Résistances parisiennes à l’obligation légale de créer des emplacements pour les gens de voyage

Lu dans Le Parisien :

Cette fois-ci, c’est parti. Après des années d’études, la mairie de Paris va enfin construire trois aires d’accueil pour gens du voyage, dotées en tout de 88 places de caravanes. Le projet est inscrit au Conseil de Paris du 8 juin.

Trois emplacements seront créés en 2012 : un de 28 places dans le XV e , rue Julien-Bossoutrot, à proximité du futur « Pentagone » prévu par le ministère de la Défense, un dans le bois de Boulogne (34 places) près de l’hippodrome de Longchamp (XVI e ), et un dernier dans le bois de Vincennes (26 places) près de l’autre hippodrome (XII e ).

Mais déjà la fronde s’organise dans les arrondissements. Les mairies UMP des XV e et XVI e arrondissements ont voté contre le projet qui leur a été présenté lundi dernier. Le 3 e emplacement dans le bois de Vincennes doit être présenté mardi prochain au conseil du XII e (de gauche). Dans le XVI e , le député-maire UMP Claude Goasguen estime que l’emplacement prévu dans le bois de Boulogne, « à proximité de lieux de prostitution très connus du bois, va créer un fort potentiel de délinquance. Je souhaite qu’il y ait une enquête de sécurité ». Dans le XV e , c’est le voisinage avec le futur QG du ministère de la Défense, qui indispose les élus UMP.


«Je ne suis pas vraiment étonnée de ces réactions, commente Olga Trostiansky, l’adjointe (PS) au maire de Paris qui pilote le projet. Manifestement, ces élus ne connaissent pas les procédures : ces aires d’accueil sont une obligation légale et, surtout, elles ont été choisies avec la préfecture de Paris qui est aussi responsable de ce dossier et qui a validé le projet. »

Les associations de soutien aux gens du voyage déplorent cette polémique. « En tout, Paris doit construire 200 places pour respecter la loi, autant dire rien dans une ville qui compte 2 250 habitants au kilomètre carré, commente Jérôme Desbois, membre de l’Union régionale des associations pour la promotion et la reconnaissance des droits des Tsiganes et gens du voyage en Ile-de-France (UraviF). Encore une fois, ce sont les préjugés qui ressortent sans prendre en compte la réalité très dure de la vie de ces gens. »

En effet, à Paris, ces aires d’accueil serviront d’abord à accueillir les familles de nomades hospitalisés, qui n’avaient jusqu’ici aucun moyen de se loger. « Aujourd’hui, quand des parents de la communauté doivent rendre visite à un enfant hospitalisé à Necker par exemple, ils sont parfois contraints de stationner à 60 km de Paris, poursuit Jérôme Desbois. C’est une vraie discrimination. »

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