Journal d’Avril 2016: Procès Le Pen, le 10 février 2016

Le tribunal ne s’est pas laissé imposer sa loi par Jean-Marie Le Pen qui, poursuivi pour avoir réitéré publiquement sur BFM-TV ses propos sur les “chambres à gaz“ devait répondre du délit de contestation de crime contre l’humanité sur le fondement de la loi Gayssot.

Il avait annoncé qu’il ne viendrait pas à l’audience du 10 février parce qu’il se sentait couvert par son immunité parlementaire de député européen, alors que ces propos n’avaient évidemment aucun rapport avec cette fonction, et il avait interdit à son avocat Maître Wagner (le fils de G.P Wagner son avocat à l’époque) d’aborder le fond du débat.

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Isabelle Choko, rescapée d’Auschwitz-Birkenau, ancienne championne de France du jeu d’échecs, auteur de « Mes deux vies », aux éditions Caractères (2004) et « La jeune fille aux yeux bleus », éditions Le Manuscrit (2014)

Le débat a donc porté d’abord sur cette question de l’immunité, mais le tribunal a décidé de joindre l’incident au fond et on a donc pu aborder le fond en son absence. Son avocat a alors quitté ostensiblement l’audience qui s’est déroulée en son absence.
Mémoire 2000 était représentée par notre président et assistée de son avocat Serge Tavitian. Ils ont tous les deux et chacun à sa place expliqué les raisons de notre intervention dans ce procès. Bernard Jouanneau a relaté les étapes précédentes de son combat contre Jean-Marie Le Pen qui remonte à 1987 et qui s’est poursuivi ensuite en 1997 pour le compte de Mémoire 2000 qui avait obtenu déjà la condamnation de J-M Le Pen au civil.
Il a fait état de la nécessité d’obtenir que ces propos soient à nouveau condamnés aujourd’hui pour pouvoir aborder la question de la Shoah auprès des élèves qui fréquentent nos séances.

L’avocat de Mémoire 2000, suivi en cela par ceux de la LICRA, de l’UEJF et de l’Observatoire de l’antisémitisme, a insisté sur la gravité des propos tenus, après que le tribunal ait entendu le témoignage bouleversant d’Isabelle Choko qui a rappelé le combat qu’elle mène depuis maintenant soixante-dix ans pour entretenir la Mémoire des victimes auprès des élèves du secondaire.
La procureure qui a requis contre Jean-Marie Le Pen une peine lourde de dommages intérêts pour le dissuader de recommencer, a fait ressortir le fondement antisémite des propos qu’il a réitérés en connaissance de cause. Tous ont regretté que J-M Le Pen, n’ait pas eu le courage de venir affronter ses accusateurs mais soulignent que c’était chez lui une stratégie de communication. La décision sera rendue le 6 avril prochain.

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