Durban II: USA, Australie, Pays Bas, Italie, Canada n’y vont pas

La conférence de l’ONU sur le racisme vouée à l’échec?
Agences – publié il y a 3 heures | eitb.com |
Le boycott des Etats-Unis, de l’Australie, des Pays-Bas, de l’Italie mais aussi du Canada et d’Israël augure mal de l’issue de la nouvelle conférence de l’ONU sur le racisme, qui s’ouvre pour cinq jours lundi à Genève.

À l’instar d’Israël et le Canada, les Etats-Unis, l’Australie, les Pays-Bas et l’Italie ne participeront pas à la conférence Durban II des Nations unies sur le racisme qui s’ouvrira pour cinq jours lundi à Genève. La Grande Bretagne, par contre, y participera.

L’administration Obama s’oppose au langage utilisé dans le projet de déclaration finale, estimant que ses craintes de partis pris anti-Israël et anti-Occident ne sont pas prises en compte, a expliqué Robert Wood, porte-parole du département d’Etat.

Les autorités australiennes, de leur côté, redoutent que la conférence ne se transforme en tribune antisémite, alors que les Pays-Bas considèrent que certains pays s’en servent comme d’une plate-forme pour attaquer l’Occident.

La conférence a pour but de mesurer les progrès accomplis en matière de lutte contre le racisme depuis la première réunion de ce type il y a huit ans en Afrique du Sud. Mais les pays occidentaux et musulmans n’étaient toujours pas parvenus à se mettre d’accord vendredi sur la formulation à adopter. Les premiers reprochent aux seconds de vouloir stigmatiser Israël et de tenter d’imposer un concept de « diffamation de religion » qui remettrait en cause la liberté d’expression.

Pour de nombreux pays occidentaux, une interdiction de critiquer l’islam limiterait la liberté d’expression. Les références directes à la « diffamation de religion » et à Israël ont toutefois été abandonnées le mois dernier lors des débats préparatoires, mais elles pourraient réapparaître dans le document final, à moins qu’un consensus ne soit trouvé entre toutes les parties.

La première conférence de Durban, qui s’était achevée quatre jours avant le 11 septembre 2001, avait été le théâtre de controverses du même type. Les Etats-Unis et Israël avaient claqué la porte avant la fin, furieux d’un avant-projet de déclaration qui critiquait l’Etat hébreu et assimilait le sionisme à du racisme. Ces deux éléments ne figuraient pas dans le communiqué final, qui s’était contenté d’évoquer la « détresse des Palestiniens » et le droit d’Israël à la sécurité.

L’Europe n’a toujours pas décidé

L’administration américaine craint que la conférence, à laquelle assisteront de nombreux dirigeants musulmans dont le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, stigmatise de nouveau Israël.

Les responsables de 103 Etats ont déjà annoncé leur participation à Durban II, mais la plupart des pays occidentaux demeurent réticents à se prononcer, attendant d’avoir une idée précise de la formulation du communiqué final.

Au niveau européen, la question n’est pas tranchée. Les consultations se poursuivent pour déterminer la participation des pays de l’Union européenne à cette conférence et le niveau de participation. Une réunion aura lieu ce dimanche soir à l’initiative de la République tchèque, qui assume la présidence tournante de l’UE, pour déterminer l’attitude des Européens.

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