Journal de Juillet 2017 : MEMOIRE 2000 EN DEUIL

Bernard Jouanneau, président-fondateur de Mémoire 2000, nous a quitté le 6 juin. Ses obsèques ont eu lieu le 12 juin en l’église St-Paul-St-Louis du Marais.

L’église était bondée, et les nombreux avocats et magistrats venus lui rendre un dernier hommage étaient en “robe”. C’était impressionnant et très solennel. Bernard aurait beaucoup aimé…

De nombreux hommages lui ont été rendus : voici ceux très touchants de ses filles Mathilde et Margaux.

 

Capture d_écran 2017-06-14 à 11.23.59Papa, Bernard, Maître Jouanneau

Le souffle coupé,

La gorge irritée,

Je viens ici célébrer ta mémoire et te rappeler quelques souvenirs :

Papa,

Tes M sont là :

Marianne, Martin, Margaux,

La même bouille !

Tes MA à toi.

Mes frère et sœurs chéris,

Tu laisses dans notre mémoire, vive et à vif, des souvenirs par milliers :

Je garderai :

La rue de l’Eglise et l’Avenue George V

Nos étés à Sainte-Maxime, et nos vacances en roulotte

Les trop nombreuses Eglises que tu nous as fait visiter

Ta musique sacrée

Tes repas de fêtes et tes déjeuners de Cabinet :

* les œufs à la truffe à la maison

* les homards en Bretagne

* les jambons italiens en Provence

* les beignets de fleurs de courgette à Chennevières

* ton pamplemousse le matin

Je garderai :

Tes dimanches studieux

Tes photos de notre enfance,

Ton retard à mon mariage… mais ton arrivée en hélicoptère

Tes 70 ans à Venise

La dernière fois que je t’ai vu, au théâtre, fier de nous, tes enfants et petits enfants comédiens

Bernard,

Tes amis sont là,

Tes frères et sœurs

Ceux qui t’aiment et que tu as aimés,

Maman, Christine,

Tes associés et tes collaborateurs, tes collaboratrices

Tes confrères, tes clients

Tes amis de combat : de la LICRA, de Mémoire 2000

Tu ne lâchais rien,

Ton combat pour les droits de l’homme et pour la reconnaissance des génocides,

Tu le menais à l’audience, à la maison, à Mémoire 2000, dans les collèges et les lycées,

Soucieux de transmettre aux enfants, à tes petits enfants, cette mémoire.

Tes amis nous ont témoigné leur douleur de te voir partir, ils nous ont fait part de l’admiration qu’ils avaient pour toi :

Ta force des lions et ta prudence des serpents

Ta puissance de travail

Ta générosité et ton sourire

Ton sens de la fête

Ta pugnacité et ton intransigeance

Maître Jouanneau,

C’est toi qui m’as appris mon métier,

Il n’y a pas de mauvais dossier, tu disais,

Cherche, tu vas trouver…

Papa, il y a des mauvais dossiers…

Marathon Plaideur,

A l’heure des courtes observations à l’audience,

De la gloire de la médiation,

On se souviendra longtemps de tes plaidoiries à la 17 ème Chambre, et à la Première !

De tes joutes à l’audience, jusqu’à l’épuisement !

Hier encore,

Monsieur l’huissier audiencier me parlait de ton talent et de son souvenir de l’audience avec Kiejman dans l’affaire du Théâtre des Champs-Elysées,

Madame la greffière de la 17ème évoquait avec émotion ton souvenir, cette “fougue pour faire progresser le droit, une recherche constante d’évolution, voire de révolution”.

Mesdames et Messieurs les magistrats, je sais que, si il a pu vous agacer, vous étiez sous le charme de son talent et de son éloquence.

Oui Papa, tu as fait avancer le Droit,

Le Droit d’auteur, le droit moral des auteurs, le droits des personnages de leurs œuvres :

Picasso, Claudel, Goscinny, Chtoukine, Manitas de Plata, Michel Polnareff, Lucien Clergue…..et j’en oublie tellement.

Tu te battais pour eux,

Mais tu te battais aussi pour les petits, les moins célèbres, les John Guez et le Théâtre de rue, pour ceux qui te devaient des briques et qui t’en avait donné UNE, UNE vraie bien rouge, dont tu étais si fier !

Tu te battais pour

Les droits de l’homme, de leur liberté d’expression, de leur image, et pour le droit à la Dignité de la personne humaine.

Notre enfance a été bercée par tes combats,

Et notre vie dirigée par ta détermination

C’est toi qui as fait condamner Jean-Marie Le Pen et son point de détail

Qui a lutté plus d’une décennie contre le négationnisme et son bras armé, Faurisson.

Tu es parti, ce 6 juin,

Le jour d’une nouvelle défaite de Faurisson

Tu es parti, ce 6 juin

Après la diffusion de L’Homme qui tua Liberty Valence, ce film que tu aimais tant

Tu es parti ce 6 juin,

Papa,

Berni,

On t’aime.

Repose en paix.

 

Mathilde Jouanneau

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