Journal de Janvier 2017: Un des derniers…

20 décembre 2016

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès le 1er décembre dernier, de notre ami

 

Serge BOUDER

 

Serge Bouder a été, pendant de nombreuses années, un fidèle soutien de Mémoire 2000.

Très jeune il a été interné au camp de Drancy. Il a été un de ceux qui, en septembre 1943, ont tenté de s’évader du camp en creusant un tunnel.

Projet insensé qui n’a malheureusement pas abouti. Les Allemands ayant découvert le tunnel ont ordonné qu’il soit muré.  Mais les détenus chargés de fermer le “tunnel de la résistance” ont laissé, gravé sur une plaque de plâtre, un témoignage de leur courageux exploit. Cette plaque ne fut   mise à jour qu’en 1980.

Après la découverte du tunnel par les Allemands, les “responsables” du creusement, parmi lesquels se trouvait Serge Bouder, ont été enfermés et torturés avant d’être mis dans le convoi N° 62 du 20 novembre 1943 pour Auschwitz. C’était sans compter sur leur courage et leur détermination.

Quelques uns de ces “futurs déportés”, purent après avoir arraché, à la main, les barreaux des fenêtres, sauter du train et ainsi échapper à une mort certaine. Serge faisait partie de ces “évadés”…

Puis ce fut la Résistance…

Toute sa vie Serge Bouder a été un homme engagé et courageux.

Un des derniers de cette tragique époque…

Qu’il repose en paix.

Nous adressons à sa famille nos plus affectueuses pensées.

 

Lison Benzaquen

 

 

 


Journal de Janvier 2017: l’Assemblée Générale de Mémoire 2000

20 décembre 2016

Lundi 5 décembre 2016

Le président, Bernard Jouanneau, dans son rapport moral indique que année 2016 aura été marquée du sceau de la remise en question, de l’altération de la situation générale du monde confronté à l’intolérance, au racisme et aux discours de haine auxquels nous avons fait face par nos actions et par les décisions prises malgré les événements qui sont venus perturber gravement le fonctionnement de l’Association.

Le président développe chacun des points évoqués et les actions que nous avons menées, et conclut sur une note d’espoir pour l’année 2017.

Par ailleurs, le Trésorier Maurice Benzaquen qui a assuré l’intérim après le décès de Daniel Rachline, a présenté le bilan financier.

Il signale qu’il a pu remonter assez loin dans la gestion de la trésorerie et remis celle-ci en ordre de marche. Aujourd’hui, les difficultés rencontrées ont été surmontées.

La gestion de la trésorerie est désormais traitée avec rigueur et le plan-comptable porté chez l’expert-comptable (livre-journal, suivi général, pièces justificatives) a permis à celui-ci d’établir aisément le bilan.

A été joint au rapport, un tableau des recettes et dépenses consultable à tout instant au secrétariat.

Les deux rapports ont été adoptés à l’unanimité moins une voix.

Ils sont à la disposition des adhérents qui en feront la demande au secrétariat.

 


Considérations sur la condamnation de J.M. Le Pen par le Tribunal de Paris

7 avril 2016

Le tribunal de Paris vient de rendre sa décision dans les poursuites engagées par le Ministère public contre Jean-Marie LE PEN, pour les déclarations qu’il a faites le 2 avril 2015 a Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV qui l’interrogeait pour savoir s’il regrettait ce qu’il avait dit jadis sur les chambres à gaz.

Il avait déclaré: « A aucun moment, ce que j’ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire de la guerre, à moins d’admettre que ça soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz » en ajoutant « Je maintiens ces propos parce que je crois que c’est la vérité ».

Jean-Marie Le Pen qui n’avait pas comparu à l’audience avait refusé de se défendre au fond et imparti à son avocat (Maître Wagner) le mandat de se borner à soulever son immunité de député européen.

