Journal d’octobre 2010 : 16 juillet 1942 – 16 juillet 2010

Place des Martyrs Juifs du Vélodrome d’Hiver (Paris, 15e)

“… il n’est pas souhaitable qu’une promiscuité entre ces enfants juifs et des enfants non juifs se prolonge…”

Décidée par les Allemands, exécutée par la police française, la rafle du Vel’d’Hiv’ symbolise aujourd’hui la déportation de près de 76000 Juifs de France, bien qu’elle ne constitue pas la première arrestation massive de Juifs à Paris. Mais avec l’arrestation de femmes et d’enfants, elle marque un tournant tant dans la mise en œuvre de la persécution que dans la réaction de l’opinion.

C’est à partir de juillet 1942, que de nombreux Français vont décider de porter secours aux persécutés. L’action de ces “Justes” a été reconnue par la loi du 10 juillet 2000 qui a fait du 16 juillet la Journée nationale à la mémoire des crimes racistes et antisémites de l’Etat Français et d’hommage aux “Justes” de France. En 1942, les opérations avaient débuté à 4 heures du matin, et se sont poursuivies jusqu’au lendemain, 13 heures.

Cette année, la journée a commencé à 9 heures 30, avec l’arrivée des associations, des porte-drapeaux, des invités et des autorités. Elle s’est poursuivie avec l’arrivée du secrétaire d’Etat à la défense et aux anciens combattants et un chant yiddish interprété par la chanteuse Talila, accompagnée de Teddy Lasry.

Après les dépôts de gerbes, la Sonnerie “aux Morts”, la Minute de silence et la Marseillaise, diverses prises de parole se sont succédées – le Président du CRIF, le Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz, Madame Simone Veil, le secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants – et la cérémonie s’est terminée à 11 heures 30.

Urgent !

“Urgent ! Présenter immédiatement” : ainsi commence cette lettre du 10 juillet 1942 envoyée par Dannecker à l’Office Central de Sécurité du Reich à Berlin.   Objet : Evacuation des Juifs de France. La suite : “L’arrestation des Juifs apatrides à Paris sera opérée par la police française dans la période du 16 juillet au 18 juillet 1942.

On peut s’attendre à ce qu’il reste environ 4 000 enfants juifs après les arrestations. Dans un premier temps c’est l’Assistance publique française qui les prendra en charge. Comme il n’est pas souhaitable qu’une promiscuité entre ces enfants juifs et des enfants non juifs se prolonge et que l’U.G.I.F. pourra placer au maximum 400 enfants dans ses propres centres, je sollicite une décision urgente (réponse par télex) pour savoir si par exemple à partir du 10eme convoi les enfants d’apatrides à évacuer pourront être évacués eux aussi…. ”

Le 13 juillet 1942, le directeur de la police municipale, Hennequin, avait lui aussi des soucis lorsqu’il écrivit cette lettre au directeur du Cabinet de la Préfecture de Police :

Objet : commande de 50 Autobus pour les journées des 16 et 17 juillet.

“J’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir demander d’urgence à Monsieur le Préfet de la Seine de mettre, les 16 et 17 juillet de 5 heures du matin à la fin des services (18 heures environ) 50 autobus. Ces véhicules devront être rendus dans les différents Centraux des Commissariats d’Arrondissements et à la Caserne de la Cité, suivant une répartition qui sera communiquée directement à la Compagnie du Métropolitain (Réseau de Surface).

J’ajoute que cette Compagnie a déjà été avisée par mes soins et attend la  confirmation de la Préfecture de la Seine.”

Bilan : 13.152 juifs parisiens dont 4.115 enfants.

Rappel : les premières rafles ont eu lieu le 14 mai 1941, les dernières au printemps 1944.

En tout : 76.000 juifs de France.

Colette Gutman

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