Journal d’octobre 2011 : une polémique avortée

9 octobre 2011

Chaque rentrée apporte son lot de surprises, polémiques et autres déclarations. Cette année c’est Guy Konopnicki, relayé par Claude Lanzmann qui est à l’origine de la (presque) polémique de la saison.

En effet, dans un article publié sur le net (aschkel.info) G. Konopnicki “révèle” qu’une circulaire parue dans le Bulletin Officiel de l’Education Nationale, préconisait pour le programme d’histoire de première, la suppression du mot “Shoah” et l’utilisation, à sa place, du mot “anéantissement”. Et Konopnicki de partir en guerre…

Informations prises, il n’y a pas de “directive”, mais simplement dans le Bulletin Officiel de septembre 2010, on peut lire à la rubrique : Guerres mondiales et espoirs de paix : “La Seconde guerre mondiale : guerre d’anéantissement et génocides des Juifs et des Tziganes” – rien de plus.

Cependant, il semblerait que des éditeurs (Hatier et Hachette) dans leurs manuels d’histoire auraient, eux, pris l’initiative de remplacer le mot Shoah par celui d’anéantissement. Ce retrait semble  effectif dans certains manuels.

C’est sans doute cette découverte qui a fait réagir G. Konopnicki et écrire en réponse pour préciser ce que le mot Shoah apporte de plus à la compréhension de l’événement : le choix du mot Shoah, n’est pas un hasard mais il sert à désigner le caractère unique du génocide juif…et le fait que la désignation en hébreu de la Shoah, porte aussi la singularité du peuple juif, son retrait signifierait donc : le refus d’un traitement trop singulier, trop juif, ce qui revient à réduire la dimension singulière de l’événement à sa durée et à son ampleur…

Par ailleurs, concomitamment à l’absence du mot Shoah dans ces mêmes ouvrages, apparaît pour la première fois le mot “Nakhba”, terme miroir forgé par les Palestiniens pour nommer leur propre catastrophe : la création de l’Etat d’israël en 1948. Soit. Mais il semble qu’on ait omis de préciser qu’à cette époque les Arabes ont refusé le Plan de Partage proposé par l’ONU qui stipulait par la résolution 181, la création d’un Etat juif et d’un Etat arabe.

Ce genre d’omission et/ou d’interprétation des faits, fait dire à Konopnicki que, ces manuels fondent un nouvel enseignement du mépris et leur logique tient à la suppression non pas d’un seul mot, mais de deux : Shoah et Israël, et il parle aussi, en citant plusieurs exemples pris dans ces manuels de défiguration de l’histoire.

Les éditions Hachette auraient indiqué “qu’après lecture, il est apparu que certains passages contestables devaient être modifiés et qu’à l’occasion de l’impression, ils seront changés”. Ceci sans préciser ni le détail des passages, ni la teneur des modifications. (Le Monde de l’éducation).

Il ressort que Konopnicki n’a pas tout à fait tort de s’indigner et même s’il n’y a sans doute pas eu de circulaire pour demander la suppression du mot Shoah ou pour recommander une interprétation “négative” voire erronée de l’histoire de la création de l’Etat d’Israël, pourquoi alors, les rédacteurs et éditeurs de ces manuels se sont-ils sentis autorisés à le faire ? L’air du temps peut-être ?

Dans des pays comme l’Espagne, le Japon ou la Suède les ouvrages réalisés par une entreprise privée, ne sont introduits en classe qu’après autorisation des pouvoirs publics. Croyez-vous qu’il en soit de même chez nous et qu’il y ait le moindre contrôle ? Que nenni…

Ce sont les éditeurs qui “interprètent les programmes scolaires en toute liberté” selon le rapport de Dominique Borne, inspecteur général de l’Education nationale, qui ajoute que “les manuels sont conçus en fonction des vœux des professeurs plus qu’en fonction des souhaits de l’institution ou des besoins des élèves”. Nous voilà vraiment rassurés!!

Personne ne sort grandi de ce genre de polémique et moins encore l’Education Nationale dont le rôle est de veiller à prodiguer aux enfants un enseignement juste et objectif, et non pas à engendrer la discorde; ce qui ne semble pas être, en cette occurrence, tout à fait le cas.

Notre jeunesse ne mérite-t-elle pas mieux ?

Lison Benzaquen


Journal d’octobre 2011 : compte-rendu de notre séance-débat du film « Promesses » par Ketty Harpon, élève de terminale du lycée Gustave Eiffel

9 octobre 2011

Le film a été projeté lors de notre séance du 7 octobre 2010. Le débatteur était David Chemla, Président de « La Paix maintenant ».

