Journal de Janvier 2011 : Omerta dans la police de Sihem Souid

25 janvier 2011

OMERTA DANS LA POLICE

Sihem Souid

Le Cherche Midi

Sihem Souid est dans la police (elle vient d’ailleurs d’être suspendue à cause de ce livre). Elle croit en la République, en la démocratie, aux valeurs que l’on croit être les nôtres.

Alors elle dénonce les abus de pouvoir, le racisme, la xénophobie qu’elle rencontre chaque jour dans son métier. Elle pense que la police se doit de respecter ces valeurs. Elle s’adresse à sa hiérarchie naïvement.

Elle n’est pas entendue alors elle écrit, elle croit encore qu’on peut dialoguer. Elle va être déçue, elle va être broyée, c’est presque fait.

Comment réagir? Au moins indignons nous comme le demande ce vieux monsieur qui a nom Stéphane Hessel dans un petit livre qu’il faut aussi lire.

Daniel Rachline

 


Mémoire censurée

28 avril 2010

Faudrait-il rappeler à Monsieur le Maire que les SS étaient eux aussi « une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l’autorité légitime » ?

Lu dans Le Parisien :

La mairie de Parthenay a censuré une lettre écrite par Ida Grinspan, ancienne déportée, qui devait être lue dimanche à des élèves dans le cadre de la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation.

Selon le Courrier de l’Ouest de mercredi, Nathalie Lanzi, professeur d’histoire-géographie au collège de la Couldre (Deux-Sèvres), avait demandé à l’ancienne déportée d’Auschwitz de rédiger un texte sur son histoire.

Les élèves devaient le lire dimanche, lors de la commémoration de la ville. Ida Grinspan relatait son arrestation par trois gendarmes à 14 ans, le 30 janvier 1944. Mais son témoignage a heurté Michel Birault, adjoint en charge des affaires patriotiques et lui-même ancien gendarme. A contrecoeur, l’enseignante a accepté de remplacer le mot «gendarmes» par «hommes».

Michel Birault a ensuite présenté le texte au maire Xavier Argenton (NC) qui, lui, a refusé sa lecture. «Ne stigmatisons pas une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l’autorité légitime», a-t-il dit à son adjoint. Ce texte «n’est pas de nature à apaiser les ressentiments à une époque où le repentir est malheureusement mis en exergue», a-t-il ajouté, selon le Courrier de l’Ouest.

«Mon objectif n’était pas de blesser mais de dire l’histoire. Je suis attachée au devoir de mémoire et au souci de vérité», a conclu Nathalie Lanzi, également conseillère régionale (PS).

Pour Ida Grinspan, «c’est terrible, cette mentalité-là. Il faut savoir regarder la vérité en face. Ce que je dis dans ce texte, je le dis à chaque fois que j’interviens dans une école. Je dis simplement ce qui a été». Depuis plus de vingt ans, cette femme accompagne les voyages scolaires du Mémorial pour la Shoah en Pologne, pour témoigner de l’enfer du camp de concentration d’Auschwitz.


Heureusement qu’on a les Musulmans…

26 avril 2010

Sinon ce seraient les Juifs les méchants du jour*

Un coup de gueule du posteur.

Comment expliquer la dernière histoire si bien trouvée pour alimenter la haine des Musulmans ? Pour créer une menace publique du voile intégral, alors qu’il n’y en a aucune, M. Hortefeux (Brice de Méchant) saute sur un PV de 22 euros, qui sera sans doute invalidé si jugé, sort une enquête sur le mari de la conductrice intégralement voilée**. Celui-ci, naturalisé français, aurait pas moins de quatre épouses. Intégriste, polygame, profiteur (car tous ses enfants qui remplissent de joie les politiques quand il s’agit de se vanter de la stabilité de la natalité française deviennent aussitôt de sales parasites sur le corps social français), le monsieur mérite, selon Brice, d’être déchu de sa nationalité cocoricotte.

Or, il n’est pas polygame, le droit français permettant aux hommes de coucher avec autant de femmes qu’il veut (ou peut). Il peut même faire des enfants avec. Et il peut vivre avec. C’est ça la liberté. Et en tout état de cause, la polygamie n’est pas un motif pour faire retirer son passeport bordeaux à un Français naturalisé.

Alors M. Hortefeux, ancien élu, ministre de l’Intérieur (celui de la police), semble ignorer la loi qu’il est censée faire appliquer. Ou bien il s’en fout, et ne cherche qu’à alimenter l’islamophobie trop présente en France de nos jours.

Un dernier mot : si établir plusieurs ménages avec de multiples femmes et des enfants avec chacune, et profiter de l’argent public pour ce faire, mérite la déchéance de la nationalité française, j’attends avec impatience une procédure à titre posthume à l’encontre de François Mitterrand.

* Mais merci à Jean-Marie Lepen de rappeler que les antisémites ne sont pas en reste.
**Je suis contre le port du voile intégral. Je suis également contre l’ingérence de l’Etat dans la pratique religieuse. Je pense qu’il y a un problème de la liberté réelle des femmes de Musulmans, mais je pense qu’interdire le port du voile traite un symptôme et non pas la maladie. Et si l’on veut l’interdire d’équipements et institutions publiques, le motif de la nécessaire visibilité du visage pour des raisons de sécurité ne suffit-il pas ?

Un ministre de l’intérieur coupable d’injure raciale ?

