Journal d’Avril 2016: compte-rendu de notre séance-débat du 15 décembre 2015

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Kenny

Séance du 15 décembre 2015

Thème : le harcèlement à l’école

Débatteur : Gabriel Gonnet

 

Pour cette séance de décembre nous avions choisi le thème du harcèlement à l’école. Le choix du film de Gabriel Gonnet, aurait dû susciter l’intérêt des élèves et de leurs professeurs, quand on sait qu’un collégien sur dix, soit 1,2 millions d’élèves sont victimes, durant leur scolarité, de harcèlement caractérisé par une violence intentionnelle collective, répétée et gratuite.

L’instauration d’une journée mondiale du harcèlement scolaire les premiers jeudi de novembre et la mise en place d’une délégation interministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire auraient dû éveiller l’attention. Rien n’y a fait, et même le lycée Claude Bernard où le film a été tourné, s’est porté pâle. C’est le lycée La Fontaine, qui nous a ouvert ses portes, et nous a reçus, en présence des enseignants et d’un conseiller d’éducation. Le réalisateur, Gabriel Gonnet qui s’était proposé d’animer le débat a d’emblée imposé sa méthode. Après projection de son film qui dure environ 20 minutes, il distribue ses questionnaires et les fait remplir par les élèves pour les amener à prendre conscience du fonctionnement et du danger du harcèlement scolaire. Tout le contraire de ce que nous avons l’habitude de faire, mais l’expérience nous a paru mériter le détour. Les élèves semblaient tous avoir conscience du phénomène et de ses risques. Ils n’ont finalement réagi spontanément que lorsque Margaux, ma fille âgée de 24 ans, qui a vécu cette expérience du mauvais côté au même âge qu’eux, est venue leur dire comment se déclenche le cyber-harcèlement et les ravages qu’il peut faire.

Voici son témoignage : ”C’était important pour moi d’assister à cette intervention de Mémoire 2000. Le cyber-harcèlement est un sujet grave, et qui m’importe d’autant plus que j’y avais pris part, au sein d’un groupe d’amis, étant adolescente, au commencement des skyblogs et de la folie des réseaux sociaux. Ce n’est pas une chose dont je suis fière, mais c’est par contre une histoire que je tenais à raconter à des jeunes qui n’avaient peut-être pas conscience de la rapidité avec laquelle ces choses là peuvent arriver, sans qu’on s’en rende compte, dans un sens comme dans l’autre. Et comme on entend plus souvent l’histoire du côté des harcelés, je me suis dit que les “harceleurs” se devaient d’assumer et de parler aussi. Je me suis aussi dit qu’en n’ayant que 24 ans, la proximité que je pourrai avoir avec des jeunes de 14 ans les mettraient à l’aise et les forceraient à m’écouter. Mais j’avais oublié qu’à cet âge là, on vit dans son monde, et qu’il n’y a pas vraiment de proximité avec qui que ce soit de plus âgé. Cela dit, ils m’ont écoutée. Ils avaient l’air de très bien comprendre ce que je leur racontais, ils étaient même choqués par mon histoire. Certains ont posé des questions, intéressés, d’autres ont réagi vivement. Moi qui pensait que c’était un sujet qu’on connaissait peu, je suis ressortie de là avec une impression un peu différente.

Maintenant que les réseaux sociaux sont démocratisés, et que tous ces jeunes y ont accès, l’engouement m’a l’air de devenir un peu plus maitrisé. Ce n’est plus comme à l’époque, où l’on ne savait pas très bien quels étaient les tenants et aboutissants de tout ce qu’il se passait en ligne. Et puis les terribles histoires de ces adolescents qui ont succombé à ce cyber-harcèlement, je pense qu’ils en ont beaucoup entendu parler. Les adolescents d’aujourd’hui grandissent et murissent de plus en plus vite, donc il est raisonnable de penser qu’ils comprennent aussi plus vite les répercutions de leurs actes et de leurs paroles.

Cela étant dit, je pense qu’il est et qu’il sera toujours utile de les alarmer à ce sujet, car mon avis importe peu face à notre incompréhension à tous d’un cerveau d’adolescent”.
J’ai ressenti personnellement ce matin là, l’utilité irremplaçable de ces séances et des débats libres qu’elles permettent de provoquer.

Bernard Jouanneau

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