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FRANCE – RWANDA
Le Rwanda met Paris en cause dans le génocide de 1994
Mardi 05 août 2008
La justice rwandaise accuse plusieurs hauts responsables français d’avoir « participé à la mise en exécution » du génocide de 1994. Des accusations réitérées à l’antenne de France24 par le ministre de l’information rwandais Louise Mushikiwabo.
Le Rwanda a officiellement mis en cause mardi de hauts responsables français dans le génocide de 1994 et demandé à ce qu’ils soient traduits en justice.
Dans son rapport, la commission d’enquête rwandaise cite notamment l’ancien président François Mitterrand et l’ex-Premier ministre Dominique de Villepin.
A Paris, le ministère des Affaires étrangères n’a pas souhaité faire de commentaire dans l’immédiat. « Nous n’avons pas reçu le document donc nous ne pouvons pas réagir », a-t-on déclaré au Quai d’Orsay.
Kigali avait précédemment accusé la France de taire son implication dans la formation de soldats et de milices responsables du génocide du printemps 1994 qui fit quelque 800 000 morts – essentiellement des Tutsis et des Hutus modérés – et d’avoir soutenu des responsables hutus ayant orchestré les massacres.
La France dément toute implication dans le génocide et souligne que des forces françaises ont assuré à l’époque la protection de la population dans le cadre d’une opération soutenue par les Nations unies.
Ces nouvelles accusations font suite à la publication, mardi, du rapport d’une commission rwandaise indépendante chargée d’enquêter sur le rôle présumé de la France dans le génocide.
Liste des 33 responsables français mis en cause
« Le soutien français était de nature politique, militaire, diplomatique et logistique », peut-on lire dans le rapport. « Compte tenu de la gravité des faits avancés, le gouvernement rwandais demande aux autorités compétentes d’entreprendre toutes les actions nécessaires afin que les dirigeants politiques et militaires français mis en cause répondent de leurs actes devant la justice ».
En annexe du rapport figure une liste de 33 responsables militaires et politiques français, parmi lesquels Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, Edouard Balladur, Premier ministre de l’époque, ou encore Hubert Védrine, qui occupait la fonction de conseiller à la présidence de la République.
En novembre 2006, le Rwanda avait rompu ses relations diplomatiques avec Paris à la suite de la décision du juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière de demander la comparution du président Paul Kagame dans l’enquête sur l’assassinat de son prédécesseur, le Hutu Juvénal Habyarimana, juste avant le déclenchement du génocide début avril.
La destruction le 6 avril 1994 par un missile du « Falcon » transportant le président Habyarimana est considérée comme l’élément déclencheur du génocide.
Les relations entre Paris et Kigali avaient cependant connu une amélioration ces derniers mois.