17 avril 2010

Publique peut être pas, mais injure raciale, certainement…

Lu dans Le Point :

Des paroles qualifiées d' »outrageantes » par le procureur mais pas de condamnation requise : le parquet a joué les équilibristes pour analyser les propos adressés en septembre à un jeune militant UMP d’origine arabe par le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, jugé par le tribunal correctionnel de Paris. Le procureur François Cordier a en effet émis un doute sur le caractère public de l’échange au cours duquel Brice Hortefeux s’est exprimé avec ces mots, à l’université d’été de l’UMP à Seignosse (Landes). A ses yeux, il n’est pas établi que le ministre avait connaissance qu’il était filmé et enregistré par une caméra de télévision. Or le ministre de l’Intérieur, absent à l’audience, était cité à comparaître par le Mrap pour « injure publique et raciale ».

Si le tribunal, qui a mis sa décision en délibéré au 4 juin, est d’avis que les propos poursuivis n’étaient pas publics, il peut requalifier les faits en « injure raciale », une infraction qui relève de la contravention, et non plus du délit. Sur la nature des paroles du ministre, le procureur a été sans ambiguïté. « Il me semble que le délit d’injure raciale est constitué au sens de la loi », a-t-il déclaré, parlant de « propos outrageants » et « méprisants ». Il a critiqué une conversation entamée sur un ton familier et qui « dérape ».

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Police belge : quatorze policiers inculpés

19 février 2010

Humiliations, violences et racisme

De la Dernière heure :
Quatorze policiers inculpés
(19/02/2010)

Arrestations arbitraires, traitement dégradants, usage non légitime de la force, vols avec violences, faux P-V, racisme, …

BRUXELLES Selon nos infos, confirmées par le 1er substitut Colpin, quatorze policiers fédéraux des chemins de fer, au terme d’une instruction menée par la juge bruxelloise Geneviève Tassin, sont inculpés et renvoyés, avec charges suffisantes, devant le tribunal correctionnel, pour y être jugés pour des faits répétés, pendant deux ans, d’exactions, “humiliations, violences et racisme”, ayant fait au total “au moins 15 victimes”, sur le site de la gare du Midi.

La police fédérale des chemins de fer est le service d’enquête en charge de la tragédie de Hal. En conséquence, les 14 inculpés – autant de femmes policiers que d’hommes – sont écartés, et leur procès, promet hier encore le parquet, s’ouvrira “avant l’été”.

C’est, de mémoire d’observateur, le dossier le plus lourd depuis les années 1980 à Bruxelles d’inconduite collective et de maltraitance policière.

Au départ, l’enquête de l’Inspection générale portait sur six policiers fédéraux ayant fait une demi-douzaine de victimes, pour la plupart des précarisés, des sans-abri, des séjours illégaux ou des suspects de vols à la tire dont ils volaient à leur tour le butin, ce qui justifie que deux sont poursuivis en outre pour vols avec violences.

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Baromètre HALDE/OIT

29 janvier 2010

Augmentation des personnes s'estimant victimes de la discrimination au travail

Lu dans 20 Minutes :

ETUDE – La direction et les supérieurs hiérarchiques sont essentiellement désignés par les salariés…

La crise, un engrais pour les discriminations D’après le baromètre de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) et de l’Organisation internationale du travail (OIT) révélé hier, le nombre de personnes s’estimant victimes de discrimination au travail serait en constante augmentation depuis trois ans : 36 % dans le privé en 2010 (contre 28 % en 2009) et 26 % dans la fonction publique (contre 22 % en 2009). « Ces chiffres ne reflètent pas totalement la réalité car beaucoup de personnes n’ont pas conscience d’être discriminées. Elles ont totalement interiorisé l’injustice qu’elles subissent », souligne Louis Schweitzer, président de la Halde. Sans surprise, l’origine reste le premier motif de discrimination cité par les salariés du privé, suivi par la grossesse et l’âge. L’ordre diffère dans la fonction publique où la grossesse arrive en premier, suivi de l’âge.

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De Marianne à proto-sans-papiers

22 janvier 2010

Etre français, une chance ou une punition?


Après beaucoup de Français dont j’ai lu les témoignages sur différents sites internet, j’ai fait l’expérience dite de la Carte d’Identité (nationale?…). J’avais souhaité la faire refaire pour qu’elle témoigne de mon changement d’adresse dans Paris. Stupide démarche, car elle était valable jusqu’en 2017, mais très instructive expérience. J’aimerais vous en faire le récit complet, même si j’ai déjà évoqué ici cette aventure désormais bouclée.

Il y a un mois, de passage à Paris pour 48h, je suis allée dans une des annexes de la Préfecture de Police faire les démarches nécessaires. Munie de mon actuelle CI, des photos, de mon extrait de naissance et d’une quittance de téléphone pour prouver mon domicile. Bref, des documents dont le site de référence demande de se munir.

Procédure habituelle donc à travers les dédales administratifs où l’accueil n’est pas toujours chaleureux dans ces temps où notre identité est questionnée.

 » Alors, vous êtes de la Guadeloupe ou vous n’êtes pas de la Guadeloupe? » demandait un guichetier à une vieille dame un peu paumée du ton dont il me semble qu’on n’aurait pas demandé « êtes vous de Loire Atlantique, oui ou non? ».

J’observe, j’écoute, j’attends, comme tous ceux qui avant moi ont pris leur ticket. Une heure et demie. Temps raisonnable car il paraît que la moyenne est de deux heures. Lorsque mon tour vient, le monsieur derrière le guichet remarque que je suis née à l’étranger et me demande non pas si mes parents sont Français, mais si mes quatre grands-parents le sont: je lui fais reposer la question tant elle me semble maladroite, sinon ahurissante. A l’évidence, il cherchait seulement à savoir de quel côté familial il me fallait apporter la preuve de ma nationalité. Mais peut-être les responsables de ces nouvelles directives devraient-ils prendre le temps d’expliquer à leurs agents au contact du public, qu’il est des formules malheureuses, rappel de temps troubles.

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