C’était le 8 mars 2012 à l’hôtel de ville de Paris

Faut-il encore une journée pour célébrer le droit des femmes en France ?

Ce bel après-midi  du 8 mars fut consacré à « 3 femmes engagées »un colloque organisé par Christine Levisse-Touzé.

Elles n’ont pas attendu l’appel du 18 juin pour entrer en résistance :

Geneviève de Gaulle Anthonioz, Louise Losserand et Mère Marie, alias Elisabeth Skobtsov, avaient l’amour de la France et un esprit de révolte  L’indignation leur a fait soulever des montagnes. Elles l’ont payé cher, toutes les 3 ont été déportées (Mathausen et Ravensbrück).

Si Geneviève de Gaulle est bien connue (peut-être aussi grâce à son patronyme), il n’en est pas de même pour Louise Losserand qui n’a pas été seulement « la femme de », mais une résistante à part entière, agent de liaison d’un réseau FTP très actif, résistante déportée tombée dans l’oubli…

Elizabeth Skobtsov, socialiste-révolutionnaire, issue de la noblesse russe, militante en 1917 avec les révolutionnaires, figure paradoxale dans la Russie des tsars, figure singulière plus tard dans la résistance française. Mariée et divorcée 2 fois, mère de 3 enfants, elle choisit la vie monacale en 1932, à 41 ans. Elle se donne corps et âme pour s’occuper de tous les exclus de la société : les pauvres, les sans-abris, les handicapés, elle fonde le foyer pour femmes seules rue Lourmel dans le 15ème à Paris (foyer toujours actif actuellement pour les sans-abris) et en dernier lieu, elle s’engage dès 1939 pour aider les juifs persécutés. Lors de la rafle du Vel d’Hiv’, elle se débrouille pour entrer dans le vélodrome et, avec la complicité des éboueurs, elle réussit à cacher des enfants dans les poubelles et à les faire évader.

Membre de l’action orthodoxe, à la marge de l’église traditionnaliste, elle fréquente les bistrots, elle fume, elle ne met pas son voile,  elle organise des réunions de femmes toutes résistantes, son engagement politique, sa soif de justice sociale en fait une des pionnières de la résistance française et de la lutte contre les nazis.

Elle est dénoncée en 1943, déportée à Ravensbrück où elle meurt le 31 mars 1945.

Et bien oui, c’est encore un beau prétexte, cette journée du 8 mars pour parler de tant de femmes qui ont lutté sans compter dans des circonstances tellement tragiques et sont tombées dans la plus totale indifférence.

Merci à la « Mairie de Paris » d’avoir organisé encore cette année ce bel hommage aux femmes.

  Joëlle Saunière

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