Débat au conseil : la Chine, le Tibet, le Darfour, le boycott ?

Voilà le thème du débat qui a suivi la réunion du conseil de Mémoire 2000 du mois d’avril. En ouverture, l’avis personnel de Bernard Jouanneau, président de l’association :

Boycotter les Jeux olympiques de Pékin à cause du Tibet et de la violation des droits de l’homme par la Chine n’a pas de sens. La France qui en prendrait l’initiative a très peu de chances de se voir suivie par les autres nations. Tout au plus risquerait-elle, ce faisant, de passer inaperçue.

Seuls les athlètes et les sportifs devraient d’ailleurs en décider, faute au comité olympique français de le faire. En tous cas l’Etat ni les associations n’ont en ce domaine aucun pouvoir.

Boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux en pratiquant la politique de la chaise vide n’a pas plus de sens, si dans le même temps on continue d’entretenir des relations commerciales avec la Chine pour leur vendre des centrales ou le TGV. On ne peut pas demander aux industriels de rayer de leur portefeuille de commande 2 milliards et demi de clients potentiels.

Proposer aux athlètes de porter un badge “Pour un monde meilleur” est d’une rare hypocrisie et dépourvu de la moindre signification. Qui peut être pour un monde pire ?

Ne rien faire parce que les jeux sont faits et qu’ils ont été décidés en leur temps relève de la politique de l’autruche. Ce n’est pas parce que d’autres se seraient fourvoyés il y a 6 ans en choisissant la Chine pour les Jeux olympiques de 2008 qu’il ne faudrait rien faire, si la Chine n’a pas tenu ses engagements.

Lesquels engagements, au demeurant ?

Quitte à proposer une action significative, autant la proposer aux médias qui retransmettront les Jeux en leur demandant de boycotter les résultats chinois des Jeux olympiques.

Les Chinois ont invité le monde entier. Allons y. Que les jeux se déroulent et même avec eux s’ils veulent y participer. Mais rien ne nous oblige à les faire profiter de l’écho médiatique qu’ils en attendent. Rien n’oblige les chaînes de télévision de diffuser les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux et les spectacles auxquels elles donnent lieu. Rien n’interdit aux agences de presse d’occulter les résultats des performances accomplies par les sportifs chinois. Sauf le respect de principe de discrimination.

Alors, que reste-t-il possible de faire ?

Aller à Pékin, participer aux jeux, respecter les athlètes et l’esprit Olympique, annoncer les résultats et supprimer la fête et le commerce qui vont avec. Ce n’est pas les Chinois qu’il faut sanctionner, ni les athlètes, mais ceux qui s’apprêtent à en tirer profit.

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