, partagent, enseignent, et quelques fois s’épousent, montrent un bel exemple, mais celui-ci est-il transposable, du village à un pays tout entier?

Les villes israéliennes magnifiques, ces collines verdoyantes, cette modernité, ces gens d’origines si diverses, ce jeune enthousiasme, ce savoir-faire dans les domaines les plus variés, nous les avons également rencontrés, et il nous peine de voir ce pays, en qui nous fondons tant d’espoirs, risquer, par aveuglement ou par peur, de perdre son âme. Cela se dessine dans les solutions radicales prônées par certains, dont la terre est devenue sujet d’idolâtrie, et l’Ancien Testament, le plan d’urbanisme.

Ces visites et rencontres quotidiennes avec des personnalités politiques et intellectuelles, sans changer mon appréhension de la situation, ont fortement accentué le sentiment d’urgence à mettre en place la séparation. Elle seule, permettra à Israël de conserver le rêve du sionisme pour un pays juif et démocratique. Une majorité de la population (65%) y aspire.  Aux politiciens de faire preuve de courage.

Maurice Benzaquen 

 

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