La Chine bannit le Dalaï Lama de l’Afrique du Sud

AFRIQUE DU SUD
Le dalaï lama persona non grata en Afrique du Sud
NOUVELOBS.COM | 23.03.2009 | 13:43

La visite du Dalaï lama n’est « pas dans l’intérêt » du pays a expliqué la présidence sud-africaine.

L’Afrique du Sud interdit au leader spirituel tibétain de participer à la Conférence sur la Paix.
L’Afrique du Sud a reconnu lundi 23 mars ne pas avoir délivré de visa au Dalaï lama, estimant que sa présence à une conférence liée à la Coupe du monde de football 2010 ne serait « pas dans l’intérêt » du pays.
« Il n’y a pas de visa » pour le chef spirituel du bouddhisme tibétain, a déclaré le porte-parole de la présidence sud-africaine Thabo Masebe, confirmant une information donnée un peu plus tôt par le gouvernement tibétain en exil en Inde.
Le Dalaï lama devait assister, avec d’autres lauréats du prix Nobel de la paix, à la Conférence sur la Paix vendredi à Johannesburg, sur le football comme instrument de lutte contre le racisme et la xénophobie, dans la perspective du Mondial 2010 organisé par l’Afrique du Sud.

« Pression des autorités chinoises »

« Le gouvernement sud-africain n’a pas invité le dalaï lama, parce que ce ne serait pas dans l’intérêt de l’Afrique du Sud », a justifié le porte-parole.
« Le monde prête attention à l’Afrique du Sud parce que nous allons accueillir la Coupe du Monde 2010, et nous ne voulons rien qui puisse perturber ce message », a-t-il ajouté.
« Il est vrai que l’Afrique du Sud, sous l’intense pression des autorités chinoises, a refusé d’accorder un visa au dalaï lama », avait auparavant déclaré le porte-parole du dignitaire religieux, Thubten Samphel, confirmant des informations révélées dimanche par des militants d’un groupe sud-africain pro-tibétain et un journal à Johannesburg.

« Décisions souveraines »

« Puisque Sa Sainteté a dit qu’il n’embarrasserait aucun gouvernement étranger, nous ne protesterons pas, mais nous sommes évidemment très déçus », avait-il poursuivi.
Le gouvernement sud-africain a démenti avoir subi la moindre pression. « Nous sommes un pays indépendant et souverain et nous prenons des décisions souveraines », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ronnie Mamoepa.
Pékin accuse le dalaï lama de vouloir l’indépendance du Tibet et a renforcé sa sécurité sur le « toit du monde » ces dernières semaines pour empêcher toute insurrection dans le cadre du 50e anniversaire d’un soulèvement antichinois.
Après l’invasion et l’occupation par la Chine du Tibet en 1950-1951, le 14e dalaï lama avait fui le 17 mars 1959 et traversé la frontière indienne le 30, près de trois semaines après le début d’une insurrection avortée à Lhassa contre le régime chinois.

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