Journal de Juillet 2018 : projection du film « Le labyrinthe du silence » au Lycée Saint-Dominique

LABYRINTHE_120X160_PND5.inddFrancfort 1963 pour la première fois, des Allemands jugent des Allemands.

Allemagne 1958 : un jeune procureur découvre des pièces essentielles permettant l’ouverture d’un procès contre d’anciens SS ayant servi à Auschwitz. Mais il doit faire face à de nombreuses hostilités dans cette Allemagne d’après-guerre. Déterminé, il fera tout pour que les Allemands ne fuient pas leur passé.

Ce film, à la demande de l’équipe éducative, a été présenté in situ au lycée Saint Dominique à Neuilly-sur-Seine, le 29 mai, devant un très nombreux public (classes de 1ère et terminale, élèves de différentes classes étudiant l’allemand, classe devant se rendre à Auschwitz).

Les conditions de projection étaient loin d’être supportables (projection sur un mur, pas de rideaux pour protéger de la lumière du jour, panne de l’appareil…) ce qui a entraîné des difficultés de lecture des sous-titres. Malgré cela les élèves ont été très attentifs et lors de la panne alors que nous envisagions de résumer le film, ils ont souhaité le voir dans son intégralité.

Le débat s’est ensuite engagé avec François Rachline, universitaire, professeur à Sciences po, et a été porteur de grand intérêt.

Bien qu’ayant déjà été confrontés à des cours d’histoire portant sur cette époque, les élèves à la vue de ce film qui retrace des faits authentiques posent toujours La Question : “Comment se fait-il que tout le monde ignorait ce qui se passait”.

Comme tout au long du débat, François Rachline renvoie les jeunes à des questionnements actuels et à leur propre réflexion : “Aujourd’hui, il y a encore de par le monde des crimes contre l’humanité, des génocides nous sommes pourtant mieux informés et pour autant… “.

Vient ensuite une longue discussion sur le remords des accusés, sur le choix que tout un chacun doit avoir de ses actes. Notre débatteur leur conseille la lecture de Des hommes ordinaires : Le 101° bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne dans lequel Christopher Browning (historien) analyse les actions et les motivations de ces “hommes ordinaires” qui ont eu, à plusieurs reprises, l’occasion de s’abstenir, mais qui, dans leur immense majorité, ont préféré obéir.

François Rachline amène les élèves à réfléchir sur la notion de remords : “Est-ce que le refus de voir les choses en face, le refoulement ne pourrait pas être un espoir que l’Homme ait une conscience du Bien et du Mal ?” et leur rappelle qu’il y a eu des résistants allemands dont Albert Göring (frère de Hermann Göring) homme d’affaires allemand, connu pour avoir aidé des Juifs et des dissidents à survivre en Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale.

A signaler également un film sur la résistance allemande, passé il y a peu de temps à la télévision Sophie Scholl les derniers jours.

Après de nombreuses autres questions sur la place des femmes dans cette guerre, le procès de Nuremberg, l’obéissance à la hiérarchie, la recherche des nazis dans le monde… certains élèves, intéressés par l’information que François Rachline avait donnée quant à l’implication de son père dans la Résistance française ont souhaité, après la séance, davantage de détails à ce sujet.

Merci à l’équipe éducative, aux élèves et surtout à François Rachline pour son écoute des jeunes, son charisme et sa pédagogie qui a conduit ces élèves à se questionner eux-mêmes.

Arlette Weber

 

 

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