Shoah contre avortement ?

Vu dan Le Parisien de ce jour:

LES têtes vont-elles tomber au 90 et 92 de la rue Saint-Dominique (VIIe ), numéros hébergeant respectivement l’établissement privé La Rochefoucauld et la paroisse Saint-Pierre-du-Gros-Caillou ? C’est la question qui agite tout le quartier depuis la venue dans l’établissement de Simone Veil, il y a trois mois, lors d’une conférence sur la déportation organisée à l’initiative d’un professeur de philosophie.

Baptisé « Comment vivre après la Shoah ? », ce débat n’a pas eu seulement le mérite de sensibiliser les élèves du lycée à une problématique importante : il a également « cristallisé les divergences », selon le diocèse de Paris, entre le directeur de l’établissement, Didier Retourné, et l’aumônier Philippe de Maistre. Accompagné d’une poignée de parents d’élèves très pratiquants, ce dernier s’est ouvertement insurgé que l’instigatrice de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse puisse avoir libre parole entre les murs du groupe scolaire, qui accueille 1 460 élèves de la maternelle à la terminale…

Prenant l’affaire à bras-le-corps, l’évêque auxiliaire de Paris, le responsable de l’association Jean-Baptiste-de-La Salle – tutelle de l’établissement – et l’aumônier se sont même réunis le 23 juin pour une rencontre au sommet, afin d’évoquer le maintien (ou non) du directeur à la rentrée prochaine.

Et dès le lendemain, c’était au tour du personnel et des professeurs de l’établissement de faire circuler une pétition pour défendre leur patron, en faisant part de leur « plus grande consternation ». « Cette décision des instances religieuses répond à une demande d’un petit groupe de parents autour de l’aumônier », déplorent-ils dans leur document, dont le « Canard enchaîné » s’est procuré une copie. Ambiance…

« Ici, plus personne n’ose évoquer l’affaire… »

Au diocèse de Paris, on précise que « rien n’a encore été décidé » pour mettre fin à ce « climat tendu ». Sous-entendu : personne ne sait aujourd’hui qui, du directeur ou de l’aumônier, fera ses valises à la rentrée. « Certaines familles privilégient l’accès à la culture, d’autres à un enseignement religieux rigoureux, avance Jean-François Canteneur, adjoint du directeur diocésain, pour justifier ces divergences. Pour certains, le nom de Simone Veil reste encore attaché à des questions sensibles et polémiques. »

A la paroisse Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, les fidèles ne se sont d’ailleurs toujours pas remis de ce battage. « Seigneur ! » se contente-t-on de commenter à l’accueil, à l’évocation de ladite conférence. Et d’ajouter en levant les yeux au ciel : « Ici, plus personne n’ose évoquer l’affaire… »

Laisser un commentaire