Journal d’Octobre 2015: Debout, les Français!

Trop c’est trop ! Moi qui d’ordinaire suis si fier d’être Français, je me pose des questions et je fais profil bas. Oh, je sais bien que la France a des accès récurrents de xénophobie.
Je n’ai rien oublié du retour d’Algérie de ces maudits pieds-­‐ noirs, pas des réfugiés, pas des migrants, mais des rapatriés, des pauvres gens qui revenaient dans leur pays parce qu’on ne voulait plus d’eux là-bas. De bons Français accueillis, comme le disait notre grand Camus, “avec des cris de haine”. Je n’ai pas oublié ce brave maire socialiste de Marseille, Gaston Deferre, qui suggérait de “foutre cette racaille à la mer”. Et que dire de ces pauvres harkis, qui s’étaient battus à nos côtés, et qu’on a volontairement laissé égorger par dizaines de milliers ? Pas joli joli…

Et qui étaient les acteurs de la rafle du Vel’ d’Hiv ?

Je n’oublie pas non plus, parmi tant d’autres, ces pauvres Italiens qui, au début du siècle, crevaient de faim dans le sud de leur pays, mais dont on ne voulait pas non plus chez nous, et qu’on jetait du haut des remparts d’Aigues-Mortes !

C’était bien la France qui faisait cela, non ? Alors, sommes-nous prêts à remettre ça ? On ne peut pas se pousser un peu pour leur faire une petite place, gavés que nous sommes ? Oh, je sais, il y a le revers de la médaille, la peur d’accueillir des malotrus, des bons à rien, des fous de Dieu qui vont manger notre pain, profiter des “allocs” et nous imposer leurs coutumes et leurs pratiques religieuses. Oui, c’est vrai, c’est un danger, c’est un risque, mais est-ce une raison pour leur claquer la porte au nez ? Il y a urgence, on peut très bien les accueillir correctement, et on verra après. Au contraire, ce sera une grande et noble tâche que de les loger, les soigner, leur apprendre notre langue, nos coutumes, et leur enseigner enfin notre laïcité, plus efficace-­‐ ment que nos gouvernants qui jusque-­‐là n’y ont rien compris et s’y sont pris comme des manches. Alors là, nous serons vrai-­‐ ment un grand pays, et pourquoi ne pas imaginer que ces mal-­‐ heureux nous en seront reconnaissants ? Mais agissons vite, notre veulerie devient insupportable, et il ne faut pas laisser le terrain au Front National. Pour la suite, nous verrons bien. C’est un pari sur l’avenir, certes, mais les circonstances nous l’imposent.

Si telle est notre conduite, je serai sans doute à nouveau fier d’être Français. Et vous?

Guy Zerhat

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