Du site de l’ASVDH:
Des parlementaires européens indignés par les violations des droits de l’Homme au Sahara Occidental
22 juin 2008 | Press
Paris, 19/06/2008, De nombreux députés de différents pays européens se sont indignés de la situation jugée “très préoccupante ” des droits de l’homme au Sahara Occidental occupé par le Maroc.
Lors d’un débat organisé jeudi au Palais Bourbon de l’Assemblée Nationale française sur le thème ” comment l’Europe peut-elle contribuer aux engagements pris par les Nations Unies d’aboutir par la négociation à l’application du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ? “, de nombreux témoignages ont alerté sur l’ampleur des violations des droits de l’homme au Sahara Occidental.
La défenseur sahraouie des droits humains, Aminatou Ali Ahmed Haidar, lauréate de plusieurs prix internationaux dont la ” Silver Rose 2007″, de ” Solidar”, une alliance internationale indépendante de 42 ONG de 20 pays européens, a ému l’assemblée des parlementaires par ses témoignages sur les violentes répressions que subit le peuple sahraoui de l’occupation de leur pays par le Maroc.
La militante sahraouie a rappelé les conditions de son incarcération en 1987 “dans le centre secret de détention PC-CMI, à El Aaiun occupée” où, durant “cette longue et dure période de disparition forcée”, quatre de ses compatriotes ont trouvé la mort.
“Nous avons passé toutes ces années avec les yeux bandés, mains menottées, une mauvaise nourriture, (…) en plus des séances quotidiennes de torture”, a-t-elle décrit, notant que “depuis mai 2005, suite au déclenchement de l’intifadha, au Sahara Occidental occupé comme en territoire marocain, la machine répressive marocaine est passée à la vitesse supérieure”, a-t-elle poursuivi, relatant des scènes de répression “sauvage” contre “des centaines de citoyens sahraouis tabassés en pleine rue ou torturés dans les locaux de police avant d’être jetés dans les alentours de la ville, très tard dans la nuit, déshabillés et livrés à leur sort dans des conditions inhumaines”.
De nombreux sahraouis ” ont rendu l’âme sous les coups des policiers marocains en pleine rue “, a-t-elle ajouté, avant de développer les cas de violences dans tous les domaines, y compris les différentes discriminations (éducation, emploi, etc…) dont est victime le peuple sahraoui pour avoir revendiqué son droit à l’autodétermination.
La militante sahraouie a également dénoncé “le pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental”, soulignant ne pas comprendre le silence de l’Union Européenne sur ces violations du droit international.
“J’ai été ému par le témoignage de la militante sahraouie, et, comme ancien journaliste du journal Le Monde, j’ai couvert les évènements depuis 1975. J’ai été témoin des bombardements au Napalm et des horreurs commises par les forces marocaines “, a témoigné le journaliste-écrivain Paul Balta qui s’est déclaré avoir été “scandalisé par l’attitude passive de l’UE et par mon pays, la France”.
De son côté, l’avocate française, France Weyl, auteur d’un rapport sur “les dérives de la justice marocaine” lors des procès des militants sahraouis auxquels elle avait assisté en tant qu’observatrice, mandatée par l’Union internationale des Juristes démocrates, a dénoncé les différentes “formes d’entraves politiques” pour fausser la teneur des procès.
Interrogé par l’APS sur cette situation, en marge des travaux de la conférence, le comédien français Pierre Richard (connu pour ses films “les malheurs d’Alfred”, “le grand blond”, etc…) a souligné la nécessité “de briser le mur du silence”, politique et médiatique, qui occulte l’ampleur de ces répressions.
“La cause sahraouie me concerne”, a-t-il souligné, évoquant sa visite de camps de réfugiés sahraouis en compagnie de l’écrivain-journaliste américain Jean Lamore. “J’ai été frappé par le courage, bouleversé par la détermination des réfugiés sahraouis à vivre dans un contexte difficile”.
Saluant également “le courage des femmes sahraouies”, M. Pierre Richard a estimé que “cette conférence est un pas vers une meilleure connaissance en France et en Europe de la question sahraouie où l’opinion publique ne retient que ce que les médias veut bien lui dire”. “Chaque petite annonce sur la cause sahraouie est importante, et petit à petit il y aura une meilleure prise de conscience”, a-t-il espéré.
Sur ce point, de nombreux députés, dont un membre du parlement européen, le portugais Pedro Guerreiro, ou encore des députés de parlements nationaux, tels que le français Jean-Paul Lecoq conviant Paris à adopter une position, “équidistante entre le Polisario et le Maroc” dans ce conflit, l’italien exhortant à “poursuivre la bataille en Europe pour faire sortir la question sahraouie de l’oubli “, ou encore l’espagnol Andres Perello, ont souligné “la responsabilité de l’UE, de ses politiques et de ses médias” dans “le mur du silence”
Sur ce fait colonial doublé de violations de droits humains. “Il faut casser ce mur”, a-t-il martelé, relayé par une députée suédoise ou encore l’italien Gianluca Borghi appelant ” à batailler pour le peuple sahraoui qui doit retrouver sa terre”