Sur ce point, faisant droit au moyen soutenu par notre avocat (Maître Serge Tavitian) le tribunal a répondu que les propos tenus sur l’antenne de BFMTV ne l’avaient pas été dans le cadre de l’exercice de son mandat de député, avec lequel ils n’avaient aucun rapport. Il a donc écarté le moyen, puis statuant au fond, en dépit de son absence volontaire aux débats, le tribunal a considéré que Jean-Marie Le Pen s’était bien rendu coupable de contestation de crimes contre l’humanité, délit prévu et réprimé par l’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 (Loi Gayssot), au motif que « Force est de constater, que sous couvert d’admettre à la fois la réalité et le caractère « assez ignoble » des chambres à gaz, Jean-Marie Le Pen n’avait eu de cesse d’en relativiser l’importance, par delà sa persistance à employer le terme de « détail » et que « cette analyse qui vise à mettre à égalité l’ensemble des épisodes dramatiques de ce conflit, n’en faisant que des péripéties inhérentes à toute guerre, est effectué en toute conscience par Jean-Marie Le Pen, alors même qu’il a déjà été condamné pour des propos de même nature et qu’il est sans conteste rompu aux interviews »… 

En répression, le tribunal l’a condamné à 30 000  € d’amende et a ordonné en outre, à titre de peine complémentaire la publication d’un communiqué faisant état de sa condamnation dans les quotidiens LE FIGARO, LE MONDE et LIBERATION dans la limite de 5000€ par insertion, tout en ordonnant l’exécution provisoire de cette mesure de publication.

Sur les constitutions de partie civile, le tribunal a octroyé aux associations déclarées recevables, l’indemnisation qu’elles demandaient et en particulier à Mémoire 2000 la somme de 5000 € de dommages et intérêts+ 1500 € de frais.

On retiendra de cette décision l’analyse particulièrement détaillée de la notion de contestation.

Après la reconnaissance par le Conseil constitutionnel de la parfaite constitutionnalité de la loi Gayssot, par sa décision du 6 janvier dernier, le jugement de la 17 ° chambre du tribunal de Paris en renforce la portée.

Le président

Bernard JOUANNEAU


Mémoire 2000 condamne les propos de Nadine Morano

5 octobre 2015

La déclaration de Nadine MORANO à l’émission de samedi soir  « ON  N’EST  PAS COUCHÉS » de Laurent RUQUIER  a dépassé toutes les bornes. D’abord elle est fausse. « La France n’est pas un pays de race blanche « . Elle est ensuite contraire aux valeurs fondamentales de la RÉPUBLIQUE. Elle est l’expression d’une idée raciste, odieuse et insupportable, mais elle n’est pas susceptible de poursuites pénales, puisqu’en FRANCE la diffusion d’idées racistes n’est pas un délit.  En revanche il est inadmissible qu’elle puisse se présenter comme tête de liste dans une circonscription pour les élections régionales,  sans compter qu’elle est désormais disqualifiée pour participer à des élections primaires d’un parti politique pour les élections présidentielles

MÉMOIRE 2000


• LE « PLAN ANTIRACISTE DU GOUVERNEMENT » : Une Peau de chagrin ?

21 septembre 2015

CLIQUEZ ICI POUR TÉLÉCHARGER LE TEXTE DE BERNARD JOUANNEAU, PRÉSIDENT DE MÉMOIRE 2000.

Annoncé le 17 avril dernier, le nouveau plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme du Premier Ministre apparaissait comme la mise en œuvre de « la réserve citoyenne » mis en avant par le Président HOLLANDE au lendemain des événements de janvier 2015. Présenté aux médias au sein d’un lycée de Créteil ce jour-là, il était restreint :

1/ A l’annonce du renforcement des sanctions du délit d’injures raciales et de leur transfert de la Loi sur la Presse dans la liste des infractions de droit commun et de la généralisation de la circonstance aggravante de racisme pour toutes les infractions.

2/ A l’intervention plus déterminée des pouvoirs publics dans la diffusion des messages de haine raciale sur internet et sur les réseaux sociaux.

3/ A l’octroi d’une dotation de 100 millions d’euros sur 3 ans sans qu’il soit précisé à quel usage ils seraient affectés.

4/ A l’importance du volet éducatif revenant aux enseignants relayés par les associations et les volontaires de la réserve citoyenne.

On n’en savait guère plus sans d’ailleurs que les médias ne s’en préoccupent comme s’il ne s’agissait que d’une nouvelle initiative –une de plus- faisant appel aux valeurs républicaines dont on avait enregistré le sursaut lors de la manifestation du 11 janvier. Il se présente comme «  Le Plan National 2015-2017 de la République mobilisée contre le Racisme et l’antisémitisme ». Il est sensé répondre a l’Urgence.