« Le thème de ce documentaire est de retracer le quotidien de jeunes enfants qui se trouvent au milieu d’un conflit. Ce conflit est celui qui oppose le peuple de la Palestine à Israël.

Opinion personnelle : Ce document m’a plu plus ou moins, car le thème général était intéressant. Parler d’un conflit à travers de jeunes enfants était bien choisi. J’ai beaucoup aimé voir le quotidien de chacun des enfants, qu’il soit israélien ou palestinien. Ils sont jeunes mais savent bien s’exprimer sur des sujets plutôt graves, comme la mort de leurs proches.

Par contre j’ai trouvé dommage que certains enfants ressentent une telle haine envers un peuple inconnu pour eux. Je pense que cela est du à l’influence de leurs parents et leur entourage.

Le jour de la rencontre entre les deux jumeaux et les enfants faisait penser à un début de paix, le temps d’une journée ils ont échangé, joué ensemble sans aucune peur. A la fin on nous montre que chacun continue à vivre sa vie malgré ce conflit. Finalement je trouve qu’ils ne sont pas si différents de nous, ce sont des adolescents qui mènent une vie normale. »

Ketty Harpon


Journal d’octobre 2011 : compte-rendu de notre séance-débat du film « Promesses » par Laetitia Matendo, élève de terminale du lycée Gustave Eiffel

9 octobre 2011

Le film a été projeté lors de notre séance du 7 octobre 2010. Le débatteur était David Chemla, Président de « La Paix maintenant ».

« Le jeudi 7 octobre, je suis allée voir avec ma classe, le film “Promesses”. C’est un reportage réalisé par un homme d’origine juive, sur les conflits israélo-palestiniens. Pour faire ce reportage, le réalisateur a interviewé des enfants d’origines juive et palestinienne. Lors des interviews, le réalisateur leur posait des questions telles que : “Que pensez-vous de cette guerre? Pourriez-vous être ami avec un juif, un palestinien?” Les enfants avaient tous des points de vue différents.

J’ai apprécié ce reportage car ce sont des enfants qui s’exprimaient, ce qui pour moi était le plus intéressant.

J’ai beaucoup aimé la scène où les enfants palestiniens et israéliens se sont rencontrés, où ils ont pu oublier pour une journée leurs origines. J’ai été très attristée de voir des enfants se faire tuer par des soldats.

Dans ce reportage, j’ai aussi vu qu’il y avait des baraques installées un peu partout sur les routes et que les Juifs pouvaient passer sans problème alors que les Palestiniens non, ce que je trouve très injuste car même s’il y a des conflits, les Juifs et les Palestiniens doivent avoir les mêmes droits.

“Promesses” m’a montré que les enfants ont les mêmes opinions que les adultes même si ce n’est pas exprimé de la même façon. »

Lætitia Matendo


Journal de Janvier 2011 : témoignage d’un élève sur la séance du film « Promesses »

26 janvier 2011

Pour rendre compte de cette séance, il nous  a paru impératif de donner la parole  à Mehdi Hassouni, un des élèves présents  de Terminale du Lycée Saint-Dominique.

“Promesses” est un film unique en son  genre, de par le fait que le message de paix  qu’il prône a pour base les paroles d’enfants  palestiniens et israéliens, qui vivent le  conflit au quotidien.

Ces enfants ont une vision étonnamment  claire de la guerre, ou du moins des divisions sociales, tensions et souffrances humaines qu’elle engendre. De leur point de vue, la société, auparavant unie par la paix entre Musulmans, Chrétiens et Juifs locaux, apparaît divisée en deux camps : les Palestiniens et les Israéliens. Dans chacun des camps, certains aspirent à la paix, d’autres veulent l’éradication du camps adverse.

Aussi, malgré le fait qu’ils ne vivent qu’à quelques kilomètres les uns des autres, les protagonistes de ce film sont pourtant séparés par deux “murs”: le premier “mur” est celui de la guerre (barrages mis en place par l’armée israélienne) et le second est celui de leur appartenance sociale : (Arabes/Hébreux, Palestiniens/Israéliens, Musulmans/Juifs).

A travers leur discours, on voit très bien qu’ils ont d’ores et déjà reçu bien des préjugés quant à la société de l’autre côté des murs, des préjugés issus de leurs familles, ces préjugés auxquels on peut parfois adhérer sans réfléchir, en écoutant une discussion politique lors d’un repas de famille, laissant ainsi les sentiments l’emporter sur la raison. De plus, ils justifient leur droit de propriété sur le sol de la Palestine (et notament sur Jérusalem) grâce aux interprétations qu’ils ont de la Torah et du Coran.

