Journal d’Avril 2013: Désaccords d’Oslo

Le ministre norvégien des affaires étrangères, Espen Barth-Eide, et le Président Mahmoud Abbas

Le ministre norvégien des affaires étrangères, Espen Barth-Eide, et le Président Mahmoud Abbas

Il y a bientôt 20 ans, le 20 août 1993, le monde entier découvrit avec stupeur des Israéliens et des Palestiniens assis à une même table dans la capitale norvégienne. Tout sourire, tout contents d’avoir pu négocier dans le plus grand secret, avec l’aide de diplomates norvégiens. Il s’agissait d’un accord (de principe) pour poser les jalons d’une future résolution du conflit israélo-palestinien.

Un mois plus tard ce fut la poignée de main historique du premier ministre israélien Yitzhak Rabin et de Yasser Arafat, président du comité exécutif de l’OLP. Sous l’oeil vigilant du président des Etats-Unis Bill Clinton et sur la pelouse de la Maison Blanche. Enfin, en décembre 1994, le Comité Nobel remit le Prix Nobel de la Paix à Yitzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat à Oslo.

Belles images, mais on connaît la suite. L’accord des prémices d’une paix possible n’a pas résisté longtemps. L’assassinat de Rabin en 1995 signifia en fait son arrêt de mort. Les accords d’Oslo avaient occulté des questions trop brûlantes, telles que le futur statut de Jérusalem. Aucune négociation  n’a abouti depuis. Le processus est au point mort. Les désaccords ont repris le dessus.

Pays hôte il y a 20 ans, la Norvège continue d’y croire, officiellement. Puisant dans sa manne pétrolière, elle est encore l’un des rares pays donateurs à l’Autorité palestinienne. Cependant, l’argent dépensé pose désormais question.

En 20 ans, la Norvège a donné au total 10 milliards de couronnes (748 millions d’euro) aux Palestiniens. Oslo donne désormais plus aux Palestiniens qu’à personne d’autre, par exemple beaucoup plus qu’aux Afghans. La Norvège semble en fait prisonnière du processus de paix qu’elle lança elle-même il y a 20 ans. Elle semble obligée de donner toujours plus, et notamment pour compenser quand d’autres donateurs font défaut.

Quand on ne peut pas avoir la paix, la Norvège paye pour le désir de paix, dit Hilde Henriksen Waage, spécialiste du Moyen Orient au centre de recherches PRIO.

Nous avons toujours pensé que si nous donnons une aide économique suffisante, en établissant des infrastructures et des institutions, cela contribuera à l’établissement d’un État palestinien, une des conditions indispensables pour la paix. Nous croyons pouvoir acheter la paix, dit-elle.

Le ministre norvégien des Affaires Etrangères, Espen Barth-Eide, souligne que le but de la Norvège et des autres pays donateurs est de favoriser un État palestinien indépendant, viable et démocratique qui pourrait vivre à côté d’Israel. Les deux états doivent pouvoir “vivre avec des frontières reconnues mutuellement, en paix et en sécurité et avec les moyens réaliser leurs ambitions nationales respectives”, souhaite Barth-Eide.

Pour les plus optimistes, le deuxième mandat de Barack Obama pourrait constituer une “fenêtre d’opportunité”. Mais la paix au Moyen Orient ne semble pour l’instant pas être sa priorité absolue.

Vibeke Knoop

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