Journal d’Octobre 2017: Une minorité musulmane persécutée dans l’ouest de la Birmanie : les “Rohingyas”

C’est un peuple indo-aryen, leur présence en Arakan (région ouest de la Birmanie actuelle), est antérieure au VIIIème siècle, converti à l’Islam au XVème siècle.

Un peu d’histoire:

En 1785, ce peuple subit l’attaque des Birmans qui soumettent 20 000 Rohingyas en esclavage.

Puis la monarchie birmane encourage les raids visant à briser tout esprit de résistance chez cette population, capturant et brûlant vifs des centaines de personnes.

L’occupation britannique en 1826 fut une respiration pour ce peuple qui bénéficie alors d’une certaine liberté culturelle et politique. Les anglais appliquent la stratégie “diviser pour mieux régner” et signent le traité qui met provisoirement fin à plusieurs années de guerre, avec d’un côté, les Britanniques et les Rohingyas, de l’autre les Birmans bouddhistes et les Japonais.

Mais, après la 2ème guerre mondiale, les Birmans ne leur pardonneront jamais d’avoir soutenu les Britanniques et dès 1945, les Rohingyas sont à nouveau rejetés, persécutés par les Birmans mais aussi par les Japonais et sont massacrés par milliers (viols, tortures et meurtres).

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Des réfugiés Rohingyas fuient le Myanmar (crédit: Reuters/Mohammad Ponir Hossain)

En 1982, les dirigeants de la Birmanie déclarent les Rohingyas “non-citoyens“. Ils prétendent que ce sont des étrangers, arrivés avec les Britanniques en 1826 !

Les Rohingyas se révoltent et en 2012, on assiste à des violences inter-ethniques effroyables entre musulmans et bouddhistes.

Le discours de paix d’Aung San Su Kyi (juin 2012) redonne espoir aux Rohingyas, tout au moins celui d’obtenir le statut de minorité ethnique qui leur est refusé. Malheureusement, espoir déçu, nouvelles émeutes fin 2012, le président Thein Sein ne veut pas accepter, et encore moins intégrer les Rohingyas, prétendant qu’ils étaient entrés “illégalement” en Birmanie !

100 000 personnes sont rejetées et regroupées dans des camps autour de Sittwe, capitale de la région Arakan.

Actuellement, nouvel épisode :

Août 2017 : Les Rohingyas attaquent un poste de police provoquant une campagne de répression ultra violente de l’armée. 300 000 Rohingyas fuient la Birmanie vers le Bengladesh . ”Les bouddhistes de l’Etat de l’Arakan, où ils sont majoritaires, voient d’un très mauvais œil le soutien apporté par les agences des Nations Unies et les ONG étrangères aux Rohingyas” (Le Monde 5 sept.2017).

L’ONU a déclaré que la Birmanie a entrepris une campagne de “nettoyage ethnique” contre cette minorité musulmane, des viols, tortures et massacres reprennent. L’ONU condamne fermement.

Le gouvernement d’Aung San Su Kyi dément. Cette dernière prétend qu’il s’agit d’une campagne de désinformation.

Malala Yousafzaï, prix Sakharov pour les droits de l’homme, décerné par le parlement européen, s’insurge contre ce “génocide”, dit-elle.

Qui croire ? Quelle information ? Nous qui sommes abreuvés d’infos, l’histoire est manipulable, ô combien ! Réflexion que nous devons avoir et susciter auprès de nos élèves. Trop d’info tue l’info. Amenons les à réfléchir, à analyser ces points de vue contradictoires, nous devons être les relais pédagogiques qu’ils n’ont plus le temps de trouver ailleurs.

Comment ne pas trembler également, sachant que les extrémistes religieux sont toujours en embuscade, prêts à embrigader les populations affaiblies, errant d’un quartier à l’autre, d’une région à l’autr….

Bien que rien n’indique que le drame qui se joue sous nos yeux en Birmanie, soit en train de prendre une connotation religieuse, le risque est latent et nous devons être vigilants, on peut s’interroger : jusqu’où, pendant combien de temps, les Rohingyas résisteront-ils aux appels de l’Internationale du Djihad?

Ils sont actuellement privés des droits les plus élémentaires : interdiction d’envoyer leurs enfants à l’école, interdiction de se marier, pas d’accès aux soins. Le régime entrave l’aide humanitaire, la plupart des ONG ont dû partir. Ce sont des apatrides, vivant dans leur pays depuis des siècles!

“Autant de récits, autant de questions”, écrivait Bertold Brecht en 1935.

Quoi qu’il en soit, il est urgent et nécessaire de ne jamais perdre de vue que la vie de l’être humain est la valeur suprême.

Joëlle Saunière

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