Mais on dit bien que “la vérité sort de la bouche des enfants”. Alors, si certains de ces enfants croient en la paix israélo-palestinienne, peut-être est-elle vraiment possible. Cette croyance s’est vue partagée par les élèves du lycée Saint-Dominique à la sortie du débat sur ce conflit. Ce qui est encore plus apprécié est le fait que même les citoyens de pays bien loin du Proche-orient œuvrent à la résolution pacifique de ce conflit qui n’aura que trop duré. En tout cas, cette paix aujourd’hui demeure un idéal, non un fait, et le seul espoir que ces deux peuples puissent cohabiter pacifiquement, sur une même parcelle de terre, réside dans l’éventualité que les enfants apprennent à se connaître, se défaisant ainsi des préjugés que leur ont inculqués leurs prédécesseurs sur le camp adverse. Egalement, il faudra rendre justice à tous ces crimes de guerre commis lors de ce conflit avant de pouvoir entamer toute négociation pour la paix, car l’Homme a trop d’amour propre et, ne sachant souvent pas pardonner, il crie “justice” avant de penser “paix”.

Mehdi Hassouni

 

 


Journal de Janvier 2011 : compte-rendu de la séance de « Promesses »

26 janvier 2011

PROMESSES

Film de Justine Shapiro,  B.Z. Goldberg et Carlos  Bolado

Séance du 7 octobre 2010

Thème : Vivre ensemble

Débatteur : David Chemla

La salle était comble pour ce film sur le conflit israélo-palestinien. David Chemla, président français de La Paix Maintenant, et Daniel Rachline, notre trésorier, ont ouvert la séance en brossant un tableau très complet, équilibré et compréhensible des causes du conflit. Le film réussit l’exploit de faire se rencontrer de jeunes israéliens et de jeunes palestiniens et de les amener à dialoguer. On voit ainsi Yarko, l’israélien, pleurant de dépit à l’échec d’un important match de volley, et ensuite Farraj, son homologue palestinien, éclatant en sanglots lorsqu’il échoue aux 100 mètres qu’il aurait dû gagner. Même passion pour le sport, même réaction à l’échec, la rencontre peut se faire, ils auront matière à échanger.

Et la discussion s’instaure entre eux et avec les autres enfants des deux bords, laïcs et religieux, garçons et filles qui, tous, ont leurs idées sur le conflit. Yarko, d’une famille progressiste laïque, dit même se sentir plus proche de Farraj que de son jeune voisin israélien religieux.

Le tournage a lieu entre 1997 et 2000. Les accords d’Oslo ne sont pas encore caducs. Par delà l’appréhension de leurs parents, on perçoit le rêve des enfants de continuer leurs échanges. Las, les accords traînent; la deuxième intifada est là. Quelques années plus tard, le film est repris. Yarko est interrogé : “où en es tu?”. Et Yarko, devenu un grand adolescent, bafouille : “ oh, j’ai mes copains, mon sport, mes études, je n’ai plus le temps”. Fin. Vifs applaudissements.

L’honnêteté du film, la beauté des images, le choix si marquant des enfants interrogés ont profondément touché nos élèves. Et les explications lumineuses de nos débatteurs ont fait que pratiquement aucune question n’a eu à être posée.

Et pourtant une interrogation me taraude : dans cinq ans, dans dix ans, en sera-t-on toujours aux seules Promesses de ce film?

Hélène Eisenmann

 


Programme 2010-2011 : « Promesses »

14 octobre 2010

Séance du jeudi 7 octobre 2010

Vivre ensemble

Promesses

Date de sortie : 2002

Réalisateurs : Justine Shapiro, B.Z. Goldberg, Carlos Bolado

Débatteur : David Chemla (Président de « La Paix maintenant »)

Durée : 1h46

 

Profitant d’une période d’accalmie à la frontière israélo-palestienne entre 1997 et 2000, les réalisateurs ont demandé à 7 enfants juifs et palestiniens âgés de 9 à 13 ans, qui vivent à quelques kilomètres les uns des autres, de donner leur version du conflit au Proche-Orient.

Comment vivent-ils le climat explosif qui divise leurs peuples? Que pensent-ils les uns des autres? Qu’est-ce qui peut les rapprocher au-delà de leurs différends?…


A lire : « Le collaborateur de Bethléem » de Matt Rees

24 janvier 2010

Paru dans le Journal de Janvier 2010

Le Collaborateur de Bethléem, publié aux éditions Albin Michel et aux éditions Le Livre de Poche

Matt Rees est écrivain et journaliste vivant à Jérusalem. C’est son premier roman qui se situe dans un camp de réfugiés à Bethléem.

Suspense assuré mais aussi une étude passionnante sur la société palestinienne. A découvrir.