Paru dans Le Parisien du 21 mai 2008 (nos remarques ci-après):
SES cinq heures de garde à vue resteront comme « les heures les plus longues et les plus dures de (sa) vie ». Hier, à 7 h 25, Kidialy Fadiga, un élève sans papiers du lycée François-Truffaut (IIIe ), a été arrêté à la gare d’Austerlitz (XIIIe ) alors qu’il s’apprêtait à partir en voyage scolaire visiter le mémorial de la Shoah d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne). A 7 h 30 – l’heure du rendez-vous – Vincent, l’un de ses copains de classe, l’appelle sur son portable pour s’inquiéter de son absence. Un coup de fil qui permet au jeune homme de 21 ans, arrivé en France en 2001, d’informer ses camarades de son arrestation. « Les policiers ne voulaient surtout pas que ma classe soit au courant, souffle cet élève en première année de bac pro comptabilité. Ils m’ont dit : Ce soir, tu dîneras chez toi au Sénégal ! J’ai fondu en larmes. Chez moi, c’est à Paris ! » Christine Thornander, sa professeur d’anglais, accourt au local de police de la gare et réclame la libération de son élève. Sans succès. Les autres élèves sont sous le choc. « Même les petits durs de la classe avaient les larmes aux yeux, ils ne voulaient pas partir sans Kidialy », indique le professeur, qui restera à Paris pour mobiliser son établissement.
Cinq heures plus tard, Kidialy – qui a « une attitude très positive », selon son dernier bulletin scolaire – est libéré, sans arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, « en raison de son contexte scolaire et des éléments de son dossier », indique la préfecture de police.
Terriblement inquiets, certains de ses professeurs avaient les yeux rougis en le voyant arriver. Ils fustigent : « Depuis ce jour, l’école n’est plus une protection pour les sans-papiers… » Kidialy, qui a déposé une demande de rendez-vous à la préfecture de police mercredi dernier avec 85 autres lycéens parisiens, a toujours le même rêve : obtenir des papiers et devenir comptable.
Raphaël Domenach
Le Parisien , mercredi 21 mai 2008
Si l’on est heureux que l’action menée par Mémoire 2000 d’organiser des voyages aux lieux de mémoire, dont celui-ci à Oradour-sur-Glane, reçoive des échos dans la presse, en l’occurrence, nous ne pouvons que nous joindre à l’indignation soulevée par cette arrestation.
Par ailleurs, nous regrettons l’erreur de taille commise par le journaliste, à savoir l’amalgame fait entre la Shoah et le massacre d’Oradour. La période est la même, la barbarie aussi, mais il faut savoir respecter la réalité historique des faits.
