"Manifeste pour l’égalité réelle"

« Un manifeste pour l’égalité réelle », soutenu par Carla Bruni-Sarkozy
LEMONDE.FR | 09.11.08 | 11h26 • Mis à jour le 09.11.08 | 12h11

Evoquant la « leçon » que constitue pour la France la victoire de Barack Obama à la présidentielle américaine, un « manifeste pour l’égalité réelle« , publié par le Journal du Dimanche daté du 9 novembre, réclame un Grenelle sur ce thème. « En négligeant sa propre diversité, la France désespère une large frange de sa jeunesse et l’empêche d’être fière de son pays. Nous sentons partout la crispation identitaire, des sifflements de La Marseillaise aux rappels à l’ordre qui restent vains et incompris », estime ce texte lancé par Yazid Sabeg. Ce fils de docker algérien devenu industriel, qui fut proche de Raymond Barre, puis de Jean-Louis Borloo, fut l’un des initiateurs de la Charte de la diversité dans l’entreprise, lancée en 2004 par l’Institut Montaigne (club de réflexion de l’UMP). Il estime cependant dans le JDD que « le président Sarkozy n’a rien fait pour améliorer le sort des minorités ».

Intitulé « Oui nous pouvons! », en référence au slogan de campagne du candidat démocrate américain, « Yes we can ! », son manifeste a été signé par des responsables politiques de divers bords, comme Jean-François Copé et Patrick Devedjian (UMP), Dominique Voynet (Verts), Christiane Taubira (PRG), Arnaud Montebourg et Christian Paul (PS) et par des personnalités de la société civile, tels l’avocat Théo Klein, l’historien Benjamin Stora, ou le collectif Les Gracques. Carla Bruni-Sarkozy déclare dans un entretien au JDD être « d’accord avec le texte », tout en expliquant que son statut d’épouse du président de la République l’a retenue de le signer.

Le manifeste formule six demandes : « Engager des politiques publiques qui combattent les conséquences sociales des discriminations, systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires, promouvoir des politiques urbaines qui permettent de réaliser la diversité sociale et de peuplement, inciter fortement les employeurs et le premier d’entre eux, l’Etat, à mettre en place des politiques de promotion de la diversité fondées sur l’obligation de résultat, limiter les mandats électoraux pour forcer le renouvellement du monde politique, soumettre les partis politiques à un pacte national de la diversité et organiser un Grenelle de l’égalité réelle et de la diversité ».

Depuis des années, le millionnaire engagé Yazid Sabeg plaide pour une discrimination positive, un volontarisme de l’État. Aujourd’hui, ce Français né en Algérie cristallise ses idées sous la forme d’un appel à la mobilisation pour l’équité et la diversité.
Intitulé « Oui nous pouvons! », en référence au slogan de campagne de Barack Obama « Yes we can ! », le manifeste souligne que « l’élection de Barack Obama éclaire par un contraste cruel les manquements de la République française et l’écart qui nous sépare d’un pays dont les citoyens ont su dépasser la question raciale et élire pour président un homme qui se trouve être noir ».
« Quelle leçon! Nous autres Français, qui revendiquons notre universalisme pour faire pièce à cette diversité, nous devons bien écouter celle-ci », estiment les signataires du texte.

« Programme minimal pour l’égalité réelle »

Se disant « soucieux de la promesse démocratique de notre pays » et « désireux de restaurer une conscience civique authentique », ils réclament « la mise en œuvre effective d’un programme minimal pour l’égalité réelle ».
Les signataires formulent ainsi six demandes: « engager des politiques publiques qui combattent les conséquences sociales des discriminations, systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires, promouvoir des politiques urbaines qui permettent de réaliser la diversité sociale et de peuplement, inciter fortement les employeurs et le premier d’entre eux, l’Etat, à mettre en place des politiques de promotion de la diversité fondées sur l’obligation de résultat, limiter les mandats électoraux pour forcer le renouvellement du monde politique, soumettre les partis politiques à un pacte national de la diversité et organiser un Grenelle de l’égalité réelle et de la diversité ».

Carla Bruni-Sarkozy soutient, mais ne signe pas

Parmi les premiers signataires, on relève les noms de responsables politiques de divers bords, comme Jean-François Copé et Patrick Devedjian (UMP), Dominique Voynet (Verts), Christiane Taubira (PRG), Arnaud Montebourg et Christian Paul (PS) mais aussi des personnalités de la société civile, l’avocat Théo Klein, ou encore l’historien Benjamin Stora, ainsi que le collectif Les Gracques.
Le manifeste bénéficie de l’appui de Carla Bruni-Sarkozy, qui a déclaré au JDD être « d’accord avec le texte » tout en expliquant que son statut d’épouse du président de la République l’empêchait de pouvoir le signer. L’épouse du chef de l’État français revendique dans l’hebdomadaire son engagement antiraciste.

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