Notre séance du Mardi 11 décembre 2012: projection de « La Trahison » de Philippe Faucon

9 octobre 2012

 


La trahison 

Film de Philippe Faucon

Principaux acteurs: Vincent Martinez, Ahmed Berrhama

France, 2006, 80 mn

Lieu de projection

Le Saint Germain des Prés, salle Beauregard – 22, rue Guillaume Apollinaire – 75006 Paris, Métro Saint Germain des Prés

Résumé : 

Pendant la guerre d’Algérie, le sous-lieutenant Roque est stationné dans un village de l’Est algérien. Usé par le conflit, il assume tant bien que mal sa fonction, entre une population locale soumise à la répression et à la torture, et des soldats dont il doit entretenir le moral tout en maintenant sa vigilance.

Thème :

il y a 50 ans, les accords d’Évian

 

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Débat :

Le débatteur est Monsieur Tramor Quemeneur, professeur d’histoire à l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

 

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Journal d’octobre 2011 : compte-rendu de notre séance-débat du film « Nuit noire » par Aurélien Djaafer, élève de terminale du lycée Gustave Eiffel

9 octobre 2011

Le film « Nuit noire » réalisé par Alain Tasma a été projeté lors de notre séance du 9 novembre 2010. Le débatteur était le réalisateur Alain Tasma.

Ce film d’Alain Tasma traite de la tuerie qui a eu lieu à Paris le 17 octobre 1961, durant laquelle de nombreux Algériens trouvèrent la mort, froidement abattus par les policiers français.

Ce film m’a touché par son objectivité, en effet, le réalisateur s’est appliqué à ne prendre partie pour aucun des deux camps. En suivant au fur et à mesure la vie de différents personnages (un policier, une journaliste, un travailleur algérien), le film nous montre de quelle façon fut vécu ce conflit entre le FLN, la police et les Parisiens. On assiste par exemple à l’assassinat en pleine rue d’un policier, par un membre du FLN, puis à celui d’un travailleur algérien par un groupe de policiers en civil. Cette façon qu’ont les deux camps de se rendre leurs coups nous force à nous interroger sur l’origine de ce conflit, et ne fait que renforcer notre incompréhension.

Le script ayant été écrit par un historien, les éléments de fiction ont été limités afin de se concentrer sur l’exactitude des conditions de l’époque et montrer la réalité des faits quant à cette tuerie du 17/10/61, dont on parle peu. Ceci est important car cela permet de transmettre à toutes les générations la mémoire de ces événements sombres au travers d’une projection divertissante.

Le spectateur évolue à travers le film dans une atmosphère pesante où l’être humain est montré sous son aspect le plus primitif : les personnages vivent dans la crainte et agissent par peur.

J’ai beaucoup apprécié cette projection, notamment par sa capacité à émouvoir. Le spectateur est partagé entre frustration et incompréhension tout au long du film (ex : le dépôt de déclaration de vol d’une camionnette par un Algérien). Le mal-être ressenti est parfois très fort, au point de se sentir gêné (ex: la scène de soumission d’un travailleur algérien par des policiers français).

Enfin, le film se termine tragiquement, fidèle à la réalité, laissant un sentiment amère au plus profond de soi.

Aurélien Djaafer.


Journal d’octobre 2011 : compte-rendu de notre séance-débat du film « Nuit noire » par Demabisra Sissoko, élève de terminale du lycée Gustave Eiffel

9 octobre 2011

Le film « Nuit noire » réalisé par Alain Tasma a été projeté lors de notre séance du 9 novembre 2010. Le débatteur était le réalisateur Alain Tasma.

« Ce film est inspiré de faits réels et relate les événements qui se sont déroulés en octobre 1961 durant la guerre l’Algérie.

Ce qui m’a particulièrement touchée lors de cette projection c’est le mode de vie des personnages et leur rôle dans l’histoire parce qu’ils sont à la fois victimes et agresseurs. La police est terrorisée par le FLN et agresse la population maghrébine à Paris, les maghrébins sont victimes de l’injustice et des sévices de la police et du FLN qui est un groupe terroriste qui sème aussi la terreur et l’ordre auprès de cette population maghrébine civile qui est la réelle victime.

