Journal d’Avril 2017: compte-rendu de notre séance-débat du 14 mars 2017

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Le Havre

Thème : l’immigration

Débattrice : Isabelle Cejars-Jenoc, responsable migrants mineurs à Amnesty International

 

2 classes de 4° et une UPE. Ces élèves, en France depuis peu, sont en classe d’accueil.

“Le Havre” présente la rencontre entre Marcel Marx, cireur de chaussure, et Idrissa, enfant échappé d’un container dans le port éponyme. La police le recherche, Marcel, aidé des voisins de ce quartier populaire, aide Idrissa à gagner l’Angleterre.

Kaurismaki écrit des dialogues précis, sans affect, tout se dit dans les regards et la construction du film.

Le débat s’ouvre avec la remarque candide d’un 4° “Je m’attendais à ce que le petit il va faire un câlin au monsieur.”

La débattrice : « Cette situation de jeune migrant n’a rien d’exceptionnel, il y a 28 millions de personnes qui quittent leur pays. La moitié de ces migrants sont des enfants”.

Une élève d’UPE témoigne : « Moi madame j’ai vécu la même chose. Partir sans savoir où tu vas, arriver dans un endroit où tu ne connais personne. Tu ne peux pas expliquer une chose pareille, c’est terrible. Ce film est très important pour moi. Je pense que ça va faire progresser.” La salle applaudit.

Une fille demande si c’est tous les jours que les policiers laissent les enfants partir comme dans ce film. La débattrice : “C’est un mineur isolé étranger. En France, la loi les protège, théoriquement. Ça n’est pas facile. L’enfant doit faire la preuve qu’il est seul et vraiment mineur. Beaucoup d’enfants se retrouvent à la rue parce qu’ils ne peuvent pas prouver qu’ils sont mineurs isolés. En France, il y a environ 9000 mineurs étrangers. À Paris, beaucoup d’enfants dorment à la rue. Les associations, les bénévoles leur viennent en aide.”

Un garçon veut comprendre la dernière scène où le commissaire s’assied sur la cale dans laquelle l’enfant est caché : “Le commissaire ferme les yeux. Pourquoi il ne dénonce pas l’enfant ? “

“Le metteur en scène est persuadé qu’il y a du bon dans chaque être humain.”

D’autres questions: “Comment a fait Idrissa, pour rencontrer le monsieur ?” “Pourquoi il est hors-la-loi alors qu’il aide ?” Et de nouveau : “Pourquoi quand le commissaire a vu le petit, il ne l’a pas arrêté ?”

Une intervenante : « Le commissaire donne l’impression d’être méchant, en réalité il protège Idrissa depuis le début. Lorsqu’Idrissa s’enfuit il empêche le policier de lui tirer dessus. Plus tard il prévient Marcel que les policiers vont l’arrêter. Il ne veut pas faire souffrir les innocents. Le mauvais personnage, c’est le voisin qui dénonce Marcel Marx.”

La débattrice lit le poème d’un soudanais qui a perdu deux amis pendant la traversée. Il s’est retrouvé à 15 ans à la rue. Il a écrit ce poème pour ses amis morts. Autre moment d’émotion.

Deux intervenants expliquent pourquoi les migrants sont poussés à partir, les guerres, les menaces sur leur vie mais aussi les famines.

Un professeur de Thiais : ”Nos élèves ont travaillé sur le sujet. C’est leur thématique de l’année : les parcours migratoires. Ils ont suivi le parcours de migrants venant de différents pays. Merci pour cette séance qui prolonge notre travail. »

Le débat a navigué entre le thème des migrants et l’explication du film. Le public a apprécié. Les élèves vont envoyer leurs réactions à ce film.

Jacinthe Hirsch

 

 

 

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