Compte-rendu du procès d’Alain Soral

A l’audience, Alain SORAL a semblé vouloir jouer la carte de la discrétion. Ce dernier ne s’est, dans un premier temps, pas manifesté comme en première instance. Il a insisté sur le fait que les condamnations très lourdes qu’il subissait marquaient sa mort économique, semblant faire appel pour ces uniques raisons. Son Conseil a soutenu les mêmes conclusions de nullité qui ne me semblent pas recevables par le Tribunal. Il a, avec un Avocat supplémentaire, plaidé les mêmes moyens qu’en première instance. Lorsque ce fut à mon tour, j’ai rappelé l’audience de première instance. J’ai rappelé combien, dans le contexte actuel, il était important de sanctionner les propos de SORAL. Ce dernier ne pouvait selon moi se faire chantre de la liberté d’expression alors même que dans les pays les plus libertaires, on commence à s’interroger sur la nécessité qu’il existe de sanctionner certains abus. Je pense notamment et je l’ai exposé à la Cour, aux Etats-Unis où la question se pose avec acuité à la suite du dernier attentat. J’ai dénoncé le pouvoir de SORAL par l’intermédiaire de son site internet et sa capacité à mobiliser les jeunes. J’ai dit au Tribunal combien j’avais été surpris en première instance de la présence de cette jeunesse en faveur de SORAL. Mais, j’ai dit aussi qu’en ayant pris la responsabilité de faire témoigner des rescapés de » la Shoah, j’avais espéré que leurs mots et leurs témoignages pleins d’espoirs et d’amour, avaient su convaincre certains jeunes présents et les pousser à se poser quelques questions sur leur présence au côté de ce sinistre personnage. J’ai également insisté sur le fait que l’audience ne pouvait être l’occasion de permettre un bal des faux-culs des Parties Civiles. J’ai donc dénoncé ces pseudos Parties Civiles qui étaient venues à l’audience et notamment l’Association des Défenseurs des Etudiants de Jérusalem Est. Je pense, avec les autres Avocats, avoir été convaincant. Il me semble que la Cour ne modifiera pas la décision qui me paraît totalement et de plus en plus fondée en Droit.

La date du délibéré est le 18 février 2016.

Maître Serge Tavitian, Président de l’antenne de Mémoire 2000 à Marseille

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