On a des points de vue divergents et des attitudes similaires des deux côtés comme les agressions verbales et physiques qui se présentent dans les camps opposés :

—Le FLN menace la population, tue si les opinions et les engagements envers leur nation ne sont pas conformes.

—La police agresse l’institutrice et le brigadier.

Les situations sont présentées sous un aspect un peu humoristique d’où la subtilité de mettre en œuvre une période de l’histoire qui fut longtemps niée par l’Etat. J’ai vraiment apprécié cette œuvre cinématographique. »

Demabisra Sissoko.


Journal de Janvier 2011 : compte-rendu de la séance de « Nuit noire »

26 janvier 2011

NUIT NOIRE

Film d’Alain Tasma

Séance du 9 novembre 2010

Thème : La guerre d’Algérie

Débatteur : Patrick Rotman

 

Où il se vérifie que les absents ont toujours tort : environ 55 lycéens, avaient répondu à notre invitation à voir le splendide film d’Alain Tasma, Nuit Noire, un film qui traîte de la répression sanglante par la police parisienne d’une manifestation pacifique du FLN au cours de la Guerre d’Algérie. Notre remarquable débatteur, Patrick Rotman, scénariste du film, planta le décor : il s’agit d’une fiction, dont tous les personnages ont été inventés, à l’exception du sinistre Maurice Papon, Préfet de Police. Fiction qui s’appuie sur des faits réels, des événements qui se sont vraiment déroulés à Paris: à la suite de plusieurs attentats et meurtres de policiers par le FLN, la police décréta pour tous les Algériens de la capitale un couvre-feu. Ce qui fut mal accepté par le FLN, qui organisa une manifestation pacifique, et c’est l’horrible répression de cette manifestation qui est au cœur du film.

Il faut savoir que le FLN faisait régner en France la terreur parmi les travailleurs algériens, dont il exigeait “l’impôt révolutionnaire”, abattant ceux qui s’y refusaient ou qui ne voulaient pas manifester. Il se considérait comme en guerre avec la France, alors que celle-ci s’y refusait: ce n’est qu’en 1999 que l’on parla officiellement de ce qui avait été la Guerre d’Algérie; jusque-là, on parlait d’“événements”, de “maintien de l’ordre”, voire d’opérations de “pacification”!

Suite à cette “nuit noire”, les réactions en France furent extrêmement minoritaires: quelques rares journaux, un parti politique qui venait de naître, le PSU, mais aucune manifestation de masse. Pourtant, l’OAS multipliait les attentats, dont l’un visa André Malraux, un autre coûta la vue à une gamine de 9 ans. Ce dernier attentat fut suivi, lui, d’une énorme manifestation populaire (4 à 500.000 personnes), qui fut sauvagement réprimée par la police (9 morts au métro Charonne). Aujourd’hui, il est plus que temps d’en parler, et si possible d’en tirer les leçons.

Première question d’une élève: Pourquoi n’y a-t-il eu aucune réaction du gouvernement? Tout simplement parce qu’à l’époque, le pouvoir maîtrisait tout: pas question de mettre ces faits sur la place publique, pas question de désavouer le puissant Monsieur Papon. Quelques rares enquêtes, aboutissant toutes à des non-lieux. Aucune enquête parlementaire. Ne pas oublier qu’il n’existait en 1961 qu’une seule chaîne de télévision: un bref  reportage fit état d’“une vitrine brisée”!! Grande presse muette, le grand étouffoir! Il faudra attendre 20 ans, en 1981, pour qu’un historien en renom, Pierre Vidal-Naquet, consacre un ouvrage à cette tuerie.

Deuxième question : Pourquoi avoir fait un film sur cet événement? P. Rotman dit avoir été très marqué par la guerre d’Algérie. Et puis, il y a tout de même eu, cette nuit-là, 50 morts au moins (fourchette très basse des évaluations) dans les rues de Paris. Le scénariste a donc pour cela interwievé notamment le conseiller du Premier Ministre de l’époque, ainsi que des responsables du FLN, pensant que le cinéma a la capacité de raconter l’Histoire, alors que des “trous noirs” dans l’inconscient des peuples incitent à ne pas regarder cette Histoire en face.

