Journal N° 100 : N’oubliez pas que cela fut

 

 

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Séance du 19 Mars 2019

Thème : L’antisémitisme

Débatteurs : Elie Buzyn et Stéphan Moskowicz

 

Excellent film de Stephan Moskowicz sur les camps de concentration et d’extermination créés par l’Allemagne d’Adolf Hitler dans les années 30.

Notre Grand Témoin est Monsieur Elie Buzyn, qui a vécu  cette montée en puissance des nazis.

Montée en puissance à laquelle personne ne s’opposera : bien au contraire, les pays européens ne feront rien pour s’y opposer ; pire encore, ils se  rendirent complices, en fournissant argent et armes aux barbares.

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Elie Buzyn

A Lodz, dans sa ville natale de Pologne, M. Buzyn vivait une enfance douce et heureuse, mais il fut déporté de force, ainsi que toute sa famille, vers le camp d’Auschwitz : son frère abattu sous ses yeux, ses parents immédiatement conduits à la chambre à gaz, il se retrouva “chef de famille” à 11 ans ! Sous ce régime nazi, il y avait une mortalité importante, car les nazis voulaient éliminer ces gens qui mouraient de faim et étaient incapables de travailler.

Alors, désormais seul rescapé parmi les siens, M. Buzyn doit absolument survivre, et espère retrouver le reste de sa famille. Il nous raconte alors la révolte du Ghetto de Varsovie, où la population juive était enfermée et vouée à une mort certaine. Elie Buzyn est alors déporté vers un autre camp (dans un wagon à bestiaux…). Trichant sur son âge pour ne pas être éliminé, il est hospitalisé parmi des malades contagieux, tandis que les Allemands se livrent sur les prisonniers à des expérimentations médicales…Il sera alors sauvé par deux médecins allemands “témoins de Jéhovah”, qui pratiquent des interventions sans transfusions.

Le camp d’Auschwitz est enfin libéré, en 1945, et c’est alors “la marche de la mort”, qui conduisit ces survivants à un autre camp, celui de Buchenwald. Camp qui sera libéré quatre mois plus tard, en 1945.

Après présentation de Stephan Moskowicz, réalisateur du film, Elie Buzyn répond alors aux questions des élèves, qui ont regardé le film dans un silence de plomb, très impressionnés.

Question : Avez-vous jamais tenté de vous suicider ? (il y avait des suicides chez ces désespérés…).

Réponse : Non, absolument jamais.

Question : Avez-vous eu des amis parmi les prisonniers ?

Réponse : Difficile de parler d’amis, mais il y avait des relations de soutien et d’entraide entre nous. Egalement des tentatives d’évasion, qui toutes échouaient, hélas, et les auteurs étaient alors pendus devant tous les prisonniers.

Question : En voulez-vous encore aux Allemands ?

Réponse : pour ces générations qui ont obéi à Hitler, il n’est pas question de les comprendre ou de les excuser : à des ordres barbares, on ne doit pas obéir ! Envers leurs descendants, par contre, aucune haine.

Question : Quelle est la différence entre “camp d’extermination” et “camp de concentration” ?

Réponse : pas de grande différence : à Auschwitz, par exemple, les deux camps se côtoyaient. Simplement, la qualité de vie était parfois différente : par exemple, les conditions de vie quotidiennes étaient un peu meilleures à Auschwitz qu’ à Birkenau, Maidanek, Dachau ou Bergen-Belsen.

Question : Quelle vie  pour vous une fois en France ?

Réponse : il y avait 900 adolescents juifs originaires des pays de l’Est, et qui ne pouvaient pas retourner dans leur pays. Mais la solidarité s’organisait : sur intervention de Geneviève Anthonioz – de Gaulle,  420 de ces enfants furent dirigés sur la France, l’autre moitié répartis dans d’autres pays européens.

Pour Elie Buzyn, cela se passa lors de son arrivée dans le Calvados, sur intervention de l’OSE (Organisation de Secours à l’Enfance).

Après des pérégrinations diverses, Monsieur Buzyn resta en France, où il travailla d’arrache-pied. C’est ainsi qu’il perfectionna son  français, et effectua de brillantes études pour devenir médecin, puis chirurgien orthopédiste. Il savait ce que souffrir voulait dire, et la souffrance d’autrui lui était insupportable, il se devait de la soulager.

Au bout de cette séance, beaucoup d’émotion pour tous : les élèves étaient impressionnés et volubiles, ils posaient des tas de questions, les enseignants se disaient enthousiastes.

Elie Buzyn , heureux et tout sourire, était aussi photographié que George Clooney…

Quant à nous, à Mémoire 2000, nous avions vraiment le sentiment d’avoir fait notre devoir : montrer à nos jeunes la réalité de ce monde, et tenter de les rendre conscients et responsables. Désormais, ils sauront.

Pour nous, mission accomplie.

Guy Zerhat

 

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