Urgence devant la résurgence d’un antisémitisme que l’on croyait éteint.

Urgence devant la fracture sociale, territoriale et identitaire.

Urgence devant le torrent de haine charrié quotidiennement sur internet et les réseaux sociaux.

Urgence enfin quand les insultes racistes et antisémites s’installent dans les cours d’écoles et sur les terrains de sport.

Urgence déclarée mais toute relative puisqu’il m’a fallu insister à plusieurs reprises pour y avoir accès étant donné qu’il n’était toujours pas accessible sur le site de la DILCRA. Un mois et demi après sa promulgation et que les quatre mesures phares annoncées par les médias sont loin de couvrir les quarante mesures qu’il comporte.

Urgence déclarée qui prend son temps puisque plusieurs des dispositions adoptées sont d’ores et déjà transférées au second semestre 2015 et que le démarrage annoncé pour le printemps se trouve déjà décalée à l’automne.

Mais l’ampleur de celles-ci justifie sans doute ces délais qu’implique la mise en œuvre de plusieurs créations annoncées. Parmi celles-ci :

  • Une campagne de sensibilisation grand public sur les grands médias, nationaux et locaux dans l’hexagone comme dans les territoires d’Outre-Mer… à l’instar de ce qui a été accompli en matière de communication sur la sécurité routière. On peut comprendre qu’il faille laisser le temps aux agences de communication consultées de faire des propositions (action n° 1),
  • Plus nébuleuse apparaît la « campagne participative et virale nécessitant un appel d’offres auprès des associations ainsi que des artistes, des créateurs, des influenceurs du WEB qui doivent être sollicités. Bénévolement ? Semble-t-il ? (action n° 2)
  • La mobilisation de « grands parrains », personnalités à même de porter des messages et d’engager des initiatives médiatiques, artistiques, culturelles ou associatives fait penser à           (action n° 3) des personnes physiques plutôt qu’à des organisations impersonnelles, de celles qui mobilisent les énergies et les faveurs du public telles que Bernard-Henri LÉVY, Alain FINKIELKRAUT ou Michel PLATINI et Djamel DEBBOUZE ou Isabelle ADJANI et Charles AZNAVOUR.

Ceux et celles qu’on voit mal se mobiliser du jour au lendemain et dans la durée pour bénéficier du « soutien logistique » des pouvoirs publics. On ne doute pas de leurs capacités à se mobiliser mais pas sur ordre, ni dans la durée, ni dans la précipitation.

  • La participation de ces « grands parrains » à un club de mécènes de la citoyenneté évoque leur rassemblement sous l’égide de bienfaiteurs de l’humanité tels que SPIELBERG ou Pierre BERGÉ qui n’attendent évidemment que cela pour ajouter à leur notoriété naissante.

Mais au-delà de l’appel personnel et bénévole aux bienfaiteurs, on envisage de créer un certain nombre d’organes ou d’organismes qui vont venir s’ajouter à ceux qui existent déjà parmi les nouveaux arrivants.

  • Les CORA (assistés opérationnels de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme) qui au niveau du département vont remplacer les COPEC (Commission pour la Promotion de l’Egalité des Chances et la Citoyenneté) dont la création remonte au 13 décembre 2009, et qui avait déjà remplacé la CODAC (Commission Départementale d’Accès à la Citoyenneté) chargée de définir les actions de prévention contre toute discrimination directe ou indirecte fondée sur l’origine, le sexe, le handicap, l’orientation sexuelle ou l’appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion (action n° 5),
  • Les plans territoriaux de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et pour la promotion de la citoyenneté qui devront désormais figurer dans les futures contrats de ville et faire l’objet d’avenants territoriaux opérationnels des conseils locaux, sécurité et prévention de la délinquance (CLSPD) qui nécessite de recréer une capacité d’impulsion et d’animation autour des Préfets et de leurs collaborateurs (action n° 6),
  • Très imprégnée de la crainte de la diffusion sur internet des messages de haine, propose la création d’une Unité Nationale de Lutte contre la Haine sur Internet (UNLCHI) par la mise en place d’une agence dédiée à la lutte contre la haine sur internet qui aurait pour objet de coordonner les acteurs institutionnels chargés d’édicter et de faire respecter les normes relatives à la protection contre les discours de haine.
  • La mise en place dès le printemps (qui est déjà largement dépassé) d’un groupe de travail rassemblant quelques associations pilotes, les acteurs du net, mais aussi des influenceurs « des community managers », des acteurs de la « e-représentation », des chercheurs, psychologues et sociologues afin de prototyper une boîte à outil de riposte en ligne.