Autre question: Qui était M. Papon? Fidèle et zélé serviteur du Gouvernement de Vichy, il fut à l’époque Secrétaire Général de la Préfecture de Bordeaux, où il se signala en signant des décrets de déportation de milliers de Juifs. A la Libération, il fut “récupéré” par de Gaulle. A ce sujet, P. Rotman  raconte que, tournant un film sur l’année 1944, il eut entre les mains une photo de de Gaulle sur un balcon, avec, en arrière-plan, Papon en personne! Par la suite, ce dernier fut nommé super-préfet dans le Constantinois en 1955/56, et enfin, en 1958, Préfet de Police à Paris, ce qui lui permit de présider à cette ignoble répression d’Algériens.

Question: Qu’est-il advenu des manifestants? Beaucoup ont été parqués au Vél’d’Hiv’ de sinistre mémoire, matraqués, souvent torturés. De cette période, Daniel Rachline et moi, seuls anciens d’Algérie présents, pouvons témoigner.

Question: Pourquoi la France n’a-t-elle pas reconnu ces faits? Parce qu’il s’agit là de faits presque “inavouables”, pour lesquels il n’existe pas de “vérité officielle”. Rappelons que la vérité historique oblige à dire que dans chaque camp (FLN et Armée fançaise), il y eut des  violences, des tortures et des exactions.

Dernière question (d’un enseignant): Comment le film est-il ressenti en Algérie? Il a été assez bien accueilli. Chez les Algériens également, le temps fait son œuvre, et on peut aujourd’hui parler de presque tout, tant il est vrai qu’il faut démythifié, abattre les tabous, et regarder la Vérité en face.

Deux conclusions s’imposent à l’issue de cette séance:

1-C’est tout à l’honneur de notre pays de pouvoir compter sur des historiens-enquêteurs aussi talentueux et aussi courageux que P. Rotman pour traquer impitoyablement la Vérité et nous la restituer de façon aussi fidèle et intègre.

2-Nous à Mémoire 2000, qui nous sommes fixés pour but d’éveiller les consciences de nos lycéens, avons aujourd’hui gagné notre pari.

Guy Zerhat

 

 


Programme 2010-2011 : « Nuit noire, 17 octobre 1961 »

14 octobre 2010

Séance du mardi 9 novembre 2010

La guerre d’Algérie

Nuit noire, 17 octobre 1961

Date de sortie : 2005

Réalisateur : Alain Tasma

Débatteur : Alain Tasma

Durée : 1h48

 

Août 1961, le conflit algérien touche à sa fin. La police décrète le couvre-feu pour les Algériens de France. Le 17 octobre a lieu à Paris, une manifestation qui se veut pacifique contre le couvre-feu. Elle est sévèrement réprimée. Au petit matin de nombreux cadavres sont repêchés dans la Seine. Malgré de très nombreuses protestations venant de tous les bords, le gouvernement de l’époque a essayé d’étouffer l’affaire…


Ciné-Histoire: l’histoire occultée, l’histoire manipulée

3 novembre 2009

L’HISTOIRE OCCULTEE, MANIPULEE

Au cinéma « La Pagode »

L’association Ciné Histoire vous convie à quatre rendez vous autour d’événements passés sous silence ou falsifiés.

Chaque projection sera suivie d’un débat avec les spécialistes du sujet traité ou des témoins

Premier rendez vous le samedi 14 novembre 10heures autour de la journée du 17 octobre 1961 que certains ont appelé « journée portée disparue »

Comment et pourquoi cette journée a elle été occultée pendant 20 ans ?

Avec
●Didier Daeninckx auteur de « Meurtres pour mémoire » (Gallimard 1985)
●Mehdi Lallaoui fondateur de l’association « Au nom de la mémoire »
●Patrik Rotman (sous réserve,) auteur, coscénariste du film Nuit noire et de nombre d’autres films ( l’Ennemi intime sur la guerre d’Algérie Les survivants sur la déportation et enfin, un mur à Berlin )

Nous serons heureux de vous accueillir parmi nous !