L’éditorial du Journal d’Avril 2012 : Vertus et dangers du verbe

Les écoles, comme les cimetières, les synagogues, les églises et les mosquées devraient être à l’abri des attentats, des violences et des agressions, et pourtant elles en sont la cible privilégiée, comme celles et ceux qui les fréquentent. Quel que soit leur âge, mais d’abord, à raison de leur origine, ou de leur condition.

Maintenant, les casernes, les supermarchés, les stations de métro, les aéroports et les lieux de travail. Demain les banques, les hôpitaux et les maternités, les maisons de retraite et les boîtes de nuit, les Palais de justice et les casinos? La différence, qui malgré tout subsiste, tient aux buts poursuivis selon qu’ils visent une communauté particulière ou l’humanité tout entière.

La réaction des politiques en présence de cette recrudescence consiste indifféremment à renforcer les mesures de sécurité et de surveillance des lieux publics, ce qui entraîne inéluctablement une restriction des libertés publiques. Certains s’en prennent de front aux immigrés, et plus particulièrement aux Musulmans. Au-delà des victimes envers lesquelles va notre compassion immédiate, c’est aussi l’humanité qui est atteinte par le fanatisme, la violence et le terrorisme que les lois, ni les gouvernants, ni les juges, ni les politiques, ne parviennent à éradiquer.

Mais qu’y-a-t-il à en dire, s’il faut en parler ? Faut-il au contraire plutôt se taire? Eviter les commentaires, et les imprécations ? Les candidats aux élections sont, comme les autres, confrontés à cette question. Nul n’attend d’eux de promesses ni de miracles, ni même qu’ils se taisent, mais qu’ils fassent attention aux mots qu’ils emploient pour ne pas exploiter à leur profit l’émotion ressentie par le plus grand nombre. La liberté d’expression, et la nécessité d’expurger l’émotion ressentie, doivent laisser place à la parole publique. Mais l’amalgame entre le ressentiment suscité par l’évènement, et le besoin de sécurité de chacun comporte des dangers. Qu’ils aient d’abord le souci de la démocratie et du respect de l’état de droit. Ils ou elles ne peuvent avoir sur le sujet de programmes. Ceux qu’ils pourraient proposer pour renforcer la sécurité ne feront pas disparaître le danger. Alors c’est aux citoyens que revient la charge de faire face et d’opposer à ce radicalisme, quels qu’en soient l’origine et le but, le refus de toute violence. On s’interroge même si, pour peu qu’on en ait des images, il fallait, ou, il faudrait, les montrer… Il semble que jusqu’alors, les détenteurs de ces images s’y soient refusés…. Jusqu’à quand ?

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