D’ici que l’on parvienne à mettre d’accord tous ces intervenants d’horizons divers, le net aura continué à faire des ravages.

  • La création d’un conseil scientifique (article 2B) auprès de la DILCRA qui se composera de chercheurs, d’universitaires et d’intellectuels représentant toutes les disciplines permettant de faire progresser l’état des savoirs sur le développement des comportements, idéologies et préjugés racistes ainsi que des praticiens de l’action publique et qui aura pour mission de « formuler des recommandations et des avoirs ».
  • La création d’un site internet (article 24) dédié qui permettra notamment la valorisation et la mutualisation des initiatives de terrain et de ressources nationales publiques (CNDCH Observatoire de la Laïcité, Ministères et défenseur des droits).
  • La création d’un réseau de référents antiracisme, antisémitisme dans les établissements d’enseignement supérieur (article 27).
  • L’élaboration d’un guide de référence de rappel du droit et des sanctions à destination de l’ensemble des acteurs éducatifs (article 30).
  • La création d’un fonds d’intervention « MÉMOIRE ET HISTOIRES » pour mettre en réseau et mobiliser les institutions mémorielles (article 31).
  • La mise en place d’un parrainage citoyen cadre, un suivi personnalisé durant deux ans par un adulte volontaire issu de la réserve citoyenne qui permette aux jeunes d’approfondir leur appropriation des valeurs républicaines et de s’impliquer dans la vie de la collectivité sous diverses formes (article 34).
  • La formation de 1.000 ambassadeurs « valeurs du sport » qui bénéficieront d’une formation à la citoyenneté, la laïcité, la lutte contre les préjugés, contre le racisme et l’antisémitisme (article 39).
  • La mise en place d’un numéro vert dans chaque ligue sportive à destination de l’encadrement des clubs amateurs (article 40).

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Journal de Juillet 2015: Soral condamné…

7 septembre 2015
Statue allégorique de la justice. Chancellerie

Statue allégorique de la justice. Chancellerie

Dans notre précédent numéro, notre avocat, Maître Serge Tavitian, relatait le procès intenté à Alain Soral par un certain nombre d’associations (dont la notre), pour avoir effectué le geste de “la quenelle” devant le Mémorial de la Shoah de Berlin.

Et bien le jugement a été rendu le 12 mai dernier et le tribunal a déclaré “Alain Soral coupable du délit d’injure publique envers un groupe de personnes en raison de leur race, de leur religion ou de leur origine, par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique, faits commis courant décembre 2013 et jusqu’au 8 janvier 2014 à Paris”.

Alain Soral est donc condamné à 100 jours/amende d’un montant unitaire de 100 euros.

En cas de non-paiement, les jours amende deviennent des jours de détention

Outre l’amende pour injures à caractère racial, le tribunal a condamné l’essayiste d’extrême droite à verser 14.001 euros de dommages et intérêts au profit des sept associations qui s’étaient constituées parties civiles.

Une victoire pour notre association et les autres parties civiles.

Justice est rendue…

 

Mémoire 2000

 


Journal de Juillet 2015: Triste année pour Mémoire 2000…

7 septembre 2015

Peu de temps après le décès de Janine Buhler, nous avons appris, avec stupeur, la disparition de Marc Naimark.

Marc a décidé volontairement de partir, et nous laisse désemparés…

Il a été l’un des fondateurs de l’association et c’est grâce à lui que Mémoire 2000 a eu accès aux “nouveaux” moyens de communication.

Marc était une personne rare : généreux, drôle, fiable… Mais plus que tout, d’une intelligence et d’une vélocité intellectuelle exceptionnelles.

Engagé dans de nombreuses autres associations, il était d’une efficacité redoutable.

Marc avait encore beaucoup à faire et à donner, mais il a préféré se retirer : c’est dommage, d’une infinie tristesse, mais totalement respectable.

Nous présentons nos plus attristées condoléances à sa famille et ses amis.

Nous penserons toujours à lui avec tendresse.

 

Les membres et amis de Mémoire 2000